Serie Vinyl: saison 1 critique du pilote

En 2008 sort Shine a Light, documentaire sur les Rolling Stones réalisé par Martin Scorsese. Auparavant, Mick Jagger ambitionnait déjà de produire un film sur le monde de la musique, à la manière de Casino, avec Martin Scorsese aux commandes. Mais la crise passe par là et le projet tombe à l’eau, aucune production ne souhaite s’engager dans cette proposition, vue comme un gouffre financier. Toutefois, le grand amoureux de musique qu’est Scorsese ne lâche pas l’affaire. Naît donc l’idée de faire de ce film une série. Ainsi, HBO se présente comme la maison idéale pour produire Vinyl. Au passage, Terence Winter rejoint le casting et vient s’imposer en tant que producteur exécutif, showrunner et scénariste.

Synopsis : Les exploits d’un exécutif d’une maison de disques, blindé de cocaïne, en 1977 : année où le punk, le disco et le hip-hop émergent et se confrontent.

Avec Martin Scorsese aux commandes, on ne pouvait qu’attendre impatiemment ce premier épisode. Depuis son dernier film Le Loup de Wall Street, la moindre réalisation du cinéaste américain est très attendue. Avec Vinyl, c’est aussi la période abordée et le casting qui mettent l’eau à la bouche. Alors, ce pilote parvient-il à être convaincant ?

En terme d’ambiance, de costumes et de décors, Vinyl ne peut que séduire et se présente aux spectateurs comme une véritables immersion dans les seventies. Hommes d’affaires, milieux où l’argent et la drogue font loi et musiciens au mieux de leur forme embellissent le côté rock’n’roll de Vinyl. S’offre à nous un monde qui fait dans la démesure.
Le casting est également parfait. Bobby Cannavale, incarnant Richie Finestra, magnat de la musique, camé au possible, livre une prestation exceptionnelle grâce à une palette d’expressions corporelles variée et colle parfaitement à son rôle de patron de production fou, mais ayant toujours les pieds sur terre. Malgré nous, on ne peut s’empêcher d’éprouver une empathie pour le personnage. Les seconds rôles excellent également et apportent tout l’humour dont Vinyl a besoin. Les petites touches humoristiques, tantôt (très) potaches, tantôt plus fines, réussissent leurs coups et font travailler les zygomatiques des spectateurs. On notera pareillement l’importance de la figuration, apportant toute crédibilité aux séquences de concerts et de bureau de production.

Mais le pilote de Vinyl a un bémol, et non des moindres, qui pourrait causer du tort à la suite de la série. Si la structure narrative est intéressante, bien amenée et richement construite, l’intrigue en elle-même ne s’avère pas convaincante et laisse sur sa faim au terme du premier épisode. Le monde de la musique offre de nombreuses opportunités scénaristiques et pourtant, outre le stress de signer de « gros » artistes, elles s’avèrent bien faibles. Mais cela n’empêche pas de passer un très bon moment devant ce premier épisode au rythme effréné. On rapportera toutefois des légers moments de « flottements », avec des fluctuations rythmiques marquées, comme pour exprimer des reprises de souffle des personnages.
Bien évidemment, la réalisation de Martin Scorsese est pour beaucoup dans la réussite de ce pilote. Par ses choix de cadre et ses partis pris esthétiques (longs plans, travellings, gros plans, mises en reliefs sonores), on perçoit à la perfection l’amour de la musique du réalisateur américain. Les concerts et les foules en délire sont magnifiés, les studios d’enregistrement s’offrent à nous comme idylliques. Parallèlement, le monde de la drogue, frôlant avec celui de la mafia, où chacun cherche à s’enrichir, est lui aussi parfaitement représenté, et parfaitement conformes aux nombreux témoignages des protagonistes de l’époque.

Enfin, la bande originale est simplement jouissive. Les amateurs de rock, de pop et de funk ne pourront que prendre leur pied devant cet épisode, et devant la série, en général. Vinyl n’est pas une critique du monde de la production de l’époque, c’est également un éloge, une ode à la musique. Au détour d’un coin de salle ou en backstage, on croisera donc Robert Plant de Led Zeppelin ou d’autres chanteurs punk et rock, et c’est un réel plaisir.

Faut-il donc attendre la suite de Vinyl ? Évidemment. On ne peut qu’être certain que Mick Jagger, Terence Winter et Martin Scorsese ont encore énormément à nous offrir. Le casting fou et le monde de la musique passionnent et happent le spectateur. On espèrera seulement un renouveau de l’intrigue, une croissance scénaristique, principal défaut de ce pilote.

Fiche technique : Vinyl

Créateur & Showrunner : Brian KoppelmanTerence Winter David Levien
Distribution : Bobby Cannavale, Olivia Wilde, Ray Romano, Ato Essandoh, Max Casella, Birgitte Hjort Sørensen, Juno Temple, James Jagger…
Réalisateurs : Martin Scorsese (Épisode 1), Allen Coulter (Épisodes 2 et 7), Mark Romanek (Épisode 3), S.J. Clarkson (Épisode 4), Peter Sollett (Épisode 5), Nicole Kassell (Épisode 6), Jon S. Baird (Épisode 8), Carl Franklin (Épisode 9)
Scénariste : Terence Winter (Épisodes 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10), ainsi que Adam Rapp, George Mastras, Jonathan Trapper, Deborah Cahn
Productrice déléguée : Emma Tillinger Koskoff
Producteurs : Mick Jagger, Martin Scorsese, Mari-Jo Winkler
Production : HBO, Paramount Television

Vinyl est diffusée sur OCS City et disponible dans les offres Canal 24h après sa diffusion américaine à partir du 15 février.

Festival

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Zoran Paquot
Zoran Paquothttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant lillois passionné de cinéma, ayant plusieurs courts-métrages à mon actif, je baigne dans cet art depuis ma plus tendre enfance, grâce à un père journaliste m'ayant initié au visionnage intensif de films, mais également friand de théâtre, et d'arts en général. Admirateur de Nicholson, fou de Jim Carrey et fervent défenseur du cinéma français. Mon film culte ? Vol au-dessus d'un nid de coucou, Milos Forman, 1975.

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