"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Cinq ans après le premier volet, Alexandre Astier livre une suite attendue : "Kaamelott : Deuxième Volet – Partie 1". Drôle, touchant et parfois inégal, le film poursuit l’épopée d’Arthur et de ses chevaliers avec brio. Entre humour ciselé, émotions sincères et quelques longueurs, cette première partie ravira surtout les fidèles de la saga culte.
Avec "Smashing Machine", Benny Safdie explore la vie du combattant Mark Kerr dans un drame viscéral porté par un Dwayne Johnson surprenant de sobriété. Entre violence maîtrisée et introspection, le film impressionne par sa mise en scène, mais peine à émouvoir pleinement. Un portrait intense, qui amorce une nouvelle facette du jeu de The Rock.
Dans "A House of Dynamite", Kathryn Bigelow signe un film d’une intensité rare, où la peur nucléaire devient le miroir des dérives du pouvoir et de l’illusion du contrôle. En mêlant tension politique, réalisme suffocant et réflexion morale, la cinéaste dévoile une Amérique au bord du chaos, prisonnière de sa propre machine de guerre.
À l’occasion des 20 ans du studio LAIKA, le Festival Lumière 2025 a célébré l'art de l'animation en volume avec la projection de "L’Étrange Pouvoir de Norman", accompagné du court-métrage hommage "The Thrifting". Écrit par Chris Butler et confié au Français Thibault Leclercq, le court-métrage rend hommage à l’univers de Norman et associe exploration du cinéma d’horreur et prouesses techniques.
Comment saisir cinématographiquement l'âme immobile d'un monstre ? Serebrennikov relève le défi en construisant un récit éclaté, miroir d'une conscience qui, loin de se repentir, ne cesse de se reconstruire dans l'abjection
Représenter le tournage d' "A bout de souffle" n'est pas facile. C'est pourtant une mission réussie pour "Nouvelle Vague", malgré une mise en scène assez prévisible.
C'est un réel pétri de tendresse que cherche à illustrer le film, au delà du poids peut-être mort d'une tradition et d'une théorie de toute façon déjà abordées maintes fois ailleurs. Ainsi ce plan magnifique qui montre un cuistot – celui qui annonce à Berlinguer l'événement d'un attentat fasciste – dans le jour d'un mur sur lequel est par ailleurs accroché le portrait de Marx. Les grands noms sont ainsi muets et font partie de la décoration. Non qu'il s'agisse de les oublier ou de les maltraiter (le film s'ouvre sur une citation de Gramsci) mais ils sont proprement un cadre dans lequel la vie de Berlinguer prend place non ce qu'il s'agit vraiment de raconter.
Près de 70 ans après le film culte de Jack Arnold, "L’Homme qui rétrécit" renaît en 2025 sous la direction de Jan Kounen. Jean Dujardin incarne un architecte confronté à un rétrécissement inexorable, dans une fable existentielle alliant science-fiction, horreur et métaphysique. Une relecture visuellement ambitieuse du roman de Richard Matheson.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.