Le talent d’Eisenstein fut initialement mis au service de la machine propagandiste soviétique. Un siècle plus tard, le temps a débarrassé ce film de toute la dimension polémique attachée au régime criminel. Ne reste aujourd’hui plus que la substantifique moelle du génie de son metteur en scène.
Non dépourvu de plans géniaux – notamment son duel final – et illuminé par le magnétisme de Lee Van Cleef, le film est néanmoins écrasé par le modèle leonien, dont tous les codes sont scrupuleusement respectés. Les suppléments sont généreux et sympathiques… mais eux aussi très imparfaits.
Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.
La séduction, ce n’est jamais que de la légèreté qui n’en pense pas moins et cette interdiction formelle à extérioriser la gravité, Hors d'Atteinte ne va pas la subir mais l’embrasser. A l’instar de ses deux personnages principaux finalement, qui se laissent aller à la spontanéité des sentiments au détriment des attendus de leurs fonctions respectives.
Un western certes, avec ses cow-boys, ses indiens et ses feux de camps, mais un western atypique où Clark Gable et Jane Russell cabotinent comme dans une comédie de mœurs. A découvrir.
S’ils sont sortis l’un après l’autre, le célèbre Europe 51 (1952) et la comédie oubliée Où est la liberté ? (1954) ne présentent pas beaucoup de points communs. Le premier, qui fait indiscutablement partie des classiques du maître italien, est un drame néoréaliste auquel se greffe une réflexion politico-spirituelle sur l’Italie de l’après-guerre. Le second, nettement moins connu et coincé entre deux chefs-d’œuvre, est une des rares comédies d’un Rossellini peu concerné par le projet.
Doté d'une nouvelle restauration 2K inédite en France, Le Dernier Métro de François Truffaut fait l'objet, aux éditions Carlotta, d'un coffret ultra collector très généreux en suppléments.
Les éditions Tamasa frappent un grand coup en proposant en combo DVD/Blu-Ray deux immenses films de Federico Fellini, Les Vitelloni et Les Nuits de Cabiria, qui comptent parmi les plus grandes réussites de la première partie de carrière du cinéaste italien. Disponibles depuis le 18 mai dernier.
Vous ne connaissez pas le roman de Pierre Louÿs ? qu'à cela ne tienne, venez découvrir la première adaptation qui en fut faite, celle de 1929 signée Jacques de Baroncelli avec Conchita Montenegro en danseuse de flamenco incandescente.
Un film noir mais sous le ciel bleu de Californie ! En transposant le roman de Jim Thompson loin des clichés du genre, James Foley signe un film singulier qui ne laisse pas indifférent. Avec Jason Patric et Rachel Ward pour la touche sensuelle.
Les éditions Carlotta commercialisent dans une édition prestige limitée, en combo DVD/blu-ray, La Peau douce, de François Truffaut. L'occasion de redécouvrir ce qui demeure, des décennies plus tard, l'un des films les plus subtils et notables d'une filmographie pourtant féconde.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.