"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
Une jeune femme est embauchée dans un palace saoudien du XVIe arrondissement de Paris. Sa mission : servir la favorite du prince. Les deux femmes, auxquelles s’ajoute le majordome de la demeure, vont s’apprivoiser, réunis par leur condition de captifs volontaires. Un premier long-métrage réussi signé Hélène Rosselet-Ruiz.
Après dix ans de gestation, le nouveau Gregg Araki porté par Olivia Wilde et Cooper Hoffman, "I Want Your Sex" débarque enfin en salles. Entre fantasme de muse, rapport de domination et lettre d'amour pop et acidulée à la Gen Z, le cinéaste de 66 ans flirte avec son époque sans jamais vraiment la bouleverser.
Inspirée des grands films d'espionnage, la comédie Le Parfum vert se veut un pastiche non plombé par ses écrasantes références. Dommage que le film ne suive pas, jusqu'au bout, l'énergie de ses débuts. Au final, une comédie policière légère et plaisante, sans plus.
En 1985, Fredi M. Murer dévoilait L'Âme soeur, un long-métrage suisse qui s'intéressait à l'isolement, la famille, le désir, l'amour et la fraternité, mais aussi l'interdit, le tout situé dans une vie au coeur de la nature, puisque les quatre protagonistes vivent toute leur existence ou presque dans une ferme sur les pentes désertées d'une montagne.
Le 21 décembre 2022, L'Âme soeur ressort au cinéma, en version restaurée. C'est l'occasion pour nombre d'entre nous de se plonger ou se replonger dans cette oeuvre singulière et extraordinairement subtile...
C’est tout le problème au fond avec La Voie de l’eau : ses qualités sont bien trop élevées pour ne pas éclairer ses défauts plein-phares. Le spectateur et Eywa se regardent toujours droit dans les yeux, mais désormais à travers l’interface parfois intrusive des ambitions sérielles de son auteur.
Il est coutume dans le cinéma de Guillermo Del Toro d'avoir des histoires à la fois teintées de beauté et de noirceur. Ceci dit avec l'oeuvre de Carlo Collodi, le créateur de La forme de l'eau parcourt la voix de l'innocence avec une sensibilité et une douceur nouvelles. Un triomphe certes mais plus encore.
Avec Nos Frangins, Rachid Bouchareb revient sur les évènements de la nuit du 5 ou 6 décembre 1986, en choisissant de raconter l'incompréhension, l'absence, la douleur, soit les heures de silence qui ont suivi ces deux mises à mort. L'espace du film est aussi feutré qu'étouffant, percé de larmes et de questions. Seules les images d'archives se tournent vers l'ampleur de la foule, toutes les autres scènes sont intimistes, révélatrices d'une violence d'autant plus grande qu'elle éclate en marge, presque comme une erreur.
Auréolé du prix d'interprétation masculine au dernier Festival de Cannes, Les Bonnes étoiles est une nouvelle perle dans une filmographie remplie de bijoux. Cette fois installé en Corée du Sud, le cinéaste approfondi les thématiques chères à son cœur, et les entremêlent à un vrai sujet de société coréen.
Scènes après scènes et une pièce à conviction après l'autre, Maestros écrit le réquisitoire pour son euthanasie en Ré ultra-majeur. Pas un plan, pas un instant qui ne se gratte les couilles sur le front de la décence cinématographique élémentaire. Bruno Chiche ose tout comme un major texan en rodéo sur une bombe nucléaire, où Yvan Attal agitant sa baguette pour choper des Pokemon Go.
Depuis quelques années, le tabac a disparu de nos écrans. La cigarette entretient pourtant une longue histoire avec le septième art. Quentin Dupieux, que l'on connaît pour ses incursions remarquées dans le registre comique, dézingue les codes du cinéma d'auteur d'antan à la faveur de son dernier né Fumer fait tousser.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »
À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma.
Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif.
« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ?
- Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de…
- Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ?
- Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh…
- Répugnant. Oui
- … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a…
- … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble !
- Franchement, je préférerais pas…
- Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard.
- Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »