Critiques films

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

La Mort n’existe pas : marcher hors du monde

"La Mort n’existe pas", nouveau film d’animation de Félix Dufour-Laperrière, propose une odyssée sensorielle et politique. À travers le regard d’une jeune écoterroriste hantée par ses choix, il explore le deuil, la rédemption et l’engagement écologique, mêlant poésie visuelle, mémoire et questionnements intimes sur le sens de l’action... et de l'inaction.

Nino : dans les limbes de la maladie

Le jour de ses 29 ans, Nino apprend qu’il est atteint d’un cancer de la gorge. Ce choc intime devient le point de départ d’une errance dans Paris, où diverses rencontres le confrontent à lui-même. Pauline Loquès signe un premier long-métrage sensible qui explore cet entre-deux fragile où se mêlent peur, désir et ouverture à l'autre.

Kontinental ’25 : le monde perdu

Avec "Kontinental ’25", Radu Jude poursuit son exploration des fractures sociales à travers le prisme de la culpabilité individuelle. Entre satire discrète, mise en scène minimaliste et absurdité institutionnelle, le film dresse un portrait implacable d’une société rongée par le capitalisme et la violence silencieuse du pouvoir.

Oui : chronique d’une obscénité ordinaire

Après "Le Genou d’Ahed", Nadav Lapid revient avec "Oui", une œuvre baroque, excessive et troublante, qui interroge la complicité ordinaire dans les crimes de guerre. Entre satire grotesque et fresque musicale, le film déploie une esthétique du chaos pour mieux sonder les abîmes moraux d’une société en fête, pendant que l’horreur se joue hors-champ.

L’Intérêt d’Adam : L’obsession d’Adam

"L’Intérêt d’Adam", drame social de Laura Wandel, explore l’obsession d’une infirmière pour un enfant sous-alimenté et sa mère en détresse. Sous forte influence Dardenne, le film enchaîne procédural oppressant, pathos appuyé et mise en scène rigide, au détriment de l’empathie qu’il prétend défendre. Un constat dur sur l’hôpital, mais sans réelle réinvention.

Renoir de Chie Hayakawa : l’enfance, côté poésie obscure

"Renoir" raconte l'histoire d'un deuil à venir, celui que va vivre Fuki dont le père est « en phase terminale ». Tout cela, elle l'apprend de la bouche des adultes sans que personne ne lui explique vraiment. Comme Fuki a une « imagination hors du commun », elle a déjà mis en scène sa propre mort ou celle de ses parents, à l'écrit. Et dans la vie ? Elle promène une sensibilité pétillante que la caméra de Chie Hayakawa caresse et accompagne avec douceur et fantaisie.

Sirāt : Enter the Void

Oliver Laxe livre avec "Sirāt" un film sensoriel et inclassable présenté à Cannes 2025. Entre road-trip mystique, rave en plein désert marocain et vertige visuel, cette œuvre radicale fascine autant qu’elle divise. Une expérience immersive portée par une techno envoûtante et une mise en scène hypnotique.

McWalter, loin d’une vidéo youtube à gros budget

Révélé sur Internet en 2008, Mister V explore une nouvelle facette de sa créativité avec McWalter, son premier long-métrage. Ce film, réalisé par Simon Astier, revisite les codes du film d’espionnage à travers une comédie absurde portée par un personnage culte né sur YouTube.

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Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

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Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.

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