Top 5 des Palmes d’Or de la rédaction

Bien que couramment controversée, la Palme d’Or reste la source de toutes les convoitises !

Comme tous les ans, les premiers jours du mois de mai sont marqués par une certaine impatience chez les cinéphiles du monde entier, dans l’attente de l’ouverture du Festival de Cannes.

Et, plutôt que de se lancer dans le vain exercice de pronostiquer le Palmarès à avenir, et par extension la potentielle qualité de films que l’on n’a pas encore vus, la rédaction de CineSeriesMag a choisi de débattre sur les films précédemment palmés que préfèrent ses membres.

À l’issue de ce petit exercice de démocratie participative, qui aurait eu de quoi faire passer Nuit Debout pour un odieux régime totalitaire, nous avons remarqué que cinq œuvres sortaient du lot.

Nous nous devions de vous présenter ce top 5 des Palmes d’Or, tout en vous expliquant pourquoi tels films plutôt que d’autres.

5/ Le Pianiste (Roman Polanski, 2002)

Le pianiste, inspiré du roman homonyme de Wladislaw Szpilman (lui-même tiré d’une histoire vraie), représente incontestablement une œuvre majeure du cinéma. L’histoire de ce pianiste juif, parqué dans le ghetto de Varsovie, qui survivra grâce à l’aide d’un officier allemand mélomane, a bouleversé le monde. Avec un sens du cadre particulièrement développé et une mise en scène relativement épurée, la caméra de Polanski se place et se déplace habilement, offrant au spectateur une représentation mélodramatique de la Shoah. Adrien Brody, tout simplement magistral dans le rôle de ce pianiste, synthétise sur son visage une multitude de tendances émotionnelles bouleversantes par un simple regard, et sa solitude se traduit adroitement à l’écran par son écrasement dans le cadre. 

4/ The tree of Life (Terrence Malick, 2011)

Ce cinquième film était très attendu. Initialement prévu au Festival de Cannes 2010, il a été repoussé d’un an pour cause de montage inachevé. Le réalisateur engage de manière plus frontale une réflexion mystique déjà engagée dans ses films précédents, se traduisant ici par une non-linéarité enivrante, véritable chant lyrique. On pourrait résumer l’histoire au portrait d’une famille américaine des années 50, mais c’est bien plus que cela. Il faut véritablement le voir pour le croire, tant chaque plan est un condensé de grâce et de prouesses techniques, tout particulièrement les plans cosmiques, sublimés par la musique. Une mention spéciale aux acteurs enfin, surtout la magnifiée Jessica Chastain, ainsi que les enfants, dont Malick tire le meilleur.

 3/ Apocalypse Now (Francis Ford Coppola, 1979)

Film de tous les superlatifs et de tous les excès, Apocalypse Now est à bien des titres une œuvre majeure du XXème siècle. Périple moite et fratricide dans l’enfer de la jungle vietnamienne, le tout mâtiné des Doors à la musique, le film de Francis Ford Coppola a marqué en son temps la profession, décontenancée devant tous les sacrifices effectués par le réalisateur américain, qui aura dû affronter une kyrielle de désagréments entre colère des éléments, tournage à rallonge et casting en roue libre. Les grands films se font dans la douleur parait-il, et autant dire que, après avoir arpenté une jungle aux airs de purgatoire, Coppola le prouve.

 2/ Pulp Fiction (Quentin Tarantino, 1994)

Film ayant fait instantanément parlé de lui après une Palme d’Or controversée en 1994, Pulp Fiction est l’exemple type du film culte. Par son scénario tout d’abord : récit déstructuré sous forme de films à sketchs, liés les uns aux autres par un élément clé de l’histoire, le rendu du film n’en est que plus original et dynamique. Par ses personnages ensuite : tous plus farfelus, inquiétants et drôles les uns que les autres, mais pourtant humanisés, les acteurs, pour certains totalement à contre-emploi (Travolta et Willis en tête) sont unanimement parfaits. Par sa B.O. enfin : fil conducteur de l’histoire et partie intégrante de l’atmosphère tarantinesque du film, ce mélange de soul, pop et rock ne laisse pas indifférent.

 1/ Taxi Driver (Martin Scorcese, 1976)

Une descente aux enfers saisissante d’un laissé pour compte en quête de repères, cédant à l’extrémisme suite aux ravages de la guerre. Étude fascinante de l’Amérique traumatisée des années 70 et aussi polar nocturne viscéral et esthétique, magistralement mis en scène par Martin Scorsese, où New-York est un personnage à part entière apparaissant comme une force inévitable et fatale. Enchaînant les séquences d’anthologies, habitées par Robert De Niro au sommet de son art, le film devient un porte-étendard du Nouvel Hollywood. C’est une œuvre forte qui redéfinit tout un pan du 7ème Art, par son sens du réalisme et son nihilisme prononcé. À l’époque un renouveau, aujourd’hui un classique et dans tous les cas un grand film culte.

Espérons à présent que le cru 2016 trouvera sa place au milieu de ce Panthéon du 7ème art.

 

 

Festival

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