On connaît tous un André. Ce type qui blague sur tout, qui vit à fond, qui remet au lendemain ce qu'il devrait faire aujourd'hui. "André Is an Idiot", prix du public à Sundance 2025, raconte comment cet homme-là a appris, trop tard et avec humour, ce que mourir veut vraiment dire.
"La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom" referme le diptyque consacré au général. Le film gagne en clarté par rapport à "L'Âge de fer", mais reste pris au piège de son admiration pour De Gaulle. Ses meilleurs moments restent le duel d'égos avec Roosevelt, qui veut placer la France libérée sous tutelle américaine, et l'ascension de Leclerc vers la libération de Paris.
Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu'est "Maspalomas", aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la "vie d'avant" va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz.
La vie et la mort sont intimement liées à l’adolescence. On s’égare et on se retrouve, tout ça dans le même mouvement que Nos Cérémonies entretient avec une grande sensibilité. Il s’agit autant d’arguments établissant le portrait d’une jeunesse traumatisée que d’une véritable ode à la fraternité et dans toutes ses nuances.
Burning Days d'Emin Alper gratte le pouvoir turc là où ça fait mal, dans le cadre d’un beau film intelligemment mis en scène, qui se déroule dans une Anatolie toujours aussi majestueuse.
Beau is afraid : Hallucinant, halluciné et hallucinatoire, le nouveau film d’Aster ne convainc pas vraiment - et surtout autant que les précédents - même si la première partie s’avère dingue et jubilatoire et que son sens de l’esthétisme est à son paroxysme. Cependant, à trop jouer sur la psychanalyse et se vouloir hermétique, il en devient trop clivant et oublie son public.
La plus belle pour aller danser est le premier film réalisé par Victoria Bedos. Son héroïne, Marie-Luce, est-elle la petite sœur de Paula (La Famille Bélier, 2014) ou de Laure (Tomboy, 2011) ? Un savant mélange entre émancipation adolescente et quête d'identité, autour de personnages hauts en couleurs. Plongée dans un monde qui paraît hostile, Marie-Luce apprend à en chercher la bienveillance à tout prix, à ne plus se cacher, en résumé à trouver sa place dans le monde et à l'assumer. Un programme que Victoria Bedos décline avec humour, douceur et légèreté.
Les Âmes perdues, de Stéphane Malterre et Garance Le Caisne, est un documentaire saisissant sur les disparus de Syrie sous le régime de Bachar al-Hassad. Et une superbe tentative pour faire en sorte que, le pire ayant eu lieu, ces « âmes » ne soient, malgré tout, pas totalement « perdues ».
La Tunisie appartient plus que jamais à la jeunesse. Amel et les fauves en dépeint le souffle de liberté qui en découle, mais également ses contradictions en croisant intimement les regards de deux générations qui s'éloignent de plus en plus.
La foi n’est pas nécessairement religieuse lorsque l’on porte sa famille dans son cœur. Le Jeune Imam brosse un portrait plein de nuances et d’amour à travers une rupture mère-fils, que Kim Chapiron et Ladj Ly agrémentent de leur sensibilité.
Avec La Dernière Reine, Adila Bendimerad et Damien Ounouri nous emportent dans un souffle épique et salutaire vers une forme de reconquête de la fierté algérienne. En situant l’action en 1516, ils renouent avec le passé historico-mythique d’une Algérie bien antérieure à la colonisation française, et partent à la découverte d’une figure riche et fascinante, la reine Zaphira.
« - Ce type pond des coups d’état comme ma femme reprise mes fonds de culotte ! Et vous voulez que j’obéisse ?
• SUFFIT, BOUFFON ! OBEISSEZ OU JE VOUS ENFERME DANS VOS PROPRES GEOLES ! »
« - Mes rêves ne me trompent jamais. Les Kalisnowszczyzna…
- … « Les Kalisnowszczyzna ont toujours eu un don pour la voyance… »
- Paf
- Aïe ! Alors j’ai dû être adopté, moi, je ne vois jamais rien venir…
- Moi, je peux te dire que tu es de la famille ! Tu as hérité du sale caractère de ma sœur Prili.
- Grand-mère… Tu n’as pas de sœur. Tu confonds tes rêves et la réalité. »
Avec "L’Origine de l’humour", Mab remonte jusqu’à la préhistoire pour confier à un chasseur médiocre une mission divine : faire rire l’humanité. Une genèse joyeusement idiote, publiée chez Fluide Glacial, où le gag devient une affaire très sérieuse.
Avec ce troisième volume de l’arc Saiyan en édition Full Color, Dragon Ball atteint, mine de rien, l’un de ses sommets narratifs. Le duel entre Goku et Vegeta passera en effet à la postérité : explosion de puissance, nouvelles techniques de combat, tandis que les conséquences de cet affrontement bouleverseront durablement l’univers imaginé par Akira Toriyama.
Avec ce premier tome, Patrice Perna et Malo Kerfriden signent une bande dessinée historique tendue, qui raconte le triple effondrement d’un homme, d’un régime et d’un mythe.