Critiques films

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Monrovia, Indiana : sans relâche, Frederick Wiseman remet son ouvrage sur le métier

Monrovia, Indiana, du brillant documentariste Frederick Wiseman, une radioscopie de la vie ordinaire dans une petite commune rurale du Midwest américain, l’Amérique qui a fait confiance à Donald Trump.

Ne Coupez Pas ! : une comédie en trois actes, mais dont seul le troisième est drôle

Ne Coupez pas est une comédie bicéphale, voir même tricéphale. Mais les changements radicaux de genre ne permettent pas forcément de faire rire, au point de rendre l’ensemble terriblement disharmonieux.

Monsieur Link : quand le studio Laïka manque d’envergure

Après avoir repoussé l'animation en stop motion dans ses derniers retranchements avec Kubo et l'Armure Magique, le studio Laïka déçoit avec Monsieur Link. Un long-métrage ambitieux et techniquement parfait, mais manquant singulièrement d'envergure pour être aussi mémorable que ses aînés.

Mais vous êtes fous : un premier film subtil et délicat pour Audrey Diwan

Mais vous êtes fous, le premier film d'Audrey Diwan, raconte une histoire incroyable mais vraie. La réalisatrice le fait avec beaucoup de finesse et sans jugement aucun pour ses personnages, ce qui donne une histoire parfaitement bouleversante, sans être moralisatrice. Un tour de force qui vaut le détour. En salles le 24 avril 2019. On y retrouve surtout avec délectation l'actrice Céline Sallette et son mari dans le film, Pio Marmaï, toujours aussi convaincant.

La Malédiction de la Dame Blanche : mise en bouche mitigée à Conjuring 3

La Malédiction de la Dame Blanche fait peur. Non pas que le film soit terrifiant, plutôt qu'il démontre que le remplaçant de James Wan sur Conjuring 3 n'en possède pas le talent, livrant avec ce nouveau spin-off un titre horrifique certes efficace mais banal au possible.

El Reino : un survival politique asphyxiant

El Reino de Rodrigo Sorogoyen, oeuvre qui roule à pleine vitesse sans jamais regarder dans le rétroviseur, place ses pions avec vertige et écrit les ressorts d’une partie d’échec politicienne qui n’a pas fini de nous clouer au siège. El Reino est donc un coup de force, un labyrinthe parfois difficile à suivre mais qui se sert du genre pour tacher de sang le mur d’une politique espagnole viciée et aux abois. 

Tanguy, le Retour… que personne n’attendait

Si l'on retrouve avec délectation le couple Sabine Azéma/André Dussollier, le réalisateur Étienne Chatillez s'est, lui, entièrement perdu dans les méandres de la comédie française avec cette suite gentillette, paresseuse et littéralement sans fin.

Blanche comme neige : Lou de Laâge en oie pas si blanche

Pour son nouveau film Blanche comme neige, une adaptation du conte des frères Grimm, et malgré une orchestration impeccable, Anne Fontaine souffre d’un scénario un peu trop léger qui aboutit sur un film pas suffisamment solide où les exploits érotiques de sa protagoniste tiennent lieu de point d’orgue.

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