"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
Une jeune femme est embauchée dans un palace saoudien du XVIe arrondissement de Paris. Sa mission : servir la favorite du prince. Les deux femmes, auxquelles s’ajoute le majordome de la demeure, vont s’apprivoiser, réunis par leur condition de captifs volontaires. Un premier long-métrage réussi signé Hélène Rosselet-Ruiz.
Après dix ans de gestation, le nouveau Gregg Araki porté par Olivia Wilde et Cooper Hoffman, "I Want Your Sex" débarque enfin en salles. Entre fantasme de muse, rapport de domination et lettre d'amour pop et acidulée à la Gen Z, le cinéaste de 66 ans flirte avec son époque sans jamais vraiment la bouleverser.
Renouant avec la veine du thriller érotique qui l’a rendu célèbre, Adrian Lyne en livre une version atone et à peine incarnée, notamment par un Ben Affleck complètement sorti de sa zone de confort. Eaux profondes est le premier film érotique produit par Disney (via 20th Century Studios) depuis un autre fameux navet, Color of Night, en 1994. Espérons que ce soit le dernier.
Bruno Reidal est un film policier qui (d)étonne dans le paysage cinématographique actuel. L'oeuvre délaisse l'enquête policière au profit de l'introspection intime. En donnant la parole au meurtrier plutôt qu'aux enquêteurs, Vincent Le Port subvertit sciemment les codes classiques du polar. Placée sous le signe de la subjectivité, la narration évite cependant tout manichéisme. Le cinéaste invite son public à la réflexion. Car, si la confession du meurtrier n'annule pas le crime, elle déplace, néanmoins, le regard du spectateur en l'obligeant à considérer l'homme derrière le monstre.
Conscient de ne pas réinventer la poudre avec son pitch directement issu des 90's, Michael Bay livre avec Ambulance une symbiose étonnante entre les deux pôles de son cinéma : d'un côté, un hyper-réalisme directement tiré de son 13 Hours ; de l'autre, un spectacle volontairement outrancier mais dont les expérimentations esthétiques le propulsent bien au-delà de la mêlée de l'entertainment hollywoodien. De quoi prouver aux derniers récalcitrants que Bay est bien l'un des derniers auteurs de divertissement américain et que, pour ça, il faut le préserver à tout prix.
De nos frères blessés est le deuxième long métrage d'Hélier Cisterne (que l'on a vu aussi aux commandes du Bureau des légendes). Le réalisateur y raconte l'histoire vraie de Fernand Iveton, condamné à mort en 1956 en pleine guerre d'Algérie pour une bombe qui n'a jamais explosé et n'avait pas pour objectif de tuer. Condamné et non gracié par François Mitterrand alors Garde des sceaux. Une histoire de fou (pour plagier Guédiguian) qu'Hélier Cisterne fait sienne avec une simplicité bienvenue et pleine d'une belle émotion.
L’Ombre d’un mensonge est un film assez différent de ce à quoi le cinéaste Bouli Lanners nous a habitué. Qualifié par lui-même de Grand Public, le film, d’une très grande beauté formelle, analyse sur fond d’une histoire d’amour, les mœurs étriquées d’une société gaélique bornée par des pratiques religieuses d’un autre âge, desquelles des membres sont avides de s’échapper.
Par son rythme effréné, qui ne laisse pas de place à l'apitoiement inutile, A plein temps offre un regard dense et combatif sur la débrouille. Le film s'offre comme une expérience sensorielle, presque un thriller social avec une Laure Calamy toujours aussi juste.
Si vous ne connaissiez pas encore le nom d'Anaïs Volpé, Souheila Yacoub et Déborah Lukumuena, Entre les vagues devrait vite vous les faire connaître. En racontant l'histoire de deux jeunes amies prêtes à tout pour vivre leurs rêves, le film réussit autant à émouvoir qu'à forcer le respect (cinématographique).
Rien à foutre est un titre qui annonce la couleur. Sous les traits lumineux de l’excellente Adèle Exarchopoulos, les cinéastes dessinent avec talent une jeunesse désenchantée, minée par une société de plus en plus mercantile et individualiste.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »
À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma.
Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif.
« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ?
- Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de…
- Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ?
- Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh…
- Répugnant. Oui
- … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a…
- … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble !
- Franchement, je préférerais pas…
- Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard.
- Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »