"La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom" referme le diptyque consacré au général. Le film gagne en clarté par rapport à "L'Âge de fer", mais reste pris au piège de son admiration pour De Gaulle. Ses meilleurs moments restent le duel d'égos avec Roosevelt, qui veut placer la France libérée sous tutelle américaine, et l'ascension de Leclerc vers la libération de Paris.
Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu'est "Maspalomas", aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la "vie d'avant" va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz.
"Des Minions et des monstres" replonge dans le Hollywood des années folles, entre références à Chaplin, Keaton et "Chantons sous la pluie". Si Illumination livre une bonne surprise pour ce début d'été, le film peine à transformer ses idées en véritable souffle d'aventure, restant prisonnier d'un confort thématique déjà visible chez d'autres studios.
Dans un premier long métrage sensible et prenant Aux Jours qui viennent sur les violences intra-familiales, Nathalie Najem s'interroge sur les vies blessée et construit en vérité le portrait ambivalent d'un homme drogué, torturé, en manque de tout ( Bastien Bouillon), inapte à la vie.
Sélectionné à Cannes 2025, le premier long-métrage de Prïncia Car explore avec sensibilité et audace les relations affectives d’une jeunesse marseillaise désorientée, prise entre pulsions, patriarcat et quête de liberté. Carmen et Yasmine s’imposent peu à peu comme figures d’émancipation dans un récit féministe vibrant, porté par une mise en scène solaire, une bande originale marquante et une interprétation souvent improvisée.
Avec "Eddington", Ari Aster délaisse l’horreur pure pour une fresque politique audacieuse et clivante. Entre satire de l’Amérique trumpiste, tensions sociales, et chaos narratif, le film divise autant qu’il intrigue. Ambitieux mais inégal, ce long-métrage présenté à Cannes déstabilise par ses choix radicaux, tout en confirmant le talent de son réalisateur.
Apagan retrace une opération d’évacuation méconnue à Kaboul en août 2021, menée avec sang-froid par Mohamed Bida, officier de police français en poste à l’ambassade. Adapté de son propre livre, le film réalisé par Martin Bourboulon insuffle tension et émotion dans cette mission hors normes, alors que les Talibans reprennent le contrôle du pays. Roschdy Zem incarne Bida avec sobriété et profondeur, aux côtés de Lyna Khoudri, impressionnante dans le rôle d’une traductrice au courage discret. Ce récit haletant mêle suspense, négociations risquées, engagements personnels et portraits bouleversants dans un Kaboul en pleine chute. Au-delà du thriller, Apagan rend hommage à un homme et à ceux qui, dans l’ombre, ont risqué leur vie pour en sauver d’autres.
À l’occasion des 50 ans des "Dents de la mer", Laurent Bouzereau signe un documentaire captivant qui revient sur les coulisses chaotiques du tournage. Archives rares, témoignages intimes et analyse du génie de Spielberg dévoilent comment un film au bord du naufrage a donné naissance au tout premier blockbuster moderne.
"L'Aventura" de Sophie Letourneur explore avec finesse et authenticité la richesse du quotidien familial en vacances, mêlant humour discret, émotions profondes et moments simples. Le film capture la complexité des relations humaines à travers des instants sensibles où le banal révèle la vérité et la fragilité des liens entre parents et enfants.
Le Rire et le Couteau vous saisit à la gorge et ne lâche plus. Trois heures trente d’un cinéma vivant, pulsatil, où chaque plan sue l’urgence des corps et la fièvre des rencontres. Pedro Pinho y déploie une Afrique queer et vibrante, loin des clichés misérabilistes, un continent de désirs et de discours enflammés, où les ombres coloniales dansent encore dans la chaleur des nuits. À travers les yeux de Sergio, ingénieur portugais perdu dans cette géographie sensuelle, le film devient une expérience physique : on sent les odeurs, on touche les peaux, on écoute battre le cœur d’un monde qui résiste aux catégories.
Entre érotisme politique et mélancolie postcoloniale, Le Rire et le Couteau est bien plus qu’un film : une onde de choc.
Le nouveau "Superman" de James Gunn marque une renaissance ambitieuse pour DC, mêlant un héros profondément humain à une quête existentielle pleine de vulnérabilité. Face aux échecs passés et à l’ombre écrasante des Avengers, ce film ose réinventer l’Homme d’Acier avec compassion et modernité, explorant des thèmes d’espoir, d’amour et de solidarité dans un monde cynique. Notre critique décortique cette odyssée captivante, ses forces et ses limites.
Avec "L’Origine de l’humour", Mab remonte jusqu’à la préhistoire pour confier à un chasseur médiocre une mission divine : faire rire l’humanité. Une genèse joyeusement idiote, publiée chez Fluide Glacial, où le gag devient une affaire très sérieuse.
Avec ce troisième volume de l’arc Saiyan en édition Full Color, Dragon Ball atteint, mine de rien, l’un de ses sommets narratifs. Le duel entre Goku et Vegeta passera en effet à la postérité : explosion de puissance, nouvelles techniques de combat, tandis que les conséquences de cet affrontement bouleverseront durablement l’univers imaginé par Akira Toriyama.
Avec ce premier tome, Patrice Perna et Malo Kerfriden signent une bande dessinée historique tendue, qui raconte le triple effondrement d’un homme, d’un régime et d’un mythe.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.