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Gomorra : Les saisons 3 et 4 confirmées après le lancement de la saison 2 en Italie 

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Gomorra Saison 2 : La Mafia Napolitaine détrone Game Of Thrones en Italie

Diffusée depuis le 10 Mai 2016 en Italie sur la chaîne Sky Atlantic, la saison 2 de la série Gomorra, librement adaptée du livre du journaliste Roberto Saviano et du film de Matteo Garone, bat tous les records.

La première saison diffusée au printemps 2014 avait permis à la chaîne Sky 1 de réaliser de très belles audiences : 700 000 spectateurs étaient présents, en moyenne, derrière leur poste de télévision (sur un total de 4,7 millions d’abonnés).

Les premiers épisodes de la saison  2, diffusés le 10 Mai 2016 en Italie, ont battu les précédents records en réunissant 1,1 million de spectateurs.

La réussite et les qualités indéniables de la série italienne, qui retrace les mésaventures de mafieux napolitains, ont permis de faire plus d’audience et de battre la série Game Of Thrones, Il Trono Di Spade, dans la langue de Dante. Ce programme italien apparaît comme un succès miraculeux et presque inespéré pour la vieille Europe à l’heure où les séries US dominent et écrasent le marché des fictions pour le petit écran (Game Of Thrones, The Walking Dead) et avec certaines réussites indéniables sur les mêmes thématiques que Gomorra (Breaking Bad, The Wire ou la saga des Sopranos).

La série a même pu bénéficier en Italie d’une soirée de lancement prestigieuse en avant-première dans le magnifique cadre du Teatro Dell’ Opera à Rome, en présence de Roberto Saviano, toujours sous bonne escorte policière, suite aux nombreuses menaces de mort qui pèsent sur lui, depuis la parution du livre en Italie en 2006.

Le succès de la série Gomorra dépasse largement le cadre des frontières italiennes. La saison 2 a déjà été prévendue dans près de 130 pays. Canal + pourrait regagner un certain nombre d’abonnés en annonçant dans les mois qui viennent la diffusion de la saison 2 sur son antenne à la rentrée 2016. La chaîne française cryptée avait en effet diffusé l’intégralité de la saison 1, tout comme Arte, plus récemment. Au grand dam des fans français, aucune annonce concrète des deux chaînes n’a été officialisée concernant la diffusion éventuelle de la saison 2 de Gomorra en France.

La bande-annonce coup de poing pour le lancement de la saison 2 en Italie tient toutes ses promesses. Cette nouvelle vague d’épisodes est bien la suite directe des événements de la saison 1. Le clan Savastano, Ciro Di Marzio et Salvatore Conte sont toujours au cœur de l’intrigue.

Après le plébiscite des spectateurs italiens avec des audiences records pour la saison 2 de Gomorra, la production a confirmé que la série allait être reconduite.  Les saisons 3 et 4 sont en cours d’écriture et sont assurées de voir le jour.  

L’Origine de la violence, un film d’Elie Chouraqui : Critique

Synopsis : Lors d’un voyage en Allemagne, un jeune professeur, Nathan Fabre, découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie. De retour en France, le souvenir de cette photographie ne cesse de l’obséder. Face au silence de son père, il décide alors de se pencher sur l’histoire de sa propre famille. Les secrets qu’il y découvre bouleversent son existence. À l’issue de sa quête, Nathan comprendra que le passé, même enfoui au plus profond des mémoires, finit toujours par ressurgir…

Un drame familial et historique sans réelle tension

La déportation et les camps de concentration ne sont pas des sujets anodins dans le monde du cinéma. De nombreux réalisateurs s’y sont frottés, transposant pour la plupart du temps des films bouleversant de justesse, d’un réalisme minimaliste notable, mais surtout d’un point de vue particulier. Que ce soit La Liste de Schindler de Spielberg et sa portée universaliste, Amen de Costa Gavras et la Shoah vu du côté allemand, ou encore La Vie est belle de Roberto Benigni et sa drôlerie douce-amère, tous ont su par leur point de vue particulier se démarquer les uns des autres pour décrire cette sombre période de l’Histoire. Même Le Fils de Saul de Laslo Nemez, Grand Prix du Festival de Cannes 2015 et Oscar 2016 du Meilleur Film Etranger, et de surcroît véritable coup de poing à l’estomac, a réussi son pari, par son audace à ne quasiment rien montrer au premier plan et pourtant à capter toute la monstruosité se proliférant au cœur même des camps.

Face à ces nombreux exemples et ce sujet fort, on ne peut reprocher à Elie Chouraqui sa volonté de proposer sa vision des camps. L’adaptation du livre L’Origine de la violence de Fabrice Humbert, qui a collaboré à l’écriture du scénario, était donc l’occasion pour lui de s’y attarder. Et d’entrée de jeu, il souhaite appliquer à son drame une atmosphère oppressante : voix off inquiétante, générique en caractères rouge sang, notes de musiques ponctuelles et stressantes, désaturation des couleurs… Malheureusement, cela ne durera que les cinq premières minutes du film. En effet, ce dernier est principalement plombé par une extrême banalité et une absence totale de point de vue dans la conduite de son récit. Cela se reflète principalement à deux niveaux :

Dans son scénario tout d’abord. Chouraqui transpose directement le livre caractérisé par la fameuse thématique de la petite histoire dans la grande, à travers la recherche menée par le héros des origines de sa famille, ayant pour point de départ la déportation. En effet, sa quête de vérité et sa soif de réponse constituent l’enjeu principal du long métrage. La résolution de ce drame familial est sensée maintenir l’intérêt du spectateur tout au long du film. Sauf que le récit est malmené par le piège de la prévisibilité. Les raisons mêmes de ce drame sont facilement identifiables dès la moitié du long métrage, entraînant ainsi toute annihilation de l’impact dramatique qu’auraient dû produire ces révélations. Cette banalité du dénouement et du récit en général n’est en rien aidé par ses personnages. Parfois inutiles (la petite amie du personnage principal, jouée par Miriam Stein, ravissante au demeurant mais totalement anecdotique), parfois en sur-jeu constant (César Chouraqui), ils sont globalement monolithiques et inintéressants à suivre. Mention spéciale à Stanley Weber, qui est pourtant le héros : ne donnant jamais suffisamment de corps à son personnage, ne lui procurant aucune réelle tension ou de moment où son mal-être explose, le spectateur est donc en constante distance avec ce dernier, n’éprouve aucune empathie, et n’a cure par le fait de découvrir le mal être du héros, et l’origine de sa violence, enfouie, intérieure. Seuls Richard Berry et Michel Bouquet, brillants par leur sobriété, s’en tirent avec les honneurs.

Dans sa réalisation ensuite. D’un académisme ronflant, aucune idée de mise en scène ne vient alimenter les 110 minutes proposées par le long métrage, que ce soit pour les deux parties décrites. Celle contemporaine ressemble à n’importe quel autre film lambda et ne dispose pas d’une réelle identité, tandis que celle historique jouant avant tout sur des images et ambiance froides. Si la reconstitution des décors et des costumes se révèle intéressante, il n’en est pas de même concernant la musique. Totalement inadaptée par moments (l’utilisation surabondante de la Cinquième Symphonie de Beethoven par exemple dénature tout impact dramatique), aucun thème ou partition ne ressort.

L’Origine de la violence ne sert ainsi pas son sujet, aussi fort soit-il, avec un véritable point de vue ou de vraies ambitions scénaristiques et de réalisation. Il se révèle même être extrêmement banal, ne faisant que recycler un drame familial déjà vu mille fois et en mieux (Un secret de Claude Miller), là où un véritable point de vue affirmé aurait bonifié à la fois la grande et la petite histoire.

L’Origine de la violence : Bande-annonce

L’Origine de la violence : Fiche technique

Réalisation : Elie Chouraqui
Scénario : Elie Chouraqui, Fabrice Humbert, d’après son ouvrage L’origine de la violence
Interprétation : Stanley Weber (Nathan Fabre), Cesar Chouraqui (David Wagner -1937) – Adrien Fabre (1962)), Richard Berry (Adrien Fabre- 2014), Michel Bouqet (Marcel Fabre), Miriam Stein (Gabi), Catherine Sami (Clémentine Fabre), Romaine Cochet (Virginie), Christine Citti (Marguerite Fabre)…
Photographie : Dominique Gentil
Montage : Lorenzo Fanfani
Musique : Cyril Etienne des Rosaies, Romain Poncet
Producteurs : Elie Chouraqui, Alfred Hürmer, Charlie Farnel, Christian Reitz, Alexandre Chouraqui
Sociétés de production : L’Origine Production, Integral Film
Distribution (France) : Paradis Films
Durée : 110 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 25 mai 2016

France – 2016

 

Simon Pegg et Mike Myers à l’affiche du thriller Terminal

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Les deux acteurs, rendus célèbres pour leurs interprétations dans de nombreuses comédies, ont rejoint l’équipe du film Terminal.

 

Vaughn Stein réalisera ce film noir qui retrace les mésaventures de deux tueurs à gages dans une mission suicide, pour le compte d’un mystérieux employeur, mais avec un gros chèque à la clé.  Sur leur route, ils feront la rencontre d’une femme qui pourrait bien avoir un lien insoupçonné avec leur objectif. 

Le long métrage est produit par David Barron, Molly Hassell, Arianne Fraser, Tom Ackerley, Josey McNamara et  Sophia Kerr.

Simon Pegg et Mike Myers seront présents  dans ce thriller aux côtés de Max Irons (The Riot Club), Dexter Fletcher (Arnaques, crimes et botanique, Kick-Ass) et Margot Robbie (Le loup de Wall Street, Suite Française, et interprète d’Harley Quinn dans le très attendu Suicide Squad).

Simon Pegg sera à l’affiche du prochain Star Trek sans limites et présent dans un prochain film de Steven Spielberg (Ready Player One). Mike Myers va lui créer une série pour le compte de HBO. Des rumeurs annoncent même le grand retour de son espion déjanté.

Les fans des deux comédiens les retrouveront donc avec bonheur après la veine policière et d’action qu’ils avaient empruntés, non sans humour, dans Mission Impossible Rogue Nation ou bien encore Austin Powers.

La sortie de Terminal est prévue pour 2016. Le tournage du film a débuté en Hongrie.

Poesia Sin Fin, un film d’Alejandro Jodorowsky : Critique

Si la poésie est un acte, le plus beau d’entre eux est certainement de rendre hommage, dans une verve aussi touchante que déjantée, à la liberté, à l’amour, à la créativité… en un mot, à la vie.

Synopsis : Dans la capitale chilienne des années 1940 et 50, Alejandro Jodorowsky refuse de suivre la voie des études de médecine que lui a tracée son père en se décidant de devenir poète. Un choix qui lui fait acquérir énormément de maturité et le mène à côtoyer les libres penseurs locaux. C’est pour lui le début d’une vie  de bohème faite d’expérimentations artistiques dans une totale liberté que seule la montée du fascisme semble pouvoir réfréner.

L’art de la nostalgie fantasmatique

Le film commence sur le quai d’un port. Celui de Tocopilla, une ville que Jaime, Sara et leur fils Alejandro sont contraints de quitter. C’était aussi ainsi que se terminait La Danza de la Realidad (2013), qui marquait la première pièce de la fresque autobiographique, faisant office d’œuvre testamentaire, d’Alejandro Jodorowsky. On retrouve donc les trois mêmes personnages là où on les avait laissés : La famille a ouvert une nouvelle boutique de vêtements à Santiago, la mère continue à ne s’exprimer que comme une cantatrice à la voix chaude et réconfortante alors que le père devient de plus en plus difficile à vivre, à moins que ce ne soit la maturité acquise par son fils qui lui permette de davantage s’en rendre compte. Car il est important de préciser que tout le film s’articule autour du point de vue du jeune Alejandro, ou, pour être exact, des souvenirs qu’en a gardés le réalisateur 70 ans plus tard. D’un pareil procédé scénaristique, le public n’ayant pas vu le film précédent, et même ne connaissant pas du tout l’œuvre baroque de Jodorowsky, pourrait craindre un film teinté de mélancolie, et donc probablement un peu terne. Ce serait oublier que l’on a affaire au réalisateur de El Topo et de La Montagne Sacrée, autrement dit au dernier grand maitre du cinéma surréaliste en activité.

Celui-ci a toutefois appris, depuis ses réalisations dadaïstes des années 70-80, et probablement grâce à son travail dans la bande dessinée, à construire des trames narratives linéaires et cohérentes, sans pour autant rien perdre de cette extravagance qui rend son cinéma unique au monde. Pour ceux qui, en revanche, ont vu La Danza de la Realidad, ils retrouveront ce même dispositif esthétique hallucinogène consistant à invoquer des images purement oniriques pour représenter les souvenirs les plus radieux comme les plus dramatiques de cette jeunesse virevoltante. Une recette à ce point fellinienne (avec des éléments visuels similaires : Les femmes plantureuses, les freaks et l’univers du cirque…) que le précédent film apparaissait comme une variation chilienne d’Amarcord –une comparaison glorieuse qui permettra aux retardataires de visualiser de quoi il s’agit. L’effet de surprise n’étant plus là et la fantaisie candide propre à l’enfance n’étant plus de mise, on peut affirmer que le récit de l’adolescence de Jodorowsky est bien moins poétique que le précédent opus, au sens où il fait appel à une imagination moins foisonnante.  Quand bien même les moyens mis en place par le réalisateur pour nous perdre dans la distinction entre fiction et réalité dans l’illustration de ses mémoires font de ce film une œuvre visuellement éblouissante et forte en puissance symbolique, c’est sans doute moins dans sa forme que dans son contenu qu’il faut aller chercher la poésie annoncée par le titre.

L’éveil à une passion pour cet art littéraire et la transformation de ce talent encore balbutiant en une philosophie de vie en marge du système sont les deux enjeux majeurs de ce scénario, qui en cela nous plonge avec maestria au cœur de la création artistique. En prônant la liberté d’exprimer son goût pour le lyrisme à travers son mode de vie, la démarche du cinéaste multitâche n’est pas gratuite. Il trace ainsi un pont entre celui qu’il fut, celui qu’il est et ceux que ses héritiers sont destinés à devenir. Le fait d’avoir offert son propre rôle à son fils Adan -par ailleurs compositeur de l’excellente bande-originale -, et que son frère ainé, Brontis, reprend celui du père (de son grand-père qu’il n’a jamais connu donc), confirme que le besoin de se confier du patriarche ne peut se faire sans passer par une entreprise familiale. Une dimension qui ajoute à l’émotion que peut susciter ce scénario, qui trouvera son paroxysme dans la scène finale où, dans leur rôle respectif, les deux frères et leur père sont tous trois réunis pour déclamer leur amour à ce grand-père débonnaire qu’il avait autrefois fallu fuir. Un passage de flambeau parental tout simplement bouleversant qui, dans la façon avec laquelle il fait écho à l’ouverture, illustre également la rupture entre l’enfant  et l’adulte qu’a su devenir Alejandro au gré de ses rencontres et de son besoin de s’émanciper à travers sa créativité sans limite.

A défaut d’être « sans fin », la poésie est, dans la réalisation et dans la vie de Jodorowsky, omniprésente. Il nous le prouve dans cette façon qu’il a de se raconter sans hésiter une seule seconde à faire des choix audacieux, que ce soit dans le casting, les costumes ou encore les décors, et de faire preuve d’une inventivité hors-pair pour compenser un budget réduit (en partie obtenu grâce au financement participatif). Ce mélange de minimalisme imposé par les moyens et d’extravagance permise par le jusqu’au-boutisme de l’équipe artistique produit une impression de théâtralité  assumée et tout à fait agréable. L’apport de la photographie de Christopher Doyle (qui, après avoir officié des années pour Wong Kar-Wai, a accumulé les collaborations avec Shyamalan, Jarmusch, Van Sant…) est un élément de plus dans la qualité esthétique de cet ouvrage de bout en bout insolite qui aboutit à un spectacle qui trouve malicieusement un équilibre entre ses outrances étonnantes et ses magnificences métaphoriques parfois capilotractées. Après cet opus qui parvient à justifier la source de sa volonté d’imposer son style, on attend de Jodorowsky qu’il nous livre sa suite ne serait-ce que pour profiter de sa vision du Paris des années 50-60.

Fruit d’un poète visuel inspiré, Poesia Sin Fin risque de paraître difficile d’accès pour le grand public asservi par une industrie cinématographique formatée dans laquelle la notion de créativité semble être devenue un tabou. Pour quiconque se targue en revanche d’un semblant de fibre artistique, il ne fait nul doute que la détermination d’Alejandro Jodorowsky pour exprimer son talent a vocation à devenir un modèle.

Poesia Sin Fin : Bande-annonce

Poesia Sin Fin : Fiche technique

Réalisation : Alejandro Jodorowsky
Scénario : Alejandro Jodorowsky
Interprétation : Adan Jodorowsky (Alejandro adolescent), Jeremias Herskowitz (Alejandro enfant), Brontis Jodorowsky (Jaime Jodorowsky), Pamela Flores (Sara Jodorowsky), Leandro Taub (Enrique Lihn), Alexandro Jodorowsky (narrateur / lui-même)…
Photographie : Christopher Doyle
Montage : Maryline Monthieux
Musique : Adan Jodorowsky
Costumes : Pascale Montandon-Jodorowsky
Producteurs : Asai Takashi, Xavier Guerrero Yamamoto
Budget : 3 Millions d’€
Distribution (France) : Le Pacte
Récompense : Prix du Public à l’Etrange Festival 2016
Durée : 127 minutes
Genre : Biographie, comédie dramatique, fantastique
Date de sortie : le 5 octobre 2016

Chili / France / Japon – 2016

Le jeu vidéo Mirror’s Edge va être adapté en série télévisée

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Le jeu vidéo Mirror’s Edge bientôt sur votre écran de télévision

 

Le studio Electronic Arts s’est lancé dans un pari ambitieux avec le projet d’une adaptation de l’un de ses titres d’action dans un programme pour le petit écran. L’abandon de la 3D au profit de véritables comédiens a été confirmé.

La série sera produite par les studios Endemol Shine à qui l’on doit de nombreuses émissions de télé-réalité. La branche d’Endemol, responsable des programmes scénarisés, déjà à l’œuvre pour Kingdom et Hell on Wheels, sera aux commandes de ce projet d’adaptation d’une œuvre vidéo-ludique phare des studios Electronic Arts.

La saga Mirror’s Edge permet aux joueurs de vivre les aventures de Faith, une messagère employée en toute illégalité pour convoyer des informations et des objets clés en se déplaçant sur les toits d’une ville où les dérives sécuritaires de l’Etat oppressent les citoyens. L’héroïne du jeu se déplace de toit en toit en effectuant des cascades à couper le souffle avec une dextérité et une habileté impressionnantes telle une Yamakasi (film d’Ariel Zeitoun en 2001). Faith est experte dans l’art du déplacement aussi appelé parkour ou freerun.

Reste à savoir si la vue interne du jeu, comparable à celle des First Person Shooter (FPS) populaires comme Call Of Duty, Counter Strike ou Medal Of Honor, sera respectée et utilisée dans la série tout au long des épisodes avec une caméra immersive. Ce procédé longtemps employé dans les slashers et les films d’horreur des années 80 pour montrer le regard et le point de vue des serials killers et des monstres, a été remis au gout du jour par des films récents et très inventifs (Hardcore Henry, Pandemic, une courte séquence dans Doom). Ce dispositif beaucoup plus immersif est légèrement différent du procédé du found footage, basé sur un enregistrement récupéré (Projet blair witch, Cloverfield,  REC, V/H/S).

Peu de détails ont été communiqués à l’heure actuelle sur la série concernant le casting, le cadre ou les lieux de tournage. La seule certitude concerne le personnage central qui sera incarné par une femme. Mirror’s Edge pourrait être l’une des premières séries occidentales avec une actrice asiatique dans le rôle titre.

L’univers futuriste, les scènes d’action, les cascades, la mise en scène impressionnante lors des affrontements avec les forces de sécurité et l’adaptation d’une licence qui a séduit les joueurs du monde entier sont autant d’ingrédients qui pourraient faire de Mirror’s Edge une des séries les plus attendues de 2017.

Le tout premier opus de la saga vidéo-ludique était sorti en 2008. L’univers du jeu, son immersion, son aspect visuel, sa sensation de liberté totale et son cocktail de cascades à couper le souffle et d’action frénétique ont permis au jeu d’atteindre un statut culte tout en offrant aux joueurs une expérience innovante, immersive et haletante.

Endemol pourrait ainsi à travers cette licence dépoussiérer les séries d’action et s’inscrire dans la lignée des réussites récentes et « claques » visuelles et immersives précédemment évoquées comme REC et Hardcore Henry. L’utilisation et la démocratisation de la vue interne et de caméras immersives pourraient à terme bouleverser l’industrie du cinéma et des séries avec l’arrivée prochaine des casques de réalité virtuelle ou augmentée.

En attendant la série, les fans de l’univers pourront découvrir Mirror’s Edge : Catalyst  au mois de Juin 2016 sur PC et les consoles de nouvelle génération. De nombreuses révélations sur le passé de l’héroïne Faith, une intrigue politique et encore plus de liberté avec un monde ouvert attendent les joueurs pour de nouvelles courses intenses de freerun. Le succès éventuel de ce nouveau titre pourrait servir de tremplin à ce projet de série télévisée. Electronic Arts a d’ailleurs dévoilé une nouvelle bande-annonce pour Mirror’s Edge : Catalyst.

Scorpion saison 2, une série de Nick Santora : critique

Synopsis : l’équipe Scorpion,  constituée de quatre génies, d’une mère de famille et d’un agent de la Sécurité Intérieure, est séparée et son chef, Walter O’Brien, est soigné pour un traumatisme suite à son accident de voiture. Mais la Sécurité Intérieure va à nouveau faire appel à eux.

Retour sans surprise de l’équipe de génies

Le succès de la première saison de Scorpion, qui avait enregistré entre 9 et 13 millions de téléspectateurs aux États-Unis, a incité les producteurs de la chaîne CBS de commander 24 épisodes supplémentaires.

Cette deuxième saison reprend exactement la même formule, sans le moindre changement, mais en exagérant un peu les qualités ou les défauts des premiers épisodes.

Ainsi, la série est toujours atteinte d’un manque flagrant de réalisme. On sauve un barrage qui menace de s’écrouler, on envoie un missile nucléaire dans le tunnel d’une mine, on infiltre même la fameuse Zone 51. Les scénaristes sont visiblement animés d’une intention d’en faire toujours plus. Certes, cela permet d’avoir un rythme soutenu et de l’action en permanence, mais en contrepartie on s’éloigne de plus en plus de tout souci réaliste. Même les « explications » scientifiques sont de plus en plus extravagantes et bâclées.

Et si les scénarios se veulent de plus en plus grandioses, les moyens mis en œuvre, hélas, ne suivent pas. Les trucages sont franchement mauvais. Pour simuler un tremblement de terre, on se contente de faire bouger la caméra. La série veut se donner l’apparence d’un divertissement à grand spectacle mais le résultat à l’écran n’y est pas.

C’est l’intérêt porté aux personnages qui peut sauver la saison. Si Walter paraît de plus en plus insupportable dans son arrogance et si Happy semble rester statique, c’est surtout Sylvester qui gagne en charisme. Son rôle auprès de la sœur de Walter, les nombreuses occasions qu’il a de se surpasser, que ce soit en prison ou dans un immeuble en flammes, tout cela permet de développer son personnage.

La saison est aussi sauvée par l’apparition de deux personnages secondaires récurrents, deux paumés sympathiques : Ray, un petit malfrat roi de la débrouille, et un prétendu avocat au nom improbable.

En conclusion, cette saison 2 de Scorpion confirme l’identité de la série : des improbabilités de plus en plus énormes, des solutions tirées par les cheveux, mais des personnages sympathiques et attachants qui sauvent l’ensemble du naufrage, si l’on est bienveillant.

Scorpion saison 2 : bande Annonce

Scorpion saison 2 : Fiche Technique

Créateur : Nick Santora
Réalisateurs : Sam Hill, Mal Damski, Omar Madha, Sylvain White, Bobby Roth, etc.
Scénaristes : Nick Santora, Nicholas Wootton, Rob Pearlstein, Paul Grellong…
Interprètes : Elyes Gabel (Walter O’Brien), Katharine McPhee (Paige), Eddie Kaye Thomas (Toby), Jadyn Wong (Happy), Ari Stidham (Sylvester), Robert Patrick (Cabe).
Photographie : Ken Glassing, Robert LaBonge, David J. Miller, Gyula Pados
Montage : Eric Seaburn, Anthony Miller, J.J. Geiger, Christopher Petrus
Musique : Tony Morales, Brian Tyler
Producteurs : Scott Manson, Troy Craig Poon, Don Tardino, Marco Black
Sociétés de production : K/O Paper Products, Blackjack Productions, Perfect Storm Entertainment, SB Films, CBS Television Studios
Diffusion : CBS
Format : 24 épisodes de 40 minutes (sauf un épisode de 80 minutes)

Etats-Unis- 2015

Mary J. Blige rejoint le casting du film Mudbound 

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La chanteuse de soul Mary J. Blige sera à l’affiche d’un film engagé Mudbound, adapté du roman éponyme de Hillary Jordan.

 

Mudbound  va plonger les spectateurs dans une fresque historique et sociale dans le Mississippi rural juste après la Seconde Guerre Mondiale. Deux soldats, de retour du front, vont devoir faire face au racisme de la société américaine de l’époque et s’adapter à leur nouvelle vie, en travaillant la terre.

Mudbound sera réalisé par Dee Rees (Pariah). Le casting du film réunit Mary J. Blige aux côtés de Jason Mitchell (N.W.A Straight Outta Compton), Jason Clarke (Terminator Genisys), Garrett Hedlund (Pan, Sur la route) et Carey Mulligan (Les suffragettes, Une éducation). Le tournage devrait commencer à la Nouvelle-Orléans dans les mois qui viennent. Virgil Williams (Criminal Minds) a écrit le scénario et a basé son travail sur le roman de Hillary Jordan, publié en 2008.

Cassian Elwes, Charles King, Kim Roth, Sally Jo et Carl Effenson et Tim Zajaros sont les producteurs du film.

Mary J. Blige a vendu plus de 50 millions d’albums à travers le monde. La chanteuse a déjà effectué au cours de sa carrière des apparitions remarquées au cinéma ou à la télévision dans le film de Tyler Perry en 2009, I Can Do Bad All by Myself, dans les films Black Nativity, Prison Song, Rock Forever ainsi que dans un épisode de la série Empire.

La polémique sur le racisme à Hollywood avait été vive il y a quelques mois, suite au boycott de nombreux acteurs afro-américains (Will Smith notamment) lors de la dernière cérémonie des Oscars, dont Chris Rock était le maître de cérémonie, en février 2016. Cette vague de protestations était intervenue pour dénoncer le manque de nomination d’actrices et d’acteurs issus de la diversité et de la pluralité de la société américaine. Mudbound risque de s’inscrire dans la lignée des œuvres poignantes portées récemment à l’écran sur le difficile combat pour l’égalité de la communauté Afro-américaine au sein de la société américaine (Twelve Years a Slave, La couleur des sentiments, Le majordome).

Les grands studios Hollywoodiens tentent d’inverser cette mauvaise image et de faire oublier cette polémique. Dernier exemple en date, les studios Marvel-Disney ont annoncé que l’équipe du film Black Panther, dédié au super héros entrevu dans Captain America : Civil War, serait composé à 90% d’actrices et d’acteurs noirs.

The 100 saison 3, une série de Jason Rothenberg : Critique

Synopsis : Trois mois se sont écoulés depuis que nos héros ont tué les habitants du Mont Weather et libéré leurs amis. Alors que Clarke est recherchée par les natifs, la prenant pour Wanheda, la commandante de la mort, le camp Jaha s’est beaucoup développé, et renommé Arkadia. Bellamy recherche, avec son équipe, Clarke qui s’est exilée, mais aussi des survivants d’autres arches. Des tensions commencent à apparaitre entre Octavia et Lincoln, et pendant ce temps, Murphy, qui s’était enfermé dans un bunker, retrouve Thelonius qui a enfin trouvé la Cité des Lumières…

 « We Are The 100 »

Comme la saison précédente, The 100 saison 3 se construit en deux intrigues parallèles, la première partie voit monter en puissance Pike en prenant la direction d’Arkadia dans le but de vaincre les natifs de la Terre. De son côté, Clarke essaye de dissuader Lexa d’entrer en guerre, pendant que Jaha et A.L.I.E. réfléchissent au meilleur moyen de recruter tout le monde dans la cité de la lumière, devenant l’ultime menace à combattre à la fin de la saison.
Une fois encore, nous sommes entrainés dans une histoire plus adulte où les enfants agissent en prenant leurs propres décisions. La saison 3 confirme cette maturité à travers des storylines bien plus sombres où nos héros font face à des épreuves encore plus difficiles. La guerre et les tensions entre le peuple du Ciel et les natifs de la Terre n’ont jamais été autant au cœur de l’intrigue. De plus, les scénaristes ont pris le risque d’éliminer des personnages principaux, aimés du public, entrainant la mort de deux d’entre eux. Nous regrettons la polémique autour de la mort de Lexa qui entache cette saison exceptionnelle. En effet, il peut sembler cruel d’avoir tué ce personnage au moment où Clarke et Lexa arrivent enfin à s’avouer leur amour, après s’être apprivoisées pendant quelques épisodes. Cependant, malgré la colère des fans et en particulier celle de la communauté LGBT plus ou moins justifiée, le décès de l’ancienne commandante aurait pu être néfaste à la qualité des histoires, notamment pour le personnage de Clarke, mais les showrunners nous ont prouvé le contraire, en faisant avancer notre récit sur l’Histoire des commandants et l’influence de La Flamme qu’A.L.I.E. veut récupérer. Ils sont parvenus à tourner leurs scénarios en fonction du planning de l’actrice Alycia Debnam-Caray, régulière dans la série Fear The Walking Dead.

Le scénario est assez bien ficelé dans son ensemble. Nous semblons dépaysés lors des deux premiers épisodes puisque nous découvrons de nouveaux peuples sans connaître réellement les connexions avec celui de Lexa. Toutefois, on arrive à voir où les scénaristes veulent en venir par la suite, en réussissant à créer différentes intrigues complexes, mais fluides dans la compréhension de l’histoire globale.
Ainsi, cette troisième saison se renforce dans sa dramaturgie, dans sa mythologie en rejoignant les croyances des natifs à la science d’A.L.I.E. connectée au peuple du Ciel, à l’origine de la destruction du monde 100 ans plus tôt. Par conséquent, il est assez ingénieux de voir que toutes ces intrigues que l’on suit sont liées les unes aux autres.

Le succès de cette série se place dans l’évolution et l’approfondissement de ses personnages. De ce fait, la saison 3 se consacre d’avantage sur des rôles trop secondaires lors des saisons précédentes.
Alors que Clarke, Octavia, et Bellamy ont suffisamment fait leurs preuves, ce sont désormais Jasper, Murphy, Raven et Monty qui deviennent les vedettes du show, avec un développement constant tout le long de la saison. Ils nous surprennent assez dans leurs décisions, notamment Monty qui assume ses choix, difficiles pour la plupart, et arrive à faire ce qui est juste pour sauver ses amis, quitte à tuer sa mère possédée par A.L.I.E., quant à Raven, nous pouvons féliciter son interprète Lindsey Morgan qui a réussi à parfaitement reproduire le caractère de l’intelligence artificielle pendant plusieurs épisodes. Auparavant, Raven était trop assimilée à sa romance avec Finn, ou trop en retrait par rapport au reste du casting. Les autres protagonistes qui feront tout pour la sauver nous prouvent qu’elle est aussi essentielle, particulièrement lors du final où elle aura son rôle à jouer pour aider Clarke à détruire la cité des Lumières.

Le début de saison s’est éparpillé sur plusieurs storylines, permettant aux spectateurs de se familiariser à l’univers, mais les circonstances qui rapprochent nos héros nous affirme que l’histoire reste focalisée sur les 100.  Thelonius et A.L.I.E. réussissent à prendre le contrôle d’Arkadia, et d’un grand nombre de natifs, ce sont donc nos jeunes héros qui doivent chercher le remplaçant de Lexa, le nouveau commandant pour affronter l’intelligence artificielle.
Ils mettent leurs différents de côtés, et s’unissent pour arrêter leur ennemi, malgré certains conflits internes au sein du groupe.

Justement, par rapport aux défaillances de la saison, Clarke continue son ascension d’héroïne forte cherchant à trouver les meilleures solutions pour garantir la paix, alors que Bellamy et Octavia sont deux personnages en perdition.

La plupart semble évoluer, mais Bellamy, aveuglé par la peur et la haine de Pike contre les natifs, n’a fait que des mauvais choix jusqu’à la mort de Lincoln, dont il est en partie responsable, entrainant un faussé entre les deux frère et sœur.
Ces conséquences entrainent Octavia dans une spirale infernale en voulant se venger de Pike. Ces erreurs montrent leur humanité, qu’ils ne sont pas invincibles.
Clarke a peut-être beaucoup de mal à surmonter son génocide au Mont Weather, mais Bellamy n’arrive plus à distinguer le bien du mal, mais il essayera de corriger ses erreurs auprès de ses amis en les aidant à stopper A.L.I.E.
Monty reste l’atout majeur de cette saison, à l’écoute des autres, il sera un soutient moral important pour Jasper qui ne se remet pas de la mort de Maya, ou même pour Octavia, tiraillée entre le peuple du Ciel et les natifs, alors qu’il lui rappelle qu’elle est bien plus que ça, qu’ils font avant tout parti de leur propre communauté des 100.

Cette saison 3 frôle la perfection, à un détail près, le final est légèrement en deçà de ce que la série nous a proposé jusqu’à présent. Tous les indices nous laissaient croire depuis longtemps que Clarke serait « l’élue » qui prendrait La Flamme pour se rendre dans la cité des Lumières pour vaincre A.L.I.E. et son programme. Cela nous permet de revoir une dernière fois Lexa, afin d’apporter un véritable adieu aux fans du couple (même si ces quelques scènes sont assez minimes face à l’ampleur du season finale).
On pourrait reprocher à Jason Rothenberg d’avoir réitéré le choix qui s’impose à Clarke de devoir actionner le levier pour détruire A.L.I.E. qui avait comme unique but de protéger le peuple de l’Apocalypse nucléaire qui approche. Le parallèle à la situation de Clarke et Bellamy au Mont Weather à la fin de la saison 2 est un peu gros et exagéré.
Néanmoins, l’idée de l’intelligence artificielle a bien été exploitée depuis le début. Les scénaristes ont voulu clore ce chapitre sans gros cliffhanger comme la saison précédente. Seulement, en dehors de la futur fin du monde, d’Octavia quittant ses amis après avoir assassiné Pike, nous n’avons pas énormément d’informations sur ce que nous réserve la prochaine saison. On imagine Abby, Marcus et Thelonius rassembler leurs forces pour reconstruire Arkadia et trouver un terrain d’entente avec les natifs pour trouver la solution face à l’attaque nucléaire à venir.

Une saison riche en rebondissement, haletante à chaque épisode,  qui nous donne envie de toujours revenir pour voir la suite. Nous ne sommes pas inquiets à l’idée de retrouver cette même dynamique et cette qualité d’écriture dans la saison 4 qui sera diffusée à partir de janvier 2017.

La troisième saison de The 100 a réuni, en moyenne, 1,3 millions de téléspectateurs et un taux de 0,48 sur les 18/49 ans.

The 100 saison 3 : Bande-annonce

The 100 saison 3 : Fiche Technique

Créateurs : Jason Rothenberg, Kass Morgan
Interprétation : Eliza Taylor-Cotter (Clarke), Bob Morley (Bellamy), Paige Turco (Abby), Marie Avgeropoulos (Octavia), Devon Bostick (Jasper), Christopher Larkin (Monty), Lindsey Morgan (Raven), Ricky Wittle (Lincoln), Richard Harmon (Murphy), Isaiah Washington (Thelonius), Henry Ian Cusick (Marcus)
Producteurs : Matthew Miller, Jason Rothenberg, Bharat Nalluri, Leslie Morgenstein, Gina Girolamo
Société de production : Bonanza Productions Inc., Alloy Entertainment, Warner Bros. Television, CBS Television Studios
Format : 16 épisodes de 42 minutes
Genre : dramatique, science-fiction
Diffusion : The CW
Etats-Unis – 2014

L’Idéal, un film de Frédéric Beigbeder : Critique

Synopsis : Octave Parango travaille comme « model scout », c’est-à-dire dénicheur de mannequins, basé en Russie où il mène une vie d’hédoniste. Alors que son employeur commence à lui reprocher son manque de résultat, il est rappelé en urgence à Paris par une multinationale de cosmétique secouée par un scandale médiatique qui l’oblige à se trouver rapidement une nouvelle égérie.

Une fausse suite si édulcorée qu’elle en devient irritante

En 2007, Fredéric Beigbeder publie coup sur coup les romans « 99 Francs » et  « Au secours Pardon », deux récits inspirés de son expérience de publicitaire via son alter-égo littéraire Octave Parango. Aussitôt, Jan Kounen (réalisateur des très foutraques Dobermann et Blueberry) adapte le premier des deux en offrant le rôle principal à Jean Dujardin. Le résultat en fut une comédie satirique dont l’outrance tape-à-l’œil s’accordait bien au propos. Neuf ans plus, Frédéric Beigbeder, qui depuis a réalisé un premier long-métrage (la pseudo-comédie romantique L’amour dure 3 ans, elle aussi tirée d’un de ses romans à tendance autobiographique) décide d’adapter « Au secours Pardon », en en changeant le titre. Octave Parango prend cette fois les traits de Gaspard Proust, déjà personnage principal de son précédent film. En effet, de l’aveu même de l’auteur-réalisateur, L’idéal n’est pas une suite de 99 Francs, mais plutôt « une autre facette du même personnage ». On peut lire dans cette posture une fainéantise d’approfondir la diégèse pour créer un lien entre les deux films mais surtout une certaine crainte de la comparaison qui, quoi qu’il arrive, ne peut lui être que défavorable.

Passer ainsi de Jean Dujardin, qui incarnait de façon très drôle l’insupportable arrogance du personnage, à Garpard Proust, qui capitalise sur l’image d’individu cynique qu’il se donne sur scène mais dont le jeu est beaucoup moins expansif, est la première des nombreuses solutions de facilité qui se multiplieront dans cette réalisation nonchalante. L’autre défaut qui abaisse cruellement le niveau de cette comédie est contenu dès l’une des premières scènes, celle d’un enfant égaré au milieu d’une partouze cocaïnee. Un plan-séquence dont on peut se demander ce qu’elle apporte concrètement au récit, sinon un placement de produit pour Lui -magazine dont Beigbeder est rédacteur en chef. La réponse est facilement trouvable dans le dossier de presse où l’on peut lire que cette scène n’est rien d’autre qu’un souvenir du réalisateur. C’est indéniable : davantage que dénoncer la superficialité de l’univers de la mode, Begbeider ne veut que parler de lui. Le simple fait d’avoir modifié le nom de la société faisant office de titre au film, un ersatz évident de L’Oréal, alors que des films tels que The Big Short (que Beigbeder cite pourtant comme une de ses références !) nomment sans scrupule les entreprises qu’ils pointent du doigt, est symptomatique de la façon dont le nombrilisme de l’auteur va s’accompagner d’une regrettable frilosité dans le traitement de son sujet. En s’efforçant de justifier les vices d’Octave en vue de créer pour lui un semblant d’empathie, plutôt qu’explorer la satire de son contexte et la stigmatisation du système consumériste dans son ensemble comme l’avait fait Kounen, il parait évident que jet-setteur barbu ne cherche qu’à faire excuser son statut d’ex-pubard et de rédacteur d’une revue de charmes.

Formellement aussi, la mise en page fait preuve d’un tel manque de subtilité que son réalisateur en est réduit à cette autre solution de facilité, et à cet effet de mode, qu’est de briser le quatrième mur via des regard caméra pour se montrer explicatif dans la démonstration de son propos. Mais quel propos au fait ? Au vu du plaisir évident qu’il a de multiplier les belles images de superbes femmes dénudées, on doute que Beigbeder soit réellement conscient qu’il essaie de filmer une dénonciation de l’exploitation du physique avantageux de ces mêmes femmes (une industrie qui, rappelons-le une fois de plus, est le principal fonds de commerce de son magazine !). La façon dont Audrey Fleurot ne semble avoir été choisie que pour son sex-appeal en est le meilleur exemple, alors que l’emploi dans le même rôle d’une femme loin des canons de la beauté aurait pu créer un décalage assez sarcastique. De plus, dans les rares scènes où Beigbeder tente des excès visuels, tels que ceux qui surchargeaient 99 Francs, alors son extrême maladresse, ainsi que l’usage d’effets spéciaux vintage purement grotesques, rendent ces passages (en premier lieu, la fameuse fête dans le manoir russe) horriblement kitchs.

Dans l’ensemble, l’humour est lui-aussi mal exploité, souffrant, comme le reste, de ce mélange assez impropre de vulgarité et de consensualité. A noter d’ailleurs qu’un des gags n’est autre qu’un caméo de… Frédéric Begbeder, qui s’octroie à l’occasion la réplique la plus pompeuse de son film. La réunion du duo Proust / Fleurot n’est propice à aucune situation véritablement amusante ni surprenante. Deux autres acteurs parviennent en revanche à apporter un ton plus décalé au scénario : Jonathan Lambert -même son gout pour le transformisme a déjà été vu, vu et revu- mais surtout Camille Rowe, un véritable top model qui joue une caricature de mannequin demeurée enchainant les pires bévues. Le ton très premier degré dans lequel s’empêtre peu à peu le film ira sans surprise trouver son apothéose dans un happy-end mielleux et convenu, à mille lieues de la teneur transgressive que l’on pouvait attendre d’un sujet  qu’il semblait si facile de tourner en ridicule.

Le manque cumulé d’audace, de talent et d’autodérision dont fait preuve Frédéric Beigbeder a pour résultat une comédie insipide, à peine drôle et en aucun cas dénonciatrice de quoi que ce soit de concret. Mais, pire que d’être un film raté passant à côté de son sujet, L’Idéal est clairement une œuvre débordante d’un égocentrisme et d’une hypocrisie parfaitement méprisables.

L’Idéal : Fiche technique

Réalisation : Frédéric Beigbeder
Scénario : Frédéric Beigbeder, Nicolas Charlet, Bruno Lavaine, Yann Le Gal, Thierry Gounaud d’après le roman « Au secours, Pardon » de Frédéric Beigbeder
Interprétation : Gaspard Proust (Octave Parango),  Audrey Fleurot (Valentine Winfeld), Anamaria Vartolomei (Lena), Jonathan Lambert (Carine Wang), Camille Rowe (Monica Pynchon)…
Photographie : Gilles Porte
Montage : Dorian Rigal-Ansous
Costumes : Nadia Chmilewsky
Décors : Stanislas Reydellet
Producteurs : Ilan Goldman, Adrian Politowski, Sylvain Goldberg, Serge de Poucques, Gilles Waterkeyn
Sociétés de production : Légende Films, Orange Studio, Le 12e Art, Nexus Factory, UMedia
Distribution (France) : Légende Distribution
Durée : 90 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 15 juin 2016

France – 2016

Retour chez ma mère, un film de Éric Lavaine : Critique

Synopsis : La faillite de son cabinet d’architecture a mis Stéphanie sur la paille, l’obligeant même à revenir vivre chez sa mère, le temps de retrouver un emploi. Les deux femmes réussissent à faire des efforts pour cohabiter, mais lorsque le reste de la fratrie vient profiter d’un repas de famille, les choses s’enveniment.

Ou comment essayer de se montrer mature avec un pitch de comédie régressive et bon-sentimentaliste.

S’il est une chose que l’on ne peut pas nier à Eric Lavaine, c’est que son expérience à la télévision (H, Les Guignols de l’info…) lui a appris qu’il faut savoir profiter d’acteurs un minimum populaires pour attirer le public. Pas de chance, le caractère trop potache de ses premières comédies lui ont empêché de connaître le succès. Après avoir multiplié des pitchs parfaitement crétins développés par un humour si peu subtil qu’il fleurait souvent le racisme et l’homophobie gratuits, le réalisateur a eu la bonne idée, pour son précédent film, de mettre un peu d’eau dans son vin en partant d’un point de départ ultra-convenu mais toujours parlant (une réunion entre vieux copains) et de faire appel à un casting un peu plus endurable que ses habituels Clovis Cornillac et Franck Dubosc (en l’occurrence Lambert Wilson et Florence Foresti). Même si le résultat souffrait encore d’un manque de finesse, les 1,5 millions de spectateurs ont fait de Barbecue son plus gros succès à ce jour. Lavaine a donc retenu la leçon, et décidé de s’attaquer un sujet davantage convenu et universel, celui de la famille.

Le point de départ est donc des plus banals : Celui d’un retour aux sources, en l’occurrence d’une quadragénaire contrainte de revenir vivre chez sa mère. L’argument vanté par le production est celui de la peinture d’une génération dont l’émancipation et l’indépendance financière sont précarisées par la crise économique, ce qui semble apporter comme un discours anthropologique assez fataliste qui donnerait sens à cette comédie légère. Faut-il y voir un signe de maturité de la part du réalisateur ? Absolument pas, tant la gravité de ce sous-texte sociétal se fera complètement contredire par la niaiserie du happy-end qui viendra conclure le film. Tel sera le problème de l’ensemble du scénario : L’écriture manque de désirs de cinéma : En s’entretenant avec le réalisateur, il apparait évident qu’il s’est contenté  de transposer des anecdotes, personnelles ou rapportées, sans chercher à en exploiter le potentiel comique soit en les exagérant soit, au contraire, en les rendant plus subtiles. Le résultat, mêlé à un montage trop mou, en est une succession de vignettes, forcément rigolotes puisque renvoyant à des expériences que beaucoup de spectateurs ont vécues, mais formant pour la plupart des amorces de sous-intrigues inabouties.

Le duo Alexandra Lamy / Josianne Balasko, au cœur du récit, est paradoxalement celle des interactions entre personnages qui suscitera le moins de ces saynètes amusantes (le meilleur contre-exemple est évidemment celle de la Bande-annonce ci-dessous). C’est la scène centrale du film, celle du repas de famille, qui est fondamentalement le passage le plus drôle du film. A elle seule, cette dispute fratricide légitimerait presque de regarder l’ensemble du long-terme. Evidemment, les personnages secondaires (Mathilde Seigner, Jérôme Commandeur et Philippe Lefebvre) sont caractérisés de façon sommaire par le scénario, mais ce sont les dialogues qui, étonnamment, sont maitrisés, et surtout les interprétations sont parfaitement convaincantes. Un bel exercice de théâtre filmé donc. L’autre réussite de cette histoire est celle de l’inversion des rapports autour de l’intimité sexuelle. Le personnage de Josiane Balasko, une septuagénaire veuve depuis peu de temps, n’osant pas révéler à ces enfants qu’elle a entrepris une nouvelle relation amoureuse (qu’elle avait d’ailleurs déjà entamée du vivant de son mari, une révélation qui écorne maladroitement la sincérité qu’elle peut susciter) prend la place de l’adolescent cachant ses secrets à ses parents. Une façon ludique d’aborder ce tabou qu’est la sexualité des séniors, et qui apporte de la fraîcheur à cette fable gentillette.
Retour chez ma mère est incontestablement la meilleure –ou la moins mauvaise, c’est selon– des réalisations d’Eric Lavaine. Les conflits familiaux sont une source intarissable de situations dans lesquelles il est facile de se retrouver, et cette comédie en joue allégrement pour obtenir un sympathique moment de détente… à passer un soir sur TF1.

Retour chez ma mère : Bande-annonce (qui est davantage un extrait qu’une bande-annonce en fait)

Retour chez ma mère : Fiche technique

Réalisation : Eric Lavaine
Scénario : Eric Lavaine, Héctor Cabello Reyes
Interprétation : Alexandra Lamy (Stéphanie), Josiane Balasko (Jacqueline), Mathilde Seigner (Carole) Philippe Lefebvre (Nicolas), Jérôme Commandeur (Alain), Cécile Rebboah (Charlotte), Didier Flamand (Jean)…
Photographie : François Hernandez
Montage : Vincent Zuffranieri
Musique : Fabien Cahen
Décors : Isabelle Quillard
Producteurs : Vincent Roget, Jérôme Seydoux
Sociétés de production : Same Player, Pathé Production, TF1 Films Production
Distribution (France) : Pathé
Durée : 97 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 1er juin 2016

France – 2015

Warcraft : Le commencement, un film de Duncan Jones: critique

Synopsis : Le pacifique royaume d’Azeroth est au bord de la guerre alors que sa civilisation doit faire face à une redoutable race d’envahisseurs: des guerriers Orcs fuyant leur monde moribond pour en coloniser un autre. Alors qu’un portail s’ouvre pour connecter les deux mondes, une armée fait face à la destruction et l’autre à l’extinction. De côtés opposés, deux héros vont s’affronter et décider du sort de leur famille, de leur peuple et de leur patrie.

Fan-fiction de luxe

Depuis ses débuts, le cinéma n’a jamais reculé devant l’idée d’adapter des œuvres célèbres pour amener un public de plus en plus large dans les salles. Bon gré mal gré, les spectateurs accueillent avec plus ou moins d’enthousiasme ces relectures parfois réussies, parfois infidèles. Le principe fonctionne et semble rentable, donc pourquoi l’arrêter ? Tout y est passé : romans célèbres, théâtre, livres jeunesses, bandes dessinées etc. De quoi donner au cinéma l’arrogance de se placer au dessus des autres arts. Mais depuis quelques décennies c’est la tuile, les réalisateurs et producteurs semblent face à un mur infranchissable. Dernier arrivé dans la courses, le jeu vidéo apparaissait comme la nouvelle poule aux œufs d’ors pour Hollywood, mais résiste toujours à l’hégémonie de la caméra. Les exemples ne manquent pas, donnant toujours plus de frissons aux joueurs. On espérait que Warcraft changerait un peu la donne, il n’en est finalement rien. À peine sorti, le film de Duncan Jones est déjà traité de tous les noms par la critique et les fans de la saga, qui lui reprochent d’être une mauvaise fan-fiction à 160 millions de dollars.

Mérite-t-il ce déferlement de haine ? Oui et non. Objectivement (si l’on considère l’objectivité possible dans une salle de cinéma), ce n’est pas un grand film et les problèmes sont nombreux. Réalisateur de deux films SF minimalistes (Moon et Source Code), Duncan Jones semble rapidement dépassé par son sujet, ne trouvant jamais vraiment l’équilibre entre les multiples registres qu’il convoque (tragique, épique, magique, comique). Ainsi certaines blagues fonctionnent, d’autres tombent à plat. Idem pour les séquences émotions, si certaines lignes narratives sont suffisamment bien construites pour provoquer au final un peu d’empathie, d’autres sont complètement erratiques. Il suffit de voir deux personnages se raconter leur enfance malheureuse au coin du feu pour se rendre compte que l’écriture générale de l’ensemble pâtit finalement d’une volonté de trop en faire. Trop de personnages à mettre en avant, trop de concepts nouveaux à expliquer et surtout un univers entier à ouvrir au spectateur. Clairement Duncan Jones est un cinéaste minimaliste. Dans sa quête de la densité, il se perd en route et échoue à donner l’amplitude nécessaire à ce genre de récit.

Occasionnellement Warcraft trouve le ton juste lors des séquences plus restreintes. Celles où seuls deux personnages discutent, que se soit deux orcs qui parlent de l’avenir ou deux humains qui se charrient. Dès que le réalisateur franchit cette limite, le film devient maladroit. Les grandes séquences de batailles que nous promettaient les bandes annonces apparaissent molles et mal chorégraphiées, à peine rattrapées par un travail du son efficace qui donne aux coups portés la puissance qu’ils n’ont pas à l’image. L’affrontement dans le canyon fait office d’exemple de tout ce qu’il ne faut pas faire. Mauvais dosage entre plans rapprochés et plans larges, figurants mal dirigés frappant dans le vide sans conviction etc. Ce qui nous donnait des frissons dans la trilogie du Seigneur des anneaux nous ennuie ici rapidement, en plus d’être desservit par des effets spéciaux de mauvaises factures (les éclairs lancés par le mage-gardien rappelant les heures de gloire de la 3D isométrique). À la différence des duels, surtout entre orcs, qui retrouvent un peu cette force brute qui fait défaut au reste du film. Manifestement, Jones n’est pas fait pour les grandes fresques cinématographiques.

Ce qui est problématique, car le film ne s’appelle pas World of Warcraft. Peut-être que l’on pinaille mais ça fait toute la différence. WoW, c’est les joueurs qui se déplacent dans un monde dense offrant de multiples possibilité, Warcraft c’est la mise en place de ce monde par un joueur plus ou moins démiurge. Si le réalisateur s’était embarqué dans une adaptation du jeu en ligne, peut être qu’il aurait été plus à l’aise en racontant une histoire à l’échelle d’un ou plusieurs individus qui évoluent et découvrent cet univers (en même temps que le spectateur). Mais le choix s’est porté sur le premier opus de la franchise. Donc des batailles entre peuples rivaux où les personnages (les fameux héros) participent de concert à des enjeux plus grands. Toute la difficulté de l’adaptation est là : mettre en place un univers nouveau tout en collant à l’esprit du matériau d’origine. Et c’est principalement sur ce point que Warcraft : Le commencement échoue, s’arrêtant sur des débats d’états-majors longuets et redondants mais oubliant d’adopter un discours plus général et réfléchi sur les ravages de la guerre ou la nécessité d’une paix entre les peuples. Sans cela, on reste sur une impression de voir défiler à l’écran une longue cinématique de luxe, avant de lancer sa partie.

Le film est-il pour autant à jeter totalement ? Les défauts sont certes légions, mais l’ensemble n’est pas exactement un navet total. Les acteurs tiennent plus ou moins la baraque, et ce malgré l’absence de star quatre étoiles au casting. Quant à la bouillie numérique décriée par beaucoup, si les effets magiques semblent risibles et kitsch, la modélisation des orcs est étonnamment réussie. Au point que l’on ressent finalement plus d’empathie pour ces gros malabars pixelisés que pour les humains en armure clinquante. L’échec de la représentation de ces derniers démontre finalement toute la difficulté d’adapter un jeu qui compensait sa violence sanglante par son esthétique cartoon et sympathiquement kitsch.

Coté scénario, si tout cela manque un peu de philosophie, la trame générale reste tout de même cohérente et offre une bonne base à un divertissement honnête. Et contrairement à ce qu’affirmeront certains, celui-ci ne fait pas honte au jeu. Cela ressemble peut être à de la fan fiction, mais imaginer qu’une adaptation de jeu vidéo au cinéma puisse avoir un script réussi est en soit une utopie. De la même manière qu’un scénario apparaîtra toujours moins riche qu’un roman, la trame d’un jeu sera toujours plus sommaire que celle d’un film. L’essence du jeu vidéo tient surtout dans l’interactivité avec le joueur (le fameux gameplay). Si l’on enlève à celui-ci cette dimension fondamentale, il ne reste plus que le récit, qui est souvent un prétexte, et l’univers beaucoup trop dense pour rentrer dans un seul film. Ainsi ici les fan les plus hardcore regretteront l’absence des gnomes, taurens, mort-vivants, gobelins, ogres, pandas et autres races diverses qui composent l’univers de Warcraft, tout autant que le manque de moutons explosifs (ce qui ajoutait du sel à des parties parfois éprouvantes). Au final le scénario du film n’est pas meilleur ou pire que celui des jeux (prenons du recul et souvenons nous des dialogues miteux de la campagne de Warcraft 3), il est équivalent, et c’est peut être le mieux que nous pouvions espérer.

Warcraft : le commencement est finalement une preuve supplémentaire de l’hermétisme entre deux média. Malgré quelques qualités, l’ensemble est plombé par l’ampleur des ambitions et des attentes qui dépassent le réalisateur. Mais de toute façon, même avec la meilleure volonté du monde, aucun cinéaste n’arriverait à faire oublier qu’il s’agit de l’adaptation d’un jeu, ce qui détruit d’emblée toute possibilité d’immersion.

Warcraft: Le commencement : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=-vwPitt1XMQ

Warcraft: Le commencement : Fiche technique

Réalisation : Duncan Jones
Scénario : Duncan Jones et Charles Leavitt d’après le jeu vidéo Warcraft de Chris Metzen
Interprétation : Paula Patton, Ben Foster, Travis Fimmel, Dominic Cooper, Clancy Brown….
Image : Simon Duggan
Montage: Paul Hirsh
Musique: Ramin Djawadi
Costumes : Mayes C. Rubeo
Décor : Dan Hermansen, Helen Jarvis, Margot Ready et Grant Van Der Slagt
Producteur :  Alex Gartner, Jon Jashni, Charles Roven et Thomas Tull
Société de production : Atlas Entertainment, Blizzard Entertainment, Legendary Pictures et Universal Pictures
Distributeur : Universal Pictures
Durée : 123 minutes
Genre: Heroic-fantasy, Aventure, Guerre
Date de sortie : 25 mai 2016

Etats-Unis – 2016

Elle, un film de Paul Verhoeven : Critique

On pouvait craindre un improbable rape & revenge chabrolien… c’est lorsqu’on se rend compte que l’on à affaire à un mélange – tout aussi improbable – entre Buñuel et Haneke que l’on comprend qu’on est chez Verhoeven !

Synopsis : Michèle Leblanc est une cinquantenaire au fort caractère, à la tête d’une société de jeux vidéo. Un après-midi, un homme masqué pénètre chez elle et la viole. Plutôt que d’avertir la Police, Michèle, incapable de s’assumer en tant que victime, va tenter de le débusquer afin de le manipuler.

Le vice dans la chair

Dix ans. Dix ans déjà qu’on attendait le retour de notre bien-aimé « Hollandais Violent ». Discrédité à Hollywood après les échecs commerciaux successifs des sous-estimés Showgirls et Starship Troopers et du – bien plus oubliable – Hollow Man, Paul Verhoeven avait déjà dû revenir sur ses terres natales pour signer son excellent Black Book en 2006. Mais depuis, en dehors l’exercice nanardesque Tricked en 2012 (qui n’est cependant pas à négliger, dans le sens où il s’agit du premier-long métrage entièrement financé par Crowdfunding), les fans restaient dans l’espoir que le réalisateur néerlandais parvienne à mettre au point le biopic de Jésus sur lequel il travaille depuis si longtemps et à propos duquel il a écrit un livre véritablement passionnant. C’est donc avec une certaine surprise que l’on a appris que son retour sur les grands écrans se ferait via l’adaptation d’un autre ouvrage mais surtout une production franco-française (quoiqu’un peu allemande aussi pour être honnête). Un retour d’autant plus remarqué qu’il fut sélectionné à Cannes, où sa diffusion a pleinement satisfait les critiques.

Elle est donc tiré du roman français au titre tout aussi monosyllabique « Oh… » de Philippe Djian, un auteur dont les écrits ont plusieurs fois été portés à l’écran, notamment dans le déjà sulfureux pour l’époque 37°2 Le matin (Jean-Jacques Beineix, 1985). Après s’être vu refusé d’adapter cette histoire aux Etats-Unis, où elle fut jugée contraire aux codes de la sacro-sainte bien-pensance, Verhoeven s’est donc logiquement tourné vers la France, et en particulier vers Saïd Ben Saïd, ce producteur franco-tunisien qui, en 12 ans, est tout de même passé de Les Dalton au dernier Cronenberg. C’est ensemble qu’ils ont mis au point ce film qui prouve, avant toute chose, que le réalisateur de Total Recall sait s’acclimater au cinéma local, comme il l’a fait en arrivant à Hollywood, sans perdre de son mordant. Car, contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, à aucun moment Verhoeven n’a cherché à faire du cinéma « à l’américaine » et semble avoir parfaitement digérer les codes du cinéma d’auteur hexagonal (photographie terne, plans fixes, décors domestiques…) pour mieux y apporter sa patte anticonformiste. Depuis toujours fasciné par les personnages féminins forts (de celui de Jennifer Jason Leigh dans La Chair et le sang à celui de Carice van Houten dans Black Book, en passant évidemment par Sharon Stone dans Basic Instinct qui lui avait valu sa dernière Sélection à Cannes), le réalisateur a eu un éclair de génie en faisant appel à l’inénarrable Isabelle Huppert, qui d’ailleurs était, de l’aveu de Philippe Dijan, pressentie pour le rôle dès l’écriture du livre.

Débutant par le choc primaire d’une scène de viol, le film nous immerge aussitôt dans l’ambiance malsaine de son récit. Et pourtant, à l’inverse des nombreuses scènes similaires filmées de façon frontale (Orange mécanique, C’est arrivé près de chez vous, Irréversible…), ici l’usage du hors-champs -alors que la caméra se pose sur l’unique témoin de la scène (en l’occurrence, le chat)- et de deux flashbacks, qui en proposeront un déroulement différent, font de cet acte immonde un objet de fantasme laissé aux bons soins de l’imagination du spectateur. Une mise en abyme qui prouve que Verhoeven va s’amuser, tout au long du film, à manipuler le public pour le tenir à distance du moindre repère moral auquel se raccrocher. Pensé à la façon d’un portrait de femme, le personnage interprété par Isabelle Huppert est présente sur chaque plan et apparait comme la quintessence de l’ambiguïté psychologique. Patronne autoritaire embourgeoisée, fille d’un tueur en série en prison depuis 35 ans et d’une cougar botoxée (Judith Magre), mère d’un grand dadais immature dans le déni de l’adultère de sa copine (Jonas Bloquet et Alice Isaaz), divorcée d’un écrivain raté qui s’accroche désespérément à elle (Charles Berling) et maîtresse du mari de sa meilleure amie très naïve (Christian Berkel et Anne Consigny), Michèle est pour ainsi dire un personnage auquel il est bien difficile de s’identifier, ce qui gênera immanquablement les spectateurs habitués à se retrouver dans les héros aseptisés du cinéma hollywoodien.

Mais toute la force du récit repose dans le rapport que cette femme victime d’une agression sexuelle va entretenir avec son auteur. Aussitôt après ce qui aurait dû être pour elle un traumatisme, Michelle prend un bain. Un geste qui peut sembler anodin mais qui illustre très bien  la façon dont elle va s’imprégner de ce viol, représenté à l’écran par une tâche de sang dans la mousse, plutôt que de chercher à en éliminer les traces pour s’en purifier. C’est parce qu’elle refuse d’être traitée comme un vulgaire objet sexuel qu’elle va, dès lors qu’elle sera persuadée que le coupable est dans son entourage et non pas un inconnu désireux de venger sur elle les crimes de son père, se lancer dans un petit jeu de provocations pervers afin de dénicher le coupable pour prendre la main sur cette relation dominant/dominée. Toute une partie du film agréablement dérangeante, pleine de tensions et de défiance des uns envers les autres, faite de jeux de regards et de sous-entendus entre Michèle et les personnages secondaires. Sa famille et ses amis, ainsi que ses voisins. A noter d’ailleurs que le personnage de la voisine bigote (Virginie Efira) a pris plus de place que dans le roman, marque de l’obsession de Verhoeven pour la religion, et en particulier prétexte à placer la réplique, à propos des fêtes de noël « Ce que j’aime c’est le moment de la natalité, c’est là que tout a commencé », qui ne prend son sens que lorsqu’on sait que, dans sa relecture des Evangiles, le Christ est issu d’un viol.

Parce que toutes ces figures caricaturales manquent cruellement de nuances, limitées à leurs vices respectifs au point de les rendre quelque peu grotesques, l’ensemble prend l’allure d’une satire sociale en forme de farce absurde, dont le mauvais goût assumé (exacerbés par les extraits de jeux-vidéo) va susciter des rires honteux. Le manque de subtilité dans la peinture de cette petite bourgeoisie et de ce milieu misogyne, où tout suinte le malsain, devient ainsi vecteur d’un ton décalé qui lui-même va rendre l’amoralité absolue du personnage principal plus perturbante encore. Un équilibre délicat et parfaitement maîtrisé jusqu’à un point de rupture qui fera perdre au dernier acte du scénario le mordant de ce qui a précédé. La révélation de l’identité du violeur va en effet faire déplacer la source du malaise de l’installation d’un doute paranoïaque, dans une atmosphère quasi-hitchcockienne, à celle d’une relation passionnée profondément perverse. Le basculement psychologique qui aura fait passer Michèle de l’état de proie à celui de prédateur pose une inversion des rapports de force sexistes qui est un cheminement récurrent chez Verhoeven (Steppers, Showgirls…) mais qui n’aura, en termes de perversion, jamais été poussé aussi loin que par cette façon d’imaginer une femme tombant amoureuse de son violeur. Un argument éminemment sujet à controverse dans notre société post-féministe. Toutefois, les scènes de viols rapidement expédiées dans la dernière demi-heure mais surtout le fait que la réplique la plus explicite et controversée du roman soit coupée dans le film (« J’ai connu pire avec des hommes que j’avais librement choisis ») circoncisent quelque peu le jusqu’au-boutisme trash et transgressif de la transposition de ces pulsions sadomasochistes.

Quoiqu’il en soit, le mal à l’aise dans lequel est plongé le public par ce récit amoral n’a d’égal  que l’équivoque de ce que représente l’énigmatique et  sulfureuse Michèle, à la fois effrayante sociopathe, porte-étendard d’une génération de femmes fortes et affairistes que rien ne semble ébranler et victime de deux hommes (son père et le violeur) dont les crimes ont bouleversé la vie au point de l’empêcher de se sociabiliser. Un peu les trois peut-être.

Elle : Bande-annonce

Elle : Fiche technique

Réalisation : Paul Verhoeven
Scénario : David Birke d’après l’œuvre de Philippe Djian
Interprétation : Isabelle Huppert  (Michelle), Charles Berling (Richard), Jonas Bloquet (Vincent), Laurent Lafitte (Patrick), Virginie Efira (Rebecca), Anne Consigny (Anna)…
Photographie : Stéphane Fontaine
Montage : Job ter Burg
Musique : Anne Dudley
Direction artistique : Laurent Ott
Producteurs : Saïd Ben Saïd, Michel Merkt
Sociétés de production : SBS Films, France 2 Cinéma, Twenty Twenty Vision
Distribution (France) : SBS Distribution
Récompenses et festival : Compétition officielle à Cannes 2016, Césars 2017 de la meilleure actrice pour Isabelle Huppert et du Meilleur film
Durée : 130 minutes
Genre : Drame, thriller
Date de sortie : 25 mai 2016

France – 2015