Non dépourvu de plans géniaux – notamment son duel final – et illuminé par le magnétisme de Lee Van Cleef, le film est néanmoins écrasé par le modèle leonien, dont tous les codes sont scrupuleusement respectés. Les suppléments sont généreux et sympathiques… mais eux aussi très imparfaits.
Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.
Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…
Retour sur le troisième coffret consacré à Ray Harryhausen par Sidonis Calysta. Au programme : des soucoupes volantes, un monstre marin et un alien kidnappé et traqué dans trois longs métrages marqués par le génie démiurgique de l'altérité et des effets spéciaux au cinéma, Ray Harryhausen.
Film culte réalisé par Fruit Chan avec trois bouts de ficelle et des acteurs amateurs, Made in Hong Kong surprend par sa fraicheur et sa vitalité. Sorti en 1997, le film est édité en DVD/blu ray pour la première fois dans sa version restaurée 4k.
Rimini Éditions propose en combo DVD/blu-ray et version restaurée le film d'animation japonais Yuki, de Tadashi Imai. Inédit au cinéma en France, ce conte sur l'oppression des plus faibles est produit par la société Nikkatsu, fondée en 1912, tandis que son animation a été confiée au studio Mushi Production, emblématique créateur d'Astro Boy (1963), la première série animée nippone.
Ressortir dans le contexte actuel une fiction évoquant l’assassinat d’une épouse infidèle, déjà qualifiée à tort il y a près de trente ans de « misogyne », n’allait pas de soi. Il faut donc saluer ce choix de Pathé, qui nous permet de réaliser l’inanité d’un tel jugement, Tango n’étant rien de plus qu’une comédie absurde qui prend un malin plaisir à ridiculiser les deux sexes. Une œuvre qui célèbre la liberté et la légèreté, sans œillères idéologiques, comme on n’en fait plus que rarement.
Vous aimez les thrillers au long cours, les paysages surprenants et la musique country ? Laissez-vous tenter par la série australienne Mystery Road et son emblématique détective, Jay Swan. Dépaysement garanti.
Pour son premier long métrage, distribué par Arcadès, Mehdi Barsaoui nous emmène au cœur de sa Tunisie natale. Il fixe son intrigue, stratifiée, en 2011, en pleines révolutions arabes, au moment même où le général Kadhafi vit ses derniers instants au sommet de l'État libyen.
Budget serré, casting inégal, récit peu compréhensible, le film ne laisse pas un souvenir impérissable. Néanmoins, Giorgio Ferroni connaît les ingrédients essentiels à la recette. Sens du rythme, héros charismatique, mélange d’humour et de cynisme, fusillades bien troussées et paysages magnifiques : l’aficionado de western-spaghettis savourera le film à sa juste valeur.
Tiré d'une histoire vraie, Docteur Patch raconte l'histoire romancée de Patch Adams, dépressif reconverti en étudiant en médecine et fervent défenseur d'une approche plus humaine et moins distanciée de la relation patient-docteur, qui devra se battre pour qu'on l'autorise à mettre en pratique sa vision.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.