Série Mystery Road : bush detective

La série Mystery Road  a souvent été qualifiée de True Detective australien. De fait, avec son duo d’enquêteurs, ses paysages superbes et une bande musicale immersive, elle ne manque pas d’atouts. Les éditions Arcadès viennent de sortir la saison 2 en format DVD.

De l’Outback au Kimberley

Le charme de Mystery Road repose en grande partie sur les paysages de cette Australie du nord peu connue. L’Outback constitue le décor principal de la saison 1 où dominent la couleur ocre des terres rouges, les atmosphères saturées de poussière et les crépuscules flamboyants. La saison 2 quant à elle a pour décor la région de Kimberley sur la côte ouest du pays. Les scénarios composent avec la dimension mystérieuse des sites aborigènes mais également, en contrepoint, avec la réalité plus triviale du mode de vie local : pubs bondés, spectacles de rodéo et road train ces camions XXL qui sillonnent les routes d’Australie. Des territoires excentrés où consommation d’alcool et trafics de stupéfiants vont bon train.

Cow-boy bourru et bush cousu

C’est dans ce décor qu’intervient l’inspecteur Jay Swan. Précédé d’un passif de pourfendeur de trafiquants de drogue, il débarque pour enquêter sur des affaires criminelles macabres. Deux saisonniers disparus dans la saison 1, un  routier retrouvé décapité dans la saison 2. L’acteur aborigène Aaron Pedersen compose un personnage de cow-boy taciturne, à la dégaine virile et à la moue renfrognée. Le binôme qu’il compose avec une enquêtrice – Judy Davis (S 01) et Jada Alberts (S 02) – se heurte au mutisme des populations locales – blanches ou aborigènes – au sein desquelles règne la défiance. D’autant que les cold case qui refont surface puisent leurs racines dans l’histoire douloureuse de la colonisation.

Et aussi(e) la musique

Si vous êtes insensible au charme de l’inspecteur Jay Swan ou à la splendeur des paysages, il y a encore la bande originale qui peut vous convaincre. D’abord la partition principale signée Matteo Zingales et Antony Partos qui donne de l’épaisseur à l’atmosphère très western de la série. Ou ces morceaux de musique, issus pour certains du patrimoine country local, qui contribuent au dépaysement. Chaque nouvel épisode s’ouvre ainsi, en guise de générique, sur une association photographie/musique particulièrement réussie. Pour une immersion immédiate dans l’Outback australien.

Bande annonce :

Fiche technique de la Saison 2 :

  • Réalisé par : Warwick Thornton (épisode 1/5/6) et Wayne Blair (épisodes 2/3/4)
  • Écrit par : Steven McGregor, Blake Ayshford, Timothy Lee, Kodie Bedford, Danielle Maclean
  • Six épisodes : 50′ en moyenne
  • Durée : 5h00
  • Image : Couleur
  • Audio : 2.0 VF et 5.1 VO
  • Format écran : 1.78
  • Editeur : l’Atelier d’Images
  • Date de sortie : 05/01/2021
  • Langues : Français, Anglais, sous-titres Français et pour les sourds et malentendants
  • Support détaillé : 2 DVD Amaray, Fourre

Bonus : Coulisses du tournage – interviews de l’équipe du film

Note des lecteurs1 Note
4

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.

Natura : Se perdre pour renaître

S'il est de coutume de penser que la beauté est intérieure, "Natura" nous invite à une tout autre mise en perspective : celle d'un environnement naturel à la fois hostile et sublime, qui finit par agir comme un miroir. Une traversée du massif vosgien qui tient à la fois du conte et de la survie, où une femme cherche, dans l'épaisseur de la forêt, quelque chose qui ressemble à une seconde naissance. Mickael Perret réussit à explorer ce décor dans ce qu'il a de plus brut et de plus étrange. Un premier film audacieux et ambitieux, porteur de grandes promesses.

Sirāt : l’odyssée des damnés

Prix du jury au Festival de Cannes 2025, Oliver Laxe prolonge son cinéma de l’épreuve et de la foi dans un road-trip halluciné au cœur du désert. Entre communauté de teufeurs, deuil intime et bascule métaphysique, "Sirāt" interroge l’errance contemporaine dans un monde vidé de repères. Une expérience sensorielle radicale, portée par les corps, la musique et un monde au bord de l’effondrement.

Once upon a time in Gaza : l’Espoir, le Vice et la Trahison

"Once Upon a Time in Gaza" des frères Nasser est une tragi-comédie saisissante mêlant fraternité contrariée, satire sociale et résistance artistique. Entre fable noire et cinéma engagé, le film dresse un portrait poignant et absurde de la vie à Gaza, où chaque geste devient un acte de survie sous un ciel d’oppression.