Le cinéma est un langage construit, 24 mensonges par seconde, et écrire sur lui est une manière de prolonger cette fabrication tout en se découvrant soi-même. Que représente le cinéma ? Comment le traduire par des mots ? Qu’est-ce que l’exercice révèle de soi ? À travers ces témoignages personnels, les rédacteurs du Mag du Ciné explorent leur relation intime à l’écriture critique, entre perception, émotion et identité.
En 2025, le cinéma a révélé une vitalité rare : entre gestes d’auteurs affirmés, récits intimes, propositions radicales et nouvelles voix, l’année compose un paysage foisonnant où mémoire, doute et réinvention se croisent sans cesse. À travers ce top, la rédaction du Mag du Ciné dresse un état des lieux du cinéma contemporain, entre œuvres marquantes, visions singulières et explorations formelles qui témoignent d’un art toujours en mouvement.
Entre rêve et réalité, le cinéma nous offre des scènes suspendues qui fascinent et subjuguent. De Huit et demi à Edward aux mains d’argent, de Life of Chuck à Le Vent se lève, ce dossier explore l’imaginaire et l’onirisme des grands auteurs, où la magie des images nous émerveille et nous surprend.
Bright Star nous donne à voir un couple très amoureux, de cet amour mi-adolescent mi-mature, qui vit une relation platonique soumise à la désapprobation sociale.
Portrait d'un couple condamné à plusieurs niveaux.
Notre cycle de février parle des couples marginaux au cinéma. Si l'amitié prend ici le pas sur l'amour, Macadam Cowboy n'a cependant pas son pareil dans la représentation d'un binôme en rupture avec son environnement. John Schlesinger y confronte Jon Voight et Dustin Hoffman à toute une série d'espoirs déchus. Unis dans l'adversité, Joe et « Ratso », les personnages qu'ils campent, vont en effet aller de désillusion en désillusion...
Jerry Schatzberg, un des doyens du Nouvel Hollywood, est à la manœuvre pour ce beau Panique à Needle Park, ou l’histoire tragique et belle de deux junkies unis par une passion destructrice, celle de l’héroïne qui devient le moteur quasi-unique de leur amour.
Le troisième film de Clint Eastwood peut en surprendre plus d'un. Pourtant, en signant Breezy, le cinéaste fait preuve d'une sensibilité qu'on ne soupçonnait sans doute pas à l'époque. En filmant un couple marginalisé par sa différence d'âge, Eastwood signe un film aussi tendre qu'intelligent, magnifiquement interprété.
Chez Michael Mann, l’amour naît d’une étincelle. Un regard intercepté, une alchimie instinctive puis l’aimant fait déjà effet sans que les personnages ne le sachent. Dans beaucoup de ses films, le cinéaste nous dévoile un univers de gangsters au destin funeste et essaye de déchiffrer la place de l’amour dans tout ce capharnaüm mafieux. Sonny et Isabella en sont l’exemple parfait dans Miami Vice.
En 1977, Ettore Scola réalise Une journée particulière, un film se servant du contexte spécifique de la Seconde Guerre mondiale pour dénoncer une marginalisation encore d'actualité à son époque : celle des femmes et des homosexuels. Une œuvre bouleversante portée par un Sophia Loren et Marcello Mastroianni, tous deux à contre-emploi, pour peut-être leur plus belle collaboration à l'écran.
Février, c'est le mois de l'amour commercial. Mais au cinéma, l'amour est toujours plus puissant quand il est interdit, rempli d'obstacles et de douleur. Quelques cinéastes cependant rendent ces amours "marginaux" possibles en leur offrant des territoires pour s'épanouir. C'est le cas de Céline Sciamma, Christophe Honoré et Alain Guiraudie.
L'actualité récente a poussé plusieurs journalistes français à prendre la parole pour alerter sur la situation critique de l'institution policière en France. Après le brûlot Un Pays qui se tient sage de David Dufresne, Valentin Gendrot propose avec FLIC un récit autobiographique, à la portée non pas prescriptive ou moralisatrice, mais descriptive et profondément empathique. Un livre essentiel pour mieux comprendre les rouages de la Police Nationale, mais surtout la psychologie des gens qui la composent.
"Post Mortem" réunit le médecin légiste belge Philippe Boxho et le dessinateur Pierre Alary dans une bande dessinée documentaire qui s'emploie à vulgariser un métier sur lequel circulent bon nombre de fantasmes. Le résultat est une œuvre à part, traversée par l'idée que la mort ne constitue pas tout à fait une fin.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.