Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.
Broken City est un film, clairement calqué sur les films noirs classiques comme Chinatown et LA Confidential, mais là où on aurait pu avoir un film vraiment noir comme "Menace II Society", un des premiers films d'Allen Hughes, on tombe quelque peu dans la caricature d'un thriller. Les personnages manquent d’épaisseurs, d'une certaine dimension, en fait le regard est attiré par des détails, notamment le foulard porté façon Audrey Hepburn par Catherine Zeta-Jones dans le rôle de "Cathleen Hostelter".
A priori il s'agit de bien plus que d'un énième film d'action du même style, le jeu est plutôt subtile et intense, il donne l'occasion à cet acteur de montrer autres choses qu'un jeu basé sur les coups de poings.
Même si l’intrigue prend ici une forme un peu linéaire et somme toute classique, Monstres Academy repose sur une animation brillante et d’un grand réalisme, et constitue une aventure hilarante et bien rythmée, qui rend hommage à la tradition américaine des films universitaires.
Le très attendu World War Z est un film de zombie sous une forme inédite, un blockbuster, qui marque le retour de Brad Pitt à l’affiche. A 50 ans, l’acteur américain s’accorde une petite pause récréative dans une carrière remplie, ces dernières années, de films d’auteurs et de réalisateurs virtuoses.
Barry Levinson, réalisateur de plusieurs chefs d'œuvre dans les années 80-90, effectue un come-back aussi inattendu qu’improbable avec un film-documentaire fantastique à micro-budget, filmé en 18 jours, présenté en septembre 2012 au Festival international du film de Toronto et produit par Jason Blum et Oren Péli : le récit d'une panique générale suite à une épidémie mortelle causée par un parasite toxique.
Electrick Children n’est pas seulement une fiction initiatique sur l’adolescence en quête de vérité, mais une expérience singulière, une fable mystique et biblique, une relecture contemporaine de l’histoire de la vierge Marie. La réalisatrice laisse d’ailleurs planer le doute quant à savoir si cette immaculée conception est réelle ou fictive. Même si le scénario est un peu faible, ce film demeure une riche idée de cinéma à la façon de Gus Van Sant [ii], tant les thématiques abordées sont universelles : l’origine de l’enfant, la conception, la rupture sociale, l’arrachement de soi, le feu de la révolte adolescente face à l’iniquité, une quête sociale, mais aussi mystique et religieuse
Moi, moche et méchant 2 est un film d'animation très drôle, sincère et bien rythmé. Ce film est un véritable hommage aux vieux films d'espionnage des années 70, principalement les James Bond.
Man of Steel de Zack Snyder est un film sombre, beaucoup moins lisse que la concurrence de Marvel. Dans cette relecture du mythe par Snyder, le spectateur a droit à un nouveau Superman, beaucoup plus sérieux, beaucoup plus noir, une sorte de demi-dieu solitaire, perdu loin de sa planète d'origine. Le super-héros torturé est décidément à la mode, après Iron Man 3 ! Pourtant, très vite, le scénario à coups de flash back sur la jeunesse de Superman expédiée à la va vite, déçoit :
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.