Critiques films

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

Miroirs No.3 de Christian Petzlod : à la porte de la réalité

Miroirs No.3 est le dix-neuvième long métrage de Christian Petzlod qui s'entoure de ses fidèles actrices Paula Beer et Barbara Auer. Il raconte ici une histoire de fantômes invisibles mais palpables, de deuil, dans un univers qui confine au rêve, à l'irréel et pourtant ancré dans un quotidien très simple. Un film qui sait aussi tirer profit de sa bande originale entre piano et pop.

Connemara : rêves de souvenirs

"Connemara", d'Alex Lutz, est une odyssée sensorielle sur les amours perdues. Le réalisateur transpose le roman de Nicolas Mathieu en un film poignant, entre nostalgie et désenchantement, porté par Mélanie Thierry et Bastien Bouillon. Analyse des thèmes, de la mise en scène et de l'héritage cassavétien.

Sleeping Dogs : un puzzle sans mystère

"Sleeping Dogs" suit un ex-policier atteint d’Alzheimer, incarné par Russell Crowe, tentant de résoudre une affaire non élucidée. Si le film ambitionne de mêler thriller psychologique et drame mental à la manière de Memento, il s’égare dans une narration confuse, sans tension ni émotion forte, malgré une performance solide de Crowe.

En première ligne : sous haute tension

Voilà une immersion haletante dans le quotidien d’une infirmière, qui pointe du doigt des services hospitaliers manquant de moyens mais surtout de personnel. Pour son troisième long-métrage, la suissesse Pietra Biondina Volpe fait preuve d’un sens du rythme et de l’urgence qui traverse l’écran, ainsi que d’un souci du détail qui repose sur une grosse documentation en amont.

La femme qui en savait trop : la danse de l’insoumission

Dans "La Femme qui en savait trop", Nader Saeivar signe un drame poignant sur la condition des femmes en Iran. Tourné dans la clandestinité, le film mêle tension sociale et poésie visuelle. À travers la danse, les silences et les regards, il explore la résistance féminine face à l’oppression patriarcale et la quête d’une liberté longtemps confisquée.

La Guerre des Rose : Tardent les épines, mais si belles sont les pétales

Remake surprenant et moderne de "La Guerre des Rose", version 2025, portée par Olivia Colman et Benedict Cumberbatch, revisite avec finesse les tensions conjugales d’un couple en crise. Une comédie dramatique piquante, ancrée dans son époque.

Alpha : cinéma de l’esbroufe

Avec Alpha, la réalisatrice de Grave et Titane semble s’égarer dans un récit boursouflé et confus. Entre double temporalité inutile, symbolisme appuyé et traitement maladroit des thèmes sociaux, ce troisième long-métrage déçoit cruellement.

« Brief History of a Family » : un thriller en trompe l’œil

Dans "Brief History of a Family", Jianjie Lin dissèque les tensions d’un foyer chinois avec une précision clinique et une esthétique soignée. Derrière l’intrusion d’un adolescent mystérieux, le film explore les frustrations parentales et les failles d’un modèle familial en quête de sens.

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