"Yi Yi", ultime film d’Edward Yang, déploie une fresque sensible où une famille taïwanaise traverse doutes, silences et bouleversements intimes. À travers Taipei en mutation, le cinéaste explore la modernité, la transmission et les angles morts de nos existences. Cette analyse revient sur la puissance émotionnelle, la précision formelle et l’héritage durable de ce chef-d’œuvre.
Dans "Mahjong", Edward Yang transforme le Taipei des années 1990 en un labyrinthe urbain où argent, illusions et identités en dérive s’entrechoquent. Satire féroce d’une mondialisation naissante, le film dévoile des êtres dispersés comme des tuiles, en quête d’amour, de sens et de ce que l’argent ne pourra jamais acheter. Un portrait lucide, nerveux et profondément humain.
À travers "Confusion chez Confucius", Edward Yang dépeint un Taipei en pleine métamorphose, où modernité, ambition et valeurs traditionnelles s’entrechoquent. Entre satire sociale, portraits intimes et quête d’indépendance, le film explore le travail, l’art, les relations et les fractures d’une société qui évolue plus vite que ceux qui la vivent. Une fresque lucide et poétique sur l’identité taïwanaise face à la modernité.
Avec Ghost of Mars, John Carpenter tourne encore avec le style et la patte fauchée qui ont construit une filmographie à contre-courant de ce que la série B devenait déjà en 2001 : une série de films interchangeables, hantés par les blockbusters en cherchant à chaque plan l'évocation de masses, les grands angles et le style assommant.
Versant autant dans le délire gonzo que dans la subversion bien vénère qui le caractérise, John Carpenter signe avec Los Angeles 2013, un film atypique. Ni véritablement une suite, ni véritablement un remake, mais plutôt un rejeton bâtard & illégitime dans lequel il dénonce autant qu'il méprise l'idéologie des gros studios hollywoodiens, avide de dupliquer n'importe quel projet à outrance. Le tout pour un résultat frôlant le bras d'honneur trollesque mais qui parvient contre toute attente, à faire mouche vu la posture de mercenaire sans foi ni loi adoptée par Carpenter.
Après The Thing, l’aliénation reste un thème prolifique pour Carpenter qui réadapte en 1995, Le Village des damnées avec Christopher Reeve. "Beware of the Children" nous annonce l'affiche, car sous ces visages angéliques se cachent des êtres d'intelligence supérieure voulant asservir l'espèce humaine. Ce sympathique thriller est devenu un film d'horreur culte qu'il ne faut pas louper dans la filmographie du grand réalisateur.
Rocky et les autres étaient des héros cernés par le regard, John était celui qui se fait des cernes quand il en a enfin un. Après vient le délire. Deux costauds à grosses lunettes attaquent une chaîne de télé avec leurs fusils à pompes, arrosent à foison les flics, les journalistes, les cravateux et les bourgeoises.
Impossible d'imaginer une rétrospective consacrée à John Carpenter sans passer par le Prince des ténèbres, formidable film d'horreur dont l'épouvante englobe toute la création, depuis les phénomènes cosmiques jusqu'aux particules subatomiques, le tout mis en danger par un étrange et terrifiant sarcophage découvert dans une église abandonnée.
Film de science-fiction portant le sceau immédiatement reconnaissable des années 80, Starman pâtit du succès phénoménal d’un grand classique signé Steven Spielberg, sorti en salles à peine deux ans auparavant.
Avant que l'esprit Disney rentre dans tous les cerveaux des scénaristes et que les morts ne sortent du champ des caméras, The Thing chantait déjà la fin d'une série B paumée, tendant les bras au succès à tout prix sans savoir quoi en faire. Après lui, John Carpenter redevient le marginal, le punk, la cassandre qui recevra des lauriers bien trop tard, mais les seuls qui valaient. Il retourne à ses séries B mises de côté pour le grand public par les barbouzes des études de marché, des projections-test et des reshootings. A ces personnes-là, la scène de fin la plus ouverte de John Carpenter sonne comme une sentance. Le monde mérite-t-il d'être sauvé? C'est peut-être pire : il ne mérite même plus que l'on se pose la question.
Suite de notre rétrospective John Carpenter avec Escape From New York, un film d'action mais surtout d'ambiance, addictif et grisant. En à peine une heure et demie, John Carpenter nous fait entrevoir un univers riche, haut en couleurs et macabre à la fois, dans un New York nocturne et dystopique.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.