Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Film sur l'enfance autant que film d'aventure, Cyclone à la Jamaïque est à l'image de son réalisateur Alexander Mackendrick : peu orthodoxe. L’extraordinaire Anthony Quinn compose un pirate à contre emploi dont l'autorité sur son navire est contestée par une poignée d'enfants.
Premier film, premier chef-d’œuvre pour un Spike Lee qui s'imposera, en 1986, comme le nouveau porte-parole du cinéma noir Américain. A croire que cet homme, déjà, avait tout compris des luttes féministes de son époque, et même de la nôtre, dont il est la parfaite illustration.
Adapté d'un roman de Michael Crichton, Le Mystère Andromède est un thriller scientifique minimaliste. Ici, les héros sont des scientifiques ordinaires enfermés dans un laboratoire secret et qui tentent de stopper une apocalypse qui ne mesure que quelques microns.
Brooklyn Boogie est un hommage de l'écrivain Paul Auster pour son quartier adoré, dont il montre aussi bien les beautés que les travers, dans un esprit mêlant humour et amour.
La Maison du Diable, c'est un classique du film d'épouvante, toujours d'une redoutable efficacité alors qu'il est sorti il y a bientôt 60 ans. Misant sur la suggestion, Robert Wise nous plonge dans un univers de folie, au sein d'une maison qui semble vivante.
Migrant ses thématiques fétiches dans un thriller sur les relations ambiguës entre jumeaux, (vaguement) inspiré de faits réels et s’appuyant sur une prestation trois étoiles de Jeremy Irons, David Cronenberg frappe un grand coup d’emblée pour son entrée dans un cinéma « grand public ».
Ce dimanche, replongeons avec légèreté dans Jeux Dangereux, chef-d’œuvre sur lequel tout a déjà été dit, à l’occasion d’un hommage sous forme de chanson à cette comédie de Lubitsch aussi hilarante que courageuse.
Chronique bouleversante sur la transmission et le passage à l’âge adulte, Un temps pour vivre, un temps pour mourir signe lui aussi le passage à la maturité de son réalisateur dans l’exercice de son art.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.