Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu'est "Maspalomas", aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la "vie d'avant" va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz.
"Des Minions et des monstres" replonge dans le Hollywood des années folles, entre références à Chaplin, Keaton et "Chantons sous la pluie". Si Illumination livre une bonne surprise pour ce début d'été, le film peine à transformer ses idées en véritable souffle d'aventure, restant prisonnier d'un confort thématique déjà visible chez d'autres studios.
"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?
Pour son premier long-métrage "La Danse des Renards", Valéry Carnoy signe un film d'initiation vif et sensible où le trauma devient le seuil d'une autre vérité. Le réalisateur explore avec finesse ces états psychiques labiles, ces glissements imperceptibles qui, à l’adolescence, font vaciller le corps et renaître l’âme.
Fresque cosmique, le film prend de la distance afin de présenter les paysages dévastés, fruit de la folie des hommes, comme une planète hostile colonisée par une civilisation étrange. Loin d’entretenir une vision insensible du malheur des hommes, Werner Herzog s’attarde sur sa cruauté et sa folie, renouant ainsi avec les principes du lointain romantisme allemand.
Vous souvenez-vous de l'incroyable "Seul au monde" sorti en 2000 ? Non ? Dommage, vous avez raté l'occasion de pleurer pour un ballon (et je ne parle pas de la Coupe du monde). Vous vous souviendrez peut-être du plus récent "Premier Contact", de Denis Villeneuve ? C'est peut-être l'écriture et la façon de filmer des extra-terrestres la plus intelligente qu'on ait eue au cinéma. En revanche, difficile de croire que vous avez oublié le sacro-saint "Interstellar", immense chef-d'œuvre intemporel qui a éclipsé la quasi-intégralité des films de science-fiction spatiaux depuis sa sortie. Prenez un peu de ces trois monuments du 7ᵉ Art, prenez un Ryan Gosling au top de sa forme. Bravo, vous venez d'obtenir "Projet Dernière Chance".
Dans les limbes d'un purgatoire fantasy, une princesse guerrière cherche la vengeance et trouve peut-être le pardon. Avec "Scarlet et l’éternité", Mamoru Hosoda signe une œuvre hantée par Shakespeare et les conflits contemporains — belle à regarder, moins convaincante à ressentir.
Martin Scorsese, Sam Raimi, Angelina Jolie, Gal Gadot : autant de personnalités qui se sont frottées de près ou de loin à cette adaptation du classique de James Whale de 1935, "La Fiancée de Frankenstein". Et pourtant à l'arrivée, c'est Maggie Gyllenhaal qui hérite du morceau et se lance à corps perdu dans la bataille quitte à signer une oeuvre malade de sa gestation chaotique mais indéniablement habitée. Un joli paradoxe en somme qui mérite le détour.
Il est toujours agréable de voir un cinéaste prendre un virage radical, à l'opposé de son registre de prédilection. Andrea Di Stefano a construit son cinéma dans la veine du thriller policier — "Paradise Lost", "The Informer", puis "Dernière nuit à Milan", son œuvre la plus aboutie — tout en parsemant ses récits d'une aura romantique entre ses protagonistes. Avec "Il maestro", il change de cap et s'aventure sur le terrain de la comédie italienne, en retrouvant Pierfrancesco Favino pour un road trip à travers l'Italie des années 80.
C’est à travers l’enquête d’un survivant du régime, le journaliste Michael Goldsmith, que nous est conté le règne de Jean-Bedel Bokassa, président puis empereur autoproclamé de la République centrafricaine entre 1966 et 1979. Aujourd’hui quelque peu oublié, cet épisode est pourtant une illustration tragique et cruelle de l’hubris humaine à la sauce africaine.
Pixar signe un film sur le courage de la révolte — et recule au moment de conclure. "Jumpers" est beau, drôle, inventif, porté par une animation somptueuse et un sens du gag qui fait mouche. Mais à force de brouiller ses convictions et de ménager son public, il finit par ressembler au compromis qu'il prétend dénoncer. Une fable écologique généreuse, esthétiquement irréprochable, et politiquement timorée.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »