Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.
Dans Coup de théâtre, Tom George veut décrypter et s'amuser des codes du genre policier. Une idée audacieuse au fort potentiel comique mais qui reste décevante.
La Conspiration du Caire creuse la veine politique de Tarik Saleh. Cinq ans après Le Caire confidentiel, le réalisateur retourne dans la capitale égyptienne. Cette fois, nous ne sommes plus dans un commissariat de quartier, mais dans la plus grande Université islamique du monde. L'enjeu est pourtant resté le même. Si le réalisateur dénonce la corruption qui règne dans les plus hautes sphères, il critique également le détournement politico-religieux de la connaissance.
Palme d'or au Festival de Cannes 2022, Sans filtre de Ruben Östlund nous embarque sur un yacht de luxe dans une comédie ironique, étonnante et percutante. Cinq ans après The square, allégorie sidérante du monde de l'art contemporain, Ruben Östlund poursuit dans Sans filtre son exploration sociologique du comportement humain. En quittant l'univers étouffant du musée étriqué pour le faste outrancier de la croisière de luxe, le réalisateur suédois change de cadre mais conserve son propos très auto-dérisoire sur les classes aisées. En fin observateur, il brosse un tableau composés de multiples individus obsédés par l'apparence, le pouvoir et l'argent, au sein d'un cadre doré où l'amour et l'économie ne font qu'un.
Lola Quivoron signe un premier film à mi-chemin entre mysticisme et réalisme, un naturalisme qui fait parfois de l'ombre à la dimension fantasmagorique si rare dans le paysage hexagonale.
Les Enfants des autres est avant tout une déclaration d'amour à une actrice qui n'a (presque) jamais été aussi bien filmée. Virginie Efira est ici lumineuse, vivante, en mouvement, sans lourdeur aucune. Quand la lourdeur pointe le bout de son nez, le scénario la balaye, les dialogues aussi. Cette histoire de famille recomposée, d'amour aussi, est surtout celui de la belle-mère, oui la marâtre des contes de fée, ici transformée en une femme qui veut aimer, trouver sa place et surtout, pourquoi pas, laisser une trace...
Film après film, Emmanuel Mouret peaufine son cinéma du discours amoureux léger et grave à la fois. Chronique d’une liaison passagère, lumineux et sensible, figure parmi ses meilleurs films.
Avec son désir de satire de la société US par le truchement d'une esthétique rétro, Don't Worry Darling s'inscrit dans la lignée de pléthores de films avant lui, à commencer par The Truman Show. Une réalité qui le dessert quelque peu sur un plan narratif, mais que le talent d'Olivia Wilde parvient à compenser tant son film est d'une beauté à se damner.
Si la première heure de Leila et ses frères n'est pas des plus faciles, une fois les personnages et les enjeux posés, la deuxième partie du film est captivante. Du grand cinéma.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.