"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Le MCU a-t-il encore quelque chose à offrir ? "Captain America: Brave New World" devait rassurer, mais ne fait que confirmer l'impasse dans laquelle Marvel s'est enfermé. Un film qui recycle ses propres thèmes sans jamais les sublimer, enchaînant les erreurs de narration et d’exécution. L’ambition s'est évaporée, remplacée par une formule sans âme où le spectaculaire cède à la précipitation. Pire encore, même les rares fulgurances du film sont noyées par un montage chaotique et des effets spéciaux bâclés. À l’aube de "Avengers: Doomsday", la question n'est plus de savoir si le MCU peut se relever, mais s’il reste encore quelque chose à sauver.
Film lumineux et profondément touchant, "L'Attachement" de Carine Tardieu offre à ses acteurs (Valeria Bruni-Tedeschi, Pio Marmaï, Raphaël Quenard) une partition pleine de délicatesse, de justesse et d'émotion sur nos paysages intimes.
Claire Simon propose avec Apprendre une vision de l'école où chacun avance ensemble, peut-être un peu trop idéalisée, mais avec ses réalités, ses élèves à la traîne et ses défis. Un regard tendre et des personnels engagés pour une immersion au cœur de l'acte d'apprendre.
"La Pampa" est un premier film bouleversant qui allie chronique rurale, drame et récit d'apprentissage. À travers le personnage de Willy, incarné par la révélation Sayyid El Alami, ce long-métrage d'Antoine Chevrollier explore les thèmes du secret, du premier amour et des choix de vie. Avec sa mise en scène naturaliste et sa bande sonore poignante, le film touche par sa simplicité, sa profondeur et son humanité, offrant un instantané émouvant de l’adolescence à l’âge adulte.
"Je suis toujours là", un film puissant, poignant et nécessaire qui explore la dictature militaire au Brésil à travers une histoire vraie. Avec une prestation exceptionnelle de Fernanda Torres, ce drame intime et engagé nous plonge dans l'angoisse et l'incertitude d'une famille dévastée. Réalisé par Walter Salles, ce long-métrage marquant est un devoir de mémoire essentiel à l'heure des régimes autoritaires. À découvrir absolument !
"5 Septembre" plonge dans les coulisses du massacre de Munich lors des Jeux olympiques de 1972, explorant le dilemme éthique des journalistes face à l'urgence de l'information. À travers un huis clos captivant, Tim Fehlbaum met en lumière le processus de diffusion en direct, entre pression et responsabilité. Le film nous invite à réfléchir sur la légitimité et les défis de l'information en temps de crise, tout en offrant une immersion intense dans le fonctionnement des studios de télévision. Un thriller saisissant qui interroge le journalisme, la morale et la quête du scoop.
Avec "The Brutalist", Brady Corbet explore l'histoire de l'Amérique à travers le parcours d'un architecte hongrois, abordant des thèmes puissants tels que le capitalisme, le racisme et l'illusion du rêve américain. Une œuvre ambitieuse, dense et épique, portée par une prestation exceptionnelle d'Adrien Brody et une bande-son envoûtante. Un film à voir absolument, qui marquera l’histoire du cinéma contemporain.
Il faut croire que l'on va devoir compter sur le talent de Sophie Thatcher à l'avenir, tant elle porte vers le haut ce "Companion", qui se veut une transposition somme toute réussie de l'univers de "Black Mirror" dans un contexte tout ce qu'il y a de plus contemporain et surtout lambda.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.