Le Festival de Cannes 2016 rend hommage à Robert de Niro, l’acteur mythique des inoubliables films Les Affranchis de Martin Scorsese, Le Parrain II de Francis Ford Coppola en projetant Hands of Stone du cinéaste vénézuélien Jonathan Jakubowicz.
Le célèbre comédien Robert De Niro est l’invité du Festival de Cannes le 16 mai prochain à 22h00 dans la grande salle du Palais des Festivals pour une projection spéciale et unique en Sélection officielle du film Hands of Stone, un biopic consacré au boxeur panaméen Roberto Duràn.
Le film retrace l’histoire du boxeur panaméen Roberto Duràn (Edgar Ramirez) et de l’entraîneur-manager Ray Arcel (Robert De Niro) qui va l’accompagner vers les plus grands succès mondiaux sur le ring dans les années 70 et 80, notamment à travers les légendaires combats contre Sugar Ray Leonard.
Le comédien légendaire Robert de Niro a figuré au casting de deux Palmes d’or Taxi Driver de Martin Scorsese en 1976 et Mission de Roland Joffé en 1986. Rappelons qu’il a été président du jury du Festival de Cannes en 2011, l’année de couronnement du film américain The Tree of Life – Terrence Malick, du Prix d’interprétation masculine – Jean Dujardin – pour The Artist de Michel Hazanavicius et du Prix d’interprétation féminine – Kirsten Dunst pour Melancholia de Lars Von Trier.
Distribué et produit par la Weinstein Company, son président Harvey Weinstein déclare:
« On va voir du pur De Niro, Tout le monde connaît sa passion pour la boxe et il apporte à Hands of Stone une énorme contribution. Nous sommes ravis que Cannes ait choisi d’honorer Bob cette année avec cette projection spéciale. Cela promet d’être un moment de plaisir et une soirée fantastique pour rendre hommage à l’un des grands hommes de notre industrie. »
Le film Hands of Stone sortira aux Etats-Unis le 26 août prochain, il n’a pas encore de date de sortie dans les salles en France.
Mauvaise Graine (Non essere Cattivo) est le film posthume de Claudio Caligari, décédé le 26 mai 2015. Pour son ultime long-métrage, le réalisateur s’est immergé dans un monde fait de magouilles, de drogues et de sexe, où le plus fort et le plus respecté fait la loi.
Synopsis : 1995, près de Rome. Vittorio et Cesare qui se connaissent depuis 20 ans, sont comme des frères inséparables. Leur quotidien se résume aux discothèques, à l’alcool et aux trafics de drogues… Mais ils paient cher cette vie d’excès. Après avoir rencontré Linda, Vittorio semble vouloir changer de vie. Cesare lui, plonge inexorablement…
Mais le réalisateur est allé plus loin en se donnant la tâche de faire vivre de véritables relations humaines, avec deux amis comme personnages principaux. On connaît leurs joies, leurs peines, leurs réussites ou leurs déboires. Les deux amis sont campés par Alessandro Borghi et Luca Marinelli. Borghi est un acteur qui s’impose de plus en plus dans le cinéma italien, et qui s’est fait récemment remarquer pour son rôle de Numéro 8 dans Suburra. Avec Mauvaise Graine, il ne fait que confirmer son talent et prouve qu’il est capable de jouer avec les émotions du spectateur. Il bouleverse comme il fait sourire, ses expressions corporelles ses coups de sang correspondant à la perfection avec le personnage qui lui a été attribué. La fin du film, bien qu’un peu prévisible, est remarquable et ne peut qu’émouvoir tant Alessandro Borghi dégage ce truc dans lequel on parvient à se retrouver, même si d’un tout autre monde. Son personnage de Vittorio est un être touchant, assistant à la descente aux enfers de son ami d’enfance, qui a pour ultime souhait de s’en sortir. Le personnage est crédible tant il est finement écrit par Claudio Caligari. On ne peut que se prendre d’affection pour lui et pour son combat contre l’univers de la délinquance qu’il tente au maximum de quitter.
Son comparse, Cesare, interprété par Luca Marinelli, déjà aperçu dans La Grande Bellezza, est quant à lui beaucoup plus tête à claque et agaçant. Il provoque, injure et crache sur les gens à tout va, ce qui fait de lui un être antipathique. Même s’il est moins bon que son collègue de jeu, Luca Marinelli parvient tout de même à compléter ce binôme improbable. Certaines scènes, reflets d’une relation parfois tendue entre deux amis qui n’ont plus les mêmes objectifs de vie, sont extrêmement fortes tant l’empathie nous emporte en constatant la dégradation progressive des liens entre deux amis, voire deux frères.
Mais malheureusement, Mauvaise Graine n’est pas une complète réussite. Si les deux acteurs principaux, ainsi que les seconds rôles, sont presque tous très bons, le scénario est quant à lui un peu plus branlant. Les relations humaines sont très intéressantes et connaissent de vraies évolutions tout au long du film, mais tout n’est pas intéressant et la répétition de certains faits viennent ternir un ensemble pourtant bon. Le film aurait gagner en puissance s’il avait été plus court -bien qu’il ne soit pas très long-, plus concis et plus brut dans ses propos. Les histoires d’amour de Cesare deviennent lassantes, et il est difficile de se prendre d’affection pour le couple qu’il finit par former, des rêves de maison plein la tête. Parallèlement, on préférera donc suivre le parcours de Vittorio. Aussi, on commence à se lasser des univers véreux des films italiens, qui se ressemblent presque tous. Toutefois, Claudio Caligari instaure une vraie ambiance à son film grâce à un cadrage parfois peu ordinaire et des jeux de lumière ternes qui rappellent les films noirs et de gangsters/mafiosos des années 50/60, mais également des classiques comme Les Affranchis, de Martin Scorsese.
Mauvaise Graine est un film qui doit beaucoup à ses acteurs, qui ne promettent que du bon pour le futur. Même si le thème a déjà été traité à de nombreuses reprises, et qu’il peut commencer à être un tantinet lassant, on se passionnera pour cette amitié qui connaît des hauts et des bas, et qui n’est que le reflet d’une société dans laquelle chacun cherche sa place et tente de s’en sortir, malgré des conditions sociales parfois peu porteuses.
Mauvaise Graine : Bande-annonce
Mauvaise Graine : Fiche Technique
Titre français : Mauvaise Graine
Titre original : Non essere cattivo
Réalisation : Claudio Caligari
Scénario : Claudio Caligari, Francesca Serafini, Giordano Meacci
Interprétation : Luca Marinelli, Alessandro Borghi, Silvia d’Amico, Roberta Mattei, Alessia Cardarelli
Direction artistique : Giada Calabria
Montage : Mauro Bonanni
Photographie : Maurizio Calvesi
Producteurs : Paolo Bogna, Simone Isola, Andrea Leone, Pietro Valsecchi
Sociétés de production : Kimerafilm, Taodue Film S.r.l., Andrea Leone Films
Sociétés de distribution (France) : Bellissima Films
Genre : Drame, Judiciaire
Durée : 100 minutes
Dates de sortie : 11 mai 2016
En 2013, Bruno Dumont présentait sa version anti-star system de Camille Claudel, la célèbre sculptrice. Faisant le choix de la présenter oisive et enfermée, Dumont fait appel à Juliette Binoche et la confronte à des acteurs non-professionnels, de vrais handicapés mentaux. Choisie pour son courage tout relatif, celui de lui avoir laissé un message sur son répondeur pour dire son désir de travailler avec lui, Binoche est mise à nue sans pour autant dépasser une certaine outrance du jeu, propre aussi à l’univers outrageux de Dumont.
Synopsis : Hiver 1915. Internée par sa famille dans un asile du sud de la France – là où elle ne sculptera plus – chronique de la vie recluse de Camille Claudel, dans l’attente d’une visite de son frère, Paul Claudel.
Une femme déchue
D’emblée, le film de Bruno Dumont s’écarte de la forme classique du Biopic. « L’idée d’écrire un scénario avec rien, ça me plaisait. Je fais un film avec quelqu’un qui passe son temps à ne pas faire grand-chose et ça me plaisait, cinématographiquement », écrira Bruno Dumont à propos du film. On est donc loin de la représentation de la sculptrice acharnée, amoureuse et muse présentée par Bruno Nuytten dans Camille Claudel en 1987 et interprétée par Isabelle Adjani. Ici, Camille Claudel est prise sous l’angle de l’empêchement, alors qu’elle tente de fuir l’endroit où elle mourra finalement quelques années plus tard. On ne la suit d’ailleurs que sur une année, présentée dans le titre du film : 1915. On voit donc ici filmée une artiste déchue de son piédestal. C’est d’ailleurs aussi dans le dénuement que se présente l’interprète de Camille Claudel, Juliette Binoche, seule actrice « professionnelle » du film, qui se trouve confrontée à un rôle singulier, sans repères. Emprisonnée, sans que les raisons réelles en soient motivées, Camille Claudel tente de prouver qu’elle n’est pas folle. Entourée de vrais patients, de vraies-fausses nonnes, Juliette Binoche joue un personnage égaré, en proie à l’indifférence. En témoigne une scène bouleversante où Camille lit une lettre envoyée à son frère, Paul Claudel, qu’elle attend indéfiniment. Une lettre où elle s’évertue à prouver qu’elle peut sortir et à laquelle elle ne trouvera aucun écho. Ici, Dumont étire le temps, confronte les êtres, dérange, bouscule. Le cadre est fixe, il emprisonne de plus en plus ce petit corps fragile confronté à une folie qui la fait peu à peu régresser. Confrontant cette incursion dans la vie réelle, mais peu connue, de Camille Claudel à la réalité du quotidien (replacé dans son contexte mais avec ses véritables pensionnaires de 2013) d’un asile, le film opte pour un parti pris radical et dérangeant où Camille Claudel est de chaque plan ou presque. Quand il aborde l’obsession de Paul Claudel pour la religion, on sent poindre aussi la propre obsession de Bruno Dumont pour le religieux (La vie de Jésus, Hors Satan)
Camille Claudel 1915, sous ses airs excessifs, est aussi un film austère (plans magnifiques, tableaux froids et univers carcéral), exigeant (car jusqu’auboutiste) qui confrontera deux êtres extrêmement opposés et pourtant fraternels dans une scène marquante : Camille et Paul Claudel. La quête de la vérité de Dumont n’est pas toujours heureuse, tant l’artifice se fait aussi sentir quand, dans une même scène, Binoche passe du rire aux larmes avec une facilité confondante, mais en réalité calculée. La réussite du film tient en son choix de filmer une femme prise au cœur de maux terrestres (la maladie, la folie) à laquelle son frère oppose une grâce divine qui l’éloigne lui-même de la vie. Un dialogue de sourds pour une première partie muette, dialogue qui pourtant donne raison à Camille, à sa force, à sa faiblesse et à son regard plein d’une humanité disparue, rabaissée, oubliée à laquelle en cette année 1915 elle cherche encore en vain à s’accrocher.
Dernier drame avant la comédie
Bruno Dumont a depuis abandonné les drames pour se tourner vers la comédie avec un ton comme toujours, radical. En effet, après P’itit Quinquin découpé en plusieurs épisodes, sorte de polar délirant où se mêlaient des figures du Nord bien amochées avec un comique particulier qui se joue de la diction des personnages, de leur démarche, de leur décalage avec les comportements attendus de par leur fonction, le réalisateur renoue avec cette forme dans Ma Loute qui met en scène de mystérieuses disparitions pour lesquelles l’inspecteur Machin (tout un programme) mène l’enquête. Le ton est désormais donné : Dumont expérimente « le burlesque (…) la cocasserie » pour nous « tendre un miroir déformant de nous-mêmes ».
Camille Claudel 1915 : Bande-annonce
Camille Claudel 1915 : Fiche Technique
Réalisateur : Bruno Dumont
Scénario : Bruno Dumont
Interprétation : Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent, Robert Leroy, Emmanuel Kauffman …
Photographie : Guillaume Deffontaines
Montage : Basile Belkhiri, Bruno Dumont
Décors : Riton Dupire-Clément
Costumes : Alexandra Charles, Brigitte Massay-Sersour
Producteur : Cédric Ettouati
Société de production: 3B Productions, Arte France Cinéma
Distribution (France) : ARP Sélection
Durée : 95 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 13 mars 2013
Un projet de film avec Quentin Tarantino pour l’ex reine de beauté ?
Photographiée au bras de Quentin Tarantino, l’ex Miss Univers a laissé entendre que ses projets hollywoodiens se concrétisaient : « De grandes choses se préparent. Hollywood est bon pour moi. Un plaisir et un honneur de vous rencontrer, bénédictions ! » a-t-elle inscrit sous l’une des photos les réunissant.
Sur Instagram, l’actrice et chanteuse a de nouveau posté un message plein de sous-entendus : « Cet homme est un amour et un crack… Merci pour tout ! Plein de baisers »
Connaissant les goûts du réalisateur pour les belles latinas, la nouvelle n’aurait rien d’étonnant. Tarantino a d’ailleurs lancé plusieurs acteurs latino dans ses films notamment Salma Hayek dans Une nuit en enfer, Rosario Dawson dans Boulevard de la mort ou encore Demián Bichir pour Les Huit Salopards.
En 2011, Alicia Machado confiait au magazine People espagnol que des propositions pour enregistrer deux films avec un label américain lui avaient été faites. « J’ai une autre opportunité, deux nouvelles offres de film et nous verrons bien ce qui se passe », avait déclaré l’ancienne reine de beauté vénézuélienne à l’époque, pendant le tournage de son feuilleton Une famille chanceuse.
Kill Bill 3 ?
Le site parodique ElDeforma s’est alors empressé de simuler une information exclusive : Quentin Tarantino aurait posé avec Alicia juste après la signature du contrat pour participer au tournage du prochain Kill Bill ! Elle jouerait la méchante, Dillon Grey, une samouraï star de porno et ancienne maîtresse de Bill qui tentera d’anéantir La Mariée (Uma Thurman ). Il faut dire que le célèbre cinéaste a récemment admis : « Je ne suis pas engagé en quoi que ce soit, mais cela ne me surprendrait pas si la mariée faisait une dernière apparition (…) Je parle un peu avec Uma à ce sujet. » Il se pourrait donc bien que ce délire jubilatoire devienne réalité ; affaire à suivre…
Découvrez la bande-annonce Folles de Joie (La Pazza Gioia) par le réalisateur des Opportunistes
Sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes /Paolo Virzì, réalisateur, scénariste et producteur italien, fit son premier film en 1994 avec La bella vita présenté au Festival de Venise. Parmi ses films figurent Ovosodo (1997), Grand Prix Spécial du Jury au Festival de Venise.
AU CINÉMA LE 8 JUIN –
Un film de Paolo Virzì Avec Valeria Bruni Tedeschi et Micaela Ramazzotti
SYNOPSIS
Beatrice est une mythomane bavarde au comportement excessif. Donatella est une jeune femme tatouée, fragile et introvertie. Ces deux patientes de la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour femmes sujettes à des troubles mentaux, se lient d’amitié. Une après-midi, elles décident de s’enfuir bien décidées à trouver un peu de bonheur dans cet asile de fous à ciel ouvert qu’est le monde des gens « sains ».
Folles de Joie (La Pazza Gioia): Fiche Technique
Réalisateur: Paolo Virzì ( Les Opportunistes (2013), Napoléon (et Moi) (2006)
Scénario: Francesca Archibugi, Paolo Virzì
Casting: Bob Messini, Micaela Ramazzotti, Sergio Albelli, Tommaso Ragno, Valentina Carnelutti, Valéria Bruni Tedeschi
Image: Vladan Radovic
Son: Alessandro Blanchi
Décor: Tonino Zera
Montage: Cecilia Zanuso
Musique: Carlo Virzì
Coproductions : Manny Films, Lotus Productions
Exportation / Vente internationale : Bac Films Distribution
Production Étrangère: Rai Cinema
Distribution France: Bac Films Distribution
Adapté du roman éponyme de Michael Lewis, auquel on doit déjà Le Stratège (mis en scène par Bennet Miller), The Big Shortrelate l’incroyable pari auxquels se sont soumis quelques golden-boys de la finance américaine, ayant flairé des années avant son commencement, la crise économique de 2008. Grisant, cynique et somme toute immoral, il fallait bien un comique derrière la caméra pour humaniser cette dream-team de losers étant allé à contre courant de l’omerta du dollar. Et si le choix d’Adam McKay ne s’imposait pas forcément à première vue, force est d’admettre que le réalisateur de Légendes Vivantes ou Very Bad Cops sait y faire pour faire valoir sa nomination au fauteuil de réalisateur. Montage rapide, direction d’acteurs très bien amenée et une BO très éclectique voyant Gorillaz se mêler au métal suffisent pour rendre cette virée dans les méandres de la finance un must-see incontournable de l’année. Pour les plus réfractaires, il sera toutefois bon de mentionner que, outre un Oscar du meilleur scénario adapté, le film a réussi à se payer une distribution du tonnerre, en convoquant pas moins que deux sex-symbols en la personne de Brad Pitt et Ryan Gosling ; un comique habitué de McKay, Steve Carrell et l’inénarrable Christian Bale dans un joli rôle de composition. Bref un quatuor de rêve qui sera à même de vous intéresser sur un sujet tout ce qu’il y a de plus nébuleux et à la morale enfantine : les banques ne sont pas de votre coté. On aurait toutefois aimé pouvoir compter sur une édition DVD moins avare en bonus, cette dernière ne présentant qu’un court making-off se faisant l’écho de l’incroyable casting du film ; mais omettant de parler de l’ambiance sur le plateau, de l’investissement de chacun, de l’origine du projet ou de la connexion entre un réalisateur comique et un sujet aussi grave.
Caractéristiques techniques du DVD :
Image 2.40 :1 Letterbox
Audio : Anglais, Français, Italien Dolby 5.1 Surround
Sous-titres : anglais, français, italien, néerlandais
Bonus : En prime : casting
Caractéristiques techniques du Blu-ray™:
Image : 16/9 Letterbox 2.40 :1
Audio : Anglais DTS :X™, Allemand, Espagnol, Français,
Italien, Japonais Dolby Digital 5.1 Surround
Sous-titres : danois, allemand, anglais, espagnol, français, italien, japonais, néerlandais, norvégien, finnois, suédois, anglais pour malentendants
Bonus :
En prime : casting / Le grand saut : Adam McKay / Des héros atypiques : les personnages de The Big Short / Le château de cartes : grandeur et décadence / Souci de réalisme : reconstitution d’une époque / Scènes inédites (L’annonce de Vennett – Le vrai Danny Moses – version longue / Visite en Floride / Vie de famille de Burry / Burry et le syndrome d’Asperger / L’attaque de Danny) – BD-Live
Fiche Technique : The Big Short – le Casse du Siècle
Titre original : The Big Short
Titre français : The Big Short : Le Casse du siècle
Réalisateur : Adam McKay
Scénario : Adam McKay et Charles Randolph, d’après le livre The Big Short: Inside the Doomsday Machine de Michael Lewis
Casting : Christian Bale (Dr Mike Burry), Steve Carrell (Mark Baum), Ryan Gosling (Jared Vennett), Brad Pitt ( Ben Rickert), Finn Witrock (Jamie Shipley),
Direction artistique : Elliott Glick
Décors : Clayton Hartley, Linda Lee Sutton
Costumes : Susan Matheson
Casting : Francine Maisler
Montage : Brent White
Producteurs : Dede Gardner, Brad Pitt
Sociétés de production : Plan B Entertainment et Regency Enterprises
Société de distribution : Paramount Pictures
Pays d’origine : États-Unis
Langue originale : anglais
Durée : 130 minutes
Genre : comédie dramatique
Synopsis : Kanji Watanabe, sombre et austère bureaucrate, apprend qu’il a un cancer de l’estomac. Il ne lui reste que quelques mois à vivre. Face à l’ingratitude de son fils, il se rend compte qu’il n’a jamais vraiment vécu. Mais qu’est-ce que vivre ?
Avec Vivre, Akira Kurosawa signe un mélodrame sans pathos doublé d’une critique politique
Les années 50 ont constitué une sorte d’Âge d’Or pour Akira Kurosawa. De nombreuses récompenses internationales (Oscars, Lion d’or, Ours d’argent…) et d’imposants succès publics et critiques ont couronné une liste impressionnante de chefs d’œuvre qui ont marqué des générations de cinéphiles et de cinéastes : Rashomôn, L’Idiot, Les Sept Samouraïs, Le Château de l’Araignée, La Forteresse cachée, etc.
La Momie
Réalisé après L’Idiot, Vivre fait incontestablement partie de cette filmographie grandiose. Outre sa technique habituellement exceptionnelle, Kurosawa fait preuve ici d’une grande intelligence et d’une profonde originalité dans sa façon de raconter cette histoire paradoxale de mort et de vie.
Pourquoi paradoxale ?
Parce Vivre narre l’histoire d’un homme qui était mort sans le savoir, et qui revient à la vie en apprenant qu’il est condamné. Le film débute d’ailleurs sur ce couperet qui arrive sans prévenir, de façon abrupte. La première image nous montre une radio, et le narrateur nous explique le diagnostic fatal. A ce moment-là, Watanabe ne sait encore rien et nous, spectateurs, ne le connaissons pas encore.
La même voix off va donc nous dire qui est Watanabe. Un mot est employé alors : « mort-vivant ». Le personnage, incarné par un prodigieux Takashi Shimura (qui avait joué jusqu’alors dans quasiment tous les films du maître), ne vit pas. Il parcourt l’existence avec une indifférence morne. De même qu’il classe les paperasses sans vraiment s’intéresser à ce qu’elles contiennent, on devine qu’il passe les jours sans profiter un seul instant de ce qu’il pourrait en tirer.
Cette impression d’un personnage déjà mort est encore renforcée par son fils, qui n’hésite pas à affirmer que, vu l’âge de son père, il pourrait bien lui donner son argent. En bref, lui aussi considère Kanji comme déjà mort et veut sa part d’héritage.
C’est là que le film va vraiment débuter. Un film en trois mouvements, une quête de la vie en trois périodes. Dans la première partie, Watanabe se laisse entraîner dans le monde nocturne plus ou moins interlope de la grande ville. Alcools, filles, cabarets et noctambules, il va tenter d’oublier sa condamnation à mort. Cela donnera lieu à des scènes sublimes, comme sa rencontre avec un écrivain. Mais le constat sera un échec : rien ne semble pouvoir le distraire (au sens pascalien du verbe, c’est-à-dire lui faire penser à autre chose qu’à sa destinée mortelle). Même dans ce cabaret joyeux, entouré de filles et fortement aviné, il reviendra à sa maladie le temps d’une chanson sur la rapidité du temps qui passe, chanson qui donne lieu à une prestation exceptionnelle de Shimura et qui constitue une des scènes les plus fortes du film.
Le deuxième mouvement met en relation Watanabe et une de ses employées qui s’apprête à démissionner. Construite sur un rythme plus lent, cette séquence va avoir un rôle essentiel dans l’histoire, puisqu’elle va permettre au bureaucrate de comprendre ce qui lui manquait : bâtir quelque chose ! Cette partie s’achève d’une façon aussi abrupte que significative. Kanji est de retour dans son bureau, mais sa présence y est strictement contraire à la scène d’ouverture. Alors qu’au début il était un employé replié sur lui-même, écrasé par la paperasse, harassé par une non-vie qui en avait fait un cadavre ambulant (une Momie, selon le surnom qui lui était donné), le voilà désormais bien vivant, énergique, décidé à agir, prenant son dossier à bras-le-corps. Même physiquement il a changé, il s’est redressé, son regard s’est relevé. Le mort anticipé est revenu à la vie.
Le Parc
La troisième séquence montre toute l’audace narrative de Kurosawa. Après une ellipse de cinq mois, nous nous retrouvons face à un autel funéraire sur lequel trône la photo de Watanabe. Sa famille, ses amis, ses collègues, ses supérieurs (jusqu’à l’adjoint au maire) sont venus pour se recueillir (et boire) à la mémoire du fonctionnaire. On évoque son souvenir. On mentionne son fameux projet, celui qui l’a fait revivre, la construction d’un parc pour enfants sur un terrain préalablement assaini.
C’est là aussi qu’éclate de façon évidente une des ambitions de Kurosawa lorsqu’il a réalisé ce film : attaquer frontalement la bureaucratie nippone de son époque. Alors que l’adjoint au maire et les différents chefs de service s’auto-congratulent en s’attribuant les mérites du parc, les flashbacks judicieusement situés montrent aux spectateurs la détermination de Watanabe face à l’inertie de ses supérieurs.
Clairement, la bureaucratie représente la mort. C’est le domaine de ces « cadavres ambulants », momifiés dans des attitudes ultra-codifiées. S’il en fallait une preuve, il suffit de voir ce qui se passe lorsque les gratte-papiers s’en vont : d’un seul coup, la scène semble reprendre vie. On s’installe, on mange, on boit, on discute librement.
En conclusion, Vivre fait indiscutablement partie des œuvres maîtresses de Kurosawa.Les scènes sublimes s’enchaînent, la maîtrise technique du cinéaste se met au service, une fois de plus, d’une histoire profondément humaine et l’aspect politique reste discrètement présent. Ce qui aurait pu être un mélodrame pathétique est transformé en une œuvre d’espoir social. La vraie vie, c’est s’occuper de ceux qui sont dans le besoin.
Vivre est édité chez Wild Side en un coffret DVD+Blu-Ray+livret
Vivre : bande annonce
Vivre : fiche technique
Titre original : Ikiru
Réalisateur : Akira Kurosawa
Scénario : Akira Kurosawa, Shinobu Hashimoto, Hideo Oguni
Interprètes : Takashi Shimura (Kanji Watanabe), Nobuo Kaneko (le fils, Matsuo Watanabe), Yûnosuke Itô (l’écraivain), Miki Odagiri (L’employée).
Photographie : Asakazu Nakai
Musique : Fumio Hayasaka
Montage : Koichi Iwashita
Producteur : Sojiro Motoki
Société de production : Toho Company
Société de distribution : Toho Company
Date de sortie en France : 31 août 1966
Genre : Drame
Durée : 143 minutes
Hué au Festival de Cannes en 2015, le dernier film de Gus Van Sant a eu du mal à venir voir le jour dans les salles de cinéma françaises. Après être repassé par la casse montage pendant près d’un an, la France se décide à enfin sortir le film, étant d’ailleurs un des rares pays a avoir eu le courage de le faire, les Etats-Unis ne s’y étant pas encore résolus.
Synopsis : Dans la forêt d’Aokigahara, au pied du Mont Fuji, l’Américain Arthur Brennan (Matthew McConaughey) est venu se suicider, comme beaucoup de personnes avant lui en ces lieux. Alors qu’il a trouvé l’endroit qui lui semble idéal, il aperçoit au loin un homme blessé et perdu (Ken Watanabe). Assailli par un sentiment d’humanité irrépressible, Arthur décide de se porter à son secours. Alors qu’il s’était décidé à mourir, il va aider un homme à survivre.
Purgatoire cinématographique
Malgré des mauvais avis, il y a quand même une curiosité qui entoure ce long métrage, d’abord parce que c’est un film d’un cinéaste talentueux qui a offert des grands films comme Gerry et Elephant, deux films qui n’avaient pas forcément eu des retours à leur hauteur, Gerry fut même un échec commercial assez retentissant. Donc on peut toujours avoir de l’espoir pour ce Nos souvenirs (titre français déplorable mais plus en accord avec le film que le très beau titre original, The Sea of Trees), Van Sant n’ayant pas forcément connu le succès avec ses meilleurs films mais au contraire avec des projets plus grand public et insignifiants. Néanmoins, malgré un remontage qui aurait dû rendre le film plus agréable, on constate très vite que le cinéaste réunit tout ce qu’il y a de pire dans son cinéma et que tous les remixages du monde ne pourront rien y changer.
Scénarisé par Chris Sparling, auteur de Buried, une série B efficace avec Ryan Reynolds, le film va très vite accumuler tous les poncifs de ce genre de drame existentiel. Plongeant régulièrement dans des monologues pompeux qui enrobent des banalités pour les faire apparaître en vérité, le récit est globalement sur-écrit dans ses personnages et ses mécaniques nous laissant très vite entrevoir où se dirige l’intrigue. Le tout est prévisible, vain et grossièrement amené, l’écriture se sentant obliger de souligner le moindre effet pour faire comprendre au spectateur ses intentions. C’est surtout quelque chose qui prend forme au cours des 3 épilogues du film, chaque épilogue venant expliquer le précédent pour ne laisser aucune place à la spéculation et se faisant même insultant pour l’intelligence du spectateur. Et avec cette accumulation de conclusions, on est face à un scénario qui traîne en longueur et qui se montre laborieux au fur et à mesure de son avancement. L’ensemble n’est pas aidé par des personnages qui ne fonctionnent que par des clichés et des stéréotypes en faisant d’eux des coquilles vides qui manquent d’authenticité. Malgré la volonté de donner corps à la relation entre le personnage principal et sa femme à travers des flashbacks emprunts de lourdeur, le film échoue à les rendre intéressants et, pire que ça, il les ridiculise lorsqu’il dit que, pour connaître une personne, il faut savoir sa saison et sa couleur préférées. Ça manque de substance, c’est grossier dans sa symbolique, notamment quand il donne corps à la métaphore qui entoure le conte Hansel & Gretel, prouvant qu’il tient la capacité de déduction de son spectateur en peu d’estime, et surtout il tente de mettre du suspense de façon bancale là où il n’y en a pas besoin, accouchant de certains passages aberrants de stupidité. Pourtant, il faut reconnaître qu’au début cela semblait bien parti. Le premier tiers du film est intéressant, arrive à apporter une touche de mysticisme agréable et plutôt originale, usant des légendes et croyances japonaises avec habilité et arrivant à donner corps à l’ésotérisme qui entoure la forêt d’Aokigahara. Le parti pris était plutôt accrocheur, le build-up autour des motivations des personnages et de la découverte de la forêt est bien géré et on passe une première demi-heure plaisante.
Le casting suivra la courbe de progression du scénario. Au début les acteurs sont convaincants, jouant les choses avec sobriété mais une fois que le film part dans tous les sens, les acteurs suivent la mesure. Matthew McConaughey fini par faire un cabotinage ridicule, prenant les dialogues les plus médiocres bien trop au sérieux et offre une mauvaise caricature de lui-même. Ses derniers temps il n’évolue plus trop dans son jeu et ici il rejoue la même partition en total décalage, n’arrivant ni à émouvoir ni à convaincre. Ken Watanabe s’enfonce dans une performance outrée et totalement en roue libre où il finit par ne plus sortir qu’une seule expression, celle des yeux écarquillés et de la bouche à moitié ouverte. Il semble parfois traverser le film avec son air ahuri, se demandant comme son personnage ce qu’il fait là, mais pas pour les même raisons. Seule Naomi Watts arrive à offrir une prestation juste et touchante malgré la mauvaise écriture de son personnage. Elle ne se laisse pas noyer par les clichés et arrive à trouver la nuance de son rôle.
La réalisation sent le chaud et le froid. La photographie est agréable, magnifiant les décors déjà somptueux de la forêt et fait un travail intéressant sur les effets d’ombres et de lumières pour retranscrire tout l’aspect glauque et mystique de l’endroit. On regrettera juste un montage qui alourdit le rythme, plaçant ses flashbacks maladroitement, et le tout est desservi par une musique mièvre et insupportable. Celle-ci est de plus envahissante et répétitive, le film préférant mettre de la musique là où le silence aurait eu plus d’impact. La mise en scène de Gus Van Sant est maîtrisée mais impersonnelle, on a connu le cinéaste plus inspiré et il semble ici être en pilotage automatique. Néanmoins, il y a un certain savoir-faire dans la composition des plans et dans le travail sur l’ambiance, qui possèdent de bonnes fulgurances. D’ailleurs tout ce qui entoure l’aspect survival du film est plutôt réussi, l’aspect purgatoire de l’environnement et la découverte des cadavres sont toujours des moments entre la poésie et la noirceur survivaliste et certains passages de tensions et de montées d’adrénalines sont aboutis et assez impressionnants. Ils sortent le long métrage de sa torpeur et accrochent le spectateur, montrant à un ou deux moments que Gus Van Sant est encore capable d’offrir de très bonnes choses.
Nos souvenirs n’est pas seulement le plus mauvais film de Gus Van Sant, c’est aussi tout simplement un mauvais film. Tout n’est pas à jeter, comme une première demi-heure agréable, Naomi Watts toujours aussi juste et une mise en scène qui a ses bons moments. Néanmoins, on se demande comment un tel projet a pu aller aussi loin avec autant de défauts, surtout quand il est chaperonné par un grand cinéaste. Ici c’est mal écrit, souvent mal joué en raison d’une direction d’acteurs aux abonnés absents mais en plus pour un drame qui est censé faire ressentir des choses, il échoue totalement. Il mise bien trop sur la musique mièvre pour faire passer ses émotions mais cela agace plus que ça fonctionne. L’oeuvre étant en plus souvent insultante pour son public dans sa volonté de tout expliquer avec des gros sabots, ce qui amène son erreur la plus impardonnable, son manque de sincérité qui se mue en opportunisme. Tout est fait et pensé pour être quelque chose d’émotionnel et de profond pour se donner des airs importants tout en étant suffisamment accessible pour ne pas paraître trop complexe et élitiste. L’approche devient évidente et donne l’impression de vouloir forcer son spectateur à crier au chef d’oeuvre. C’est petit, vain et limite honteux.
Nos souvenirs : Bande annonce
Nos souvenirs : Fiche technique
Titre original: The Sea of Trees
Réalisation : Gus Van Sant
Scénario : Chris Sparling
Interprétation: Matthew McConaughey (Arthur Brennan), Naomi Watts (Joan Brennan), Ken Watanabe (Takumi Nakamura), …
Image : Kasper Tuxen
Montage: Pietro Scalia
Musique: Mason Bates
Costumes : Danny Glicker
Décor : Jeanette Scott
Producteur : Kevin Halloran, Ken Kao et Gil Netter
Société de production : Bloom, Netter Productions et Waypoint Entertainment
Distributeur : SND
Durée : 110 minutes
Genre: Drame
Date de sortie : 27 avril 2016
Bien que couramment controversée, la Palme d’Or reste la source de toutes les convoitises !
Comme tous les ans, les premiers jours du mois de mai sont marqués par une certaine impatience chez les cinéphiles du monde entier, dans l’attente de l’ouverture du Festival de Cannes.
Et, plutôt que de se lancer dans le vain exercice de pronostiquer le Palmarès à avenir, et par extension la potentielle qualité de films que l’on n’a pas encore vus, la rédaction de CineSeriesMag a choisi de débattre sur les films précédemment palmés que préfèrent ses membres.
À l’issue de ce petit exercice de démocratie participative, qui aurait eu de quoi faire passer Nuit Debout pour un odieux régime totalitaire, nous avons remarqué que cinq œuvres sortaient du lot.
Nous nous devions de vous présenter ce top 5 des Palmes d’Or, tout en vous expliquant pourquoi tels films plutôt que d’autres.
5/ Le Pianiste (Roman Polanski, 2002)
Le pianiste, inspiré du roman homonyme de Wladislaw Szpilman (lui-même tiré d’une histoire vraie), représente incontestablement une œuvre majeure du cinéma. L’histoire de ce pianiste juif, parqué dans le ghetto de Varsovie, qui survivra grâce à l’aide d’un officier allemand mélomane, a bouleversé le monde. Avec un sens du cadre particulièrement développé et une mise en scène relativement épurée, la caméra de Polanski se place et se déplace habilement, offrant au spectateur une représentation mélodramatique de la Shoah. Adrien Brody, tout simplement magistral dans le rôle de ce pianiste, synthétise sur son visage une multitude de tendances émotionnelles bouleversantes par un simple regard, et sa solitude se traduit adroitement à l’écran par son écrasement dans le cadre.
4/ The tree of Life (Terrence Malick, 2011)
Ce cinquième film était très attendu. Initialement prévu au Festival de Cannes 2010, il a été repoussé d’un an pour cause de montage inachevé. Le réalisateur engage de manière plus frontale une réflexion mystique déjà engagée dans ses films précédents, se traduisant ici par une non-linéarité enivrante, véritable chant lyrique. On pourrait résumer l’histoire au portrait d’une famille américaine des années 50, mais c’est bien plus que cela. Il faut véritablement le voir pour le croire, tant chaque plan est un condensé de grâce et de prouesses techniques, tout particulièrement les plans cosmiques, sublimés par la musique. Une mention spéciale aux acteurs enfin, surtout la magnifiée Jessica Chastain, ainsi que les enfants, dont Malick tire le meilleur.
3/ Apocalypse Now (Francis Ford Coppola, 1979)
Film de tous les superlatifs et de tous les excès, Apocalypse Now est à bien des titres une œuvre majeure du XXème siècle. Périple moite et fratricide dans l’enfer de la jungle vietnamienne, le tout mâtiné des Doors à la musique, le film de Francis Ford Coppola a marqué en son temps la profession, décontenancée devant tous les sacrifices effectués par le réalisateur américain, qui aura dû affronter une kyrielle de désagréments entre colère des éléments, tournage à rallonge et casting en roue libre. Les grands films se font dans la douleur parait-il, et autant dire que, après avoir arpenté une jungle aux airs de purgatoire, Coppola le prouve.
2/ Pulp Fiction (Quentin Tarantino, 1994)
Film ayant fait instantanément parlé de lui après une Palme d’Or controversée en 1994, Pulp Fiction est l’exemple type du film culte. Par son scénario tout d’abord : récit déstructuré sous forme de films à sketchs, liés les uns aux autres par un élément clé de l’histoire, le rendu du film n’en est que plus original et dynamique. Par ses personnages ensuite : tous plus farfelus, inquiétants et drôles les uns que les autres, mais pourtant humanisés, les acteurs, pour certains totalement à contre-emploi (Travolta et Willis en tête) sont unanimement parfaits. Par sa B.O. enfin : fil conducteur de l’histoire et partie intégrante de l’atmosphère tarantinesque du film, ce mélange de soul, pop et rock ne laisse pas indifférent.
1/ Taxi Driver (Martin Scorcese, 1976)
Une descente aux enfers saisissante d’un laissé pour compte en quête de repères, cédant à l’extrémisme suite aux ravages de la guerre. Étude fascinante de l’Amérique traumatisée des années 70 et aussi polar nocturne viscéral et esthétique, magistralement mis en scène par Martin Scorsese, où New-York est un personnage à part entière apparaissant comme une force inévitable et fatale. Enchaînant les séquences d’anthologies, habitées par Robert De Niro au sommet de son art, le film devient un porte-étendard du Nouvel Hollywood. C’est une œuvre forte qui redéfinit tout un pan du 7ème Art, par son sens du réalisme et son nihilisme prononcé. À l’époque un renouveau, aujourd’hui un classique et dans tous les cas un grand film culte.
Espérons à présent que le cru 2016 trouvera sa place au milieu de ce Panthéon du 7ème art.
La pépite indé, présentée au Festival de Sundance en début d’année, Captain Fantastic, se dévoile dans une bande-annonce.
Présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2016, découvrez la bande-annonce de l’un des films le plus attendus Captain Fantastic de Matt Ross (28 Hotel Rooms) avec Viggo Mortensen (The Lord of the Rings, A Dangerous Method), Frank Langella, George MacKay, Samantha Isler, Annalise Basso, Nicholas Hamilton, Shree Crooks, Charlie Shotwell, Ann Dowd, Erin Moriarty, Missi Pyle, Kathryn Hahn et Steve Zahn
Le synopsis
Ben Cash vit avec sa femme et ses six enfants dans les forêts du Nord-Ouest Pacifique, totalement isolé de la société, mais en père dévoué qui se consacre à l’enseignement académique et physique de ses enfants. Une tragédie se produit, qui force la famille à quitter leur petit paradis. Les enfants doivent faire face à l’excitation et aux périls d’un monde qui ne leur est pas familier, tandis que Ben est obligé de réexaminer sa conception de parent et se lance un nouveau défi, celui de donner à sa famille une bonne éducation.
Bande-annonce: Captain Fantastic illustrée par les musiques de Song for Zula de Phosphorescent et Ghost de Jeremy Messersmith
Réalisé par le scénariste/réalisateur Matt Ross connu comme acteur pour ses rôles aussi bien dans des séries que des films comme (L’Armée des douze singes, Big Love, Silicon Valley et American Horror Story…), le film Captain Fantastic s’annonce comme un récit initiatique sur une famille non conventionnelle en mode ‘hippie’.
Tout comme l’ancien succès Sundance Little Miss Sunshine, Captain Fantastic pose des questions sur ce que cela signifie d’être un père et quelles valeurs sont importantes dans une famille. Cependant contrairement à ce film, il se penche sur le coût de l’idéalisme et jusqu’où une personne doit aller pour vivre une vie authentique… Et si vous voulez découvrir les deux chansons de ce road movie existentiel faites vous plaisir en attendant la sortie du film le 20 Juillet.
Song for Zula de Phosphorescent
Ghost de Jeremy Messersmith
Pour en savoir plus sur le cinéma qualifié D’Indie Spirit vous pouvez lire cet article.
Avec La Fille Inconnue, les frères Dardenne signent leur dixième long-métrage et retrouvent les marches du Festival de Cannes pour la huitième fois. Déjà repartis à deux reprises avec la Palme d’Or (Rosetta et L’enfant), un Grand Prix du Jury (Le Gamin au Vélo) et un Prix du Scénario (Le Silence de Lorna), les Dardenne sont assurément de sérieux concurrents pour obtenir peut-être une troisième Palme d’or, raflant ainsi le record du nombre de Palmes obtenues.
Synopsis :Olivier est formateur en menuiserie dans un centre de réinsertion sociale. Un jour, la directrice lui demande d’accueillir Francis, un adolescent désireux d’apprendre les métiers du bois. Olivier refuse, prétextant qu’il a déjà trop d’apprentis. Le jeune garçon est alors placé dans l’atelier de soudure. Qui est Francis ? Pourquoi Olivier se met-il à le suivre dans les couloirs de l’établissement, dans les rues de la ville, jusqu’à son immeuble ? Pourquoi est-il ainsi attiré par lui ? Et pourquoi semble-t-il le craindre à ce point ?
Mais avant l’avenir, retour sur un film mémorable de leur filmographie. Ici ce n’est pas d’une fille dont il sera question mais d’un fils, ou plutôt d’un père. Après la consécration internationale obtenue avec Rosetta, les Dardenne souhaitaient simplement tourner un film dans lequel Olivier Gourmet serait de nouveau la tête d’affiche. Si le personnage principal du flm s’appelle également Olivier, c’est parce qu’ils n’imaginaient personne d’autre pour incarner un père meurtri qui puisse paraître aussi quelconque que banal, un Monsieur Tout-le-Monde qui n’attire pas les regards mais auquel il est facile de s’identifier. Il faut savoir qu’Olivier Gourmet est de tous les films des Dardenne, devenant une muse qu’on retrouve avec grand plaisir à chaque film, que ce soit pour des rôles forts comme ici ou de manière très succincte dans Deux Jours, Une Nuit. Pour offrir un rôle à la hauteur de leur muse, les deux frères se sont inspirés d’un fait divers qui s’est produit à Liverpool, où deux jeunes adolescents ont été condamnés pour avoir kidnappé un enfant plus jeune qu’eux dans un centre commercial, avant de le tuer.
Au-delà même de l’acte, ce qui intéressait les deux réalisateurs, c’était les conséquences de ce crime sur la famille. Les deux cinéastes souhaitaient ainsi interroger la manière dont un enfant devient un assassin et le rôle des parents dans une pareille situation. Mais plutôt que filmer le drame, les Dardenne ont préféré imaginer ce qui se passerait si un père endeuillé – mais aussi une mère à sa manière – rencontrait par hasard l’assassin de son enfant. Ce qui les intéressait après Rosetta, c’était de faire « un film de vengeance » mais qui se voudrait plus nuancé qu’un vigilante movie. Le Fils est néanmoins à voir comme un drame social teinté d’un suspense étouffant, en témoigne le dilemme qui anime le père et pour lequel il fait preuve d’une forte résistance, tiraillé entre le pardon et son désir de vengeance. Comme à l’accoutumée, les deux cinéastes trouvent leur singularité cinématographique dans un affrontement entre le banal (les gens) et l’extraordinaire (la situation) pour créer des œuvres à l’histoire simpliste mais qui s’avèrent être de véritables combats existentiels. C’est toute la force de ces natifs de Liège qui interrogent l’attrait pour la vengeance et la notion de promesse et de pardon telle qu’elle avait été autrefois énoncée par Hannah Arendt dans La Condition de l’Homme Moderne.
Le Père
Issus du milieu du documentaire, les Dardenne trouvent leurs influences chez des cinéastes de fictions tels que Ken Loach, Roberto Rossellini et Maurice Pialat, soit des cinéastes à la patte naturaliste indéniable, touchant au plus près des corps et des sujets et dont le découpage sec et affirmé participe au caractère dramatique de tous leurs films. Comme leurs aînés, c’est toujours dans un milieu social – souvent ouvrier – que se déroulent les intrigues des films dardenniens. Il faut savoir qu’avant de s’inscrire dans un centre de formation en menuiserie, le récit devait initialement se dérouler dans une cuisine mais les deux réalisateurs s’inquiétaient de la représentation caricaturale qu’allait donner la présence de couteaux (donc d’armes blanches) et des ustensiles de cuisine dans l’environnement du personnage d’Olivier. Il s’est ainsi mué en menuisier, chargé de former des jeunes en réinsertion sociale, dont ce nouvel arrivant interprété par Morgan Marinne qui s’avère être le meurtrier de son fils. Ce dernier a été choisi pour sa ressemblance avec Jérémie Rénier, sa blondeur, son visage marqué par une colère enfouie et son teint angélique jouant en sa faveur.
Le travail est un thème omniprésent dans la filmographie des Dardenne. Répondant à un besoin anthropologique, les deux frères considèrent le travail comme lieu du rapport avec le réel et les autres. Être sans travail, c’est être condamné à la solitude, à l’inutilité. Dans une interview pour les bonus du film, Jean-Pierre disait : « C’est souvent à travers les gestes du travail que font les personnages que leurs rapports se construisent ». C’est assurément l’apprentissage de ces gestes qui fonde le rapport social entre Olivier et son apprenti. C’est là l’unique intérêt de leur relation. Le travail permet à Olivier de s’épanouir et de trouver un sens à sa vie. Lorsqu’il a la possibilité de retourner travailler avec son frère dans une menuiserie, Olivier justifiera son refus par le fait qu’il réalise quelque chose de bien avec son métier dans le centre, et qu’il peut laisser un héritage à ses élèves. Comme un père à son fils. Car si ce quatrième long métrage dardennien s’intitule Le Fils, c’est davantage la figure du père, du mentor qui prend sens ici. Il avait même été un temps question que le titre du film soit Le Père. Le mentor est une figure qui parcourt régulièrement la filmographie des Dardenne, ce pour quoi ils expliquent avoir été fortement influencés dans leur vie par Armand Gatti. Considéré comme un mentor, Armand Gatti fut un ancien résistant italien de la Seconde Guerre Mondiale devenu poète et metteur en scène, porteur d’une influence politique à travers ses œuvres. Jamais les Dardenne n’auraient trouvé leur voie dans leur art sans l’existence de ce père spirituel qui leur a donné le désir d’évoquer le réalisme social : « C’est cela que nous appelons un « Père Spirituel », l’homme qui te donne le désir de découvrir de nouvelles choses. Et aussi un homme qui te surprend, tout en te donnant confiance. Il a joué un rôle important dans notre œuvre. Sans lui nous n’aurions pas fait ce que nous avons fait toutes ces années. »
Olivier est un personnage renfermé dans son passé, qui n’a jamais réussi à passer au-delà de la perte de son fils, contrairement à son ex-femme qui a réussi à refaire sa vie même si elle garde au fond d’elle une immense tristesse qui ne demande qu’à sortir. Entre le désir de vengeance et le besoin d’être libéré du deuil, Olivier devra être amené à faire un choix pour atteindre une libération rédemptrice sans quoi il ne pourra plus avancer dans la vie. Hannah Arendt avait évoqué dans ses écrits la notion de promesse et de pardon. Les Dardenne s’en inspirent strictement pour opposer deux croyances chez leur personnage, à savoir la promesse de se venger (jamais dit explicitement) et le pardon accordé à ce jeune garçon qui a payé sa dette. L’ambiguïté de la relation entre Olivier et Francis est pesante. Souvent dans le film, la mise en scène donne à voir un affrontement psychologique entre le chasseur aux aguets et la proie sans garde. Car derrière la transmission du savoir qui s’opère devant la caméra, Olivier est autant animé par une pulsion de mort que par le désir de s’émanciper du deuil qui ronge sa vie. Olivier ne semble pas capable de pardonner à l’assassin de son fils mais il tente néanmoins de lui offrir son salut en lui inculquant l’expérience du métier du bois, ce qui permettra également à Olivier d’être sur le chemin de sa rédemption. C’est cette relation particulière s’inscrivant dans un rapport d’initiation maître/apprenti qui participe au salut des deux personnages. Cette tension palpable contribue à donner au film l’aspect d’un thriller où le malaise va crescendo jusqu’à un climax final dont la résolution est claire et sans ambiguïté.
Comme tout film dardennien qui se respecte, la mise en scène est au plus près du réel et du corps. Il y a constamment un rapport au corps remarquable où la caméra ne lâche jamais les déplacements du protagoniste. Car dans chacun des films, le ou les personnages principaux ne sont jamais lâchés par la caméra. Par sa mobilité, cette dernière est toujours en train de suivre le héros en situation d’urgence. Il n’y a pas de musique (sauf diégétique) et le montage ne s’embarrasse pas de tentatives vaines pour surligner le pathos d’une situation qui est déjà poignante par son aspect brut. La caméra à l’épaule est une des techniques de l’esthétique des frères Dardennes. Elle consiste en une image constamment en mouvement, qui permet une grande liberté d’action et de recadrage sur les gestes, les acteurs et les objets. Le choix de ce type de tournage est – sans doute – dû à un budget serré mais aussi par volonté artistique car les cinéastes se veulent proche du réel, où l’esthétique est à la limite du documentaire. Les Dardenne essaient le plus souvent de faire des plans séquences pour éviter les coupures, et donc recadrent sur l’instant et à l’instinct les actions importantes pour garder l’unité de la scène et des sentiments. Ne quittant jamais Olivier, la caméra épouse ses mouvements, son corps apparaissant comme relié à la caméra par un fil invisible. De tout le film, on ne voit que rarement le personnage dans son intégralité, le regard suit constamment le haut de son corps. La nuque est une partie du corps omniprésente dans Le Fils.
Il permet de placer le spectateur derrière Olivier, comme une sorte d’observateur, un curieux qui regarde par-dessus son épaule et qui adopte sensiblement son point de vue. Les histoires des frères Dardenne sont toujours inspirées par des récits du quotidien qu’ils ont entendus ici ou là et qu’ils souhaitent traiter pour une seule raison : interroger le spectateur. Chacun de leurs films vise à faire réfléchir le spectateur sur son attitude en pareille situation. Le réalisme social de leurs films ne vise jamais la magie du cinéma et ne fait que mettre les spectateurs face à la dureté du monde réel. Dans LeFils, après avoir décidé de prendre sous son aile ce nouvel apprenti, l’ex-femme d’Olivier pose directement cette question : « Pourquoi tu fais ça ? », ce à quoi il répond « Je sais pas ». Au fond, qu’est-ce qui nous indiquerait que, nous spectateurs, agirions différemment ? Personne ne le sait. Chaque film des Dardenne est porteur d’un discours, ce qui pousse le spectateur à se rendre compte de son positionnement en telle situation. Par leur aspect froid et brut, les films dardenniens demandent peut-être un effort d’implication mais c’est le prix à payer pour saisir ces intrigues qui n’ont pas leur pareil pour faire réfléchir en plaçant le spectateur dans des situations simples mais cruciales. C’est aussi pour ça que Le Fils est un film aussi radical que bouleversant.
Le Fils assoit définitivement la réputation des frères Dardenne et semble encore plus abouti que Rosetta. Les deux cinéastes deviennent définitivement reconnaissables par leur style, leur ton et leurs sujets. On retrouve cette caméra à l’épaule froide et si éloignée de l’idée de la magie du cinéma, mais c’est ce qui fait la force des films dardenniens qui assoient ce genre si remarquable qu’est le cinéma social. Les Dardenne interrogent ici une situation universelle et donnent trois options à sa résolution (la vengeance, le pardon ou l’impossibilité de tuer). C’est là tout l’enjeu grandiose et maîtrisé de ce drame aux allures de thriller moral. Par son allure banale et disgracieuse, Olivier Gourmet est beau, grand et porteur d’une mélancolie communicative émouvante. C’est définitivement le rôle de sa vie. Si Le Fils demande de la rigueur, il passionne par son dilemme existentiel, fige par sa mise en scène, trouble par ses personnages, et abandonne le spectateur, remué et bouleversé par un récit à la force simpliste mémorable. Un très grand film.
Le Fils: Bande Annonce
Fiche Technique: Le Fils
Réalisation : Jean-Pierre et Luc Dardenne
Scénario : Jean-Pierre et Luc Dardenne
Distribution : Olivier Gourmet (Olivier), Morgan Marinne (Francis), Isabella Soupart (Magali)
Photographie : Alain Marcoen
Décors : Igor Gabriel
Costume : Monic Parelle
Montage : Marie-Hélène Dozo
Musique : /
Producteurs : Jean-Pierre, Luc Dardenne, Denis Freyd
Sociétés de Production : Les Films du Fleuve, Archipel 35
Distributeur : Diaphana Films
Budget : 2 500 000 €
Récompenses : Prix d’interprétation masculine pour Olivier Gourmet au Festival de Cannes 2002, Meilleur film francophone aux Prix Lumière 2003
Genre : Drame
Durée : 103min
Sortie en salles le 23 octobre 2002
Qu’il est difficile de se faire une opinion de la musique du film Démolition. Ce n’est pas que c’est mauvais, mais c’est juste que quand on l’écoute, et bien du film, on n’a plus grand chose à faire. Parce-que cette bande musicale est exceptionnelle d’éclectisme et de qualité. Les choix de Susan Jacobs sont savoureux et ravissent tout mélomane en manque de petits bonheurs. Excusez du peu mais imaginez un tantinet: l’album s’ouvre sur les petits génies (bien trop méconnus) de My Morning Jacket avec ce qui est à ce jour une de leurs plus belles chansons: Touch Me I’m Going To Scream Pt.2. Pour le reste, le pari est de faire un rapide tour d’horizon de la scène pop/rock/garage anglo-saxonne, des années 70 à nos jours. Bien sûr on ne va pas au fond des choses, on survole même, mais c’est si bon à écouter, et si étonnamment varié.
La majorité de la galette met donc en avant une pop/rock aux goûts très sûrs, au milieu de laquelle viennent se glisser, l’air de rien, Lou Doillon, Charles Aznavour avec La Bohême et même Frédéric Chopin, avec un des sesplus beaux et plus célèbres Nocturnes. Le fait est que chacun trouvera ici son compte, sa petite pépite dans la musique de Démolition. Les goûts et les couleurs ne se discutant pas, la qualité de cette sorte de compilation non plus. Alors il y a le film, il y a la musique, il y a les deux qui s’aiment et s’unissent pour un intense plaisir sonore. Une galette à écouter, écouter encore et garder au fond de la boite à gants de la voiture, en la ressortant de temps à autres. Tout en ayant la curiosité attisée par l’imagination du film qu’une telle musique pourrait bien accompagner…
Musique du film Demolition
https://www.youtube.com/watch?v=j3PciCWIGLE
Sortie: 8 avril 2016
Distributeur: ABKCO
Durée: 64:09
Tracklist:
1. Touch Me I’m Going To Scream (Pt. 2) (My Morning Jacket) 8:15
2. To Be Alone With You (Sufjan Stevens) 2:46
3. Crazy On You (Heart) 4:53
4. When I Was Young (Eric Burdon & The Animals) 3:01
5. Bruises (Dusted) 4:21
6. It’s All Over Now, Baby Blue (The Chocolate Watchband) 3:14
7. La Bohème (Charles Aznavour) 4:06
8. Where To Start (Lou Doillon) 2:46
9. Mr. Big (Live at Sunderland/1970) (Free) 5:18
10. Sweaty Fingers (Cave) 11:49
11. Watch The Show (M. Ward) 3:40
12. Nocturne In E Flat Major, Op.9, No.2 (Abridged) (Bonus Track) (Henry Tozer) 1:21
13. La Bohème (Bonus Track) (David Campbell) 1:27
14. Property Lines (Dusted) 3:20
15. Warmest Regards (Extended Version) (Half Moon Run) 3’52