S'il est de coutume de penser que la beauté est intérieure, "Natura" nous invite à une tout autre mise en perspective : celle d'un environnement naturel à la fois hostile et sublime, qui finit par agir comme un miroir. Une traversée du massif vosgien qui tient à la fois du conte et de la survie, où une femme cherche, dans l'épaisseur de la forêt, quelque chose qui ressemble à une seconde naissance. Mickael Perret réussit à explorer ce décor dans ce qu'il a de plus brut et de plus étrange. Un premier film audacieux et ambitieux, porteur de grandes promesses.
Prix du jury au Festival de Cannes 2025, Oliver Laxe prolonge son cinéma de l’épreuve et de la foi dans un road-trip halluciné au cœur du désert. Entre communauté de teufeurs, deuil intime et bascule métaphysique, "Sirāt" interroge l’errance contemporaine dans un monde vidé de repères. Une expérience sensorielle radicale, portée par les corps, la musique et un monde au bord de l’effondrement.
"Once Upon a Time in Gaza" des frères Nasser est une tragi-comédie saisissante mêlant fraternité contrariée, satire sociale et résistance artistique. Entre fable noire et cinéma engagé, le film dresse un portrait poignant et absurde de la vie à Gaza, où chaque geste devient un acte de survie sous un ciel d’oppression.
Les deux films démentent l’image stéréotypée du western : d’une part une comédie menée à du cent à l’heure, signée George Marshall ; d’autre part une œuvre hybride et inclassable réalisée par S. Sylvan Simon. Deux visages radicalement différents d’un genre né en même temps que le septième art lui-même et qui, depuis lors, n’a jamais cessé de nous étonner… et nous émerveiller.
En le revoyant aujourd’hui, nous assumons notre subjectivité en affirmant que Barabbas fait aisément partie des trois meilleurs péplums du cinéma parlant. Mais, c’est bien connu, le mieux est l’ennemi du bien. Le propos subtil et l’approche complexe d’un sujet et d’un personnage fascinants, tranchèrent en effet à l’époque avec les canons établis par les classiques du genre (Les Dix Commandements, Quo Vadis, Ben-Hur…). Un film d’auteur exigeant ? Même pas ! L’œuvre est signée Richard Fleischer, un metteur en scène qui, à l’image de son film, mériterait une bien plus grande reconnaissance.
Édité par SND Films et distribué par Arcadès, Harry, un ami qui vous veut du bien se voit gratifié d'une nouvelle vie en blu-ray. L'occasion de redécouvrir ce qui fait le sel de ce film dérangeant et singulier.
Cce film montrant les effets de l’explosion de la bombe atomique au cœur de la métropole japonaise, le 6 août 1945, a été peu vu à sa sortie, pour ensuite disparaître complètement en raison du sujet traité et d’un positionnement jugé trop antiaméricain. Voir aujourd’hui ce document terriblement réaliste traitant d’un épisode cauchemardesque de l’histoire récente du Japon, est essentiel. Bien que daté, Hiroshima nous force à plonger dans l’œil du cyclone, à observer l’épitome de la folie guerrière de l’Homme.
Une pépite du cinéma québecois : l'histoire de Mikuan, une jeune indienne de la réserve des Sept îles, au nord de Montréal, qui aspire à s’affranchir de sa communauté sans pour autant renier son identité. A découvrir.
Black Jack voit le metteur en scène britannique quitter brusquement le réalisme kitchen sink pour se lancer pour la première (et unique) fois dans un drame historique, qui emprunte en outre au conte et au film d’aventures. En dépit d’un cadre forcément singulier, on retrouve dans cette rencontre entre reconstitution historique et fantaisie (faussement) légère bien des thématiques fétiches de l’auteur de Kes.
Film à l'esthétique impressionnante rappelant les maîtres flamands, portrait tragique d'une femme prise entre les élans de sa passion amoureuse et la morale étriquée et mortifère de son temps, Jour de colère, de Carl Theodor Dreyer, est un film qui marque une mémoire de cinéphile. MK2 et Potemkine nous proposent de le revoir en DVD.
L'Atelier d'images propose en combo DVD/blu-ray le chef-d'œuvre de Jim Sheridan Au nom du père, portant sur le conflit opposant l'IRA et la Grande-Bretagne et mettant en scène l'excellent Daniel Day-Lewis.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.