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Carmina !, un film de Paco Léon : Critique

Synopsis : Dans son petit appartement sévillan, Carmina doit faire le deuil de son mari Antonio qui vient de mourir en plein milieu du salon. Elle fait le choix de rester tout le week-end à veiller sur le cadavre avant de le déclarer aux autorités, et ce afin de s’assurer de toucher ses indemnités de fin de mois. Bien qu’elle ait entrainé sa fille Maria dans cette petite entreprise de divulgation, le secret va être difficile à garder.

Paco Léon signe une comédie un peu décousue mais dresse surtout un portrait de femme fracassant.

Ne vous en faites pas si son nom ne vous dit rien, c’est uniquement parce que la sitcom qui a fait connaitre Paco Léon en Espagne, Aída, n’a jamais été diffusée en France. Son premier film, Carmina o revienta, n’a d’ailleurs pas non plus eu droit à une distribution dans l’Hexagone, alors qu’il avait, en 2012, créé en certain tumulte dans le petit monde local des professionnels de la distribution audiovisuelle en étant le premier film hispanique à y sortir à la fois en salles, en DVD et en VOD. Deux ans plus tard, Léon signe une suite à son film qui, elle, sera en revanche exploitée dans quelques salles de cinéma de l’Hexagone. Plus de deux ans après sa sortie en Espagne soit, mais mieux vaut tard que jamais. Mais est-ce que cette suite –dont le titre français se limite d’ailleurs au nom de son héroïne, anaphorique dans les titres originaux, laissant supposer qu’un éventuel troisième opus s’appellera paradoxalement chez nous Carmen 2– peut se voir sans avoir préalablement vu le premier film ? Oui, sans aucun doute.

Il est même fondamentalement moins intéressant de connaitre le background des personnages principaux que l’identité de leurs interprètes. Les deux actrices principales sont en effet pas moins que la mère et la sœur du réalisateur. Autant dire que le tournage s’est fait en famille mais surtout que le rôle-titre, et très probablement certaines situations, sont directement inspirés de souvenirs très personnels. Et les deux femmes font preuve d’une telle liberté de jeu que l’on a, en particulier dans le premier quart d’heure, le sentiment qu’elles sont en plein exercice d’improvisation… et s’en sortent fabuleusement bien. Le personnage de Carmina est clairement une figure féminine très forte, au bagout irrésistible, représentation tout à la fois des rapports de force hommes/femmes post-féministes et d’une classe moyenne prête à tout pour joindre les deux bouts. C’est cette sincérité dans la peinture d’une galerie de personnages aussi attachants que détestables qui rend cette comédie si piquante. Car le scénario ne se contente pas d’observer Carmina parler à son défunt mari, elle donne une place importante aux personnages secondaires.

Même si cela a déjà été dit de quasiment tous les jeunes réalisateurs espagnols de ces vingt dernières années, il est impossible de ne pas rapprocher le film de Léon du cinéma d’Almodovar, et en particulier de son premier long-métrage Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier avec lequel il partage son goût pour les querelles de voisinage et les personnages hauts en couleurs. On remarquera surtout Yolanda Ramos, dans le rôle de l’amie et confidente de Carmina. Les scènes de dialogues entre ces deux grandes gueules sont ainsi tout simplement exquises, probablement les meilleures du long-métrage, malgré leur durée parfois un peu étirée. Cependant, la construction explosée de Carmina apparait comme son défaut majeur. En plus des nombreuses saynètes très drôles tournées en intérieur, où défilent de nombreux voisins invasifs et autres invités de fortune dans cet appartement où Carmina essaye tant bien que mal de garder son lourd secret, le film comporte quelques scènes en extérieur, certes amusantes mais qui brisent la dynamique. Autant l’enterrement de fin était inévitable, et est même le moment où la mise en scène trouve toute sa grâce par le biais d’une bande son habilement décalée, autant toute la partie où Carmina fait appel à son fils pour déloger des squatteurs du salon de coiffure de Maria vient complétement parasiter le mécanisme mis en place. Peut-être est-ce là le sentiment d’un spectateur français habitué des comédies de boulevard, et donc par nature en huis-clos, mais ici la structure éclatée et la volonté d’aller tourner à ciel ouvert nuisent au principal ressort comique et amoindrissent ce sentiment d’émancipation qui rend la conclusion si agréablement troublante.

Bien que très inégale, Carmina est une nouvelle bonne surprise venue de nos chers voisins d’outre-Pyrénées. Portée par une actrice dont on regrettera de ne découvrir l’immense talent qu’à 60 ans, cette pure  comédie dramatique noire profite également de dialogues brillamment écrits, tour à tour cyniques et graveleux.

Carmina ! : Bande-annonce

Carmina ! : Fiche technique

Titre original : Carmina y amén
Réalisation : Paco León
Scénario : Paco León
Interprétation : Carmina Barrios, María León, Yolanda Ramos, Paco Casaus…
Photographie : Juan González
Montage : Ana Álvarez Ossorio
Son : Diana Sagrista
Direction artistique : Antonio Estrada
Production : Álvaro Augustín, Ghislain Barrois, Paco León
Société de production : Andy Joke
Distributeur : Bodega Films
Festivals et récompenses : Biznagas de Plata pour le meilleur scénario et la meilleure actrice secondaire pour Yolanda Ramos au festival de Málaga
Genre : Comédie dramatique
Durée : 94 minutes
Date de sortie : 27 juillet 2016

Espagne – 2014

Captain America: Civil War, un film de Anthony & Joe Russo: Critique

Captain America: Civil War, un pop-corn movie aux allures de pot (pas trop) pourri

Synopsis: Suite aux événements d’Avengers: L’Ère d’Ultron, Steve Rogers forme une nouvelle équipe de super-héros et après un énième incident international, l’ONU fait adopter les Accords de Sokovie  avec l’aide de Tony Stark et du Général Ross. Ces accords divisent les Avengers, anciens comme nouveaux tandis que Rogers cherche encore son ancien ami Bucky, porté disparu, et qu’un certain Zémo semble comploter dans l’ombre. 

Début de la phase 3 du bulldozer Marvel. C’est donc Captain America qui s’y colle pour lancer les premières bases d’une nouvelle ère dans l’Univers Cinématographique Marvel. Mais avant ça, pas mal de choses ont bougées en interne. Dans les films, l’Hydra n’est plus vraiment une menace, sauf pour les Agents du S.H.I.E.L.D qui continuent à ramasser les miettes, Ultron s’est fait atomiser après avoir soulevé une ville dans les airs et le Captain cherche encore son Bucky d’amour, en fuite après avoir été lobotomisé. Derrière la caméra, ce n’est pas moins intéressant. Peu de temps après son intronisation, le roi Whedon tombe de haut en accusant le semi-échec artistique dAvengers : L’ère d’Ultron et choisi de claquer la porte, laissant le siège vacant aux frères Russo. Les deux ayant fait du bon boulot sur Le soldat de l’hiver, le grand patron Kevin Feige leur laisse les clés pour chapeauter cette nouvelle phase, en démarrant donc avec la suite des aventures du Super Soldat. Avec moins d’ambitions littéraires que leur prédécesseur mais un goût marqué pour le cinéma nerveux qui cogne sec, les frangins décident alors de s’attaquer à l’un des plus gros crossover de l’univers Marvel, l’arc Civil War de Mark Millar et Steve McNiven, et en profitent pour faire du pied à DC en proposant eux aussi leur choc des titans entre deux héros populaires.

Autant le dire d’entrée de jeu, la tâche n’est pas aisée. Le comics original affichant au compteur un nombre démentiel de figures mythiques (des Quatre Fantastiques aux Avengers) avec des batailles titanesques dans les rues de New-York, quand l’univers ciné-Marvel en compte pour l’instant une dizaine. Rappelons que Hulk et Thor sont aux abonnés absents, ce qui n’est pas une mauvaise chosescar les deux mastodontes auraient plié le combat en deux-deux (appelons cela l’équilibre des puissances). Casting réduit donc pour cette adaptation, ce qui n’aura pas manqué d’amuser même les fans les plus acquis à la cause avec des bandes annonce qui promettait plutôt un championnat du monde de la savate qu’une véritable « guerre civile ». Ne soyons pas de mauvaise foi, l’ensemble tient plutôt la route. La mise en scène sobre mais maîtrisée des Russo laisse aux personnages assez d’espace pour exister et ne pas se réduire à de simples caméos rigolos. On est loin de l’emphase boursouflée à la testostérone d’un Zack Snyder sous amphétamines. Les effets spéciaux restent spectaculaires sans en faire trop (à part un Tony Stark jeune en numérique qui pourrait donner des cauchemars aux âmes sensibles). Idem coté scénario qui s’éloigne du modèle de la psychologie de comptoir à la David S. Goyer pour proposer des enjeux plus rationnels et plus logiques. Content de voir qu’ici, en deux heures trente, les personnages prennent d’abord le temps de discuter avant de s’en mettre pleins la tronche, chacun donnant son avis ou son ressentit sur la question. Cela reste sommaire, car il y a beaucoup de personnages impliqués, mais en général les actions de chacun semblent logiques et mesurée, là où l’Ère d’Ultron était déséquilibré tandis que Batman v Superman se vautrait dans la caricature de ses propres symboles.

Bref, le film n’est pas honteux pour Marvel. De là, dire que tout est parfait serait un peu optimiste. Le titre, pour commencer, pose problème. Civil War est un film tiraillé entre ses multiples fonctions, démarrer la phase trois, mettre en scène cet affrontement dantesque et revenir sur les conséquences des événement de l’Ère d’Ultron. Mais aussi terminer l’arc narratif amorcé dans Le Soldat de l’hiver. Compliqué tout ça. Si les scénaristes font ce qu’ils peuvent pour relier le tout de façon cohérente, on hésite souvent devant le film. Est-ce un Captain America ou une extension d’Avengers qui introduit de nouveaux personnages ? S’il semble dans un premier temps reprendre les grandes lignes du récit de Mark Millar, on a rapidement l’impression que cette nouvelle loi visant à contrôler les justiciers, élément déclencheur du conflit, n’est finalement qu’un prétexte pour justifier le début des hostilités. Le projet est exposé en début de film pour lancer un premier débat et ne revient jamais vraiment sur la table. Le Captain et Iron Man sont en désaccord, soit, mais rien de grave pour l’instant. Ce qui déclenche vraiment l’intrigue, c’est l’obstination du super soldat à défendre son ancien ami Bucky qui semble incontrôlable, tandis que Tony Stark souhaite l’arrêter. Là se situe vraiment le fond du problème. Aussi la sensation de voir deux films en un est palpable.

Le premier est axé sur une course poursuite haletante entre Tony Stark, Steve Rogers, le soldat de l’hiver et Black Panther, manipulés dans l’ombre par Zémo. Interprété avec sobriété par l’allemand Daniel Brühl (Goodbye Lenine, Inglorious Basterds), ce dernier se révèle, contre toute attente, être un adversaire réussi, aux motivations classiques mais crédibles, avec un plan qui tient la route. Le genre que l’on attendait plus dans une production super-héroïque, très éloigné de son modèle papier (un scientifique nazi un peu timbré) mais plus ambigu que prévu. Le deuxième en revanche s’acharne à justifier le titre du film, en faisant rentrer le plus de combattants possible dans la boite. Si cela permet des scènes d’actions dantesques probablement amenées à devenir cultes, comme la séquence de l’aéroport plutôt prenante et bien fichue, ce deuxième développement semble de trop. Comme dit précédemment, les enjeux relatifs à la loi de contrôle des super-héros sont sommairement traités, le film Captain America: Civil War reste une divergence d’opinion entre deux personnages phares, auquel des secondaires viendront prêter main forte (d’un côté ou de l’autre). Aussi a-t-on du mal à croire en cette « guerre civile » devant des affrontements qui ressemblent plutôt à des batailles de chatouilles entres copains. Chaque personnage ne pouvant s’empêcher de rappeler à son adversaire que, même s’ils se battent entre eux, ils restent toujours amis. Seul le combat final entre Iron Man et Captain America se reconnectera avec le ton plus sombre voulu par le film. Pour le reste, les autres personnages semblent de trop, en particulier Ant-Man, dont la présence est à peine justifiée par le scénario (bien qu’il réserve tout de même son moment surprise) et bien sûr Spiderman.

Cas particulier celui-ci, car attendu par les fans. Le problème ne vient pas du personnage en lui même, son coté ado agaçant étant rattrapé par les réactions irritées de ses collègues, ce qui nuance son côté cool et Tom Holland ne s’en sort pas trop mal dans le rôle. C’est juste qu’il débarque un peu comme ça, Tony Stark annonçant sans prévenir qu’il connaît un type qui peut les aider et va chercher un ado de quinze ans inexpérimenté pour participer à une bataille rangée entre super-héros chevronnés. On sait que Stark est un peu cintré sur les bords mais quand même ! Cette mise en place un peu rapide débouche sur une relation non pas de mentor a élève mais plutôt de patron à stagiaire de troisième. En ajoutant à cela les blagues idiotes du tisseur, les apparitions réduites du personnage deviennent de purs moments de comédie qui n’auraient pas fait tâche dans un film Iron Man, mais semblent légèrement hors de propos par rapport au ton mélancolique et plus sombre que Marvel voulait appliquer aux Captain America. Une rupture de registre qui entraîne des baisses de rythme fort regrettables.

Deux poids et deux mesures donc pour ce nouvel opus. Loin d’être la claque annoncée, le film reste moins chaotique que Batman v Superman et plus mesuré que Avengers : l’Ère d’Ultron. Dommage du coup que l’ambition des producteurs force le film dans plusieurs directions opposées, étirant le tout plus que de raison et provoquant parfois l’ennui. S’il n’est pas un échec, Civil War reste l’aventure la moins intéressante du super soldat.

Captain America: Civil War : Bande-annonce

Captain America: Civil War : Fiche Technique

Réalisateurs: Anthony & Joe Russo
Scénario: Christopher Markus et Stephen McFeely, d’après les personnages de Joe Simon et Jack Kirby, d’après Civil War de Mark Millar
Interprétation : Chris Evans (Steve Rogers), Robert Downey Jr. (Tony Stark), Sebastian Stan (Bucky), Daniel Brühl (Baron Zemo), Scarlett Johansson (La veuve noire), Anthony Mackie (Le faucon), Don Cheadle (Rhodey)…
Musique: Henry Jackman
Photographie: Trent Opaloch
Producteur: Kevin Feige
Producteur délégué: Alan Fine
Producteur associé: Lars P. Winther
Sociétés de production: Marvel Studios et Marvel Entertainment
Société de distribution: Walt Disney Studios Motion Pictures
Genre : Action, science-fiction, super-héros
Durée: 147 minutes
Date de sortie: 27 avril 2016

Etats-Unis – 2016

Tracks, un film de John Curran : Critique

Cette adaptation, qui reprend les mémoires de l’australienne Robyn Davidson (interprétée par Mia Wasikowska), nous propose un réel voyage initiatique, elle cherche à exister par elle-même, et montre ce besoin de parcourir ce territoire, presque inhabité.
Tracks se construit en deux temps.

Synopsis : En 1977, Robyn Davidson décide d’accomplir un exploit, traverser tout le désert Australien de la ville d’Alice Springs à l’océan Indien, soit 2700 kilomètres, accompagné de son chien et de quatre dromadaires. Elle sera suivie tout le long de son parcours par le photographe Rick Smolan afin de faire un reportage pour National Geographic…

Le voyage de la fille aux dromadaires.

Pour commencer, Robyn cherche à obtenir des dromadaires pour l’accompagner dans le but de transporter sa cargaison pour ce voyage qui pourrait durer entre six et sept mois. Elle enchainera les petits boulots avant d’apprendre concrètement le métier d’éleveur pendant plusieurs mois, elle travaillera gratuitement pour obtenir en échange son dromadaire. Après un certain temps, elle obtiendra ses animaux, et avec le soutien financier du magazine National Geographic, elle pourra se lancer dans ce périple qu’elle a toujours rêvé d’accomplir, qui constitue l’autre partie du long-métrage.

La réalisation est efficace avec de superbes plans panoramiques et des plans d’ensembles en plongées et en mouvements qui servent à la contemplation de ces terres désolées. Tout ce voyage est magnifié par ces paysages et ces immenses étendues désertiques. Par ailleurs, la bande sonore et la musique favorisent ce pèlerinage et renforcent notre envie de suivre le parcours de Robyn. Ainsi, la photographie est vraiment le principal point fort de cette aventure.
De plus, cette histoire nous permet de mieux comprendre le comportement du dromadaire, un animal qui nous est peu familier. Le rapprochement autour de ces bêtes est filmé de telle manière que l’on retrouve un caractère ludique et documentaire.
Cette traversée est très réaliste dans l’observation de la vie de ses animaux, mais aussi de la culture des aborigènes qui est sacrée, et qu’ils cherchent à préserver.

Nous avons un attachement pour Robyn qui va devoir comprendre son voyage, mais surtout lutter et survivre dans ce désert surplombé par la chaleur et la lumière du soleil qui brûlent son corps. Certaines scènes sont poignantes, sincères, mais aussi cruelles, notamment envers certains animaux sauvages, renforçant d’autant plus cet effet réaliste.
Le personnage d’Adam Driver, Rick Smolan, présent pour photographier Robyn, est touchant et attendrissant. En effet, son rôle permet de casser la sévérité du personnage de Mia Wasikowska qui s’isole, préférant la solitude plutôt que de s’ouvrir aux autres. Mais, on pourra peut-être reprocher la trop grande simplicité du rapprochement entre ces deux personnages. Il est prévisible de les imaginer ensemble, mais il n’y a aucune nuance dans leur relation quant à la manière qu’elle a de tomber dans ses bras, surtout lorsqu’on constate son refus d’aborder les touristes et les journalistes.

Pour terminer, on pourra reprocher un rythme trop peu soutenu. Les flashbacks sur l’enfance de Robyn servent probablement à mieux comprendre son mal être, son besoin de liberté, et cela permet aussi de faire le parallèle entre ses deux chiens, celui de son passé et celui présent pendant son trajet. Néanmoins, la plupart de ses flashs sont trop courts pour qu’on s’y implique et ne sont pas forcément utiles à la narration, au contraire. Nous comprenons facilement que Mia joue un personnage qui veut se prouver quelque chose, la présence de ces passages n’est donc pas forcément nécessaire et casse le rythme du film et de son voyage également.

De même, la mise en scène joue plus sur la contemplation plutôt que sur l’expédition en elle-même. Ainsi, la longueur et la lenteur accentuent cette réflexion autour de ce désert qui donne l’impression de ne jamais finir. Nous aurons donc plaisir à découvrir ces sites naturels, ces habitations en ruines, et ces terres arides, très réelles. L’atmosphère du film se trouve par conséquent essentiellement dans la photographie de Mandy Walker qui immortalise tous ces panoramas, inspirés des vraies photos de Rick Smolan.
Ce biopic reste très fidèle à la réalité et à l’incroyable histoire de Robyn, que l’on appelait la fille aux dromadaires.

Tracks : Bande-annonce

Tracks : Fiche Technique

Réalisation : John Curran
Scénario : Marion Nelson
Interprétation : Mia Wasikowska (Robyn Davidson), Adam Driver (Rick Smolan), Emma Booth (Marg), Rainer Bock (Kurt), Jessica Tovey (Jenny)…
Costumes : Marriott Kerr
Photographie : Mandy Walker
Montage : Alexandre de Franceschi
Musique : Garth Stevenson
Producteurs : Iain Canning, Emile Sherman
Société de production : See-Saw Films
Date de sortie : 27 Avril 2016
Durée : 112 minutes
Genre : Aventure, biopic
Australie – 2013

Cromo, un Eco-Thriller venu d’Argentine : Séries Mania

Cromo : Un thriller scientifique sur fond de problématiques environnementales

Synopsis : Valentina, biologiste, prélève des échantillons d’eau dans une réserve naturelle du nord de l’Argentine. Elle est retrouvée sans vie le lendemain.. Son mari et son amant mènent l’enquête…

Le fait est qu’aujourd’hui, la série tient une place centrale dans le médium télévisuel. Puisque le cinéma est plus que jamais infortunément une affaire de gros sous et que l’innovation scénaristique ne s’agrège plus qu’au seul grand écran, il faut bien alors considérer ce format audiovisuel pour ce qu’il est devenu depuis une dizaine d’années : un véritable écrin où brillent l’audace et l’intégrité de cinéastes en manque de liberté chez leurs voisins du 7 ème art.

Sans revenir sur l’avènement des chaines câblées américaines qui ont permis l’émergence d’une nouvelle lignée de créateurs  majeurs (cela a été disséqué et analysé un peu partout), il faut bien comprendre l’impact que cela caractérise chez les tenants de l’auteurisme mondialisé. Notre consommation effrénée de nouveaux programmes a poussé des chaines telles que Arte et Canal+ à acquérir d’illustres compagnons : Jane Campion s’est ainsi récemment démarquée avec son Top Of The Lake tandis que les nordiques débarquaient en force dans L’Hexagone avec Bron, The Killing, Borgen ou encore Real Humans. Les israéliens n’ont pas été en reste puisque sont venues dans nos contrées Hatufim et Hostages entre autres. Mais il fallait un événement encore plus conséquent pour entériner définitivement l’avènement du format.

On le sait, Paris est précurseur de bien des choses culturelles. Et son appétence pour le défrichage se vérifie fréquemment. Pas surprenant donc que le premier grand festival international de séries prenne place dans notre bonne vieille capitale. En place depuis sept ans, il accueillait pour la toute première fois dans cette édition 2016 une compétition débordant largement des frontières européennes. L’occasion de vérifier et de confirmer que l’incursion de la star néo-zélandaise n’était pas qu’un feu de paille.

Lucia Puenzo, reconnue des amateurs de films argentins, n’est pas une débutante dans l’industrie. Également écrivaine de romans à l’audience ténue mais de plus en plus affirmée, elle a su se faire un nom grâce au Festival de Cannes. Récompensée du Grand Prix de la Semaine de la Critique en 2007 pour son premier (et sensible) long-métrage XXY ainsi que d’un Goya espagnol du meilleur film étranger, elle y est depuis revenue régulièrement. Cromo, son nouveau projet, était présenté en première européenne pour ce « Séries Mania » en ce mois d’avril 2016.

Il est évidemment ardu d’argumenter un avis pertinent sur deux épisodes d’une série qui en compte douze. Tenons-en nous alors à une simple chronique détaillée. Aidée de ses complices Nicolas Puenzo et Pablo Fendrick (ce dernier étant pareillement un habitué de la Croisette), la scénariste-romancière semble tisser une intrigue sentimentalo-écologique tendue et épurée. L’enjeu dessine en creux un portrait kaléidoscopique des clivages de la société argentine sur les questions de l’environnement. Il faudra en voir bien plus pour comprendre quel destin lie tous les personnages. Mais la piste meurtrière qui parait se dessiner autour de la figure centrale de la scientifique Valentina indique une orientation de thriller aux contours encore flous.

La nature y trouve une place conséquente et les paysages filmés en panorama sont d’autant plus resplendissants qu’ils résonnent à nos yeux comme de possibles métaphores de la sauvagerie humaine. Située pour l’instant autour d’un axe fort montagne arctique castratrice-marécage aquatique carnassier (les crocodiles y rôdent patiemment dans l’attente de chair fraîche), l’intrigue installe une rivalité amoureuse qui pourrait bien éviter l’écueil du roman-photo. L’activité annexe de la cinéaste se ressent en ce sens qu’elle influe une dynamique d’écriture particulière pour faire vivre ce petit monde en quasi autarcie. La réalisation en épouse consciencieusement le rythme et en dicte le tempo « mezzo-vocce ». Car nous ne sommes pas ici dans la caricature frénétique des homologues US. Il faut appréhender la lenteur du schéma comme une volonté explicite de chercher en notre compagnie les indices clefs de l’enquête.

En somme, un point de départ très attrayant pour Cromo qu’il nous tarde de découvrir plus en profondeur. Puisse nos chaines moins généralistes daigner bousculer leurs antennes pour faire de la place à cette petite pépite en devenir.

Cromo : Bande-annonce

Présenté au Festival de Toronto, le drame réalisé par Pablo Fendrik (El Ardor), est basé sur les histoires vraies d’une équipe de scientifiques qui a exposé les crimes environnementaux dans le nord de l’Argentine. Lucía Puenzo et son frère Nicolás Puenzo sont maintenant en pourparlers pour adapter la série en un long métrage après avoir obtenu un accord avec la production et la distribution basées sur Paris.

Cromo : Fiche Technique

Réalisateurs: Lucía Puenzo, Nicolás Puenzo, Pablo Fendrik
Créateurs: Lucía Puenzo, Nicolás Puenzo, Pablo Fendrik
Scénaristes: Lucía Puenzo, Nicolás Puenzo, Sergio Bizzio, Leonel D’Agostino
Interprétation : Emilia Attias, German Palacios, Guillermo Pfening, Emilia Attias, Moro Anghileri
Producteurs : Historias Cinematográficas
Vendeur international Pyramide
Diffuseurs Argentine : TV Pública
Genre : Drame
Format : 12 épisodes de 45 minutes environ
Argentine – 2015

Auteur : Le Cinéphile Dijonnais

Cannes 2016, le jury du 69ème Festival: Mads Mikkelsen, Kirsten Dunst…

Le président du jury George Miller succède ainsi aux Frères Coen, ils avaient décernés la Palme d’Or à Jacques Audiard pour son film Dheepan. Aux côtés du cinéaste australien, huit personnalités du cinéma mondial venues d’Iran, du Danemark, des États-Unis, d’Italie, de France, du Canada et de Hongrie. Ils devront choisir parmi les vingt-et-un films en compétition celui qui recevra la prestigieuse Palme d’or.

Ce 25 avril, le jury de la 69ème édition du Festival de Cannes a officiellement été dévoilé. Quatre femmes et quatre hommes formeront le jury.

Le jury du 69ème Festival au complet

Mads Mikkelsen l’acteur danois a eu le prix d’interprétation masculine en 2012 pour La Chasse de Thomas Vinterberg, il sera présent dans les blockbusters Doctor Strange prévu pour le 26 octobre en France et Star Wars Rogue One.

Kirsten Dunst l’actrice américaine fait ses premiers pas au cinéma en 1989 dans le film à sketches New York stories de Woody Allen. A 11 ans elle donnera la réplique à Tom Cruise et à Brad Pitt dans « Entretien avec un vampire » de Neil Jordan. En 2011, elle remporte le prix d’interprétation féminine pour Melancholia de Lars Von Trier. Elle est actuellement à l’affiche du film Midnight spécial.

Laszlo Nemes dont le premier film Le Fils de Saul, a été récompensé du Grand Prix au dernier festival de Cannes.

Arnaud Desplechin César 2016 du meilleur réalisateur pour 3 souvenirs de ma jeunesse.

Valeria Golino l’actrice italienne était présente en tant que réalisatrice, en 2013 dans la catégorie “un certain regard“ avec le film Miele

Vanessa Paradis chanteuse et comédienne, elle avait en 1995 sur la scène du palais des festivals interprétée Le Tourbillon de la vie (la chanson du film Jules et Jim) avec Jeanne Moreau.

Katayoon Shahabi fondatrice de la société Sheherazad Media International et Noori Pictures société de distribution basée à Paris, elle s’occupe notamment des films d’Asghar Farhadi, en compétition cette année avec The Salesman.

Donald Sutherland l’acteur canadien est un habitué des tapis rouge, il a incarné Casanova pour Federico Fellini et joué l’un des premiers rôles dans le film culte,  MASH de Robert Altman, palme d’or en 1970. Nous avons pu le voir récemment dans la peau du Président Snow dans la saga Hunger Games

La palme d’or sera remise lors de la cérémonie de clôture le 22 mai.

Sélection Cannes Classics 2016

Programme 2016 de La sélection de Cannes Classics dédiée à l’histoire du cinéma : Bertrand Tavernier dévoile en avant-première un documentaire de 3h15 « Voyage à travers le cinéma français« , une leçon de cinéma animée par William Friedkin, un documentaire sur Bernadette Lafont

Créée à l’initiative de Thierry Frémaux, la section Cannes Classics met en lumière des copies restaurées de films anciens pour ainsi permettre leur redécouverte.

Retrouvez cette belle sélection ci-dessous.

Documentaires
• Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier
• The Cinema Travelers de Shirley Abraham et Amit Madheshiya
• The Family Whistle de Michele Russo
• Cinema Novo de Eryk Rocha
• Midnight Returns: The Story of Billy Hayes and Turkey de Sally Sussman
• Bright Lights: Starring Carrie Fischer and Debbie Reynolds de Alexis Bloom et Fisher Stevens
• Gentleman Rissient de Benoît Jacquot, Pascal Mérigeau et Guy Seligmann
• Close encounters with Vilmos Zsigmond de Pierre Filmon
• Et La femme créa Hollywood de Clara et Julia Kuperberg
• Bernadette Lafont et Dieu créa la femme de Esther Hoffenberg

Copies restaurées
• Die letzte Chance (La Dernière chance) de Leopold Lindtberg (1945, Suisse)
• Farrebique de Georges Rouquier (1946, France)
• Dolina Miru (La Vallée de la paix) de France Stiglic (1956, Slovénie)
• Ikarie XB 1 de Jindřich Polák (1963, République Tchèque)
• Jago hua savera (Quand naîtra le jour) de Aaejay Kardar (1958, Pakistan)
• Memorias del subdesarrollo (Mémoires du sous-développement) de Tomás Gutiérrez Alea (1968, Cuba)
• Santi-Vina de Thavi Na Bangchang (1954, Thaïlande)
• Szerelem (Amour) de Károly Makk (1971, Hongrie) • Howards End (Retour à Howards End) de James Ivory (1992, Royaume-Uni/Japon)
• Le Décalogue 5 (Tu ne tueras point) et 6 (Tu ne seras pas luxurieux) de Krzysztof Kieślowski (1989, Pologne)
• Momotarô, Umi no shinpei (Momotaro, le divin soldat de la mer) de Mitsuyo Seo (1945, Japon)
• One-Eyed Jacks (La Vengeance aux deux visages) de Marlon Brando (1961, Etats-Unis)
• Solyaris (Solaris) de Andreï Tarkovski (URSS, 1972, Fédération de Russie)
• Ugetsu monogatari (Les Contes de la lune vague après la pluie) de Kenji Mizoguchi (1953, Japon)
• Dragées au poivre de Jacques Baratier (1963, France)
• Valmont de Milos Forman (1989, France)
• Gueule d’amour de Jean Grémillon (1937, France)
• Masculin féminin de Jean-Luc Godard (1966, France)
• Indochine de Régis Wargnier (1992, France)
• Adieu Bonaparte de Youssef Chahine (1984, France/Egypte)
• La Chambre des tortures de Roger Corman (1961, Etats-Unis)
• Rendez-vous de juillet de Jacques Becker (1949, France)

Séances spéciales
• Terrore nello spazio (La Planète des vampires) de Mario Bava (1965, Italie/Espagne)
• Tiempo de morir de Arturo Ripstein (1966, Mexique)

Programme anniversaire double Palme d’or 1966
• Signore & signori (Ces messieurs dames ou Belles dames, vilains messieurs) de Pietro Germi (1966, Italie/France)
• Un Homme et une femme de Claude Lelouch (1966, France)

Hommages croisés à Raymond Depardon et Frederick Wiseman
• Faits divers de Raymond Depardon
• Hospital de Frederick Wiseman

Retrouvez toute la sélection de Cannes Classics 

Palmarès Séries Mania 2016 & Bilan

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Festival Séries Mania 2016 : Un 7ème anniversaire réussi

Dimanche 24 avril 2016. Le rideau tombe après une dernière journée de festival peu mouvementée. La dernière conférence sur la violence des séries/ violence du monde semblait être un prétexte à philosopher une heure et demi sur un concept trop universel pour provoquer le moindre intérêt sériephile. Malheureusement, le marathon est divisé en deux horaires et le choix des comédies est limité à peau de chagrin, d’autant que seules Crazy Ex-Girlfriend et Crashing justifient de véritables zygomatiques. Nous connaissions le show de Rachel Bloom et Aline Brosh McKenna, diffusé sur la CW depuis le 12 octobre 2015, qui bénéficiera d’une saison 2. La sitcom britannique nous était inconnue et la surprise est entière, mais nous ne comprenons toujours pas pourquoi les marathons sont devenus singuliers. Peu avant la cérémonie de clôture, avait lieu une lecture publique d’un scénario de websérie écrit en 48h par 10 auteurs du studio 4. L’intérêt premier de cette journée n’était pas la projection des deux premiers épisodes de 11.22.63, mais bel et bien la remise des prix après 10 longs et passionnants jours de Séries Mania. Comment les résumer?

Trop du genre policier, beaucoup de « thriller », peu d’exclusivité, mais l’occasion de faire (re)découvrir des séries déjà diffusées au(x) grand(s) public(s), comme Thirteen, American Crime Story, Show Me a Hero ou Casual etc. On remercie AMC pour Feed The Beast et Arte pour ce catalogue alléchant : Norskov, Au-Delà des murs, Jordskött (pas au programme de cette 7ème édition, mais le pilote a été dévoré et le rédacteur attend la suite en vostfr avec impatience)… David Chase, Matthew Penn, Tony Grisoni, Frank Spotnitz (The Man In The High Castle), Leïla Behkti, Cuba Gooding Jr. et tous les créateurs et créatrices venu(e)s présenter leurs séries ! La chaîne a gagné davantage notre estime que toutes les autres, plateforme Netflix et Hulu réunies. On rigole jaune de Marseille, se navre de Sam, s’indiffère face à Vinyl, mais pour les sériephiles que nous sommes, Séries Mania a su combler notre soif insatiable de découverte et séries du monde. Israël était notamment invité avec Mama’s Angel ou The Writer, les pays scandinaves avec Lola Upside Down, Spring Tide, Bordertown, Nobel ou Splitting Up Together, le Royaume-Uni maître en la matière avec London Spy, Capital, War & Peace, The Night Manager ou Close To The Enemy, c’est la Belgique qui a reçu les honneurs avec les trois séries primées. Les webséries font toujours événements. Il était impossible de tout couvrir, même à deux rédacteurs, tant le contenu était riche et varié, surtout avec des séances intéressantes superposées. On suppose une ouverture plus importante l’année prochaine avec un chiffre record de 38 000 visiteurs à dépasser (sur 22 000 l’année passée). Venons-en donc aux faits, car on parle, on parle… :

Le Palmarès Séries Mania 2016 :

PRIX DE LA COMPÉTITION INTERNATIONALE

Le jury s’est arrêté sur deux séries en remettant le Grand Prix à El Marginal, une création argentine créée par Sebastian Ortega et réalisée par Luis Ortega, Javier Perez et Alejandro Ciancio. Produite par Underground Producciones, elle est diffusée en Argentine par TV Pública. Il a remis un prix spécial à The Kettering Incident, série australienne créée par Victoria Madden et Vincent Sheehan et réalisée par Rowan Woods et Tony Krawitz. Produite par Porchlight Films et Sweet Potato Films, elle est diffusée en Australie par Foxtel et Showcase Channel.

PRIX DU PUBLIC

Deux séries en compétition internationale se partagent le (notre) coup de cœur des spectateurs. Beau Séjour, série belge créée par Nathalie Basteyns, Kaat Beels, Sanne Nuyens et Bert Van Dael et réalisée par Nathalie Basteyns et Kaat Beels. Produite par deMENSEN, cette série flamande sera diffusée en Belgique par VRT (Eén) et prochainement en France par ARTE. Jour Polaire, franco-suédoise créée et réalisée par Måns Mårlind et Björn Stein. Produite par Nice Drama et Atlantique Productions, cette série sera diffusée en Suède par SVT et prochainement en France par CANAL+ (création originale).

PRIX DU JURY DE LA PRESSE INTERNATIONALE

Cinq journalistes des médias suivants : The Guardian (Royaume-Uni), Der Spiegel (Allemagne), Le Temps (Suisse), Aftonbladet (Suède) et Cambio 16 (Espagne) ont remis, parmi les 6 séries francophones en lice, le prix de la meilleure série à La Trêve, créée par Benjamin d’Aoust, Matthieu Donck et Stéphane Bergmans et réalisée par Matthieu Donck. Produite par Hélicotron, cette série a été diffusée en Belgique par Proximus TV et la RTBF et prochainement par France 2.

La meilleure interprétation féminine revient à Laurence Leboeuf (vue dans Les Beaux Malaises), pour sa prestation dans la série canadienne Marche à l’ombre créée par Ian Lauzon et Ludovic Huot et réalisée par Francis Leclerc. Cette série produite par Avenue Productions a été diffusée au Canada sur la plateforme Super Écran.

Et celui de la meilleure interprétation masculine est décerné à Angelo Bison pour la série belge Ennemi public créée par Antoine Bours, Gilles de Voghel, Matthieu Frances et Christopher Yates et réalisée par Matthieu Frances et Gary Seghers. Produite par Playtime Films et Entre Chien et Loup, cette série sera diffusée en Belgique par Proximus TV et la RTBF.

PRIX DE L’ASSOCIATION FRANÇAISE DES CRITIQUES DE SÉRIES

Nouveau cette année, le prix de la meilleure série américaine a été remis par l’Association Française des Critiques de Séries à Mr. Robot (le résultat était serré avec American Crime),  créée par Sam Esmail et coréalisée avec Niels Arden Oplev. Cette série récompensée par le Golden Globe de la meilleure série dramatique a été diffusée par USA Network et prochainement par France 2.

PRIX DU JURY DES BLOGUEURS*

Composé de Nora Bouazzouni (Libération et Slate.fr), Christophe Chadefaud (Popandup.fr), Julia Ménez (vidéo-blog Les ShowRunners), Alexandre Letren (Season1.fr, Radio VL) et Arancha Sánchez (Tvspoileralert.com), le jury a décerné le prix à NSU German History X créée par Gabriela Sperl et réalisée par Christian Schwochow. Cette série allemande produite par Wiedemann & Berg est actuellement diffusée en Allemagne par ARD.

*Nous avions tenté notre chance

PRIX DES WEBSERIES

Les internautes ont pu voter en ligne ou sur place lors des deux séances dédiées, et ils ont élu, parmi les 16 sélectionnées, Dating Dali, meilleure web-série internationale. Espagnole, elle est réalisée par Alonso Laporta et produite par Alonsa Laporta et Gon Alonso.

https://www.youtube.com/watch?v=vVPr8mLCGiA

Feed The Beast de Clyde Phillips: Séries Mania 2016

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Festival Series Mania 7ème édition : fine bouche et guerres urbaines

En cette neuvième et avant-dernière journée, Clyde Philipps, grand ami de Séries Mania depuis sa création, est venu nous parler de sa toute dernière création AMC, Feed The Beast, réunissant David Schwimmer et Jim Sturgess dans un Bronx en pleine mutation. Utilisons le terme « création » qu’avec précaution, car il a acheté les droits notamment à la chaîne danoise DR1 pour adapter une dramédie de 16×25 en deux saisons. « Bankerupt/Broke«  ne viendra que plus tard, l’animatrice du débat et journaliste Charlotte Bloom, fermée dans ses propres intérêts, en ne pensant qu’à son plaisir et peu celui du public, n’énoncera que bien plus tard le nom de la série danoise comme si nous existions enfin. Les regards dans l’assemblée sont rassérénés. C’est avec un plaisir toujours affable que le showrunner développe ses réponses, en rentrant dans les détails.

Son père était boucher et passionné de cuisine. Après avoir travaillé dans une librairie, le jeune adolescent ballotté entre Boxton, Los Angeles pour retrouver sa mère et sa sœur, et Chicago, se retrouve assistant d’un producteur de jeu télévisé. Il a rapidement l’opportunité d’écrire et au début des années 1990, la trentaine, il crée sa première série qui durera 3 saisons, Parker Lewis Can’t Lose. Les questions reviennent sur Dexter, qu’il a quitté à la saison 5 et sur son avis sur le finale, puis sur celui de Nurse Jackie. On en arrive enfin à Feed The Beast, qui vient tout juste sortir du four, le tournage de l’épisode 7 se terminant actuellement et l’écriture du finale en version 1. Clyde nous avoue devoir le retravailler dans l’avion du retour, le lendemain. Feed The Beast a plusieurs significations : continuer d’alimenter un système, une organisation, une force que l’on ne peut contrôler / satisfaire un insatiable appétit, une envie ou besoin irrépressible. Le retour à la fine gastronomie comme réponse à un milieu fatalement perverti par le pouvoir et l’argent. Clyde Phillips nous parle de la série documentaire Chef’s Table sur Netflix (en mai 2016) comme une des références. Un spectateur lui rappelle son expérience de showrunner sur Get Real (première apparition de Anne Hathaway et Jesse Eisenberg) et Christina Pickles qui joue la mère de Ross dans Friends. David Schwimmer a en horreur d’être comparé à ce personnage maladroit qui le colle à la peau, nous confie Clyde, puis il a parlé de la frustration que ce dernier et son équipe sur Dexter ont ressenti face à Mad Men aux Emmy Award. AMC nous fait donc l’immense honneur d’être les premiers spectateurs du pilote de 45 minutes.

Tommy et Dion, deux amis, ouvrent à New-York le restaurant dont ils rêvent depuis des années. Mais Dion a de nombreux problèmes avec la pègre et la loi, tandis que Tommy se remet de la mort de sa femme en élevant seul son fils…

En effet, l’adaptation américaine est plus pêchue que la version danoise, correspondant plus à un horaire du dimanche après-midi sur TF1 qu’un vendredi soir sur Arte, mais le problème de ce pilote est dans sa résolution intrinsèque. 45 minutes pour défaire le nœud et l’arc narratif principal, l’amitié des deux hommes et la confiance que l’un porte à l’autre. La crédibilité en prend sévèrement un coup, au regard de ce qui les éloignait, lorsqu’ils décident finalement de s’unir à nouveau pour l’entreprise. Le personnage de Jim Sturgess, petite frappe plus maligne que féroce mérite plus de nuances que son propre charisme de womanizer. David Schwimmer s’en tire avec les honneurs, après le père Kardashian, entre roc et argile, fier mais friable, dans la saison 1 d’American Crime Story. Il incarne Tommy, sommelier de renom, veuf père de famille endeuillé qui s’est réfugié dans la boisson, et à présent vendeur de vin. Dion sort de prison, mais est loin d’en avoir fini avec ceux qui veulent sa peau. Sa relation avec son avocate est ambiguë et les retrouvailles avec son entourage manquent de relief. En allant droit au but, les intentions sont trop criardes, les dialogues calibrés, favorisant l’impression de déjà-vu au profit d’un réel regard innovant sur la réinsertion et la rédemption. Bien qu’attachante, Feed The Beast se doit de rehausser la barre et proposer une mise en scène plus audacieuse, une écriture plus originale si elle veut perdurer sur la durée. Des secrets vont être résolus à la fin de la saison 1, mais d’autres permettront d’alimenter la 2ème. Nous avons déjà notre petite idée sur le contenu de ces secrets, tant la subtilité n’est pas le principal ingrédient de ce plat loin d’être haut de gamme, mais très appréciable.

 

Feed The Beast : Fiche Technique

Créateur : Clyde Phillips
Réalisateurs : Jon S. Baird, Steve Shill
Interprétation : Jim Sturgess, David Schwimmer, Lorenza Izzo, Michael Gladis, Christine Adams
Vendeur international : Lionsgate
Diffuseur(s) : AMC
Version : VOSTFR
USA – 2016

Eddie The Eagle, un film de Dexter Fletcher : Critique

Eddie The Eagle (surnom d’Eddie Edwards) est un biopic qui se démarque par l’originalité du thème traité. En effet, Dexter Fletcher fait le choix de s’intéresser à un sportif aujourd’hui oublié. Finies les superstars, place aux souvenirs et aux hommes ayant fait la fierté, même durant une courte période, de leur nation.

Synopsis : Eddie Edwards n’a jamais rien eu d’un athlète, bien au contraire. Pourtant, depuis qu’il est petit, il n’a qu’un seul rêve : participer aux Jeux Olympiques. Au fil des années, ni son piètre niveau sportif, ni le manque de soutien, ni les moqueries n’ont entamé sa volonté. Et c’est ainsi qu’en 1988, celui qui n’a jamais lâché a réussi à se retrouver, on ne sait trop comment, aux Jeux Olympiques d’hiver de Calgary. Avec l’aide d’un entraîneur aussi atypique que lui, ce sauteur à ski pas comme les autres va secouer le monde du sport et conquérir le cœur du public en accomplissant une performance olympique aussi improbable qu’historique…

Le film nous dévoile le parcours d’un homme et son envie de réussir. Ainsi, on remonte à l’enfance de ce drôle de personnage afin de saisir tout l’enjeu des objectifs qu’il se fixe. La construction narrative est simple, fidèle à bon nombre de biopics, et permet au spectateur de ne pas rater un détail marquant ou à un fait clé de l’histoire du sportif. Mais parfois, faire dans le conventionnel est une bonne chose. Eddie The Eagle est un excellent feel-good movie, qui ne peut que faire naître un sourire sur le visage du spectateur ce dernier une fois sorti de la salle. On ne s’ennuie pas et on suit avec plaisir les péripéties du jeune homme. Meme s’il est parfois agaçant, voire tête à claques, on ne peut qu’éprouver de l’empathie pour lui, tant il est touchant et tant il veut prouver de quoi il est capable. Taron Egerton campe à la perfection Eddie Edwards, allant jusqu’à jouer la déformation faciale de ce dernier, celui ci etant prognathe. Son rôle se détache de celui qu’il nous avait proposé dans Kingsman, et le jeune homme prouve qu’il a plus d’une corde à son arc, car cette prestation n’est pas toujours des plus faciles, et a nécessité un jeu plus poussé qu’elle ne peut le laisser croire.

Mais la carrière de Eddie Edwards c’est également le travail d’un entraîneur, qui, lorsque l’on est confronté à lui, est désagréable au possible. Alcoolique et méprisant, Hugh Jackman endosse avec succès le rôle de Branson Peary. Au fur et à mesure de l’histoire, on apprend à le connaître, et son vrai visage s’offre à nous, ainsi, l’acteur américain fait preuve d’une réelle folie qui fait plaisir à voir. Rires, cris de joie et coups de gueule font de son personnage un individu haut en couleur qu’on apprend à aimer, même si on ne peut échapper au cliché de l’homme qui renie son passé et qui ne souhaite jamais en parler. Eddie the Eagle repose sur un duo d’acteurs génial qu’il est agréable de suivre. Chaque personnalité est différente, et pourtant, l’association est parfaite, laissant parfois place à de nombreuses scènes humoristiques, mais également à de réels moments de grâce. Aussi, les petites apparitions de Christopher Walken ne peuvent que faire plaisir, si on aime l’acteur, même si son personnage n’est pas des plus importants.

De son côté, Dexter Fletcher ne fait pas le travail à moitié et s’approprie l’histoire du sportif anglais. Les décors sont majestueux, et pourtant attendus, vu qu’ils sont essentiellement composés de pistes de saut à ski. La photographie est réfléchie, et surprend. Ainsi, les sauts à ski seront en gros plan sur Taron Egerton, à la manière des décors déroulants des films de Hitchcock, lorsque les protagonistes sont au volant de leur voiture. Certes, la photographie reste toutefois classique, mais elle n’en est pas moins plaisante. Enfin, il est vrai que le scénario est prévisible, surtout si l’on connaît l’histoire du sportif, et les musiques extra-diégetiques accentuent parfois un côté mélo un peu pompeux mais ce n’est pas ca qui nous empêche de passer une bon moment.

Eddie the Eagle est donc une bonne comédie, et permet de passer un bon moment de cinéma. Le duo d’acteurs remplit parfaitement son travail et fait des personnages des êtres attachants, que l’on aimerait connaître davantage.

Eddie The Eagle : Bande-annonce

Eddie The Eagle : Fiche technique

Réalisateur : Dexter Fletcher
Scénario : Simon Kelton, Sean Macaulay
Interprétation : Taron Egerton, Hugh Jackman, Christopher Walken, Keith Allen, Jim Broadbent…
Photographie : George Richmond
Montage : Martin Walsh
Musique : Matthew Margeson
Direction artistique : Tim Blake
Producteurs : Matthew Vaughn, Adam Bohling, David Reid, Rupert Maconick
Sociétés de production : Marv Films, Saville Productions
Distribution (France) : Twentieth Century Fox France
Durée : 95 minutes
Genre : Comédie dramatique, biopic
Date de sortie : 4 mai 2016

Royaume-Uni, États-Unis, Allemagne – 2016

Everybody wants some !! , un film de Richard Linklater : Critique

Synopsis : Dans les années 80, suivez les premières heures de Jake sur un campus universitaire. Avec ses nouveaux amis, étudiants comme lui, il va découvrir les libertés et les responsabilités de l’âge adulte. Il va surtout passer le meilleur week-end de sa vie….

High School Musical

Après le tonitruant retentissement de son dernier film, Boyhood, original dans son procédé et remarquable dans les risques qu’il a pris (le jeune Mason Jr. est filmé depuis l’âge de 6 ans jusqu’à l’orée de l’université, avec exactement les mêmes acteurs, à raison de quelques jours de tournages tous les étés pendant douze ans), Richard Linklater a suscité l’engouement, et son nouveau film, Everybody Wants Some !! était attendu. Après la trilogie sur le couple formé par Julie Delpy/Ethan Hawke, filmée à dix ans d’intervalle, on se doutait que le film ne serait pas sans rapport avec sa précédente œuvre, l’homme étant donc coutumier du fait.

Selon les déclarations du cinéaste lui-même,  Everybody wants some !! est un film très fortement apparenté à Dazed and Confused, une de ses précédentes oeuvres : Alors que ce dernier a lieu en 1976 dans le cadre du lycée, le nouveau film se passe en 1980, la veille ou presque de l’entrée à l’université. Tourné vingt-trois ans après Dazed and Confused, il fait office de sequel bien tardif.

En effet, Richard Linklater a mis longtemps avant de pouvoir tourner cette suite écrite plus de dix ans auparavant, et d’une certaine manière, cela se sent. Sa reconstitution de l’année 1980 est pourtant irréprochable : des costumes aux décors, des dialogues à l’ambiance musicale, tout est rigoureusement collé à son époque. Non, ce qui semble anachronique, c’est véritablement la pertinence d’un tel film : le choix du sujet, de la forme et des moyens utilisés pour le film sont en décalage avec l’époque de sa réalisation.

Tout d’abord, le genre du film : Sports comedy, comme il est précisé dans le dossier de presse. Le récit concerne de jeunes bacheliers (pour des raisons inconnues joués par des acteurs visiblement plus âgés) qui vont entrer à l’université, dans la future équipe de baseball : une thématique rétrograde par rapport à sa filmographie récente, surtout parce qu’elle est traitée d’une manière différente, avec des personnages caricaturaux, évoluant en boucle dans un environnement finalement assez loin du baseball (quinze minutes d’entraînement sportif sur l’ensemble du film) mais qui comporte son lot de sexe, drogue, clubbing, sexe, drogue, clubbing… Dans le genre films « sportifs », il y eut l’excellent Bliss de Drew Barrymore en 2009, sur le thème du roller derby et qui partage le même background texan. Il y était également question de la constitution d’une équipe sportive et d’une amitié, cette fois-ci entre filles, mais le film était très intelligemment truffé de la vie quotidienne des protagonistes et de leurs relations interpersonnelles, les rendant totalement attachantes, avec la présence de quelques stars comme Ellen Page, Juliette Lewis ou encore Marcia Gay Harden. Par comparaison, le film de Richard Linklater manque singulièrement de profondeur. L’absence de têtes connues dans la distribution de Everybody wants some !!, mixée à l’inexistence d’une vraie intrigue enlève de l’intérêt au film.

Pourtant virtuose de l’art de raconter un quotidien qui n’a pas besoin d’une intrigue forte pour séduire, Richard Linklater a raté le virage cette fois-ci. L’histoire est celle d’une frat house hors campus qui abrite les futurs stars du campus (entrées gratuites et open bar dans les clubs du coin), une dizaine de garçons que réunit l’amour et la pratique du baseball. L’humour potache du film paraît démodé au regard des nouvelles références américaines. Même si on admet que le cinéaste ne joue évidemment pas dans le même bac à sable, le thème fait penser à un film comme Nos pires voisins de son compatriote Nicholas Stoller, avec Seth Rogen en tête de pont : les frasques d’une frat house également hors campus devenue folle et ingérable, aux yeux des voisins notamment, un film beaucoup plus drôle que celui de Linklater, et qui, comme tous les films de ce genre depuis Judd Appatow, allie férocité et dynamisme comiques , malheureusement absents d’Everybody Wants Some !! Et venant du Royaume-Uni, le récent Riot Club de Lone Scherfig est un tout autre autre exemple de film impliquant des étudiants rassemblés en cooptation plus ou moins amicale, une charge violente mais plutôt réussie sur la conscience de classe des grands bourgeois britanniques qui se passent les piaules d’Oxbridge de père en fils.

Ces exemples sont énumérés pour montrer à quel point il y avait mille façons plus pertinentes d’explorer ce sujet, et que Richard Linklater n’en a choisi aucune, en se cantonnant à la surface des choses, alors qu’il tenait une poignée de solides personnages. Plutôt que d’exploiter les failles des protagonistes (Willoughby au lourd secret, Beuter le texan psycho-rigide, Jay le caractériel fou, ainsi que tous les autres qu’il a pourtant pris la peine d’affubler de caractères bien distinctifs), failles qui auraient pu nous introduire dans l’intimité de ces personnages, dans leurs rêves et leurs désirs, il a préféré les suivre de loin dans leurs fêtes, leurs dragues, leurs beuveries, leurs entraînements sportifs, laissant du coup le spectateur à distance.

Après plusieurs films très attachants, Richard Linklater déçoit avec son Everybody Wants Some !!, un titre emprunté à un morceau de Van Halen présent sur une bande-son vraiment excellente et éclectique, ainsi que Fearless des Pink Floyd sur l’une des scènes les plus intéressantes du film, ou encore Cars de Gary Numan ou Heart of Glass de Blondie pour ne citer qu’eux. Une bande-son exploitée à bon escient et qui permet au film de sauver quelques plumes.

Everybody wants some !! : Bande annonce

Everybody wants some !! : Fiche technique

Titre original : Everybody Wants Some !!
Réalisateur : Richard Linklater
Scénario : Richard Linklater
Interprétation : Blake Jenner (Jake), Juston Street (Jay), Ryan Guzman (Roper), Tyler Hoechlin (McReynolds), Wyatt Russell (Willoughby), Glen Powell (Finnegan), Temple Baker (Plummer), J. Quinton Johnson (Dale), Will Brittain (Beuter), Zoey Deutch (Beverly), Austin Amelio (Nesbit)…
Musique : Meghan Currier, Randall poster (Superviseurs musicaux)
Photographie : Shane F. Kelly
Montage : Sandra Adair
Producteurs : Sean Daniel, Megan Ellison, Stephen Feder, Richard Linklater,
Ginger Sledge, John Sloss
Maisons de production : Annapurna Pictures, Detour Film production, Paramount Pictures
Distribution (France) : Metropolitan Filmexport
Récompenses : /
Budget : 10 000 000 USD
Durée : 117 min.
Genre : Comédie
Date de sortie : 20 Avril 2016
Etats-Unis – 2015
 

Black Book un film de Paul Verhoeven : critique

Synopsis : Pays-Bas, lors de la Seconde Guerre Mondiale. Rachel, ayant échappé de justesse à des bombardements et au massacre perpétré par une patrouille nazie, s’engage dans la Résistance. Elle reçoit la mission d’entrer en contact (et plus si affinités) avec un des responsables locaux de la Gestapo, Müntze.

En abordant la période de la Seconde Guerre Mondiale, Paul Verhoeven signe un film décapant et brutal

Lorsque l’on jette un coup d’œil extérieur à la filmographie de Paul Verhoeven, on en ressort avec l’impression d’une œuvre disparate. Entre un thriller érotique, un film de guerre médiévale et un polar futuriste, quel rapport ?

Et pourtant, rarement une œuvre aura été aussi cohérente. Les thèmes développés par le réalisateur né à Amsterdam tournent à l’obsession. Les procédés également se retrouvent de film en film, sans jamais devenir répétitifs cependant.

Bestialité humaine

Parmi ces thèmes, il y a celui de la brutalité des humains livrés à leurs pulsions. Et peut-on rêver meilleure période, pour montrer la bestialité des hommes, que les guerres ? Que ce soit une guerre médiévale (La Chair et le sang) ou une guerre de science-fiction (Starship Trooper), elles ont toutes ce même point commun.

La Seconde Guerre Mondiale est donc le théâtre idéal pour que Verhoeven développe ses idées. Et personne n’y échappe. Bien entendu, il y a la violence des Nazis, avec la Gestapo et les S.S., mais l’une des forces du cinéaste est de ne pas s’arrêter aux découpages manichéens trop faciles. Ainsi, le spectateur est amené à trouver Müntze plutôt sympathique, pour un Nazi. Ce n’est que pour mieux montrer ses obsessions sexuelles, celles d’un homme qui laisse libre cours à sa libido la plus débridée.

L’une des bases du film est cependant là : Rachel utilise cette libido pour approcher et accrocher Müntze. Sous cet angle, elle n’est pas très éloignée de Catherine Trammell (Sharon Stone dans Basic Instinct), mais plus naïve, n’allant pas au bout. Une Catherine Trammell qui commet l’erreur de tomber amoureuse.

Ce film permet à Verhoeven de signer un magnifique portrait de femme. Là aussi, il échappe à toute caractérisation facile : même si Rachel est souvent dans la position de victime, elle se fait aussi manipulatrice. Comme le personnage de Jennifer Jason Leigh dans La Chair et le sang, elle représente une forme d’innocence souillée, avilie par le contact de la guerre et de la monstruosité.

Film électrochoc

Loin des films habituels sur le sujet, Verhoeven signe une œuvre qui échappe à la sempiternelle ritournelle du Bien contre le Mal. Gentils résistants contre méchants Nazis ? Si c’était aussi simple…

La guerre, c’est le déchaînement autorisé de la violence et des plus bas instincts, quel que soit le côté. D’ailleurs, il n’y a souvent pas vraiment de convictions personnelles, juste des appartenances opportunistes. Ainsi, le Général nazi rejoint allègrement les Alliés et se fait le champion du retournement de veste.

Quant aux exactions commises à la « Libération », elles n’ont rien à envier à ce qui s’est passé sous l’Occupation. Renvoyant dos à dos les deux camps, Verhoeven renouvelle en profondeur un genre figé et livre un film sous forme d’électrochoc.

Il faut dire que sa mise en scène ne nous cache rien des horreurs de l’époque. Ce n’est pas le genre du cinéaste, qui a largement mérité son surnom de Hollandais Violent. Avec une technique parfaitement maîtrisée et un sens du rythme rare (les 145 minutes du film défilent à une vitesse folle), Verhoeven instaure une tension permanente. Le danger peut venir de n’importe quel côté. Les Alliés sont aussi dangereux que les ennemis (et les appellations peuvent varier d’un moment à l’autre).

À cela, ajoutons une interprétation irréprochable, et nous obtenons un grand film, qui sait être brutal et romantique, caustique et lucide. Une œuvre de plus à l’actif d’un des plus grands cinéastes contemporains.

Black Book : Bande Annonce

Black Book : Fiche Technique

Titre original : Zwartboek
Réalisateur : Paul Verhoeven
Scénario : Gerard Soeteman, Paul Verhoeven
Interprétation : Carice Van Houten (Rachel Stein), Sebastian Koch (Ludwig Müntze), Thom Hoffman (Hans Akkermans), Halina Reijn (Ronnie), Waldemar Kobus (Günther Franken).
Photographie : Karl Walter Lindenlaub
Montage : Job ter Burg, James Herbert
Musique : Anne Dudley
Production : Jeroen Beker, Teun Hilte, San Fu Maltha, Jens Meurer, Frans van Gestel
Sociétés de production : Fu Woreks, Egoli Tossell Film, Clockwork Pictures, Studio Babelsberg, Motion Investment Group, Motel Films, Hector BV, ContentFilm International.
Société de distribution : ContentFilm International
Budget : 21 millions de dollars
Date de sortie (France) : 29 novembre 2006
Genre : drame, guerre
Récompenses : Meilleur film, meilleure actrice et meilleure réalisation au Festival du cinéma néerlandais d’Utrecht
Rembrandt Awards 2007 (équivalent néerlandais des Césars) : meilleur film, meilleure actrice
Durée : 145′

Pays-Bas – 2006

Criminal, une bande originale de Brian Tyler et Keith Power : critique

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Criminal – La B.O./Trame sonore/Soundtrack

Bande-originale sans originalité, ces compositions de Brian Tyler et Keith Power pour le film Criminal, semblent confirmer les espoirs que l’on peut placer à travers elles, dans un film au casting incroyable : Kevin Costner, Tommy Lee Jones et Gary Oldman. Bien loin de la musique classique adaptée pour le cinéma, les compositeurs des bandes-originales de Fast And Furious, Tokyo Drift, The Expendables ou encore Hawaii 5.0, privilégient une musique électronique à l’efficacité indéniable. Après une ouverture détendue (presque évanescente) sur Drift And Fall Again (interprétée par Lola Marsh), les morceaux survitaminés aux rythmes appuyés, presque martelés s’enchaînent, laissant à peine le temps de souffler. Si l’on imagine que des compositeurs s’inspirent du film sur lequel ils travaillent pour créer des partitions, alors Criminal pourrait être une bonne surprise.

D’autant que par moments, l’électronique de la musique de Criminal rappelle certaines partitions de Jean-Michel Jarre, pape mondial de ce genre musical. C’est particulièrement vrai sur le morceau Regress, qui ramène des décennies en arrière, du temps de l’album Oxygène. Autre influence que l’on pourrait imaginer, celle d’Éric Serra, également référence de la musique électronique de film. Mais au final, c’est bien le travail de Brian Tyler et Keith  Power que l’on écoute car, si elle n’est pas originale, cette musique fait l’effort d’être plus qu’une bande sonore. Il y a ici de vraies compositions, un authentique travail créatif pour au final, produire une œuvre qui se suffit à elle-même, capable de vivre sans le film dont elle serait l’alter-ego sonore. Une réussite.

Sortie : 15 avril 2016

Distribution : Lakeshore Records

Durée : 72’24

Tracklist :

1. Drift and Fall Again (featuring Lola Marsh) 4:06
2. Criminal (Madsonik Remix) 3:54
3. Pope 3:17
4. Division 4:12
5. Distant Memories 4:46
6. By The Sword 3:21
7. Chained 3:54
8. Waves of Intuition 2:48
9. Regress 2:28
10. Chrono 4:16
11. You Remember 3:39
12. Jericho 4:57
13. Time and Adoration 2:15
14. Fixer 8:30
15. Resilience 2:30
16. The Real Jericho 3:54
17. Inexorable 2:36
18. Culmination 3:19
19. Drift and Fall Again (featuring Lola Marsh) [Kill the Noise Remix] 3:42