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Festival Séries Mania 2016 : Norskov, le nouveau polar nordique

Norskov, le nouveau souffle du polar nordique

            Un discours politique, celui du maire de la ville danoise, Norskov. Il a de grands projets pour la ville, un éco-port, un nouveau lycée… Le discours terminé, il se rend au match de hockey sur glace, sport fédérateur de la ville. Le stade est en ébullition. Pendant ce temps, une voiture emplie arrive sur le parking du bâtiment. À l’intérieur du véhicule, des jeunes gens sont énervés, excités. L’un d’eux sort une quantité importante de cocaïne. Un autre garçon, Oliver, est débecté de voir ça, il sort de la voiture et part voir le match. Les autres se « poudrent le nez » de manière inconséquente. L’une des jeunes femmes sniffe deux rails blancs. Elle souffre au niveau du crâne, ses camarades paniquent. Elle fait une overdose. La voiture quitte le parking sur les chapeaux de roue, laissant sur le pavé du parking la lycéenne. Ainsi commence Norskov, la série policière danoise créée et scénarisée par Dunja Gry Jensen, dont les trois premiers nous ont été présentés en avant-première française au festival Séries Mania.

            Tom Noack (interprété par Thomas Levin, notamment aperçu dans Borgen), policier spécialisé dans les trafics de stupéfiant, revient dans sa ville d’origine, Norskov. Au service de la ville qui l’a vu grandir, il doit enquêter sur les affaires de drogues minant la cité et ses grands projets. Le maire, son beau-frère, est satisfait de ce retour, et compte sur lui pour réussir sa mission. Mais la ville a changé, certains amis et d’autres connaissances aussi. On pourrait dire du pitch de la série qu’il n’est pas brillant d’originalité, nous assure le présentateur de la séance. Après tout on y retrouve du Friday Night Lights, du Hot Fuzz ou encore l’aspect village transformé de L’invasion des profanateurs de sépulture. Et pourtant, Norskov ne manque pas de l’être, brillante.

            La force du show se situe dans le scénario et son traitement visuel, le récit donc. Car à l’inverse des espaces froids et glauques aperçus dans des séries nordiques (The Killing par exemple) et plus largement des polars, Norskov se présente à de nombreuses reprises comme une ville vibrante et vivante la nuit mais toutefois plongée dans ses ténèbres. Une bande-son électro fait de cette ambiance urbaine nocturne un élément passionnant véritablement inspiré par Michael Mann : on pense à Heat et Manhunter. Élément qui fait transcender la série de son genre pour l’exposer en tant qu’œuvre sur l’humain.

            Si le traitement de la ville tient presque du travail de symbolisme même si elle reste souvent filmée à hauteur d’homme, à partir du point de vue d’un personnage, le reste de l’action est justement caméra à l’épaule. L’objectif accompagne les faits et gestes des personnages principaux, et de ceux qui occupent l’espace investi. Ainsi l’introduction du pilote capture le discours du maire, puis les corps sportifs sur la glace, leurs coups de crosse, leurs mouvements de patins, et ceux des jeunes se droguant : la tête se penche, la narine se resserre tandis qu’elle sniffe. En cela, il s’agissait de capter une double euphorie, celle due par l’annonce de grands projets collectifs et l’expérience aussi collective – on dira même communautaire – du sport, et l’autre, causée par les ténèbres de l’humain, sa folie, et surtout sa perte, incarnée par la drogue dure. Il ne s’agit pas pour la créatrice-scénariste de juger de manière manichéenne les agissements des individus. Bien au contraire, Dunja Gry Jensen utilise toute son expérience du documentaire (et bien sûr celle acquise dans la fiction) pour filmer les faits et gestes des individus et du collectif, captant les vérités individuelles et la réalité collective. La série capte ainsi de manière réaliste et surtout naturaliste Norskov, ses habitants et ses événements. Hormis quelques images stylisées à coup de musique électro contemplative (par exemple, les plans sur la ville), la série tient presque du document sur le fonctionnement judiciaire et politico-administratif de Norskov. Ici, pas de flic avec un sixième sens, mais des agents travaillant ensemble, avec chacun leurs qualités. Brammar, le collègue de Tom, a le sens de la répartie et du relationnel, en plus d’être un agent efficace. Tom est plus discret, mais a le sens de l’observation, tout étant aussi un policier efficace, c’est-à-dire expérimenté, connaissant son métier, son cadre légal en termes d’action… Ici il ne s’agit pas de l’agent qui va organiser une opération d’attaque sur un repère sans mandats d’arrestation et de perquisition. Les lois existent dans la série telles qu’on les connaît, avec leurs contraintes, telles que le temps nécessaire pour obtenir une autorisation d’action, temps qui pourrait leur faire perdre des initiatives. Pareil du côté de la mairie où le beau-frère de Tom trichera quelque peu avec ces mêmes lois pour se jouer de ce temps qu’il n’a plus.

            Cette force de documentation et de captation des faits et gestes de personnages de deux univers différents mais collaborant ensemble n’est pas sans rappeler The Wire de David Simon. Enfin l’une des autres puissances remarquables de la série est sa galerie de personnages, leur écriture et interprétation. Il ne s’agit pas de jouer à un jeu de révélation, ou encore à une certaine sur-écriture humoristique pour rentrer dans le genre de la comédie. La vie se déroule devant nous, ainsi une blague tout à fait banale déjà vécue dans votre quotidien et faite pas les personnages les font rire comme ils nous font rire. Il y aura toutefois une importante révélation dans le troisième épisode, mais qui n’arrive pas comme un poil sur la soupe même si dans la salle, bien des spectateurs semblaient surpris. Soit les indices étaient maigres, mais tout de même. À voir comment avancera la série.

            CineSeriesMag vous conseille absolument la découverte de ce petit joyau télévisuel venu du nord. Vous pourrez d’ailleurs le découvrir prochainement sur Arte. Une dernière remarque : ayant pu découvrir les séries sur grand écran, nous avons été positivement surpris du potentiel cinématographique de Norskov, qui mériterait une place sur le grand écran.

Norskov: Fiche Technique

Créateur: Dunja Gry Jensen
Scénariste: Dunja Gry Jensen
Réalisateur(s) : Louise N.D. Friedberg, Birgitte Stæremose, Søren Balle
Avec Thomas Levin, Claus Riis Østergaard, Jakob Ulrik Lohmann, Anne Sofie Espersen
Producteur (s): SF Film Production
Vendeur international DR Sales
Diffuseur(s) Danemark : TV2 Danmark / diffuseur France : ARTE
Année de production 2015
Pays Danemark

Daredevil saison 2, une série de Drew Goddard: critique

La série Daredevil, qui peut être considérée comme étant à ce jour, la plus brillante des mises en images de l’univers Marvel, est aussi devenue le moyen de réconcilier les fans de Stan Lee et de DC Comics.

Synopsis: La suite des aventures de Matt Daredevil Murdock, le démon de Hell’s Kitchen, cette fois confronté à des Yakuzas, au Punisher et à son amour pour Élektra et…une autre femme.

Man In Red

Sombre, âpre et d’une brutalité crue comme on en voit peu ailleurs, Drew Goddard fait le pari de sortir l’adaptation super-héroïque de la mécanique des films pornographiques. On a trop pris l’habitude en effet, de vivre ce genre en tenant peu compte de scènes parfois plates, pour n’attendre que de voir le héros et ses super-pouvoirs en pleine action. Faute aux fans et faute à la production qui parfois, mise tout sur l’action et les effets spéciaux.

Daredevil va beaucoup plus loin, on croyait avoir atteint un sommet avec la première saison, reçue comme un étonnant coup de poing dans l’estomac, on n’arrive pas à croire que la deuxième est encore meilleure. La violence tellement marquée, donne cette fois dans le glauque et le malsain, retournant les estomacs peu préparés, les personnages secondaires prenant de l’épaisseur et gagnant en intérêt. Surtout, le diable de Hell’s Kitchen et désormais bien lui-même, de rouge vêtu et déchiré par des principes moraux, parfois peu en adéquation avec la mission qu’il s’est donnée: protéger New-York.

Cette deuxième saison résonne comme une amplification des qualités de la première, ce qui était une ébauche fait sens. On descend plus profondément dans l’esprit du héros, qui prend des coups comme aucun autre avant lui. Plus que tout autre, Drew Goddard parvient à faire de cette histoire une mythologie, rendant la « normalité » de Matt presque divine, rendant son sacrifice pour sa ville presque biblique. Il lui offre deux apôtres: Elektra et le Punisher, tous deux déjà adaptés sur grand écrans, qui trouvent ici leur idéal télévisuel. Elektra, c’est la française Élodie Yung (Gods Of Egypt). Féline, charnelle et sensuelle, elle devient rapidement le côté obscur de Matt, sa mauvaise conscience. Le Punisher est interprété par Jon Bernthal (Le Loup De Wall Street, Sicario), trainant parfaitement sa tristesse, sa mélancolie et surtout une soif de vengeance sans égale, comme autant de chaines à ses pieds. Si la série est brillante, le casting l’est tout autant.

Mais le tour de force de Daredevil la série, c’est peut-être sa construction, sa narration. Tout en la laissant exister pour elle-même, Drew Goddard parvient à faire de chaque saison (car c’est valable également pour la première) une transition vers la suivante. Dès la première minute du premier épisode, qui se suffit à lui-même, on est déjà dans la transition, dans la mise en place de la saison suivante. Rien d’artificiel là-dedans, rien de rébarbatif non plus, ça marche totalement et, cette soif d’une suite qu’on ressent généralement au dernier épisode, on la sent monter lentement comme une marée jusqu’à la dernière scène du dernier épisode, synonyme de jouissance de ce qu’on a vu et qu’on verra.

Daredevil confirme ses qualités de joaillerie haute-couture, l’ennui en moins. On sent la volonté de Goddard de faire un chef-d’oeuvre mais sans arrogance, avec juste la prétention du plaisir à offrir. Soignant autant les dialogues que l’esthétique des combats, autant les images que la bande-originale, il refuse de prendre les fans du devil pour de sombres crétins simplement assoiffés de sang. Il les sait fans de culture mythologique et persuadés qu’un jour, après la mythologie grecque, on apprendra à l’école la mythologie Marvel. Le temps dira s’ils se sont trompés.

Dardevil, saison 2 : bande-annonce

Daredevil Saison 2 : Fiche Technique

Titre original : Marvel’s Daredevil
Création : Drew Goddard
Réalisation : Peter Hoar, Phil Abraham, Stephen Surjik, Marc Jobst, Floria Sigismondi, Andy Goddard, Ken Girotti, Michael Uppendahl, Euros Lyn
Showrunners : Marco Ramirez et Douglas Petrie (saison 2)
Interprétation : Charlie Cox (Matt Murdock / Daredevil), Deborah Ann Woll (Karen Page), Elden Henson (Foggy Nelson), Jon Bernthal (Frank Castle / Punisher), Élodie Yung (Elektra Natchios), Rosario Dawson (Claire Temple)…
Décors : Loren Weeks
Costumes : Kevin Draves
Photographie : Matthew J. Lloyd
Montage: Jonathan Chibnall, Monty DeGraff, Michael N. Knue
Musique : John Paesano
Casting : Laray Mayfield et Julie Schubert
Producteurs délégués : Dan Buckley, Jim Chory, Steven S. DeKnight, Alan Fine, Peter Friedlander, Drew Goddard, Allie Goss, Kris Hennigman, Cindy Holland, Stan Lee, Jeph Loeb, Joe
Genre : Super-héros, action, thriller
Format : 13 épisodes de 42 minutes
Diffusion: Netflix

Etats-Unis – 2016

American Crime Story saison 1, une série de Ryan Murphy : Critique

Après cinq saisons réussies, American Horror Story nous offre son spin-off American Crime Story : The people vs O.J. Simpson, toujours diffusé sur FX depuis le 2 février 2016, et qui s’est achevé le 5 avril 2016.

Synopsis : Dans une villa luxueuse du quartier de Brentwood à Los Angeles, Nicole Brown Simpson et son ami Ron Goldman sont retrouvés assassinés la nuit du 12 juin 1994. Les indices retrouvés sur la scène du crime laissent penser que le meurtrier serait son ex-mari, le célèbre sportif Orenthal James Simpson. Une longue enquête déterminera si il est coupable, mais concernera surtout le respect des droits du peuple afro-américain aux États-Unis…

O.J. Simpson ou le procès du siècle.

Le principe est le même que pour la série mère : une anthologie qui reprend plus ou moins le même casting, mais qui interprètera de nouveaux personnages dans un univers différent chaque année.
Ryan Murphy (à qui l’on doit les célèbres séries Nip / Tuck, Glee, et American Horror Story) propose cette fois de se concentrer sur un crime, une affaire judiciaire qui sera le procès ultra médiatisé de O.J. Simpson, accusé d’avoir tué sa femme et son amant.
On peut imaginer les intentions de son réalisateur qui seront de renouveler tous les ans le genre en racontant l’histoire d’un meurtre réaliste, sous différents aspects.
En effet, la première saison aborde toutes les tournures du procès de Simpson, alors que la saison deux devrait se consacrer normalement à l’ouragan Katrina et ses conséquences.

Cette première saison, pleinement inspirée du livre de Jeffrey Toobin, The run of his life : The People vs O.J. Simpson, a parfaitement ré-adapté l’événement sous forme sérielle, de manière intelligente sans exagération et sans porter de jugement. C’est d’ailleurs là toute la force de cette histoire bien écrite car on traite du procès sous tous les angles sans prendre un parti particulier, que ce soit sous le regard de la défense, des procureurs, de l’accusé, ou même du jury. Nous développons ainsi, à travers un ou deux épisodes, les travaux de chaque personne concernée dans cette affaire, permettant aux spectateurs de mieux comprendre le déroulement du procès.

Murphy a fait les choses en grand pour cette nouvelle série en nous proposant un casting quatre étoiles. La talentueuse Sarah Paulson (connue pour avoir joué dans presque toutes les saisons de American Horror Story) interprète la procureure Marcia Clark, l’oscarisé Cuba Gooding Jr. reprend les traits de O.J. Simpson, et sa « Dream Team » est composée de David Schwimmer (Friends), John Travolta, et Courtney B. Vance, qui jouent respectivement Robert Kardashian, Robert Shapiro et Johnnie Cochran.
On retiendra essentiellement Sarah Paulson et Courtney B. Vance qui font le show tout le long de cette affaire.
Ils donnent tout, et nous offrent une magnifique interprétation qui prouve qu’ils sont les héros de ce procès et de cette première saison car on vit avec eux, on est témoin de leur combat, de leurs convictions en ce qui concerne O.J. Simpson. Nous ressentons également leur état d’esprit, leur force mais aussi leur épuisement sur ce cas qui a pris tout leur temps, on suit aussi leur intimité comme on ne pouvait pas forcément la représenter ou se l’imaginer à l’époque surtout pour le personnage de Marcia Clark qui a beaucoup souffert à cause de la presse et des médias s’en prenant constamment à elle.

La réussite de cette série se place aussi en son authenticité et cet effet de réalisme en reprenant des images d’archives d’époque qui servent à nous marquer, nous impliquer quand on regarde ces scènes de manifestations dans les rues, filmées par les journalistes ou des amateurs.
On peut voir ainsi un effet quasi documentaire qui présente et retrace un point important de l’histoire américaine avec la chute du personnage médiatique de O.J. Simpson.
Cette affaire a obsédé la population et rend la série tout aussi prenante qu’elle devait l’être dans les années 90 car elle mélange tous les codes propres de l’Amérique sur fond de drama : de la violence, du sexe, la race, le sport (combiné par le personnage de O.J.) avec comme seul témoin du crime le chien de la victime, la vérité est donc extrêmement difficile et délicate à obtenir.

De plus, une construction en 10 épisodes au lieu de 13 est une bonne idée. Cela permet une narration soutenue, développant de manière égale les différents personnages et de traiter du sujet à bonne allure, surtout avec les 3 premiers épisodes introduisant la découverte des corps, la suspicion autour d’O.J. mais aussi la maladresse de ce dernier qui décide de partir sans laisser de traces entrainant une course poursuite avec la police, diffusée en direct sur tous les écrans jusqu’à son arrestation et son jugement.
Finalement, cette série permet de remettre en perspective une affaire qui a eu lieu il y a plus de 20 ans aux jeunes générations qui ne sont pas forcément au courant de ce drame qui fut considéré comme le procès du siècle.

Enfin, par rapport au contexte, avec les premières minutes du pilote (qui montre une succession d’images d’archives), nous constatons que cette première saison traitera du déroulement du procès très médiatisé et de ce qu’il se passait en coulisse, mais pas seulement. Cela va bien plus loin en dénonçant les luttes raciales, car l’affaire en elle-même porte un regard sur le racisme dans le choix du jury, de certains avocats pour tenter de libérer ou, au contraire, emprisonner Simpson.
L’arrestation fait d’ailleurs directement écho à un autre événement marquant : les émeutes de 1991 à Los Angeles en réponse à la violence injustifiée de policiers qui ont frappé et brutalisé un membre innocent et non armé de la communauté afro-américaine, Rodney King.
Nous avons donc un rappel de cette lutte contre la discrimination dans ce procès avec le personnage de Mark Fuhrman (interprété par Steven Pasquale), policier raciste qui a contaminé la scène de crime avec des éléments incriminants dans l’espoir de renforcer l’incarcération d’O.J. Simpson.
Par conséquent, l’écriture et la réalisation permettent aux spectateurs de s’impliquer autant que les Américains des années 90 qui regardaient et suivaient toute l’affaire que ce soit dans les journaux, ou en direct à la télévision et sur de multiples écrans.

Ce spin-off, qui reprend la forme d’anthologie, a démarré sur une première saison qui s’approche de la perfection tant dans l’écriture, la mise en scène, que dans l’interprétation des acteurs. Ryan Murphy fait une proposition avec une série qui pourrait se montrer militante, mais son ingéniosité apporte beaucoup plus de nuances, le but étant surtout de représenter un pan de l’histoire américaine, et de montrer la véracité des faits sur ce procès, les conséquences que cela a engendré pour les citoyens américains, et les nouvelles façons de diffuser l’information qui a pris beaucoup de place dans le média audiovisuel.

Le pilote a rassemblé 5,11 millions de téléspectateurs, et la saison s’est achevée avec 3,268 millions de téléspectateurs.

American Crime Story : Bande Annonce

American Crime Story : Fiche Technique

Créateurs : Scott Alexander, Larry Karaszewski, Ryan Murphy
Acteurs principaux : Cuba Gooding Jr. (O.J. Simpson), Sarah Paulson (Marcia Clark), David Schwimmer (Robert Kardashian), Courtney B. Vance (Johnnie Cochran), John Travolta (Robert Shapiro), Sterlking K. Brown (Christopher Darden)
Producteurs : Ryan Murphy, Brad Falchuk, Nina Jacobson, Brad Simpson, Scott Alexander, Larry Karaszewski, Dante Di Loreto
Société de production : 20th Century Fox Television, Ryan Murphy Productions, Brad Falchuk Teley-Vision
Format : 10 épisodes de 42 minutes à 1h
Genre : Drame, Biographie
USA – 2016

Séries Mania 2016: Series Rebellion et Thirteen

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Festival Séries Mania 7eme édition: La naissance de l’Irlande et l’adolescence kidnappée avec les séries  Rebellion  et  Thirteen

En plus d’une table ronde d’ouverture sur « l’avenir des séries est-il dans son passé ? » très peu stimulante (les journalistes semblent plus étendre leur savoir que faire avancer le débat), par rapport à l’année précédente, cette première journée s’est achevée avec plus d’une heure de retard sur la projection de Vinyl qui laisse vraisemblablement de glace. Aucun jugement n’est porté sur la réalisation de Martin Scorsese, mais le pilote de deux heures ne semble que peu convenir à un format télé et malgré tous les stéréotypes éculés (le juif porté sur l’argent, la blonde qui couche pour réussir, l’épouse triste), l’univers machiste porté par le trio célèbre, Jagger, Winter, Scorsese, ne sort que très peu des sentiers battus. En s’adressant à un public formaté à Broadwalk et au film Le Loup de Wall street, le pari était peu osé et l’on n’attache que peu d’importance au sort des producteurs. Heureusement que l’humoriste Nora Hamzawi nous a fait la surprise de chauffer la mythique salle du Grand Rex. Après la présentation des jury et particulièrement de David Chase qui a eu droit à une vidéo reprenant seulement plusieurs extraits des Soprano (pourquoi ? il a fait d’autres choses dans sa carrière), Bobby Cannavale est venu répondre à quelques questions posées par Charlotte Blum. Une année s’est écoulée entre le tournage du pilote, qui a duré plus d’un mois, et le deuxième épisode.

L’indépendance de l’irlande et une adolescence perdue

La deuxième journée ouvre sur la projection à l’UGC de Rebellion, sélectionnée au Panorama pour le prix coup de cœur des blogueurs. Cette mini-série irlandaise, la plus onéreuse de son histoire avec plus de 6 millions pour les 5 épisodes, créée par un dramaturge inconnu du grand public est portée par un trio féminin impliqué dans l’insurrection qui aboutira à la naissance de l’Irlande moderne. Entre War & Peace et Call The Midwife, la mise en scène élégante et le casting qui semble être sorti d’un remake de Downton Abbey ne suffisent pas à créer l’intérêt sur l’ensemble. Nous n’avons probablement pas la même vision du format sériel sensé habilement déconstruire un récit épique pour fidéliser le public. Il y a un arrière goût d’épique dans Rebellion, mais la linéarité scénaristique et dramaturgique rappelle celle d’un long métrage en plusieurs parties. Totale indifférence.

Extrait Trailer Rebellion

https://www.youtube.com/watch?v=2ueThSkUgk4

Rebellion  Fiche Technique

Créateur et scénariste: Colin Teevan
Réalisateur: Aku Louhimies
Avec Charlie Murphy, Ruth Bradley, Sarah Greene, Brian Gleeson
Vendeur international : Zodiak Rights
Diffuseur(s) : RTE One
Année de production 2016
05×52′
Pays Irlande

Thirteen n’est pas une surprise, nous avions découvert cette série il y a quelques semaines. Habitués au savoir-faire des britanniques en matière de drames (Broadchurch, Dr Foster, And Then There Were None, The Lucky Man …), nous avons une fois de plus savouré cette mini-série en 5 épisodes qui exploite, après Unbreakable Kimmy Schimdt, Room ou la récente et désastreuse série ABC The Family, la réclusion forcée et le trouble de l’adolescence/enfance à retrouver. La photographie fait écho à In The Flesh et le milieu judiciaire ainsi que les caractères font penser à The Fall. Si malheureusement la musique n’est que peu exploitée, l’approche emplie à la fois de tendresse et de mysticisme attise toutes les curiosités à la manière de The Enfield Haunting, en 3 parties avec Timothy Spall (Harry Potter, Mr. Turner). L’horreur n’est pas explicite ou sous forme de possession/exorcisme (quoique), mais elle est présente en filigrane, subtilement, dans le retour de cette adolescente de 26 ans au regard trouble et au teint de porcelaine, telle une poupée en pyjama qui n’aurait jamais vu la lumière du jour. Jodie Comer porte quasi à elle seule le show. La créatrice Marnie Dickens ayant fait ses armes sur Hollyoaks ou Ripper Street dépeint par oxymore le secret au sein d’une famille recomposée pour l’occasion. Au grain poussiéreux s’ajoute la fraîcheur d’une mise en scène moderne, couleurs ternes et chaleurs vives, se remémorer l’oubli… On aime !

Trailer Thirteen

Thirteen : Fiche Technique

Créateur et scénariste: Marnie Dickens
Réalisatrices: Vanessa Caswill, China Moo-Young
Avec Jodie Comer, Aneurin Barnard, Richard Rankin, Valene Kane
Vendeur international : BBC Worldwide
Diffuseur(s) : BBC Three
Année de production 2016
05×60′
Pays Royaume-Uni

rebellion-thirteen

A venir : NSU German History X, Four season in Havana, la rencontre avec David Chase, Harlan Coben présentant The Five…

Chien Enragé, un film d’Akira Kurosawa : critique DVD

Édité chez Wild Side, Chien Enragé un drame policier et social d’Akira Kurosawa, à redécouvrir 

Synopsis : Dans le Japon d’après-guerre, Murakami, un jeune inspecteur de police, se fait voler son arme de service par un pickpocket. Avec l’aide de l’inspecteur Satô, il va enquêter dans toute la ville.

Après son premier chef d’œuvre L’Ange Ivre, et suite à un passage chez les concurrents de Daiei Productions, Akira Kurosawa retrouve la Toho et ses deux acteurs Toshiro Mifune et Takashi Shimura, ainsi que toute son équipe technique, pour un film apparemment bien différent mais où l’on peut reconnaître les méthodes habituelles du grand cinéaste.

Thriller social

De prime abord, Chien enragé se présente comme un film policier : les deux personnages principaux sont des inspecteurs de police menant une enquête dans des milieux parfois louches. L’arme perdue par Murakami va servir à des crimes divers, et Akira Kurosawa montre qu’il sait maîtriser les techniques narratives propres au genre. Ainsi, on a une scène pleine de suspense qui se déroule dans un stade lors d’un match de base-ball. Plus tard, il filme une séquence remarquable sur les lieux d’un crime, où les plans, la musique et les dialogues se mêlent pour instaurer une ambiance  glauque et dramatique. Une fois de plus, à travers cet aspect policier, on peut sentir toute l’influence du cinéma occidental, américain en particulier.

Mais Kurosawa ne se contente pas d’une simple intrigue policière : son film se transforme également en description sociale. Toujours préoccupé par le sort des plus faibles, le cinéaste n’hésite pas à plonger ses spectateurs dans les bas-fonds des grandes villes. Cela permet à Murakami de découvrir l’existence d’un monde sous-terrain, avec sa population, ses rites, etc. Chaque progrès de l’enquête entraîne le policier et les spectateurs dans des lieux différents. A l’inverse de L’Ange Ivre, qui ne se déroulait que dans un lieu unique, Chien enragé multiplie les décors, nous plongeant successivement dans un cabaret, dans des quartiers populaires ou dans un stade… Et chaque nouvelle scène, dans un lieu différent, est réalisée d’une façon différente également. Le film se fait donc kaléidoscope social.

Personnages en miroir

Kurosawa aime ses personnages. Il ne les juge pas. Et les caractères sont essentiels dans l’histoire.

L’enquête montre d’abord l’opposition entre les deux policiers. D’un côté, Murakami est un jeune fougueux et impulsif. Manquant cruellement de subtilité, il fonce directement droit devant lui. Il n’hésite pas à attaquer frontalement témoins et suspects, quitte à les renfermer sur eux-mêmes.

Satô apparaît tout de suite comme son antithèse. Lors de sa première scène, il est assis en train de plaisanter avec une suspecte, de façon tranquille et débonnaire. Aussi calme que Murakami est brutal, il ne brusque rien ni personne mais incarne une force tranquille. Face à l’énergie incontrôlée de son jeune collègue, Satô prend son temps mais agit avec plus de réflexion.

Face aux deux policiers se trouve Yusa, celui qui est en possession de l’arme. Là aussi, Kurosawa ne se limite pas aux apparences : toute la fin du film est construite sur un jeu de miroir entre le petit criminel et le jeune policier. Les rapprochements entre les deux personnages sont nombreux. Ils ont suivi le même parcours. Tous les deux ont fait la guerre et on leur a tout volé à leur retour. Murakami avoue lui-même qu’à ce moment-là, il aurait pu mal tourner. De plus, lors de leur combat final, ils se retrouvent quasiment semblables, presque impossible à différencier, écroulés au sol, couverts d’une boue qui transforme leur costume en uniforme, rappelant ce passé militaire qui les rapproche.

Cette similitude entre le jeune policier et le criminel permet à Kurosawa de développer un peu le personnage de Murakami, mais aussi d’instaurer un débat passionnant entre Satô et lui au sujet de la responsabilité des délinquants. Un criminel est-il quelqu’un de foncièrement mauvais ou sont-ce les circonstances de sa vie qui ont fait de lui un hors-la-loi ?

À côté de cela, d’autres personnages secondaires sont aussi magnifiquement développés. Parmi ceux-là, il faut citer Harumi, la « chérie » de Yusa, jeune femme qui fait la forte tête mais dont le masque va tomber petit à petit, en particulier lors d’une splendide séquence où elle sera en face-à-face avec sa mère. Le spectateur assiste alors à toute une tragédie humaine qui se déroule devant ses yeux.

Harumi s’est perdue car elle n’a plus ses repères socio-culturels. Cela permet au cinéaste de développer un des thèmes principaux du film, le portrait de toute une société qui ne sait plus qui elle est, la description d’un Japon en phase d’américanisation forcée. Les valeurs traditionnelles, sociales et familiales ont disparu. Ce n’est pas un hasard si l’une des scènes principales du film se déroule pendant un match de base-ball, sport qui est un des exemples de ce métissage culturel.

En conclusion, Akira Kurosawa signe, une fois de plus, un film qui montre sa maîtrise du langage cinématographique. Sa beauté et son inventivité formelles se mettent au service d’une histoire humaine, une description pleine d’empathie de personnages ayant perdu leurs repères culturels dans une société en pleine mutation.

 

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Chien Enragé – Extrait

Chien Enragé – Fiche Technique

Titre original : Nora inu
Réalisateur : Akira Kurosawa
Scénario : Ryûzô Kikushima, Akira Kurosawa
Interprètes : Toshirô Mifune (Murakami), Takashi Shimura (Satô), Keiko Awaji (Harumi), Isao Kimura (Yusa), Eiko Miyoshi (mère de Harumi)
Musique : Fumio Hayasaka
Photographie : Asakazu Nakai
Montage : Toshio Gotô, Yoshi Sugihara
Production : Sôjirô Motoki
Sociétés de production : Film Art Association, Shintoho Film Distribution Committee, Toho Company
Société de distribution : Toho Company
Date de sortie (en France) : 12 janvier 1961
Durée : 120 minutes
Genre : Policier, drame

Japon- 1949

Under Construction, un film de Rubaiyat Hossein: critique

Certaines parties du monde ne sont que trop peu représentées à travers le prisme de l’écran, qu’il soit médiatique ou cinématographique. La culture globalisée qui tend à uniformiser les sécularismes pour mieux en recracher les segments les plus conformes à la consommation serait une première explication rationnelle.

Synopsis: Roya, femme musulmane moderne issue de la classe moyenne, se bat pour trouver sa place dans le tentaculaire Bangladesh urbain. Après avoir été remplacée par une actrice plus jeune pour jouer le personnage de Nandini, l’archétype de la féminité bengalie, personnage central de la pièce politique de Rabindranath Tagore, Les Lauriers-rouges roses, elle réagit en décidant de recréer une nouvelle Nandini, mettant en avant son identité et sa sexualité, dans une nouvelle adaptation de cette pièce qu’elle situe dans une fabrique moderne de prêt à porter à Dhaka. 

L’Élégie des Possibles

 Une autre serait de s’abriter consciencieusement derrière la géographie lointaine de ces continents dont nous ne parviennent que des échos furtifs, raison de notre plate indifférence à cet «Ailleurs» plus dense et complexe que nos idées préconçues. Car il est une chose d’identifier un pays à un contexte politique ou social d’après des bribes d’informations retenues ici et là, il en est tout autre de lui rendre sa vérité pleine et entière, à fortiori lorsque l’identité multiconfessionnelle le constitue.

Le Bangladesh est un cas concert de cette tendance à l’audience hexagonale ténue. Plus que rares sont les possibilités qui nous sont offertes d’avoir accès à un pan de son histoire. Et lorsqu’elles existent, le confinement leur tient une place préférentielle. Saluons alors la très bonne initiative du Festival des Cinémas D’Asie de Vesoul, qui met à disposition du grand public des films rares venus d’une large partie de L’Asie mais aussi du Proche et Moyen-Orient ainsi que d’autres contrées voisines. Un bien beau panorama, dont l’on ne peut que se féliciter qu’il existe grâce à quelques défricheurs. Arrêtons-nous alors sur le dénommé Under Construction, prix du jury prix de la critique internationale et prix Emile Guimet à Vesoul ainsi que prix du public et du meilleur film de femmes au festival international de Dhaka. La réalisatrice Rubaiyat Hossain entend raconter le quotidien harassant de femmes en proie au patriarcat qui régit de fait la société bengalie. Et elle tente parallèlement d’esquisser un point de vue global sur la situation d’un pays ou les contradictions affirment sa lente avancée démocratique. Dans la classe moyenne d’aujourd’hui, une jeune femme musulmane moderne s’interroge sur la pratique de son art théâtral. Et elle veut remettre en cause la vision archaïque de la féminité que prône l’illustre auteur et dramaturge Rabindranath Tagore, poète d’un autre siècle.

En utilisant les ressorts artificiels de l’interprétation pour interroger l’essence de l’acte politique, la cinéaste nous tend une première piste sur ce qui pourrait s’apparenter à un discours sur le rapport de domination. Tandis que le metteur en scène, sûr de ses intentions, atone des sentences péremptoires sur la direction à suivre, la comédienne  creuse d’autres pistes qui redéfiniraient un contexte plus actuel. Il en va de même dans sa relation maritale, l’homme se satisfaisant de son aimable épouse tant que celle-ci n’outrepasse pas les règles de bonne conduite qu’il aura préalablement édicté sans son consentement. Mais dès lors qu’elle se permet de s’affranchir et qu’elle ose émettre une opinion personnelle plus avertie, la relation s’en voit menacée. Le socle familial n’est pas plus cet espace d’épanouissement, le père étant une figure lointaine dont il n’est même pas certain qu’elle soit ici mentionnée et la mère se cherchant dans les méandres d’une liberté provisoire qu’elle semble incapable de cerner. Enfin, la hiérarchie sociale devient de plus en plus pernicieuse, il n’est qu’à observer la dualité complice qui s’opère entre la maîtresse de maison et sa petite servante. Marâtre protectrice, grande sœur attentive autant que vitupérante, elle instaure à la relation une ambiguïté fluorescente qui pourrait bien signifier la fin de la servilité.

On le voit bien, cette navigation dans les eaux troubles d’une mutation sociologique rend compte avec discernement du nouveau paysage en cours. Le dogme religieux y est aussi traité mais jamais  ostentatoire. La place centrale qu’occupe la confession musulmane dans la région y est vue avec la distance nécessaire à sa compréhension. Elle  irrigue inévitablement son idéologie du sacré et conduit invariablement sa stratégie étatique. Qui peut malheureusement prêter à des dérives sectaires en conséquence. Proche d’un monothéisme dans son façonnement, elle ne supporte que difficilement la non-croyance en un Dieu archange protecteur et obscurcit les esprits étriqués. L’athéisme fait donc office d’acte philosophique blasphématoire et est promis aux pires feux de L’Enfer. Oser questionner cette approche est déjà en soi un défi courageux, qui plus est de la part d’une cinéaste émancipée qui essaye de faire bouger les mentalités.

Fort de cet esprit conquérant, elle essaime une superbe mise en forme de ce fond. S’appuyant sur un tragique fait-divers propre aux nations dites du «Tiers-Monde» (l’effondrement voici quelques années d’un bâtiment abritant les plus grandes marques du textile), la caméra tisse des plans de paysages en ruine et navigue régulièrement en rêves cauchemardesques et réalité non moins brillante. Ce procédé agit comme une prise de conscience soudaine que la «colonisation» étrangère cause bien plus de fracas qu’elle n’apporte de solutions bénéfiques. La sous-traitance industrielle banalise la mainmise destructrice du Nord repu de richesse sur son corollaire sudiste laissé pour compte.

Imbriquer cette idée dans la mise en scène du spectacle final revient à confondre dans un geste captivant la représentation objective du véritable dans l’illusoire démonstrative des images. Le cinéma est prétendument un art du visible mais son sens caché (lorsqu’il existe) le rend bien plus attrayant, rejoignant en cela la force évocatrice de la littérature. Il faut alors comprendre ces nombreuses embardées dans des habitations en fortification et ces sons hors-champ de marteau-piqueur comme une métaphore du devenir, Under Construction. Toujours passionnant de bout en bout, cela laisse présager d’un futur intéressant pour la visibilité de ce genre de films. Et plus encore d’une meilleure équité pour les passionaras du monde entier. 

 Under Construction : Fiche technique

Réalisation : Rubaiyat Hossein
Scénario : Rubaiyat Hossein
Interprétation :  Shahana Goswami, Rikita Nandini Shimu, Mita Rahman, Rahul Bose, Shahadat Hossain
Direction artistique : Joya Haq, Nitee Mahbub
Montage : Sujan Mahmud
Son : Sujan Mahmud, Harikumar Pillai
Musique : Shayan Chowdhury
Production : Khona Talkies, Rubaiyat Hossain, Ashique Mostafa
Durée : 88 minutes
Genre : Drame social
Date de sortie française: inconnue
Bangladesh – 2015

Auteur : Le Cinéphile Dijonnais

Marie et les naufragés, un film de Sébastien Betbeder : critique

En surfant sur la vague Vincent Macaigne, le nouvel acteur français sensible et drôle, Sébastien Betbeder nous a livré voici quelque temps 2 automnes, 3 Hivers, un film plutôt drôle et bien ficelé sur des trentenaires parisiens en vrac devant le grand A(mour) et la grande A(mitié).

Synopsis : « Marie est dangereuse » , a prévenu Antoine. Ce qui n’a pas empêché Siméon de tout lâcher, ou plus exactement pas grand-chose, pour la suivre en secret. Oscar, son colocataire somnambule et musicien, et Antoine, le romancier en mal d’inspiration, lui ont vite emboîté le pas. Les voilà au bout de la Terre, c’est-à-dire sur une île. Il est possible que ces quatre-là soient liés par quelque chose qui les dépasse. Peut-être simplement le goût de l’aventure. Ou l’envie de mettre du romanesque dans leur vie…

L’impossibilité d’une île

Une sorte de croisement entre une comédie screwball et un mumblecore, les deux à la sauce gauloise, qui devait certes beaucoup à des acteurs pleins de fraîcheur, mais également au scénariste réalisateur qui a su amener un équilibre entre légèreté et gravité.

Pour son nouveau film, Marie et les naufragés, Sébastien Betbeder change d’acteurs, mais pas de registre. Pierre Rochefort, le nouveau Macaigne ou presque, et Eric Cantonna, le modèle vintage de l’écorché vif, encadrent Vimala Pons pour une histoire d’amour triangulaire émaillée d’aventures pseudo-rocambolesques.

Le film s’ouvre sur un épisode qui pourrait être détaché du reste du film, une belle rencontre mettant en scène Pierre Rochefort et le belge Wim Willaert, une séquence pleine d’émotions qui permet de voir que le cinéaste maîtrise décidemment le côté percutant des histoires courtes et du court métrage, un genre qu’il a déjà exploité par huit fois dans le passé.

Ce début prometteur va hélas tourner court. L’histoire racontée par Sébastien Betbeder est certes pleine d’imagination et de digressions qui auraient dû créer la dynamique du film, mais en réalité, celui-ci ne décolle jamais vraiment. Vimala Pons est la Marie du titre, le personnage principal supposé donc, et pourtant le film ne donne jamais cette impression ; le personnage tout comme l’actrice semblent constamment en marge, presque hors cadre. Finalement, Marie est davantage un objet qu’un sujet. L’objet de la fascination de Siméon Forest (Pierre Rochefort), un journaliste sans travail qui en a fait la connaissance en lui rapportant son portefeuille trouvé dans la rue. L’objet des ruminations d’Antoine (Eric Cantona), un écrivaillon torturé qui encaisse mal le fait d’avoir été éconduit par la même Marie. L’objet aussi de la curiosité d’Oscar (excellent Damien Chapelle), le meilleur ami de Siméon, compositeur de musique électronique le jour (ou tentant de l’être), somnambule la nuit. Pour avoir voulu apporter beaucoup trop d’ingrédients à son film, Sébastien Betbeder a à peine caractérisé ses personnages qui n’ont pas vraiment de consistance, et c’est dommage, car le cinéaste avait matière à faire.

Les naufragés, ce sont ces trois hommes qui, dans le sillage de Marie, vont quitter la terre ferme qu’ils touchent déjà à peine, tant ils ont l’air inadaptés, pour aller sur l’île de Groix, avec sa plage convexe et sa Grotte de l’Enfer. Une île haute en couleurs à l’image du film, d’autant que le cinéaste y rajoute encore un personnage excentrique mi-homme, mi-raëlien, interprété par un André Wilms impérial et qui, à l’instar du belge du début, est un personnage périphérique et loufoque de plus.

Tout comme dans 2 automnes,3 hivers, et tout comme récemment dans Rosalie Blum de Julien Rappenau, où trois personnages principaux s’adressent face caméra pour se présenter au spectateur et susciter son empathie, les membres du triangle amoureux de Marie et les naufragés racontent tour à tour  leur passé atypique et assez comique : une allergie insolite pour Antoine, un de ces films coréens sans complexe pour Siméon et sa jeune enfant de 6 ans, ou encore un déguisement inoubliable pour Marie, voilà le genre de douces dingueries racontées devant la caméra…c’est bien écrit, mais il y a de la mollesse dans la direction d’acteurs, de la mollesse dans le montage, de la mollesse dans le jeu même de ces acteurs d’habitude plus inspirés, et ça finit par faire beaucoup trop pour un seul film. Les voix monocordes des acteurs finissent par avoir raison de l’intérêt déjà mis à rude épreuve du spectateur. Même le scénario foisonnant qui était l’atout majeur du film devient sa faiblesse, quand on réalise que les situations qui sont racontées dans le film se télescopent sans jamais faire un tout, sans jamais avoir le liant qui aurait permis de faire du film une œuvre cohérente.

L’autre vrai souci de ce film est la neurasthénie ambiante, et seul le comédien liégeois Damien Chappelle, le Bacchus des Métamorphoses de Christophe Honoré, arrive à mettre de la vie et de la gaité dans son jeu. Héritant pourtant d’un des rôles les plus tristes du film (un somnambulisme angoissant, un CD qui ne veut pas sortir), il arrive à insuffler une vraie fraîcheur et beaucoup d’humour à son personnage ; il est la vraie valeur ajoutée du film. Pierre Rochefort et Vimala Pons ont une sorte d’hébétude plaquée en permanence sur leur visage, aux antipodes de ce qu’on a vu d’eux, respectivement dans Un beau Dimanche de Nicole Garcia et Comme un avion de Bruno Podalydès. Quant à Eric Cantona, il continue encore et toujours à reproduire son lumineux personnage de Looking for Eric de Ken Loach, sans grand succès (tentative déjà avortée dans The Salvation du danois Kristian Levring)…

Etouffant de trop de tristesse, de trop de mélancolie, malgré la musique électro-pop sucrée de Sébastien Tellier, Marie et les naufragés nage entre deux eaux et perd le spectateur en route à cause de ses longueurs, particulièrement insupportables dans son improbable épilogue, alors qu’il partait sous les meilleurs auspices avec une entame réjouissante et un scénario riche et enlevé. Une sorte de gâchis qu’on espère passager dans la carrière naissante de Sébastien Betbeder.

Marie et les naufragés : Bande annonce

Marie et les naufragés : Fiche technique

Réalisateur : Sébastien Betbeder
Scénario : Sébastien Betbeder
Interprétation : Pierre Rochefort (Siméon Forest), Vimala Pons (Marie Andrieu), Eric Cantona (Antoine), Damien Chapelle (Oscar), André Wilms (Cosmo), Emmanuelle Riva (Suzanne), Wim Willaert (Wim), Didier Sandre (L’éditeur), Kt Gorique (La jeune fille de ‘La Jetée’)
Musique : Sébastien Tellier
Photographie : Sylvain Verdet
Montage : François Quiqueré
Producteurs : Frédéric Dubreuil
Maisons de production : Envie de Tempête Productions
Distribution (France) : UFO Distribution
Récompenses : –
Budget : ND
Durée : 104 min.
Genre : Comédie
Date de sortie : 13 Avril 2016
France – 2016

Series Mania 2016 : journée d’ouverture

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Festival Séries Mania 7eme édition

Pour sa 7ème année consécutive, le Forum des Images est the place to be en matière de sériphilie. Séries Mania accueillera du 15 au 24 avril 2016, les organisateurs du festival l’espèrent, nous n’en doutons point, plus de 22 000 spectateurs et 980 professionnels (chiffres de l’année précédente). Pour cette nouvelle édition, la barre est placée encore plus haut. L’ouverture se fera au Grand Rex avec la présentation du pilote de 112 minutes de Vinyl, réalisé par le maître Scorsese, écrit par l’illustre Terrence Winter (Broadwalk Empire)* et produit par Mike Jagger. La série historico-musicale a dès à présent été reconduite pour une saison 2. Deux salles de projections à l’UGC Les Halles permettront 8 séances supplémentaires par jour et grande nouveauté cette année, une compétition d’avant-premières mondiales et internationales. L’Association Française des Critiques de Séries votera pour la meilleure série américaine. La presse internationale décernera trois prix : meilleure séries, actrice et acteur parmi une sélection de séries hexagonales ou étrangères, de langue française. Un jury de blogueurs trié sur le volet décernera un prix coup de coeur panorama et les internautes pourront récompenser la meilleure websérie internationale parmi 16 sélectionnées. Sans oublier le prix du public parmi toutes les projections.

Succédant à Matthew Weiner (Mad Men) et Nic Pizzolatto (True Detective), David Chase présidera le jury de la compétition internationale. Créateur des Soprano et parrain du genre, il a inspiré toute une génération de showrunner. Il sera accompagné de Yaël Abecassis (Hatifum), révélée par Amos Gitaï; Amira Casar (Versailles), Tony Grisoni (scénariste de Terry Gilliam et sur la série à succès Southcliff) et Fanny Herrero (créatrice de Dix pour cent)

Marathon comédies, séances spéciales, conférences et tables rondes, en plus du Forum de Coproduction Européen destiné à 300 professionnels, potentiels financeurs, sont prévus des « line-ups » de chaîne TV, une séance de « work in progress » de la série flamande Tabula Rasa (issue de la 2ème édition du Forum de coprodution en 2014) et un accès aux accrédités à la Video Library permettant de visionner en Salle de collections sur poste individuel, les séries sélectionnées dans le programme officiel et un choix venu du monde entier !

Parmi les nombreuses rencontres, Cuba Gooding Jr. (American Crime Story), Harlan Coben (The Five), Leïla Bekhti (Jour Polaire), Frank Spotnitz (The Man In The High Castle), Mathilde Seigner (Sam) et plein d’autres… Dépêchez-vous de retirer vos places, elles partent comme des chocolatines !

CineSeriesMag sera là pour vous faire vivre de l’intérieur cette 7ème saison. Nos attentes : The Five (Canal +), Au-delà des murs (Arte), Four Seasons In Havana, NSU German History XCapital, The Writer, Feed The Beast, Matthew Penn, « Quelle place pour les réalisateurs dans les séries »… Quelles sont les vôtres?

Le programme jour par jour est accessible sur internet, mais déplacez-vous pour récupérer le fascicule sur place (seul point noir au tableau)  pour organiser ces 10 prochains jours!

*Nous apprenons par nos confrères d’allociné qu’il vient d’être congédié par HBO pour divergences artistiques

Tout pour être heureux, un film de Cyril Gelblat : Critique

Une fois n’est pas coutume dans le cinéma français, et en dehors de l’adaptation de classiques littéraires, la promotion de ce film ne s’est pas faite sur le nom de son réalisateur, mais de celui de l’auteur du roman dont il est issu.

Synopsis : Batteur dans un groupe et agent musical, Antoine se consacre son temps à sa vie d’artiste à tel point qu’il en vient à délaisser sa vie de famille. Celle-ci se résume de plus en plus à des engueulades avec sa femme Alice devant les yeux de leurs deux filles. C’est ainsi que, lorsqu’Alice lui annonce qu’elle le quitte, il ne s’en offusque pas, bien heureux au contraire de retrouver sa vie de célibataire, sachant qu’il peut compter sur le soutien financier de sa sœur. Mais lorsqu’il doit garder les deux petites pour deux semaines, il va devoir quitter sa vie de patachon et apprendre à assumer ses responsabilités d’adulte.

La menace de la précarité relationnelle

Il faut dire que le réalisateur est un parfait inconnu puisqu’il n’a à son actif qu’un unique long-métrage passé parfaitement inaperçu (Les murs porteurs, 2008) alors que le romancier est une des figures incontournables du petit écran. « Un coup à prendre » est en effet le premier des trois livres qu’a signés à ce jour Xavier De Moulins, le présentateur des infos de M6 et de son émission 66 Minutes, et c’est de lui, mais aussi de son expérience personnelle, que  Cyril Gelbat s’est inspiré pour son deuxième film. Étonnant donc de constater que se sont TF1 et France Télévision qui ont cofinancé le projet. C’est à croire que l’ancienne « petite chaine qui monte » a peur de voir exploser la carrière de scénariste de son « anchorman ». Mais le nom de De Moulins n’est pas l’unique argument commercial de Tout pour être heureux puisqu’en donnant le rôle principal à Manu Payet, le réalisateur a fait le choix d’un acteur qui, en à peine cinq ans, a su prouver qu’il était un des rares humoristes à réussir à se reconvertir en acteur crédible. A noter par ailleurs que le physique juvénile de l’acteur –déjà quadragénaire mais paraissant dix ans de moins– s’accorde parfaitement à son personnage de jeune père incapable d’assumer ses responsabilités.

Alors que l’on a l’habitude de voir Payet dans des comédies romantiques (de L’Amour c’est mieux à deux à Un début prometteur en passant par Situation amoureuse : C’est compliqué qu’il a d’ailleurs coréalisé), dont les codes veulent que l’on sait par avance que le couple finira par se former à la fin, le scénario de Tout pour être heureux prend ce principe à contre-pied en débutant par une séparation. Il va de soi que les films tournant autour des divorces sont légions, et que leur traitement peut tout aussi bien être dramatique (Kramer contre Kramer reste la référence en la matière) ou comique (on se souvient du succès populaire de Papa ou maman l’an dernier). Deux exemples à priori opposés mais qui ont toutefois un point commun, celui de placer les enfants au cœur des enjeux de la séparation de leurs parents. Une thématique qu’ils partagent donc avec Tout pour être Heureux. Cependant, celui-ci semble bien incapable de choisir entre la gravité mélancolique de l’un et la légèreté de l’autre, et c’est justement parce qu’il est constamment tiraillé entre ses deux ressentiments que le film ne réussit pas à se trouver. Malgré ses personnages attachants, l’écriture des dialogues ne parvient que trop rarement à rendre leurs échanges réellement amusants. Un humour d’autant plus mitigé que le déroulement de chaque situation est parfaitement prévisible. Le ton doux-amer ne provient finalement que du jeu adroitement nuancé et du regard de chien battu de son acteur.

Le reste du casting participe au capital sympathie de cette petite comédie de mœurs, à commencer par Audrey Lamy et les deux fillettes, de 5 et 9 ans, chacune étant toujours dans le ton juste dans la relation vis-à-vis du personnage principal. En revanche, Aure Atika est moins convaincante en grande sœur protectrice, au point qu’elle semble par moment ne servir qu’à justifier des blagues (pour ne pas dire des clichés) sur la communauté juive. Il est bon néanmoins de constater qu’elle n’est plus, comme à ses débuts, uniquement là pour jouer de son physique sexy (encore qu’elle soit ici qualifiée de « MILF »). Pour cela, c’est à présent à Vanessa Guide que l’on fait appel. Loin d’être réduite à une simple bimbo, celle-ci reprend tout de même un rôle de potiche rappelant celui qu’elle interprétait déjà dans Joséphine s’arrondit.

La construction du scénario n’offre que peu de surprise : le premier tiers narre la séparation entre Antoine et Alice, tandis que le second a pour enjeu la réconciliation de ce père avec ses deux filles dont il n’a jamais su s’occuper et que le dernier tiers s’axe sur la détermination d’Antoine à reconquérir son ex. Il n’y a pas grand-chose à tirer de la première partie, le peu de sentiment dont font part les deux mariés l’un envers l’autre empêchant au mélodrame d’être réellement tangible. L’acte suivant, voyant ce père immature et ses deux gamines se rapprocher, est sans aucun doute la mieux écrite. Entre émotions sincères et gags bon-enfants, la vie de famille recomposée est un agréable moment à passer. L’acte final est à l’inverse chargé d’un lourd sentiment de mélancolie, que l’on ressent dans la nostalgie qu’a Antoine de sa vie de couple. C’est dans la direction fataliste que va prendre cette volonté avortée de rédemption  que le film va s’avérer être une bonne surprise -dommage qu’il ait fallu attendre pour cela la scène finale- dans le sens où il s’épargne le happy-end romantique que lui aurait imposé la bien-pensance tel que l’on pouvait le craindre.

Trop mélodramatique pour être divertissant et trop léger pour être poignant, Tout pour être heureux est un film un peu bâtard qui a au moins la chance de reposer sur une certaine sincérité dans les émotions entre lesquels il jongle tout du long. Mais l’ambivalence de ce ton oscillant entre drame et comédie nous permet de pouvoir partager ce sentiment d’éternelle insatisfaction qui gangrène la vie amoureuse de son héros, ce qui semble être le véritable sujet de dénonciation du réalisateur.

Tout pour être heureux : Bande-annonce

Tout pour être heureux : Fiche technique

Réalisateur: Cyril Gelblat
Scénario : Cyril Gelblat d’après le roman « Un coup à prendre » de Xavier De Moulins
Interprétation: Manu Payet (Antoine), Audrey Lamy (Alice), Aure Atika (Judith), Rafaèle Gelblat (Rafaèle), Jaïa Caltagirone (Leonor), Pascal Demolon (Etienne), Joe Bel (Angélique)…
Image: Pierre-Hugues Galien
Costumes : Isabelle Mathieu
Producteurs : Laetitia Galitzine, Philippe Rousselet
Société de production : Chapka Films, Vendôme Production
Distributeur : Mars Films
Durée : 97 minutes
Genre: Comédie de moeurs
Date de sortie : 13 avril 2016

France – 2015

Festival de Cannes 2016: Sélection officielle et stars sur la Croisette

Pierre Lescure, le président du Festival de Cannes et Thierry Frémaux, le délégué général, ont dévoilé ce jeudi matin la sélection du 69e Festival.

Comme tout le gratin de la profession, CineSeriesMag était présent ce matin à l’UGC Normandy où les deux compères que sont Thierry Frémaux et Pierre Lescure, nous ont révélé la teneur de cette 69ème édition des festivités cannoises. Entre allusion aux éditions précédentes et souvenirs émus, les deux hommes ont ainsi fait monter le suspense tout en rendant avec toute la bonhomie qu’on leur connait la richesse de leur art. Il n’aura d’ailleurs fallu que quelques mots de la part de Frémaux pour comprendre que plus que jamais, le festival incarne un kaléidoscope vivant et glamour du paysage cinématographie moderne. Des propos, certes pompeux, mais pas illégitimes dans la mesure où Cannes est pour Frémaux et pour nombre de membres de la profession l’occasion de pouvoir dresser un panorama de ce qu’est le cinéma à un instant précis. Et autant dire qu’en brassant dans les pratiquement 1900 films envoyés, la bande à Frémaux a réussi selon lui à saisir et rendre compte de l’état du cinéma au premier semestre 2016 :

« Un panorama de ce qu’est le cinéma au printemps 2016 »

1869 long-métrage auront ainsi été vus cette année pour un total de seulement 49 retenus. Autant dire une goutte d’eau dans l’océan. Il est d’ailleurs amusant de constater que cette différence se joue aussi sur le nombre de candidats malheureux. S’ils étaient déjà 1500 en 2010, il s’avère qu’il y a une décennie, le Festival frôlait seulement les 1000 longs-métrage à tenter le pari d’une sélection sur la Croisette. Autant dire qu’avec de tels chiffres, le Festival peut s’enorgueillir d’une renommée internationale, au même titre que le festival de Sundance ou Tribeca, tous deux ayant d’ailleurs été mentionnés par Frémaux. Une renommée telle que le natif de Vénissieux s’est empressé de rappeler les conditions d’adhésions au festival : chaque film doit durer au minimum 60 minutes et se voir envoyé aux différentes commissions chargées de les regarder et le cas échéant, de les y classer dans la sélection. Parlons-en d’ailleurs de la sélection. En son sein, on comptera 28 pays différents : le Cambodge, le Canada, l’Argentine, le Brésil, l’Allemagne, la France ou encore le Tchad. Et au milieu de cette grande diversité culturelle, on retrouvera forcément ce qui fait le sel de ce festival : les habitués. On y retrouvera donc les Frères Dardenne, Pedro Almodovar, Olivier Assayas, ces derniers évoluant autour d’une autre classe de cinéastes, tous plus ou moins récurrents, mais pas encore intronisés comme des habitués de la bourgade cannoise : Paul Verhoeven, Park Chan-Wook ou Bruno Dumont. L’occasion d’ailleurs de pouvoir pester contre l’absence récurrente de surprises au sein des festivités, qui nous empêcheront cette année de voir des films de la trempe de Story of Your Life du canadien Denis Villeneuve, ou encore du très attendu Silence, de Martin Scorsese, pourtant crédité d’une forte rumeur. 

Quatre réalisateurs français figurent dans la sélection officielle.

Les films français :

Quatre films français ont été sélectionnés cette année. Olivier Assayas retrouvera les honneurs de la compétition, deux ans après Sils Maria avec Personal Shopper, un énigmatique film de fantôme, toujours avec Kristen Stewart. Cette année marque les grands retours de Bruno Dumont avec Ma Loute, absent de la compétition depuis Flandres en 2006, et de Nicole Garcia avec Mal de pierres. Enfin, après le très marquant Inconnu du lac en 2012 dans la catégorie Un certain regard, Alain Guiraudie connaîtra pour la première fois les honneurs de la compétition avec Rester Vertical.

Les films américains : 

Trois films américains en compétition. On retrouve sans surprise Jeff Nichols qui, alors que son Midnight Special est toujours en salle, présente un film d’époque appelé Loving. Enfant du festival, Jeff Nichols s’est fait connaître avec Take Shelter qui avait impressionné la Semaine de la critique en 2011 avant de revenir un an après avec le très beau Mud. Quinze ans après The Pledge, Sean Penn, président du jury en 2008, retrouve la compétition avec The Last Face avec, notamment, Adèle Exarchopoulos. Enfin, l’underground Jim Jarmush ravira ses fans avec un film qui promet d’être très Jarmushien, Paterson, trois ans après avoir présenté son magnifique Only Lovers Left Alive.

Les films européens :

Une fois n’est pas coutume, Cannes présentera cette année un film allemand, pays peu représenté en compétition depuis la génération Wenders/Herzog. Il s’agit de Toni Erdmann de Maren Ade. La troisième femme de cette sélection sera la britannique Andrea Arnlods, récompensée du Prix du jury en 2009 pour Fishtank, et qui reviendra avec American Honey avec Shia Labeouf à l’affiche. L’autre auteur du Royaume-Uni qui sera de retour avec un film qu’il annonce comme son dernier (ce qui été déjà le cas de son précédent film) est Ken Loach avec I, Daniel Blake. Le britannique compte pas moins de 13 sélections en compétition, un record. D’autres grands noms ajouteront une sélection à leur palmarès comme Pedro Almodovar qui espère décrocher sa première Palme avec Julieta ou les frères Dardenne qui espéreront, peut-être, brandir leur troisième Palme avec La Fille inconnue. Un autre palmé reviendra en compétition, le roumain Cristian Mungiu pour Bacalaureat. Son compatriote roumain Cristi Puiu, dont c’est la première sélection, projettera quant à lui Sieranevada. Après le choc Drive et l’intriguant Only God Forgives, le danois Nicolas Winding Refn reviendra avec The Neon Demon, un film d’horreur cannibale chez les top-models. Enfin, l’événement de cette année sera sans doute le grand retour de l’hollandais Paul Verhoeven avec Elle, film tourné en France avec le maître de cérémonie Laurent Laffite, Isabelle Huppert et Virginie Efira.

Les films du reste du monde :

Les autres pays représentés dans cette compétition seront le Canada avec le jeune québécois Xavier Dolan qui revient avec Juste la fin du monde, deux ans après avoir ému les festivaliers avec son Mommy. C’est également le grand retour de Park Chan-Wook, le réalisateur coréen de l’extraordinaire Old Boy, avec Agassi. Filho Kleber Mendonça, le réalisateur brésilien du remarqué Les bruits de Recife honore sa première sélection en compétition avec Aquarius. Enfin, le philippin Brillante Mendoza revient lui aussi en compétition avec Ma’Rosa, sept ans après son Prix de la mise en scène pour Kinatay.

Les films Hors-Compétition :

Des stars et des grands auteurs vont fouler le tapis rouge avec des films Hors-Compétition. On peut se réjouir de retrouver Steven Spielberg, trois ans après sa présidence, présenter son nouveau film Le Bon Gros Géant. Jodie Foster reviendra également avec Money Monster en compagnie de George Clooney et Julia Roberts. Ryan Gosling et Russell Crowe monteront les marches pour The Nice Guys de Shane Black. Enfin, le réalisateur du thriller haletant The Chaser Na Hong-Jin reviendra avec Goksung.

En Séances de minuit on retrouvera un autre film de Jim Jarmush, Gimme Danger, documentaire sur la figure controversée qu’est le grand Iggy Pop qui fera d’ailleurs acte de présence sur la Croisette.  Les festivaliers les plus téméraires pourront aussi passer la nuit avec Un train pour Busan du coréen Yeon Sang-Ho.

Les Séances spéciales accueilleront deux documentaires. Un sur les migrants, La Dernière plage, d’un duo de réalisateur italo-grec Thanos Anastopoulos et Davide Del Degan. Un autre sur un ancien président du Tchad par le réalisateur bien connu de la Croisette Mahamat-Saleh Haroun avec Hissein Habré, une tragédie tchadienne. Mieux vaut tard que jamais, l’octogénaire Paul Vecchiali montera ses premières marches avec Le Cancre et le septuagénaire Jean-Pierre Léaud y retournera sous le costume de Louis XIV avec un film d’Albert Serra : La Mort de Louis XIV.

Un Certain Regard :

Beaucoup de nouveautés dans cette sélection avec les sept premiers films et des auteurs peu connus. À noter la présence d’Hirokazu Kore-Eda, présent en compétition l’année dernière, avec After the storm. Le seul film américain de la sélection sera Captain Fantastic de Matt Ross, emmené par Viggo Mortensen, une histoire de vampires à Brooklyn. Et une fois n’est pas coutume, il faut aussi souligner la présence d’un film d’animation, La Tortue Rouge du hollandais Michael Dudok De Wit.

Pas de film de clôture cette année, Thierry Frémaux et Pierre Lescure ont annoncé que ce sera la Palme d’or qui sera projeté à l’issue du palmarès. Le jury sera dévoilé la semaine prochaine.

La sélection officielle Cannes 2016 complète :

Film Ouverture : Café Society – Woody Allen

En compétition officielle

Toni Erdmann – Maen Ade

Julieta – Pedro Almodovar

American Honey – Andrea Arnold

La Fille inconnue – Frères Dardenne

Personal Shopper – Olivier Assayas

Juste la fin du monde – Xavier Dolan

Ma Loute – Bruno Dumont

Paterson – Jim Jarmusch

Rester vertical – Alain Guiraudi

Aquarius – Kleber Mendonça Filho

Mal de pierre – Nicole Garcia

I, Daniel Blake – Ken Loach

Ma’Rosa – Brillante Mendoza

Bacalaureat – Cristian Mungiu

Loving – Jeff Nichols

Agassi – Park Chan-Wook

The Last Face – Sean Penn

Sieranevada – Cristi Puiu

Elle – Paul Verhoeven

The Neon Demon – Nicolas Winding Refn

Hors Compétition

Le Bon Gros Géant – Steven Spielberg

Gogson – Hong-jin Na

Money Monster – Jodie Foster

The nice guys – Shane Black

Séance de minuit

Gimme Danger – Jim Jarmusch (en présence de Iggy Pop)

Le Train pour Busan – Yeon Sang-Ho

Séance spéciale

La dernière plage – Thanos Anastopoulos et David Del Degan

Hissein Habré, une tragédie tchadienne – Mahamat-Saleh Haroun

La Mort de Louis XIV – Albert Serra

Le Cancre – Paul Vecchiali

Un Certain Regard

Inversion – Behnam Behzadi

Apprentice – Boo Junfeng

Voir du pays – Delphine et Muriel Coulin

La Danseuse – Stéphanie Di Giusto

Clash – Mohamed Diab

La Tortue Rouge – Michel Dudok De Wit

Harmonium – Fukada Kôji

Personal Affairs – Maha Haj

Beyond the mountains and hills – Eran Kolirin

After the storm – Hirokasu Kore-Eda

Le plus beau jour de la vie d’Olli Mäki – Juho Kuosmanen

La Longue nuit de Francisco Sanctis – Francisco Marquez et Andrea Testa

Dogs – Bogdan Mirica

Pericle il nero – Stefano Mordini

The Transfiguration – Michael O’Shea

Captain Fantastic – Matt Ross

Le Disciple – Kirill Serebrennikov

Les Visiteurs – La Révolution, un film de Jean-Marie Poiré : Critique

« Ils sont revenus les malades ! » Voilà l’exemple d’une réplique devenue culte au fil du temps, à l’instar des autres « Okeyyy !!! », « Dingue ! » ou autre « Merci la gueuse, tu es un laideron mais tu es bien bonne » ! Bien plus qu’une simple réplique, elle devient ici une réalité, puisque 23 ans après le succès considérable des Visiteurs premiers du nom et de ses 13,8 millions d’entrées, Jean Reno et Christian Clavier, sous les traits des désormais célèbres Godefroy de Montmirail et l’écuyer Jacquouille la Fripouille, reviennent pour une troisième aventure (il vaut mieux oublier le remake américain), placée cette fois ci au temps de la Révolution.

Synopsis : Bloqués dans les couloirs du temps, Godefroy de Montmirail et son fidèle serviteur Jacquouille sont projetés dans une époque de profonds bouleversements politiques et sociaux : la Révolution Française… Plus précisément, la Terreur, période de grands dangers pendant laquelle les descendants de Jacquouille La Fripouille, révolutionnaires convaincus, confisquent le château et tous les biens des descendants de Godefroy de Montmirail, aristocrates arrogants en fuite dont la vie ne tient qu’à un fil.

Un retour paresseux

Dès lors les premières craintes apparaissent : après une bande annonce des plus navrantes (absence de gags, musique inadaptée…) et le refus de Gaumont de montrer le film aux journalistes, le bashing assez ahurissant du film et ses critiques très négatives n’ont eu de cesse d’inquiéter les fans de la première heure, peurs d’être déçus voire trahis de ce retour jugé a priori beaucoup trop tardif. Cela ne date pas d’hier : les Inconnus en ont fait les frais, ratant leur retour tant attendu avec Les 3 frères deux ans plus tôt, victime de critiques ayant beaucoup nui au long métrage (et que toutefois l’auteur de ces lignes a jugé trop sévères).

De même, les nombreuses polémiques nées autour de la promotion du film n’ont en rien aidé à asseoir sa réputation : citons entre autres l’absence du nom de l’acteur Pascal N’Zonzi sur l’affiche alors que tous les autres interprètes y sont, ou encore le budget faramineux du film, s’élevant à environ 25 millions d’euros, mais allégé notamment par des crédits d’impôts belges et tchèques, sous contrainte bien évidemment de tourner sur leurs territoires. Par conséquent, face à tout cela, on est en droit de se poser la question suivante : le retour du film est-il légitime, justifié, et pensé pour satisfaire les fans de ce patrimoine comique français ainsi que l’ensemble des autres spectateurs ?

 

On se surprend, contre toute attente, à répondre par l’affirmative durant le premier quart d’heure du film. Et ce par un élément essentiel : la fibre nostalgique. L’apparition du logo Gaumont sur fond du principal thème musical des deux films précédents a des allures de madeleine de Proust. Il en est de même lorsque l’on voit après plusieurs années d’absence le duo reformé à l’écran : le prompt chevalier et son fidèle écuyer, le fort et le faible, l’Auguste et le clown blanc, Godefroy et Jacquouille. Les sourires sincères apparaissent, et également un début de soulagement, après une courte scène d’action, lorsque les prémices de l’histoire nous sont annoncés. A nouveau bloqués dans les couloirs du temps, le duo se retrouve au temps de la Terreur, passage phare de la Révolution, et symptomatique, voire symbolique de la future relation entre nos deux héros, puisqu’il s’agit du moment charnière où les descendants de Jacquouille prennent possession des lieux et biens des Montmirail. La noblesse se retire, le peuple triomphe, et Jacquouille prend conscience de ce revirement. Aspect formellement intéressant donc…mais malheureusement bien trop peu exploité. Car si l’intrigue et le scénario dans sa globalité s’avèrent plutôt convaincants à première vue, leur développement reste bien trop en surface pour tenir sur les 110 minutes que nous proposent le long métrage.

 

Et là est bel et bien le défaut principal du film : sa paresse. Une paresse qui se reflète à la fois dans l’écriture de ses personnages mais aussi, et c’est là où le bât blesse, dans sa propre catégorie cinématographique, son propre terrain : la comédie. En effet, le film n’est pas drôle ! Ce nouveau décalage culturel aurait pu donner naissance, à l’instar des deux premiers opus, à des gags intéressants et autres répliques et joutes verbales, surtout entre le franc parler de Jacquouille et la délicatesse faussement snob de la noblesse. Il n’en est rien ! Seuls deux ou trois rires émergent (notamment la scène du ronflement ou du savon) mais au beau milieu de punchlines se reposant trop sur leurs acquis (toujours les éternelles blagues sur la mauvaise haleine et l’odeur des pieds, constituant par conséquent le cœur même de la majorité des gags du film) et d’interminables lignes de dialogues entre les personnages secondaires. Par exemple, des scènes entières sont consacrées au décryptage du contexte historique en place, de la suite du plan des révolutionnaires après la prise du château de Montmirail ou encore la manière dont le journaliste Marat établissait ses écrits. Certes très intéressantes du point du vue historique, ces différentes interactions entre les personnages apparaissent quelque peu inadaptées et ennuyeuses dans le registre de la comédie populaire.

 

Car Poiré et Clavier affichent clairement leur volonté de donner vie à tous leurs personnages. « J’adore écrire de bons rôles pour des acteurs », répétait sans cesse Clavier durant la promotion du film. Mais ce développement se révèle plutôt vain, tant la caractérisation des personnages est simpliste et prévisible : les Montmirail, tous sans exception, à part la benjamine quelque peu rebelle et forte, sont horripilants au possible, Franck Dubosc, Alex Lutz et surtout Karin Viard en snobinarde cruche et caractérielle. Ary Abittan, en pauvre marquis opportuniste et dépassé par les évènements, est plutôt inutile. Marie-Anne Chazel, descendante directe de Ginette, ne surprend pas, tout comme Pascal N’Zonzi, nettement plus drôle dans Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?, déjà avec Clavier. Ce dernier est le seul à sortir un tant soit peu son épingle du jeu. On le sent heureux et gargarisé de retrouver son personnage fétiche. Nous arrachant quelques sourires avec ses cris et sa gestuelle, on ne retrouvera malheureusement pas des répliques et situations aussi drôles que les premiers Visiteurs. Quant à Jean Reno… Il apparaît bien fatigué, entraînant de surcroît un personnage très loin de ses idéaux chevaleresques et de son dévouement originel. Sa quête étant résumée ici qu’à un seul objectif (remettre le dauphin sur son trône), le personnage apparaît monotone, et l’engouement du spectateur vis-à-vis de lui réduit à peau de chagrin.

 

Tout n’est évidemment pas à jeter comme dit plus haut : certains aspects plus techniques sont réussis. En tête, les décors, tout comme les costumes, qui sont très travaillés et participent à la cohésion de l’atmosphère de l’époque. Mais ce n’est pas le cas des effets visuels, soit totalement ratés, notamment une très mauvaise nuit américaine, soit tout simplement absents. On ne voit pas par exemple les transformations des deux personnages principaux lorsqu’ils embarquent pour un autre temps, alors qu’elles étaient une des attractions principales des premiers opus. Ce n’est pas le cas également de la musique : outre les thèmes principaux déjà connus des nombreux spectateurs, Eric Levi ne propose pas d’autres partitions marquantes en lien avec l’histoire. On se demande alors comment ont été alloués les 25 millions d’euros constituant le budget du film, tout en sachant que Clavier et Reno ont touché près de deux millions d’euros pour leur seul cachet d’acteur.

Ainsi, Les Visiteurs – La Révolution est un retour plutôt raté de nos deux aventuriers hors du temps. Ne se reposant que sur ses acquis, tant du niveau des gags que de certains aspects techniques comme la musique, le long métrage se révèle être paresseux, dont les seules innovations apportent certes une certaine cohérence à l’ensemble, notamment du point de vue historique et de la continuité de l’histoire originelle, mais entraînent le plus souvent l’ennui chez le spectateur. De plus, ne sachant conclure son film que sur une fin ouverte des plus confuses, Jean-Marie Poiré semble avoir perdu son goût de la réalisation et de l’écriture sur un terrain où on le croyait totalement maître : la comédie.

 Les Visiteurs – La Révolution : Bande Annonce

 Les Visiteurs – La Révolution : Fiche technique

Réalisation : Jean-Marie Poiré
Scénario : Jean-Marie Poiré, Christian Clavier
Interprétation : Christian Clavier (Jacquouille la Fripouille), Jean Reno (Godefroy de Montmirail), Franck Dubosc (Gonzague de Montmirail), Karin Viard (Adelaïde de Montmirail), Sylvie Testud (Charlotte Robespierre), Marie-Anne Chazel (Prune), Ary Abittan (Lorenzo Baldini), Alex Lutz (Robert de Montmirail), Pascal N’Zonzi (Philibert)…
Directrice artistique : Isabelle de Araujo
Montage : Philippe Bourgueil
Son : Dominique Warnier, Marc Bastien, Marc Doisne
Musique : Eric Levi
Costumes : Pierre-Jean Laroque
Production : Sidonie Dumas, Marc Vade
Société de production : Gaumont, Ouille Productions, Nexus Factory, Okko Productions, TF1 Films Production
Distribution : Gaumont Distribution
Durée : 110 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 6 avril 2016
France – 2016

CinéBD – La comédie romantique

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[CinéBD] – La comédie romantique

De retour un peu tardivement mais dans une forme olympique, toujours avec l’aide de la vivifiante Karton-Karton, nous avons choisi d’explorer cette fois les contrées méconnues de la comédie romantique. Parce qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien. Sortez vos plaids tout doux, vos glaces en pots, vos journaux intimes et vos mouchoirs car quand l’émotion vous prend elle ne vous lâche jamais. Bienvenue dans un univers de paillettes, de musique pop, de Hugh Grant et de baisers enflammés sous la pluie. Au fur et a mesure nous progressons. Nous essayons de faire des lettres plus grosses et des textes plus courts (rapport aussi a la taille des caractères). En espérant que ça vous plaise toujours autant.

Plein de bisous!

 

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