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FEFFS 2016 : Western, Tennis et Cafards mutants

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À mi-parcours de cette 9ème édition, les films se suivent et surtout ne se ressemblent pas

C’est un véritable melting-pot de genres pour cette cinquième journée du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg. On y retrouve un western tarantinesque tandis que la compétition nous offre un nouvel OVNI. La séance de minuit est quant à elle l’occasion de voir l’un des nouveaux films du japonais ultra-productif Takashi Miike.

[Séances spéciales] Fear Itself

Réalisé par Charlie Lyne (UK, 2015) Date de sortie 18 octobre 2015

Synopsis : Pendant 1h30, une jeune femme va, en voix off, nous présenter une réflexion sur la peur et le cinéma. Le tout accompagné de nombreux extraits de films.

Fear Itself est un documentaire réalisé par le très jeune Charlie Lyne, qui possède à côté de cela une rubrique dans le Guardian. Le film est composé uniquement de séquences de films ayant pour la plupart marqué le 7ème art. Par-dessus ces extraits on retrouve la voix off d’une jeune femme qui va nous emmener dans une réflexion sur la peur. Loin d’être une exploration scientifique de la peur et de son fonctionnement, le film mise surtout sur le sensitif. Les multiples sensations induites par divers stimuli, la réaction à certains facteurs, voilà l’angle choisi par Lyne.

Fear Itself n’est pas seulement un documentaire sur la peur, mais aussi sur le cinéma. La forme du film est d’ailleurs particulière. Le documentaire est en effet à l’exception de l’ouverture et conclusion, uniquement composé d’extraits de films. Allant de Blow out à M le Maudit en passant par Mullholland Drive, les morceaux sont choisis avec minutie. On pourrait penser que ce sont des séquences faisant peur, mais loin de là. Les passages accompagnent la voix off, entrent en symbiose avec elle et fonctionnent comme une véritable illustration de celle-ci. Fear itself est un documentaire à la forme originale même si parfois trivial, mais qui ravira certains cinéphiles.

[Compétition crossovers] Outlaws and Angels

Réalisé par JT Mollner (USA, 2016) Date de sortie inconnue.

Synopsis : Après un braquage qui tourne mal, une bande de hors-la-loi trouve refuge dans le foyer d’une famille pieuse. Au cours d’un huis-clos très tendu, la situation menace de basculer quand la fille cadette se rapproche du meneur de la bande.

Bien plus qu’un festival fantastique, le FEFFS est un festival de film de genre, et pour une fois le western est mis à l’honneur. Le premier film du réalisateur JT Mollner nous transporte directement à la fin du XIXème siècle. Une bande de braqueurs se retrouvent pourchassés et se retranchent dans la demeure d’une famille pieuse. S’ensuit un huis-clos posé et bavard mais à la tension omniprésente. Il est assez facile de rapprocher Outlaws and Angels au western de Tarantino sorti en début d’année,  Les 8 Salopards. Leur construction est similaire, on y retrouve cette volonté de proposer un film où les dialogues prennent le pas sur l’action dans sa première partie jusqu’à ce qu’un élément déclencheur change la donne.

Car comme dans le film de Tarantino, l’ambiance va très vite devenir plus explosive. La limite entre bien et mal s’effacera rapidement, et les protagonistes sont très loin d’être les saints ou les hors-la-lois auxquels on s’attendait. Le personnage de Florence, jouée par la jeune fille de Clint Eastwoord, Francesca se révélera dans la deuxième partie du long-métrage. A partir de là, le film va aller de plus en plus loin dans sa violence et son humour très noir. Portrait d’un ouest sauvage, individualiste et pessimiste, Outlaws and Angels est un film efficace dont la lenteur globale prépare à un petit feu d’artifice final.

[Compétition internationale] The Open

Réalisé par Marc Lahore (France, Belgique, 2016) Date de sortie inconnue.

Synopsis : Dans un monde post-apocalyptique, trois personnages persistent à jouer au tennis sans balles et sans filets.

Avis aux amateurs d’œuvres originales : The Open est fait pour vous. Véritable OFNI, le film réalisé par Marc Lahore et son équipe de 9 personnes est une œuvre au budget très très limité. Dans un genre comme le post-apo, il est souvent difficile d’offrir de nouvelles idées et même si les univers sont variés, le combat pour survivre reste un thème omniprésent. C’est dans cette optique que The Open offre un regard frais et nouveau sur ce genre. Ici la seule préoccupation des protagonistes est de jouer au tennis et de gagner la finale de Roland Garros.

Si dans les premières minutes du film, on se retrouve très souvent à rire devant l’absurdité complète de la situation, le long métrage va très vite se révéler être bien plus qu’une comédie surréaliste. The Open s’impose comme une oeuvre particulièrement touchante, parlant de la survie à travers un but. But qui est pour ces personnages leur raison de vivre. Après qu’on leur ait tout pris, la seule chose qu’il leur reste est le tennis. Loin de la guerre, les voilà sur la plage en train de s’échanger des balles imaginaires. Dans sa démarche, The Open est un film  sincère avec un trio d’acteurs très justes. Oeuvre minimaliste mais profonde, The Open se pose clairement comme l’un des incontournables de la compétition.

[Rétrospective M for Murder] Manhunter

Réalisé par Michael Mann (USA, 1986) Date de sortie 15 août 1986

Synopsis : Après avoir capturé le terrifiant Docteur Lecter, l’ex-agent du FBI Will Graham coule des jours heureux avec sa femme et son fils. Mais le voilà contraint de reprendre du service quand un psychopathe nommé « The Tooth Fairy » s’en prend à des familles.

Première adaptation de l’oeuvre de Thomas Harris, Manhunter est aussi le premier classique de son auteur. Reprenant l’histoire de Dragon Rouge, Mann nous offre un polar très prenant mais profondément ancré dans les années 80. Racontant l’histoire d’un profiler ayant une capacité d’assimilation très importante à la recherche d’un tueur s’en prenant à des familles entières, Manhunter relève plus d’un thriller psychologique que d’un policier aux multiples rebondissements.

Au contraire des autres adaptations où Hannibal prend une place importante, il est ici très peu présent. Permettant à Mann de mettre plus l’accent sur Will Graham (ce qui explique certainement ce choix de titre) campé par un jeune William Petersen et d’insister sur ses facultés, très développées (son sixième sens). Malheureusement cela se reflète sur le traitement de Dollarhyde (interprété par un inquiétant Tom Noonan) qui se révèle être beaucoup trop expéditif. Au niveau de la forme, les qualités d’esthète de Mann se mélangent au côté kitsch des années 80. Manhunter reste une oeuvre clé dans la filmographie du cinéaste américain.

[Midnight Movies] Terra Formars

Réalisé par Takashi Miike (Japon,2016) Date de sortie inconnue

Synopsis : En 2599, un groupe de criminels est expédié sur Mars afin d’y exterminer les cafards envoyés 500 ans auparavant dans le but de terraformer la planète. Pour parvenir à leur fin, ils bénéficient de modifications génétiques leur permettant de se transformer en insecte.

En véritable stakhanoviste du cinéma, il était tout naturel de retrouver Takashi Miike avec un nouveau film pour le FEFFS. Présentée à l’Etrange Festival, cette adaptation de manga ne jouit pas d’une très bonne réputation. Il faut dire que le synopsis annonce déjà la couleur, mais permet d’espérer une sorte de nanar complètement décomplexé et jouissif. Malheureusement cela ne sera pas vraiment le cas. Les premières minutes sont pourtant plaisantes et promettent une bonne partie de fun, avec la découverte des cafards mutants, les transformations des divers personnages avec leurs capacités propres. On pouvait s’attendre à une sorte de rencontre entre les Power Rangers et Straship Troopers.

Le film va très vite s’embourber dans sa mécanique et le fun va se faire de moins en moins présent. La faute notamment à une expédition trop rapide de certains éléments et d’un ton un peu trop sérieux. Le film peine donc à être l’oeuvre décomplexée qu’on pouvait attendre. Certaines scènes d’actions offrent des moments dignes d’un bon midnight movie. Pourtant à côté les effets spéciaux s’avèrent être bien souvent laids et les acteurs sont parfois à la ramasse. Takashi Miike prouve encore une fois son manque de constance et préfère miser sur la quantité que la qualité.

 

Chien : le prochain film de Samuel Benchetrit avec un casting surprenant et atypique

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Tournage imminent pour Samuel Benchetrit avec l’adaptation de l’une de ses œuvres littéraires.

L’écrivain et cinéaste va débuter le tournage de son sixième long-métrage, après Asphalteadapté de son roman éponyme, Chien, publié chez Grasset.

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, Samuel Benchetrit a également dévoilé cet été sur les réseaux sociaux les premiers noms des acteurs qui vont intégrer l’équipe du film. Le résultat est vraiment surprenant et risque d’étonner bon nombre de cinéphiles. Vincent Macaigne donnera la réplique à Vanessa Paradis et à… JCVD himself, Jean-Claude Van Damme ! Avec ce casting décalé, Chien risque de rappeler l’ovni Atomik Circus, réalisé par Didier et Thierry Poiraud en 2014, avec sa pléiade d’acteurs atypiques : Vanessa Paradis, Jean-Pierre Marielle et Benoît Poelvoorde.

Après une série de repérages, le tournage de Chien serait imminent.

Le roman de Samuel Benchetrit entraînait le lecteur dans le quotidien de Jacques Blanchot, victime de la loi de Murphy (le pire est toujours certain). Un malheur n’arrive jamais seul dans sa triste existence et en entraîne toujours un autre dans son sillage. Le pauvre Jacques est très loin de voir la vie en rose. Il doit plutôt se contenter d’une vie de chien. Sa femme le quitte et le met dehors. Son fils le déteste et profite de lui. Jacques Blanchot est en plus exploité par son patron sur son lieu de travail. Pour retrouver un peu d’affection, il s’achète un chien. Mais l’animal de compagnie décède rapidement…

Suite à cette succession infernale de malheurs, Jacques Blanchot va lui-même finir par se transformer… en chien !

Le meilleur ami de l’homme et les animaux ont décidément la côte ces derniers temps au cinéma après les films d’animation Zootopie ou Comme des bêtes et après le long-métrage Le Teckel de Todd Solondz, remarqué au dernier Festival du cinéma américain de Deauville.

Samuel Benchetrit devrait également bientôt travailler sur un nouveau projet de film, intitulé Ma Femme, dont le thème central reposerait sur la paternité.

La Danseuse : Rencontre avec la réalisatrice Stéphanie Di Giusto et Soko

Rencontre avec l’équipe du film La Danseuse (au cinéma le 28 septembre)

La Danseuse, c’est six ans de travail, trois ans d’écriture et la modeste somme de six millions d’euros de budget. Derrière cet audacieux projet, une jeune réalisatrice inconnue au bataillon il y a encore quelques mois. C’est le premier film de Stéphanie Di Giusto et pourtant, elle a déjà tout d’une grande. À commencer par les idées : « Un jour, je suis tombée sur une photo en noir et blanc. Il y a avait des voiles blancs en mouvement et à l’intérieur, une femme. J’ai tout de suite voulu savoir qui elle était et son histoire m’a bouleversé ». Talentueuse et prometteuse mais toujours les pieds bien sur terre, CineSeriesMag a eu la chance de la rencontrer au Royal Monceau, en compagnie de la belle Soko, l’interprète principale du film.

Portraits de deux femmes au caractère bien trempé, qui prouvent encore une fois que les femmes ont du talent. Beaucoup de talent.

« Le premier film c’est arriver au bout du chemin, le deuxième c’est là où tout commence » Stéphanie Di Giusto

Lorsque Soko fait son apparition à la fin de la projection, c’est une petite tornade brune qui déboule dans la salle. Elle est drôle, déchaînée, sans complexe et parle fort. Stéphanie Di Giusto, qui fait à son tour son entrée, ne peut s’empêcher de rire « Je vous jure qu’elle n’est pas ivre, elle est comme ça tous les jours » avant d’ajouter, endossant son tablier de réalisatrice et pour commencer l’échange : « Il fallait que je parvienne à canaliser son énergie ».

La réalisatrice est rieuse et enjouée lorsqu’elle parle de son actrice principale, et très fière aussi. La bonne humeur de Soko doit être communicative. En tous cas sur le public, ça fonctionne. 

Stéphanie Di Giusto : Ce qui me plaît chez Soko, c’est qu’elle est unique, vraie. Pour moi, il n’y avait que Soko. C’était elle que je voulais pour le personnage. Elle et seulement elle.

À propos du personnage que la jeune femme interprète, l’artiste Loïe Fuller, la réalisatrice ne tarie pas non plus d’éloges.

Stéphanie Di Giusto : Comme le spectacle n’a jamais été filmé, ce n’est pas la vraie Loïe que l’on peut voir sur internet, seulement des imitatrices. Loïe Fuller a passé son temps à être imitée. C’est une femme libre. Elle est tout sauf une danseuse, mais elle est tellement d’autres choses. Elle aimait le beau. Pas le beau esthétique. Le beau culturel. Tous les croquis vus dans le film sont de Loïe. Sur le tournage, nous étions tous des intégristes du beau […] pour être digne d’elle.

Soko : C’est une femme tellement concentrée sur son travail que sa vie personnelle n’existe pas. C’est une femme qui se cherche, qui doute.

« J’admire la volonté et la dévotion qu’ont les danseurs »

On voit Loïe souffrir tout au long du film. Soko, avez-vous aussi beaucoup souffert pour interpréter ce personnage ?

Soko : Pour arriver à un telle performance […] Ça demande une rigueur de dingue. J’admire la volonté et la dévotion qu’ont les danseurs. Certains matins je me levais, je n’arrivais plus à marcher, j’avais des bleus et tout … C’est deux mois et huit heures par jour d’entrainement, je danse à trois mètres de haut.

Comment avez-vous travaillé avec Benoît Debie (directeur de la photographie sur Lost River de Ryan Gosling ou encore Love de Gaspard Noé) ?

Stéphanie Di Giusto  : Je suis fan. J’aime son travail. J’avais toujours l’appréhension qu’il n’aime pas, à chaque fois qu’il entrait sur un décor. Mais lui, il s’émerveillait, il disait que tout était beau, que l’endroit était beau, que Soko était belle. Je ne me vois pas faire un deuxième film sans lui. C’est incroyable, on n’a pas besoin de se parler pour se comprendre. C’est un grand génie. 

Soko : Et c’était la première fois qu’il faisait un film d’époque. 

Il y a une telle alchimie entre les acteurs. Particulièrement entre Soko et ses partenaires (Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry et Lili-Rose Depp). Comment s’est passé la collaboration ?

Soko : Quand on a un bon scénario, c’est évident. La relation est déjà écrite. En plus, j’étais déjà copine avec Lili-Rose, donc ça a aidé. C’était son premier baiser de cinéma, en plus avec une fille. Donc je n’arrêtais pas de lui demander si ça allait, je lui disais de ne pas se forcer s’il y avait quelque chose qu’elle ne voulait pas faire. Mais elle, elle était très détendue, elle me disait « Non non, ça va ». Et partout où elle allait, elle était suivie par deux énormes gardes du corps, donc j’étais super nerveuse. Je n’avais pas envie qu’ils me cassent la figure [rire]. Mais finalement, c’était plutôt drôle.    

Stéphanie Di Giusto : Oui, tout le monde s’est très bien entendu. 

« Depuis toujours le femmes font du cinéma. Il n’y a pas de raison que ça change »

Quelles sont les difficultés que l’on peut rencontrer quand on fait un film historique ?

Stéphanie Di Giusto : C’est un bras de fer permanent pour arriver à ne pas céder à ce que l’on vous propose. Le même château dans lequel a été tourné tous les films. J’aime la photographie et quand je rentre quelque part et que je suis sublimée par ce que je vois, c’est cet endroit que je veux. Heureusement, j’avais le meilleur chef décorateur (Carlos Conti). Dans La Danseuse, tous les décors sont d’origine, du XIXème siècle. À l’Opéra de Paris, on avait le droit de tourner entre une heure et huit heure du matin.

Soko : C’était le plus beau cadeau du monde. Pour mes 30 ans, j’ai dansé à l’Opéra de Paris.

Stéphanie Di Giusto : Tout le film a été tourné en France, c’était très important pour nous de faire travailler les artisans français.

Vous aviez un budget plutôt limité pour un film de cette envergure (6 millions d’euros). Comment vous en êtes vous sortie ?

Stéphanie Di Giusto : Il faut montrer que l’on a aucun doute, que l’on y croit. Convaincre les producteurs, ses acteurs. Surtout quand c’est ton premier film et que tu sors un peu de nulle part. Tout le monde te met à l’épreuve.

Avez-vous rencontré des obstacles liés à votre « place de femme » dans le milieu du cinéma ?

Stéphanie Di Giusto : Un homme aurait rencontré les mêmes problèmes. Depuis toujours, les femmes font du cinéma. Il n’y a pas de raison que ça change.

« Mon nouveau projet sera plus compliqué, plus dur et plus fou que celui-là »

Lili-Rose, c’était un pari plutôt risqué.

Soko : C’est ma copine, donc Stéphanie était obligée de la prendre [rire].

Stéphanie Di Giusto : Avec Soko, nous sommes allées l’auditionner à Los Angeles. Quand elle a commencé à jouer, c’était évident. Elle a de la grâce, de l’abandon. Elle a envie d’être actrice, c’est ce qu’elle veut faire. C’est très important pour un metteur en scène de savoir que ses acteurs sont convaincus que c’est ce qu’ils veulent faire.

Soko : Elle a ça en elle. Comme Isadora Duncan, elle a ce pouvoir d’intimidation. C’est incroyable de dégager une telle emprise à seize ans.

Stéphanie Di Giusto : Elle posait toujours les bonnes questions sur son personnage, sur le scénario. Elle avait de vraies réflexions. Elle est très mature pour son âge.

Lili-Rose a-t-elle été doublée ?

Stéphanie Di Giusto : Bien sur. C’est vingt ans d’expérience pour faire ce que vous avez vu. Soko c’était différent, je voulais qu’elle aille jusqu’au bout dans l’interprétation du personnage.

Quel sera votre prochain projet ?

Stéphanie Di Giusto : J’attends déjà les retombées du 28 septembre (date de sortie du film en France) mais oui, je travaille sur un nouveau projet. Plus compliqué, plus dur et plus fou que celui-là. Mais je n’ai pas envie d’attendre encore six ans. J’ai envie de vite retourner, d’être sur les plateaux d’ici deux ans.

Et vous Soko, comment envisagez-vous la suite ?

Soko : La sortie d’un troisième album préparé à New York cet été. J’ai envie de faire une pause dans le cinéma et de refaire de la musique. C’est un autre moyen pour moi de m’exprimer, plus personnel. 

La Danseuse: Bande annonce

 La Danseuse : Fiche technique

Réalisateur : Stéphanie Di Giusto
Scénario : Stéphanie Di Giusto et Sarah Thibau
Interprétation : Soko (Loïe Fuller) Gasard Ulliel (Louis) Mélanie Thierry (Gabrielle) Lili-Rose Depp (Isadoraa Duncan) François Damiens (Marchand) Louis-Do de Lencquesaing (Armand)
Producteurs : Alain Attal, Emma Javaux, Marie Jardillier et Xavier Amblard
Photographie : Benoît Debie
Chef décorateur : Carlos Conti
Chef costumier : Anaïs Romand
Chorégraphe : Jody Sperling
Durée : 168 min.
Genre : Drame, Biopic
Date de sortie : 28 septembre 2016

France – 2016

Auteur : Yael Calvo

 

Cézanne et moi : rencontre avec Danièle Thompson et Guillaume Canet

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Rencontre avec l’équipe du film Cézanne et Moi (au cinéma le 21 septembre)

Jeudi 8 septembre, aux Fauvettes. Après la projection du biopic Cézanne et Moi (présélectionné aux Oscars pour représenter la France), la réalisatrice Danièle Thompson et le comédien Guillaume Canet ont accordé un peu de leur temps au public en se livrant à une série de questions/réponses. 

Récit de cette rencontre à laquelle a participé CineSeriesMag, occasion sympathique d‘échanger autour du film avec la cinéaste et l’acteur dans une ambiance simple et détendue. Au menu : histoire de l’art, anecdotes croustillantes et bonne humeur !  

I/ La vision de Danièle Thompson : « Je ne voulais pas porter à l’écran une bande de statues barbues et empaillées comme on les voit souvent »

Quelles sont les raisons qui vous ont motivée à effectuer un tel changement de cap, vous qui êtes plutôt une habituée des comédies ?

Danièle Thompson : Alors je précise que je ne suis pas simplement réalisatrice, je suis également scénariste et il m’est arrivé d’écrire des drames. Je ne fais pas que dans la comédie, même si c’est ce que l’on retient le plus ! Selon moi, l’écriture, c’est le départ de tout. Et c’est toujours un grand bonheur de se lancer dans quelque chose de nouveau, de tâtonner seule dans le vide. J’y trouve un intérêt certain.

Comment avez-vous découvert que Cézanne et Zola étaient amis ?

Danièle Thompson : Pendant longtemps, je ne le savais pas. Je l’ai appris il y a plusieurs années déjà, mais sur le coup, j’étais épatée par ma propre ignorance ! Depuis, je me suis penchée sur cette relation en me documentant, et j’ai rassemblé des preuves à travers diverses correspondances mais aussi grâce à des témoignages. J’ai eu envie de découvrir s’il y avait véritablement une histoire à raconter, avec sa richesse et ses enjeux.

« Selon moi, l’écriture, c’est le départ de tout »

A quel moment avez-vous choisi les comédiens ?

Danièle Thompson : A la fin du processus d’écriture. J’avais déjà travaillé avec Gallienne, que je connais bien. Je l’ai donc contacté en premier pour lui proposer le rôle de Zola car je trouvais que ça lui correspondait bien. Mais, à ma plus grande surprise, il a voulu Cézanne ! En France, contrairement aux États-Unis, on n’a pas l’habitude des rôles de composition, ce n’est pas la tradition, mais je me suis dit pourquoi pas ? J’ai eu confiance très vite.

Quelles ont été vos sources pour construire le scénario ?

Danièle Thompson : J’ai d’abord lu énormément. Des biographies de Cézanne et Zola, des ouvrages, des archives, etc. Ce qui a le plus suscité ma curiosité, c’est cette fâcherie entre les deux, je tenais à exploiter ce thème. Et puis, j’ai également consulté beaucoup de documents iconographiques, arpenté des expositions. Mais attention, je ne voulais pas porter à l’écran une bande de statues barbues et empaillées comme on les voit souvent : dans mon film, ces artistes sont jeunes, fougueux, vivants !

« Je ne voulais pas d’un titre qui fasse documentaire barbant ! »

Comment expliquez-vous le titre, « Cézanne et Moi » ? Est-ce le regard de Zola sur son ami ?

Danièle Thompson : Si vous voulez, c’est difficile de trouver un titre qui ne fasse pas documentaire barbant ! On a pensé à « Cézanne et Zola », « Emile et Paul », mais ça n’allait pas. Je voulais quelque chose de plus personnel, de plus intime. Effectivement c’est trompeur car on a l’impression que l’histoire est racontée du point de vue de Zola, mais en y réfléchissant ce n’est pas faux non plus puisque le film est ponctué de nombreux extraits des livres de Zola ; c’est le peintre qui est vu à travers son oeuvre. Mais au fond le titre a peu d’importance, je voulais surtout donner la juste impression que mon film parle de deux hommes, deux amis. La phrase de la fin, lorsque le romancier dit de Cézanne qu’il avait « du génie avorté« , est véridique. Elle rajoute une dimension encore plus fascinante à cette histoire, inspirée de faits réels même si attention, beaucoup d’éléments ont été inventés. C’est simplement basé sur ce qu’ils auraient pu se dire.

II/Contexte historique et le travail de reconstitution : « Le Paris artistique et bohème du XIXème siècle est une période fascinante »

Combien d’années de recherche vous a-t-il fallu pour aboutir à un tel résultat ?

Danièle Thompson : Ce film a été un travail de longue haleine, mûri par la réflexion. J’ai lu pendant plusieurs années en amont, le temps que mon histoire fructifie, puis concrètement, j’ai consacré huit, neuf mois aux recherches avant de véritablement me lancer dans l’écriture.

Plastiquement, le film est magnifique, comment avez-vous travaillé avec votre directeur de la photo ? Est-ce difficile d’aborder cet aspect technique lorsque l’on fait un film sur un peintre ?

Danièle Thompson : J’avais plusieurs options. J’aurais pu faire un film à la Turner, c’est à dire avec une image qui ressemble à un tableau de maître, mais j’avais envie que mon long métrage soit appréhendé comme quelque chose de contemporain, je ne voulais pas le figer dans une esthétique compassée ; plutôt l’ancrer dans la vie de tous les jours, créer une photo mouvante. Bien sûr, le rendu s’inspire beaucoup de l’univers pictural des impressionnistes (Caillebotte, Monet, Manet), notamment grâce aux paysage du Sud, leur lumière si particulière. J’ai cherché à établir un contraste entre les scènes tournées à Paris et celles d’Aix, en travaillant sur les éclairages, les différences entre Nord et Sud, pour faire se confronter deux ambiances. Par ailleurs, tous les passages filmés dans le bureau de Zola donnent une impression de confinement un peu sombre qui s’opposent là aussi aux scènes tournées en extérieur, baignées par une profusion de lumière. Il faut dire qu’on a eu beaucoup de chance, on a tourné en septembre dernier, il y a tout juste un an, et il a fait un temps magnifique, ce qui nous a offert la possibilité d’exploiter cette lumière si joyeuse, témoignage d’une peinture qui explose, qui parle enfin des gens, contrairement aux tableaux des siècles précédents inspirés par la religion, la mythologie, etc. Ici, c’est naturaliste, réaliste.

« Cézanne et moi n’a pas été un film facile à faire »

La période historique qui est décrite dans le film, à savoir le Paris bohème du XIXème siècle, avait-elle de l’intérêt pour vous en tant que réalisatrice ?

Danièle Thompson : C’est une période fascinante ! D’abord, le XIXème siècle représente un grand moment dans l’histoire de l’art. Et d’ailleurs, il faut le savoir, Zola était un éminent critique d’art, donc il s’inscrit à merveille dans le contexte que j’ai voulu dépeindre. Il a défendu les impressionnistes, même si par la suite il s’est tourné vers des courants plus traditionnels. Cézanne, quant à lui, s’est cherché pendant de nombreuses années et je voulais justement montrer son évolution, son tâtonnement : il commence par l’impressionnisme, puis s’enfonce vers le cubisme, voire l’abstraction. Mon générique de fin retraduit cette progression dans son oeuvre.

Question du producteur du film Albert Koski [et compagnon de Danièle Thompson à la ville, NDLR] : Pouvez-vous nous expliquer cet amour et cette admiration que Zola éprouvait envers Manet ?

Danièle Thompson : Manet avait dix ans de plus que Cézanne et Zola, donc il était plus mûr, plus avancé dans son expérience de peintre. Cézanne avait un coup de pinceau épais, lourd, inspiré par les espagnols. Manet était plus doué, il faisait preuve de raffinement, son travail était meilleur, c’est vrai. Après il faut aussi préciser que Zola est mort avant que Cézanne ne produise ses meilleures toiles, donc il n’a pas eu l’occasion de voir les plus beaux tableaux de son ami. En tout cas je n’ai pas voulu montrer beaucoup de toiles car ce n’était vraiment pas le sujet.

Guillaume Canet : J’en profite juste pour saluer et remercier notre producteur car Cézanne et Moi n’a pas été un film facile à faire. Actuellement sur le marché du cinéma la plupart des producteurs ne se mouillent pas, certains se payent même avant, mais pas Albert, il a pris des risques avec une grande classe.

III/ Les deux Guillaume – le choc des Titans : « Guillaume Gallienne a parfois un sacré tempérament !  » 

Vous avez beaucoup de scènes de confrontations avec Guillaume Gallienne, comment s’est passé le tournage ?

Guillaume Canet : Guillaume et moi on se connaît depuis longtemps. On n’est pas vraiment amis, mais on se croise souvent, par l’intermédiaire de connaissances communes, de relations. Je pense que malgré tout ce rapport éloigné nous a apporté beaucoup car au moment du tournage, on avait l’impression d’être complices, il y avait une proximité entre nous. Guillaume est un acteur habité, passionné, qui a une approche du métier très différente de la mienne ! Il est respectueux de son partenaire, très généreux. Il n’est franchement pas dans une démarche de jouer tout seul. Pour en revenir à la question, les scènes de confrontations entre nous étaient grisantes, excitantes forcément, d’autant que le texte était fort, bien écrit, ce qui dégageait une énergie intéressante. On oublie presque le personnage qu’on est en train de jouer, tellement on est dans la scène. Mais vous savez, Guillaume a un sacré tempérament parfois ! Par exemple j’ai une anecdote : un jour, alors qu’on tournait une séquence où on était nus dans la rivière, on devait se traîner dans la boue et dans la terre, et on s’est aperçu qu’on avait du public ! Danièle avait invité sur le plateau tous ceux qui nous avaient aidés durant le tournage : des pompiers, des policiers, des habitants de la localité, etc. Sauf que vu le contexte, ça tombait au mauvais moment, et Guillaume a vraiment vu rouge ! En plus, la scène a été coupée au montage !

Danièle Thompson : Elle sera dans les bonus (rires) !

« Pour incarner Zola, la pression était grande […]. J’ai pensé à un teckel à poils durs, un fox terrier ! »

Vous et Guillaume Gallienne avaient des registres assez opposés. Est-ce que cela vous a inspiré sur le tournage pour la mise en place d’une dialectique en opposition justement ?

Guillaume Canet : Les personnages étaient déjà écrits comme tels au départ, on a simplement joué nos rôles. C’est la richesse de l’histoire, d’exploiter les raisons et les causes d’une relation aussi improbable, entre deux hommes à priori si différents, et marqués pour la vie par une amitié d’enfance. Le film montre que la vie sépare parfois ceux qui s’aiment, qui se battent pour préserver leur amitié. C’est à la fois un poison et une belle chose, ce n’est pas simple.

Comment se glisse-t-on dans un tel rôle ?

Guillaume Canet : C’est un exercice difficile. J’avais déjà interprété des personnages qui ont véritablement existé, mais ici, c’était différent. Zola est une figure forte et emblématique, qui fait partie du patrimoine et qui est ancrée dans l’inconscient collectif, donc forcément, la pression était grande. Dans ces cas là, la base, c’est le scénario. Si vous sentez que l’histoire est dense, que les dialogues sont solides, que l’écriture est bien gérée, avec des descriptions précises, ça aide, ça donne des indications précieuses pour appréhender le rôle. Ensuite de mon côté j’ai également fait de nombreuses recherches, j’ai lu, j’ai voulu connaître l’homme derrière le mythe pour mieux me l’approprier, découvrir son intimité, au delà de l’auteur. J’ai aussi observé autour de moi : la manière dont mon père s’assoit, marche, se lève. J’ai tenté de reproduire une façon d’être quand on est plus âgé. J’ai une approche assez instinctive de mon métier. A chaque fois, je choisis un animal totem. Pour Zola, j’ai pensé à un vieux chien, genre teckel à poils durs, fox terrier. C’est tenace, bourru, avec un fort rapport à la nature. Et pour finir évidement j’ai bénéficié du savoir-faire des costumiers, des maquilleurs, qui ont donné vie au personnage. En fait, quand j’y pense, le challenge majeur c’était de passer de 20 à 50 ans en l’espace d’une journée, car le tournage n’était pas chronologique. Heureusement Danièle est très précises dans ses directions donc ça me rassurait de savoir qu’elle était satisfaite de ce que je faisais, elle donnait l’impression d’avoir déjà rencontré ses personnages, elle savait exactement ce à quoi chaque scène devait ressembler.

Dans le film, Zola a écrit un roman s’inspirant largement de Cézanne, ce qui provoque le courroux du peintre, trahi. Dans votre carrière de scénariste, cela vous est-il déjà arrivé de vous inspirer de vos proches et de devoir ménager leur susceptibilité pour ne pas les vexer ?

Guillaume Canet : Tout le temps ! Par exemple dans Les petits mouchoirs, le personnage de François Cluzet est inspiré d’un ami qui ne veut pas s’y reconnaître. J’avais tenu à lui faire lire le scénario pour m’assurer qu’il le prenne bien, et il m’a répondu « Pas de souci, ça ne me ressemble tellement pas, vas-y !« . C’est en voyant le film qu’il a eu plusieurs retours, il a été obligé de se rendre à l’évidence (rires) !

« Quand on connaît un échec, c’est difficile de ne pas se tourner vers la colère ou l’aigreur »

Le thème de la réussite et de l’échec est au centre du récit. Cela vous a-t-il intéressé en tant qu’acteur ?

Guillaume Canet : Bien sûr, car c’est ce à quoi tous les artistes sont confrontés en créant. Le doute, l’hésitation, la quête, la passion, la désillusion, etc… Évidemment, ça m’a parlé car je suis également réalisateur et je me suis reconnu dans ces problématiques : quand on travaille par exemple pendant plusieurs années sur un film qui nous tient à cœur et que le projet est mal reçu, c’est difficile de ne pas se tourner vers la colère et l’aigreur.

Finalement, dans Cézanne et Moi, l’amitié est centrale. Elle est traitée comme une histoire d’amour, comment avez-vous procédé pour arriver à un tel rendu ?

Guillaume Canet : Dans toute relation, il existe une forme de fascination, d’admiration, d’amour et de tendresse. Comme le scénario était remarquablement écrit, Guillaume et moi on s’est appuyés sur les dialogues, puis on a introduit des regards, des sentiments exacerbés dans notre jeu d’acteur pour faire passer l’émotion.

Danièle Thompson : Dans leur correspondance, on retrouve ce sentiment presque amoureux, comme lorsqu’Emile écrit à Paul « Je sais tout de toi et rien ne pourra nous séparer« . Il en émane une force et une intensité qui donnent l’impression que plus rien n’existe. Reste à savoir si ils ont consommé ou non… (rires).

Cézanne et Moi sort en salles le 21 septembre. 

*Toutes les questions ont été posées par les spectateurs présents lors de la projection presse.

 

Maggie a un plan de Rebecca Miller : Sortie DVD le 20 Septembre

Sortie DVD : Maggie a un plan, réalisé par Rebecca Miller.

Synopsis : Maggie, trentenaire, éternelle célibataire et new-yorkaise, a bien l’intention de faire un bébé toute seule, mais elle rencontre John, professeur anthropologie et écrivain en devenir, dont elle tombe immédiatement amoureuse.John, lui, n’est pas très heureux en mariage avec la tumultueuse Georgette qui ne vit que pour sa carrière. Il la quitte pour Maggie, qui attend désormais un bébé, mais après quelques années de vie commune, Maggie a un autre plan en tête et aimerait jeter à nouveau John dans les bras de Georgette.

Réalisatrice : Rebecca Miller
Casting : Greta Gerwig, Ethan Hawke, Julianne Moore…
Distribution France : Bac Films

L’avis de la rédaction à propos de Maggie a un plan : Avec Maggie a un plan, Rebecca Miller, fille du brillantissime Arthur Miller, femme du brillantissime Daniel Day-Lewis apporte sa propre quote-part dans le sérail, et fait le pari réussi d’un récit deux-en-un qui allie légèreté et émotion avec un scénario bien écrit servant des acteurs en forme et bien dirigés. Alors oui, le rapprochement avec Woody Allen n’est ni usurpé, ni exagéré ; Maggie pourrait être la fille d’Annie ou d’Hannah…
Critique à retrouver dans son intégralité ici.

Caractéristiques techniques du DVD : DVD-9 – Zone 2 – PAL – Format film 1.85 (16/9 compatible 4/3) – Couleur – Langue : français – Sous-titres : français – Stéréo et 5.1 – Durée : 1h39 minutes

En terme de bonus : Le DVD contient plusieurs entretiens avec différentes personnes de l’équipe : Rebecca Miller, réalisatrice, (aussi à l’origine de Les vies privées de Pippa Lee, The Ballad of Rose and Jack), d’une durée de 7 minutes, Greta Gerwig, révélée dans Frances Ha, d’une durée de 12 minutes, et Julianne Moore, actrice qu’on ne présente plus, récemment vu dans Free Love ou Still Alice, d’une durée de 12 minutes.
Vous pourrez également retrouver la bande-annonce du film.

Maggie a un plan : Bande-annonce

Top 5 des westerns américains par la rédaction du MagduCiné

Alors que la MGM s’apprête à nous gratifier d’un remake des 7 Mercenaires, pas moins de 55 ans après le classique de John Sturges, la rédaction du MagduCiné s’est penchée sur les films qui l’ont le plus marquée parmi ce genre si typiquement américain qu’est le western.

Après un sondage entre les membres de la rédaction, il est apparu que cinq films sont ressortis. Et même si la version d’origine des 7 Mercenaires n’y apparaît pas (à quelques voix près, puisque, pour ne rien vous cacher, il n’est arrivé « que » huitième), gageons que la version qu’Antoine Fuqua se propose de nous offrir marquera les esprits, et lancera une nouvelle vague de modernisation de ces grands classiques du 7ème art que les jeunes générations semblent considérer comme désuets.

Le top 5 des westerns américains selon la rédaction : 

1/ Il était une fois dans l’Ouest (Sergio Leone, 1969) : Sergio Leone a peu de films à son actif – mais quels films ! Après s’être essayé au péplum, Leone trouve sa voie avec Pour une poignée de dollars en inaugurant de même le western spaghetti, parodie du genre américain. Mais Il était une fois dans l’Ouest dépasse la trilogie de l’homme sans nom, puisque ce n’est plus simplement une réappropriation des codes, mais bien un vrai film américain. L’exemple le plus parlant est sans doute le rôle d’Henry Fonda, qui traditionnellement incarne l’Amérique honnête et juste. Ici, Leone en fait un tueur froid et détestable. Pour l’anecdote, Leone tenait à ce que Fonda garde ses yeux bleus caractéristiques, histoire de traumatiser un peu plus l’audience. Les scènes plus que cultes (l’ouverture sans dialogues) et les acteurs géniaux (Charles Bronson, Henry Fonda, Jason Robards et Claudia Cardinale) sont accompagnées de la musique du maître Ennio Morricone, mélange d’harmonica et de guitare électrique. Splendide.

2/ La prisonnière du désert (John Ford, 1956) : Filmé dans la dernière période de la longue carrière de John Ford, pendant laquelle le cinéaste est à l’apogée de son art, la Prisonnière du désert raconte la traque menée par Ethan Edwards (John Wayne) pour retrouver sa nièce Debbie enlevée par des indiens Comanches. Le film participe majestueusement à l’œuvre du cinéaste et au patrimoine cinématographique de son pays. Visuellement, les couleurs et l’immensité de Monument Valley (même si le film est censé se tenir au Texas) contribuent à définir la place de l’homme américain dans l’espace, une place insignifiante tout compte fait, malgré sa conquête de l’Ouest. Et au niveau du discours, le film est une superbe réflexion sur la violence et le racisme, sur la question indienne et les ravages de la guerre. En somme, un excellent western qui transcende et sublime le genre au-delà des stéréotypes habituels des bons blancs et méchants indiens qui l’ont inondé, et au-delà de tous les schémas manichéens qui lui sont rattachés.

3/ Dead Man (Jim Jarmusch, 1996) : Le western est par nature un genre très codifié et il fallait bien un cinéaste comme Jim Jarmush pour en offrir un des plus originaux et ésotériques qui ait pu exister. Véritable odyssée de la mort, l’oeuvre est une réflexion fascinante sur la fin de vie qui prend place au milieu d’une errance poétique au sein de l’Ouest sauvage. D’un onirisme fantasmagorique, le parcours du héros semble être un chemin de croix au sein d’un purgatoire imprévisible et brut qui est accompagné par la mise en scène somptueuse du cinéaste. Sa photographie contrastée enrobe le film d’un voile funeste et apaisant qui se retrouve magnifié par le brillant score de Neil Young, qui participe beaucoup à l’aspect entêtant de l’oeuvre. Difficile à décrire mais indispensable à vivre, Dead Man est un conte spirituel et philosophique qui se doit d’être vu et écouté car il n’a jamais eu son pareil. Un western passionnant et une oeuvre d’art comme on en voit peu, un véritable petit bijou.

4/ Django Unchained (Quentin Tarantino, 2012) :  Avec une œuvre égrenant inlassablement les genres matriciels du cinéma (le film noir, la blaxploitation, le film de guerre ou encore le Chanbara), voir QT tomber dans les travers du western, qui plus est spaghetti, semblait être une évidence. Surprise, voilà qu’en plus de rameuter devant l’écran la figure du cow-boy et son gout pour l’hémoglobine, le natif du Tennessee y joint un regard acerbe sur ce sujet toujours sensible qu’est l’esclavage en posant son récit en plein milieu de la ségrégation raciale qui suivit la fin de la Guerre de Sécession. Résultat, pas question de voir un blanc emballer les cœurs, mais un afro-américain, rendu iconique par une mise en scène soignée, particulièrement revanchard et ayant une dent contre un affreux propriétaire terrien. Sanglant, référentiel, et totalement délirant, Django Unchained est un hommage au genre tout entier, en plus d’être une madeleine de Proust pour quiconque aime Sergio Leone.

5/ La horde sauvage (Sam Peckinpah, 1969) : Réunissant quelques-uns des acteurs les plus populaires de l’époque (Warren Oates, William Holden, Ernest Borgnine…), Sam Peckinpah signe un film qui expérimente des effets de mise en scène révolutionnaires, tels que les ralentis et les angles multiples, qui ont fait entrer ses scènes de fusillades dans la légende. Au-delà de ses innovations techniques, La Horde Sauvage est également une analyse politique d’une rare virulence teintée d’un certain nihilisme. Grâce à sa représentation très brute de la violence et à la caractérisation terriblement cynique donnée à ses personnages, Peckinpah parvient à balayer d’un revers de manche toute la mythologie romantique que ses prédécesseurs avaient donnée au genre. Sa vision est plus proche de celle des réalisateurs italiens, mais est surtout symptomatique du renouveau du cinéma de genre propre à l’époque du Nouvel Hollywood, et qui en l’occurrence sera la matrice de ce qui allait se faire appeler le western crépusculaire.

Ils auraient pu y être : Les huit salopards (Quentin Tarantino, 2015), L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (Andrew Dominik, 2007), Impitoyable (Clint Eastwood, 1992), Pale Rider (Clint Eastwood, 1985), Les 7 mercenaires (John Sturges, 1960)…

Blair Witch, un film de Adam Wingard : Critique

Le Projet Blair Witch avait engendré un buzz sans précédent l’année de sa sortie, en 1999. Véritable coup de génie en terme de communication qui à réussi à se présenter comme de véritables images retrouvées que comme une œuvre de fiction.

Synopsis : Après avoir visionné les bandes retrouvées dans la forêt de Blair, le frère de Heather Donahue décide de partir à sa recherche avec quelque amis afin de la retrouver. Une fois la nuit tombée, ils vont rapidement découvrir que la légende de Blair Witch n’est pas qu’une légende et qu’elle est encore pire.

Chemin balisé

Les acteurs jouant alors leurs propres rôles et tout semblait indiquer que tout leur était réellement arrivé. Même si la supercherie n’a pas tenu, elle a eu suffisamment d’importance pour devenir culte et démocratiser le genre du « found footage » qui maintenant est même utilisé à tort et à travers, tombant dans la médiocrité. Le film en lui-même n’était pas particulièrement réussi mais il avait un sens de la suggestion et du hors champ assez admirable, faisant de lui une expérience encore intéressante aujourd’hui. Adam Wingard, le réalisateur de ce nouveau film, a compris que si il voulait faire une suite qui ait l’aura de son aîné, il devait créer le buzz. Montant son projet sous le nom de The Woods, il le présente ainsi la première fois à un public sous ce nom pour ce qui s’est avéré très vite être la suite directe -laissant de côté la suite illégitime et ratée du nom de Blair Witch 2 : Le Livre des ombres– du Projet Blair Witch. Le buzz a eu son petit effet mais il faisait office de « one shot » car une fois passé la surprise pour cette poignée de spectateur, le reste du monde découvre ce film en connaissance de cause, ce qui lui enlève de son aura si particulière.

Surtout qu’au final, ce Blair Witch n’a pas grand chose de plus à offrir que son aîné. Même si il se montre plus fidèle et intéressant dans sa vision de l’oeuvre originale que sa suite illégitime, il reste beaucoup trop calqué sur son modèle. Le scénario est dans les grandes lignes absolument identique, au point qu’on est plus face à un remake qu’une suite malgré le fait que l’intrigue se déroule plusieurs années après le premier film. Il s’agit de suivre les traces de ce qui a déjà été fait et de tomber dans les mêmes erreurs avec pour seule nouveauté l’évolution technologique qui permet de dynamiser les procédés de mise en scène. Si vous espérez des révélations sur le précédent opus, des éclaircissements sur la sorcière ou qu’encore plus de mystères s’ajoutent au mythe, vous pouvez passer votre chemin. Même si on s’amuse ici à nous dévoiler un peu du physique de la sorcière pour satisfaire une certaine soif de curiosité cela tranche avec le côté suggestion de son prédécesseur et tombe dans des artifices plus grossiers et vulgaires. Le design de cette créature est en plus assez commun et décevant, tandis que le film s’embourbe dans une succession de surenchères sonores et visuelles: les personnages qui sautent sur la caméra sans raisons apparentes, qui hurlent dans les micros etc. Tout cela devient assez vite redondant car c’est majoritairement ce qui sert de mécanique de peur, le film n’instaurant que très rarement une ambiance pour créer l’angoisse. Mais il est difficile de créer de l’angoisse et des enjeux lorsque les personnages sont idiots et clairement là pour faire office de chair à canon, le procédé est d’ailleurs le même jusqu’à la fin: un personnage se sépare du groupe, il meurt et ensuite on passe à un autre.

Même si le constat est globalement négatif jusqu’ici, tout n’est clairement pas à jeter. Certains personnages arrivent à sortir du lot, comme les deux guides qui accompagnent le groupe d’amis. Malgré qu’ils soient sous-exploités, ils donnent une nouvelle dimension au mythe et emmènent le récit à un endroit assez inattendu lors du climax. Il y a quand même une envie d’apporter d’autres pistes de lecture qui ne sont pas inintéressantes, et laisser ses deux personnages en retrait permet au final de vraiment créer un sentiment de mystère. De plus, Adam Wingard apporte beaucoup d’idées de mise en scène assez sympathiques, faisant du film une expérience visuelle avant tout. Il utilise tous les procédés technologiques qu’il a à sa disposition pour transcender son récit, n’hésitant pas à s’affranchir du point de vue d’un seul personnage ou encore de jouer habilement avec la verticalité avec quelques plans en drone, faisant de la forêt un terrain de chasse encore plus vaste. Il est dommage par contre qu’il doive souvent survoler certaines de ces idées intéressantes, le film étant assez court et ayant à sa disposition beaucoup d’outils à explorer, il va très vite passer sur autre chose sans jamais prendre le temps de s’arrêter sur une situation. C’est quelque chose qui se remarquera surtout dans le climax, qui est assez formidable d’ingéniosité et de tension mais qui passe en revu beaucoup trop de procédés en un laps de temps bien trop court. Notamment la dernière idée brillante du film, qui se voit être expédiée en quelques secondes. Lors de ces dernières minutes, Wingard arrive vraiment à poser une atmosphère lourde et malsaine qui trouve son intensité dans une scène sidérante dans des cavités souterraines qui explore à merveille la peur d’être enterré vivant et la claustrophobie.

Blair Witch n’est donc pas le film qui va ravir les fans du premier opus car il n’est clairement pas à la hauteur de son héritage mais il n’est pas le long métrage qui va lui faire honte. Même si il se montre plus vulgaire dans sa surenchère horrifique et qu’il n’apporte rien en terme de scénario, il faut lui reconnaître d’être une expérience visuelle souvent bluffante qui, pour ça, vaut le détour. Il tombe dans les clichés des personnages idiots mais peu compter sur un casting convaincant pour faire croire à l’entreprise tandis qu’Adam Wingard, qui avait déjà fait sensation avec You’re Next en 2013, s’impose comme un metteur en scène ingénieux qui arrive par moments à totalement surpasser le précédent film sur la forme. Blair Witch risque de décevoir les amateurs du premier long métrage, mais il saura trouver son public parmi les fans de sensations fortes, car même si le film est juste moyen, l’expérience n’est pas désagréable pour autant surtout qu’elle s’impose comme la meilleure variation du found foutage de ses dernières années.

Blair Witch : Bande-annonce

Blair Witch : Fiche technique

Réalisation : Adam Wingard
Scénario : Simon Barrett
Interprétation: James Allen McCune  (James Donahue), Valorie Curry (Talia), Callie Hernandez (Lisa), Brandon Scott (Peter), Wes Robinson (Lane) et Corbin Reid (Ashley)
Image : Bobby Baumgartner
Montage: Louis Cioffi
Musique: Adam Wingard
Costumes : Katia Stano
Producteur : Keith Calder, Roy Lee, Steven Schneider et Jessica Wu
Société de production : Lionsgate Pictures
Durée : 89 minutes
Genre : Horreur
Date de sortie : 21 septembre 2016

Etats-Unis – 2016

FEFFS 2016 : Invisibilité, Interactivité et Interconnectivité

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Pas de films en compétition internationale pour le FEFFS cette fois-ci, mais des séances spéciales et un crossover difficile à définir.

Une petite pause dans la compétition internationale pour ce quatrième jour du FEFFS, mais le programme reste tout de même alléchant avec un classique du film de monstres, Richard Bates Jr qui revient avec un nouveau film quatre ans après le prix obtenu pour Excision, des séances spéciales mettant en avant la technologie et le très attendu nouveau film de Rob Zombie pour clôturer la soirée.

[Rétrospective Hollywood Monsters] L’homme invisible

Réalisé par James Whale (USA, 1933) Date de sortie 13 novembre 1933

Synopsis : Jack Griffin est un scientifique qui a mis au point un sérum afin de devenir invisible. Très vite son comportement se modifie lorsqu’il réalise l’étendue de son pouvoir.

Figure de proue des films fantastiques développés par Universal au cours des années 1930, James Whale nous offre ici une adaptation du roman éponyme de H.G Wells. 2 ans après le classique Frankenstein, le voilà à nouveau au commande d’un film de monstres où le point de départ est un scientifique voulant jouer à Dieu. Le film suit donc le personnage de Jack Griffin, scientifique ayant découvert un sérum rendant invisible. Malheureusement ce pouvoir va très vite lui monter à la tête et va pousser le docteur Griffin à répandre le chaos en Angleterre.

Bien plus efficace qu’un Frankenstein, l’Homme invisible nous offre des effets spéciaux incroyablement moderne pour l’époque. Les séquences de vêtements flottant dans les airs ou les personnages se faisant maltraiter par une entité invisible sont encore aujourd’hui très convaincante. Le personnage campé par Claude Rains est lui aussi très réussi, et représente vraiment une face sombre de l’homme. En offrant un pouvoir quasi-illimité au personnage, il n’est pas étonnant de le voir tomber dans les travers de l’âme humaine. Proposant toujours cette réflexion sur le pouvoir de l’homme, le film est également un très bon divertissement faisant à la fois frissonner et rire. Un classique en somme.

[Compétitions crossovers] Trash Fire

Réalisé par Richard Bates Jr (USA, 2016) Date de sortie inconnue.

Synopsis : Owen est un jeune homme cynique possédant certains troubles psychologiques, la faute à un incendie ayant tué ses parents et brûlé à 80% sa petite soeur. Poussé par sa petite amie Isabelle, Owen reconnecter avec sa famille dysfonctionnelle  et essayer de se faire pardonner.

Lauréat du prix du Jury en 2012 pour Excision, Richard Bates Jr nous présente ici son troisième film, déjà vu au festivals de Neuchâtel, Sundance ou très récemment à l‘Etrange festival. Trash Fire est un film  particulier, démarrant comme une sorte de comédie dramatique mettant en scène un couple ayant beaucoup de problèmes notamment à cause d’Owen et son cynisme substantiel. Le film se veut donc à la fois drôle, tout en offrant une vision assez pessimiste du couple.

Trash Fire va cependant basculer une fois que Owen et Isabelle se rendent chez la grand-mère de celui-ci. Fervente pratiquant du christianisme, la grand-mère n’a pas sa langue dans sa poche et possède avec elle un certain bagages de préjugés. Devenant de plus en plus noir dans son humour, le film va également développer un côté fantastique. La grand-mère se voit en effet comme un héraut de Dieu venu nettoyer le péché du monde. Trash Fire va devenir alors un petit récital de scène décomplexées tout en restant convaincantes pour finir avec un très bon bouquet final. Difficile à définir, Trash Fire se voit parfaitement affublé de son statut de crossovers.

[Séance spéciale] Late Shift

Réalisé par Tobias Weber ( Suisse, UK 2016) Date de sortie inconnue.

Synopsis : Matt, jeune employé de parking se retrouve malgré lui embarqué dans le vol d’un bol de porcelaine chinois à la valeur incommensurable. Le vol tourne mal, et c’est au spectateur de définir la direction de l’histoire grâce à l’application CtrlMovie.

Séance très attendue par les festivaliers, et pour cause Late Shift est un film interactif. Grâce à l’application CtrlMovie, vous pouvez en effet décider de la direction de l’histoire. Au cours du film, des propositions vont s’afficher sur l’écran et sur le téléphone, le spectateur aura alors 5 secondes pour faire un choix entre les différentes possibilités et cela aura une influence sur l’histoire (de façon direct ou même plus tard dans le récit).

Late Shift est un véritable film d’ambiance. Si l’histoire est, elle, ultra-basique, c’est véritablement cette sensation de contrôler l’histoire qui va rendre la séance très plaisante. Malheureusement notre salle a fait beaucoup de mauvais choix (cherchant très souvent la bagarre ou ne faisant pas confiance aux autres personnages), et on s’est retrouvé avec la version la plus courte du film. A peine plus d’une heure. Le producteur du film était présent et nous a donné certaines informations comme le développement du film qui sera certainement exploité en salle, et est d’ores et déjà disponible sur Apple TV. Il nous a aussi confié que le film possède près de 7 fins différentes, et qu’il y a un total de scènes filmés s’élevant à 4h30. Croisement entre film et jeu vidéo, Late Shift est une expérience très amusante.

[Séance spéciale] Lo and Behold : Reveries of the connectecd World

Réalisé par Werner Herzog (USA, 2015) Date de sortie inconnue

Synopsis : Werner Herzog nous emmène en voyage dans le monde d’Internet. De sa genèse à son extinction, le documentaire mélange faits et hypothèses sur l’avenir de l’une des plus grandes inventions de l’Homme.

Célèbre réalisateur, Werner Herzog a fait ses preuves dans le domaine de la fiction et dans celui du documentaire. Et c’est dans ce dernier qu’on le retrouve cette année au FEFFS. Lo and Behold met en avant les talents de conteur de Herzog pour nous offrir une histoire de l’internet en 10 chapitres. Allant de sa création, à ce qu’il adviendra dans le futur, tout en parlant de ses dangers, de l’intelligence artificielle ou des hackers, Herzog nous offre un document au panorama très complet bien qu’inégal.

Bénéficiant de nombreux intervenants ayant plus ou moins de pertinences (la séquence de la famille endeuillée était par exemple assez fausse), le film prend un aspect science-fiction vers la fin. Comme dans The Visit l’an dernier qui mettait l’Homme face à une hypothétique rencontre extraterrestre, Herzog va ici essayer de nous offrir des scénarios sur l’évolution de l’internet dans le futur, en mêlant astrophysique et développement de la robotique. Le point fort du film se révèle être également son point faible, et cette volonté de dresser un portrait complet rend certaines séquences trop superficielles.

[Midnight Movies] 31

Réalisé par Rob Zombie (USA,2016) Date de sortie inconnue

Synopsis : Cinq artistes itinérants se retrouvent capturés par une bande d’aristocrates sadiques leur proposant un petit jeu pour Halloween. Pendant 12 heures, les cinq personnages vont devoir survivre dans une usine désaffectée aux attaques de clowns psychopathes.

Rob Zombie s’est fait une certaine réputation dans le milieu de l’horreur. La rockstar retrouve d’ailleurs ici ses premiers amours datant de La Maison des 1000 morts avec ces personnages « rednecks » perdus dans la cambrousse américaine. Avec un point de départ possédant un certain potentiel bien que peu original, Rob Zombie va malheureusement nous offrir un film très paresseux que ça soit dans son développement ou dans le gore.

En effet, 31 s’avère être très redondant. Pendant 12 heures les cinq personnages vont subir les assauts de divers clowns psychopathes aux designs grotesques. Une fois qu’un ennemi est battu, un autre prend sa place et ainsi de suite. L’histoire tourne très vite en rond. Si le film était fun à côté de ça, on aurait pu passer à coté de ce défaut. Malheureusement sur ce point, Zombie n’est pas très généreux avec le spectateur. L’humour tombe très souvent à plat, le gore se fait souvent hors-champ et les scènes d’actions sont filmées de manière à suivre tous les mouvements des personnages, ce qui les rends absolument illisibles. On passera aussi sur ce gaspillage de Malcolm McDowell qui se contente d’émettre des paris sur le taux de survie des protagonistes. 31 est un ratage complet et la salle avait l’air d’être d’accord, tellement l’ambiance était morte pour une salle pourtant complète.

Where to Invade Next, un film de Michael Moore : Critique

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Un nouveau Michael Moore est toujours sujet à controverse. Alors que certains sont partisans de ses dénonciations et de la manière dont elles sont illustrées, d’autres trouvent les agissements du réalisateur critiquables, voire inappropriés. En cela, l’œuvre de Michael Moore atteint donc son but qu’est celui de fonder le débat, afin que chacun puisse donner son opinion, qu’il soit approbateur, ou non.

Synopsis : Michael Moore décide de s’amuser à envahir le monde pour déterminer ce que les États-Unis peuvent apprendre des autres pays.

Leçons de vie pour les États-Unis

Avec Where to Invade Next, le cinéaste s’est modéré, et nous offre ses différentes opinions avec plus de recul. Michael Moore a abandonné la dimension « choc » que pouvaient avoir certains de ses longs-métrages (qu’on se rassure, il n’hésite tout de même pas à illustrer certains de ses propos par des vidéos dont on se passerait).
Ce nouveau documentaire repose sur un concept simple, mais efficace : quelles idées, quelles pratiques, quels choix moraux faudrait-il importer des autres pays aux États-Unis ? A la manière d’un road-trip, Michael Moore se promène en Europe, de la Slovaquie à l’Italie en passant pas la France. Il ira également plus au nord, en Islande, mais également plus au sud, en Tunisie. De Where to Invade Next émanent une pédagogie et des leçons de vie destinées au spectateur, qui sera surpris de bon nombre de réalités en vigueur dans d’autres pays. Malgré le côté trop positif de chaque région, car le réalisateur ne parle que positivement des pays qu’il visite, sans souligner l’envers du décor, on prend du plaisir à parcourir les différents pays accompagné du réalisateur. La séquence introductive, qui prend place en Italie, peut toutefois rebuter et laisser présager le pire pour le reste du film, tant les propos paraissent trop mis sur un piédestal, sans recul et sans aucun point de vue critique. Des faits sont contés, mais aucune nuance n’est jamais faite, ce qui peut jouer en la défaveur du réalisateur américain. Mais, fort heureusement, ce n’est pas le cas de chaque pays présenté, et si ce n’est pas Michael Moore qui amène l’aspect critique, le spectateur arrivera à l’envisager grâce à ses connaissances et à des comparaisons qu’il pourra établir entre son pays d’origine et un pays étranger.

La forme de Where to Invade Next est rudimentaire, parfois trop enfantine, mais effective afin que le film soit compris de chacun. Entre deux rencontres avec des entrepreneurs, des policiers ou encore de purs citoyens (parents ou enfants), ou encore un président de la République, Michael Moore introduit de nombreuses images d’archives, qu’elles soient historiques ou d’actualité. Les prisons, la sécurité sociale ou encore la gastronomie américaine y passent. Le cinéaste américain porte un regard très critique sur son pays, toutefois, on perçoit l’amour qu’il lui porte. Le drapeau américain qu’il plante de droite à gauche en est la preuve, la fierté avec laquelle il le fait aussi. Dans ses critiques acerbes se fonde une compassion et un espoir qu’un jour, la condition humaine états-unienne sera rectifiée et bonifiée. Car au final, les USA on les critiques, mais on les aime bien, quand même!
Mais si Where to Invade Next est aussi agréable, c’est parce qu’à son propos, Moore mèle humour et autodérision. On s’étonne, on s’interroge mais on rit également. Les airs de gros nounours du bonhomme, ses approches aux autres, sa manière de formuler ce qu’il pense, qu’on pourrait qualifier de « cash », ainsi que ses découvertes, accompagnées de grimaces et d’expressions faciales singulières divertissent le spectateur et nous font passer un très bon moment. La légèreté de certains sujets y contribue également.
S’il fallait souligner un gros bémol, on distinguera les dernières séquences qui se détachent du reste de l’oeuvre. Avec son vieil ami, le discours de Michael Moore s’emplit d’un pathos et d’une bêtise qui discréditent tous les sermons précédemment tenus.

Avec Where to Invade Next, des prises de conscience peuvent être effectuées, des comparaisons opérées, et on remarquera sans difficulté que Michael Moore s’assagit avec l’âge. S’il n’est pas indispensable, son documentaire s’avère captivant et fructueux.

Where to Invade Next : Bande-annonce

Where to Invade Next : Fiche technique

Réalisateur : Michael Moore
Scénario : Michael Moore
Photographie : Rick Rowley, Jayme Roy
Montage : Pablo Proenza, Todd Woody Richman, Tyler H. Walk
Musique : Heather Kreamer
Producteurs : Carl Deal, Tia Lessin, Michael Moore
Sociétés de production : Dog Eat Dog Productions, IMG
Distribution (France) : Chrysalis Films
Durée : 120 minutes
Genre : Documentaire
Date de sortie : 14 septembre 2016

États-Unis – 2016

La Taularde, un film d’Audrey Estrougo : critique

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D’emblée, les premières minutes de La Taularde donnent le ton. L’image est froide, l’atmosphère suffocante. On y voit Sophie Marceau au fond du cadre, exécutant les ordres de la chef pénitentiaire, postée au premier plan, lors de la visite de contrôle avant son entrée en cellule. Se mettant entièrement nue, se penchant en avant, toussotant, c’est profondément mal à l’aise que l’héroïne traverse cette première épreuve humiliante, début d’un long parcours du combattant dans un univers des plus impitoyables : la prison pour femme. Et le regard porté par la réalisatrice Audrey Estrougo sur le milieu carcéral féminin prendra la forme d’une plongée ultra réaliste.

Un Prophète 100% féminin

Cette vision du drame était déjà la forme que prenait le précédent long métrage de la réalisatrice, Une Histoire Banale, qui racontait le calvaire d’une femme à se remettre de son viol. Complètement déboussolée par cet acte, ne sachant comment réagir ni que faire, elle basculera dans l’automutilation morale et changera complètement son rapport vis-à-vis des hommes et de sa sexualité. Formidablement interprété par Marie Denarnaud (qui joue également dans La Taularde), le film, malgré un discours un brin rédhibitoire, ne sombrait pas dans la caricature et proposait un climat anxiogène entièrement tourné vers la psychologie du personnage et la difficulté de sa reconstruction.  Pour La Taularde, le schéma narratif est certes différent, de par la nature de son propos (drame psychologique pour l’un, drame carcéral pour l’autre), mais possède une structure identique. D’une part, un climat des plus austères et froids, où le spectateur est souvent mis mal à l’aise par l’authenticité des décors (le film a été tourné dans une prison désaffectée à Rennes) et le réalisme des mises en situations. A l’instar d’Un prophète de Jacques Audiard, la notion d’enfermement est très bien représentée à l’écran, grâce à une caméra fixe, filmant au plus près les actrices, et une tension entre les personnages (quel que soit leur rôle, prisonnière ou surveillante) montant crescendo jusqu’à un final des plus dramatiques. Cette violence est d’ailleurs très bien gérée par la réalisatrice, n’en montrant décemment pas trop (au risque de tomber dans le sensationnel) mais plutôt en la suggérant. Il n’est pas anodin que la scène la plus violente du film est simplement suggérée (à l’image de la scène du viol dans Une Histoire Banale), le drame étant uniquement palpable dans les yeux de Sophie Marceau.

Celle-ci constitue d’ailleurs la deuxième caractéristique du style de réalisation d’Audrey Estrougo : un personnage principal féminin embrassant l’écran, dépassé par sa situation mais cherchant à avancer, interprété avec brio par son actrice. Sophie Marceau crève en effet l’écran : le personnage est suffisamment riche pour qu’elle laisse libre cours à une palette de jeu diversifiée. Déterminée mais psychologiquement faible face à l’agressivité de certaines codétenues, elle arrivera cependant à s’affirmer face à ces mauvais coups, quitte à devenir non pas une véritable leader vis-à-vis de ses camarades (ce que peut laisser supposer un scénario de cette trempe) mais au moins à offrir une réponse équivalente aux coups qu’elle reçoit. Sophie Marceau n’est cependant pas seule : elle est accompagnée d’une galerie d’actrices quasiment toutes impeccables, dont la composition est souvent marquée par la justesse. On retiendra notamment Marie Sohna Condé dans le rôle de la chef pénitentiaire, brillante par sa sobriété dans la fermeté de ses propos et son attitude douce-amère, ainsi que Suzanne Clément (la voisine dans Mommy de Xavier Dolan), sympathique codétenue prenant sur elle, et Marie Denarnaud, nouvelle surveillante dans ce système dont elle ne maîtrise pas tous les codes. Eye Haidara, Alice Belaïdi et Nailia Harzoune surprennent quant à leur violence sous-jacente, prête à exploser à tout moment. D’autres personnages sont également à notifier, forts d’une personnalité et d’un passé dont on aimerait en savoir davantage. Malheureusement, nous touchons ici au principal problème de la Taularde.

Dans sa générosité à dépeindre l’enfer en multipliant les personnages secondaires, certains sont extrêmement survolés alors que leur profil développé initialement incitait le spectateur à en savoir davantage. Ce constat concerne principalement deux personnages. Tout d’abord, celui de la surveillante que les prisonnières surnomment Robocop (à cause de sa fermeté avec celles-ci) dont les origines maghrébines semblables à certaines des détenues auraient pu donner lieu à une problématique intéressante sur le racisme. Ensuite, le personnage d’Anne le Ny, grand perdant de cette prise de position : sa description reste relativement floue (présentée au début comme une aide sincère de Sophie Marceau, puis une véritable opportuniste et enfin assimilée à une criminelle) alors qu’un réel développement aurait permis au spectateur de l’identifier clairement. D’autres personnages sont enfin totalement anecdotiques, notamment du côté des hommes. Ils sont ici au nombre de deux, réduits à l’état d’éducateur sportif, ou d’aides à l’extérieur (le fils de Sophie Marceau), donnant lieu à des scènes involontairement comiques (séquence de la balle au prisonnier, ou encore la passation du téléphone portable lors de la scène du parloir de manière très … confidentielle).

Malgré ce principal défaut de vouloir trop en présenter et ne pas en développer assez, La Taularde reste une bonne surprise dans le paysage cinématographique français actuel. Se rapprochant davantage du réalisme d’un Prophète ou des Poings contre les murs que d’un Orange is the New Black, le film constitue une plongée suffocante dans un univers finalement peu représenté à l’écran, porté par une Sophie Marceau à fleur de peau. Enfin, dans un souci d’éviter tout manichéisme, la réalisatrice nous démontre que les deux catégories de personnages souffrent de ce système, autant les prisonnières que les surveillantes. « Tu veux savoir la différence entre toi et moi Leroy ? », s’exclame une pénitentiaire. « C’est que quand tu seras partie dans dix ans, moi je serai toujours là. »

Synopsis : Pour sauver l’homme qu’elle aime de la prison, Mathilde prend sa place en lui permettant de s’évader. Alors que sa survie en milieu carcéral ne dépend que de lui, Mathilde n’en reçoit plus aucune nouvelle. Isolée, soutenue uniquement par son fils, elle répond désormais au numéro d’écrou 383205-B. Mathilde deviendra-t-elle une taularde comme une autre ?

La Taularde : Bande-annonce

La Taularde : Fiche technique

Réalisation : Audrey Estrougo
Scénario : Audrey Estrougo, Agnès Caffin
Interprétation : Sophie Marceau (Mathilde Leroy), Suzanne Clément (Anita Lopes), Anne Le Ny (Marthe Brunet), Eye Haidara (Nato Kanté), Julie Gayet (Maître Nadège Rutter), Alice Belaïdi (Samira Belhadj), Marie Denarnaud (Léa), Carole Franck (Babette)…
Photographie : Guillaume Schiffman
Montage : Céline Cloarec
Son : Frederic de Ravignan
Producteurs : Sylvain Goldberg, Serge de Poucques, Julie Gayet, Nadia Turincev, Clément Calvet, Jérémie Fajner
Sociétés de production : Rouge International, Nexus Factory, Superprod, Orange Studio, France 2 Cinéma, Cinéfrance, UMedia, Guerrar and Co
Distribution (France) : Rezo Films
Durée : 100 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 14 septembre 2016

Interdit aux moins de 12 ans
France – 2016

FEFFS 2016 : Du oldschool et des zombies animés

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Le FEFFS se poursuit avec un retour sur certains tueurs emblématiques du cinéma, un film d’animation et certainement le pire midnight movie ever.

Troisième jour du FEFFS, l’occasion d’accueillir le président du jury, monsieur William Lustig pour une masterclass très riche en informations (dont la retranscription complète se fera après le festival) et une projection de son film culte Maniac. C’était également l’occasion de voir ou revoir Al Pacino dans le milieu gay SM, d’assister à un film d’animation coréen en compétition internationale et au grand retour de Ruggero Deodato (Cannibal Holocaust) pour la séance de minuit.

[Triple programme William Lustig] Maniac

Réalisé par William Lustig (USA, 1980). Date de sortie : 14 novembre 1980

Synopsis : Frank Zito est un psychopathe qui a la manie de scalper ses victimes féminines afin d’essayer de recréer un cocon matriarcal.

Président du jury de cette 9ème édition du FEFFS, William Lustig est un réalisateur américain ayant majoritairement opéré dans les années 80 et proposant un cinéma outrancier très inspiré des films d’exploitation italiens. Sorti en 1980, Maniac est certainement son film le plus emblématique. Plus précisément, il est l’œuvre de deux hommes : William Lustig bien évidemment mais également Joe Spinell le scénariste et surtout l’homme qui prête ses traits à Frank Zito. Par son approche originale du point de vue subjectif et l’époque à laquelle est sortie le film, Maniac est une oeuvre profondément subversive. Point d’enquête ici, mais une immersion totale dans la vie de Frank Zito, psychopathe maniaque au complexe d’œdipe.

Pendant près d’1h30, le spectateur va donc suivre Zito dans ses virées nocturnes meurtrières en quête de jeunes femmes qu’il scalpera afin de recréer un cocon maternel au sein de son appartement. La mise en scène singulière de William Lustig est très prenante, notamment par un réalisme à tout épreuve et à la brutalité saisissante. L’un des gros points positifs du film est son interprète principal. Spinell est complètement habité par le rôle et possède un de ces visages de cinéma (à la manière d’un Peter Lorre) qu’il est difficile d’oublier. Malsain à souhait, Maniac est une oeuvre choc qui aura subi de nombreuses censures en son temps. S’il a subi un coup de vieux aujourd’hui, Maniac reste un film phare du genre et trouve pleinement sa place dans la rétrospective du festival consacré aux meurtriers les plus célèbres du Septième Art.

[Rétrospective M for Murder] Cruising

Réalisé par William Friedkin (USA, 1980). Date de sortie : 15 février 1980

Synopsis : Une série de meurtre secoue le milieu gay underground de New York. Un jeune officier au physique proche des victimes se voit donc envoyé dans une mission sous couverture afin de mettre la main sur le meurtrier.

Après des chefs d’œuvres tels que French Connection ou Sorcerer, la réputation de cinéaste de William Friedkin n’est plus à faire. S’inspirant à la fois d’une série de meurtres ayant eu lieu à la fin des années 70 et d’un livre écrit par Gerard Walker, Cruising : La Chasse est peut-être le film le plus choc de son auteur. Nous propulsant dans le milieu gay S-M hardcore encore peu connu à cette époque, Friedkin nous offre un polar oppressant à l’atmosphère très lourde. A l’instar de Maniac, le film fait preuve d’une brutalité assez exacerbée comme en témoigne la première séquence de meurtre ravageuse.

Au milieu de tout cela, on retrouve donc un jeune Al Pacino ( à la coiffure lui donnant des airs de John Turturro) qui se voit proposer une mission sous couverture. Les séquences de découverte des divers lieux de rencontre dégagent une sensation mêlant à la fois le malaise et la fascination, remarquablement maîtrisées par Friedkin. Au fur et à mesure qu’il découvre ce milieu étranger, la métamorphose de Al Pacino est saisissante. On doutera cependant de la pertinence de certaines séquences avec Karen Allen. Cruising est encore une fois une oeuvre subversive qui aura causé un certain remous notamment dans les communautés gay en raison de l’image qu’elle renvoie. Tout comme le film précédent, Cruising est le véritable témoin d’une époque où le cinéma américain pouvait proposer des oeuvres à la fois chocs et intéressantes avec des possibilités quasi-illimitées.

[Compétition Internationale]  Seoul Station

Réalisé par Yeon Sang-ho ( Corée du Sud, 2016). Date de sortie inconnue.

Synopsis : Un sans-abri victime d’une morsure se retrouve transformé en zombie. Ce qui s’ensuit est une véritable épidémie transformant notamment les plus défavorisés. Le film suit une jeune fugueuse qui essaie de retrouver son petit ami et son père au milieu de la panique.

Cet été, même si le rédacteur ne l’avait pas aussi apprécié que la grande majorité du public, Dernier train pour Busan avait offert un véritable bol d’air frais au film de zombies avec un concept de huis-clos prenant et un message social intéressant. Seoul Station réalisé par le même réalisateur, Yeon Sang-ho constitue une sorte de prequel sous forme de film d’animation (genre pour lequel le cinéaste est reconnu, Dernier train pour Busan étant son premier film live). On se retrouve une nouvelle fois avec une épidémie de zombies, qui secoue cette fois-ci la ville de Séoul, et toujours cette volonté de critiquer la société coréenne.

Sauf que là où Dernier Train pour Busan nous offrait à la fois un film à la dimension sociale pertinente et un divertissement très fun, Seoul Station se ramasse sur toute la ligne. Si l’aspect social est encore plutôt intéressant, même si redondant avec le film précédent, on est loin de retrouver le même plaisir jubilatoire devant cette invasion. Car Seoul Station n’est pas divertissant. L’un des premiers points à remettre en cause est l’animation et notamment celle des personnages dont la première impression nous renvoie aux Sims, les protagonistes faisant constamment de grands gestes tout en parlant. D’autant plus que le personnage féminin est particulièrement horripilant. L’animation pêche aussi beaucoup une fois que le film essaie d’offrir des séquences d’actions. Autre point négatif, un twist risible que le film nous propose vers la fin pour essayer d’accentuer son propos mais ne faisant qu’accentuer la médiocrité du film par son ridicule. Seoul Station est donc très décevant, tirant en longueur et ne bénéficiant pas du capital fun de son grand frère.

[Midnight Movies] Ballad in Blood

Réalisé par Ruggero Deodato ( Italie , 2016). Date de sortie inconnue.

Synopsis : Le lendemain d’un fête d’Halloween, Duke, Jakopo et Lenka découvre le cadavre de leur amie Elizabeth. Problème : personne ne se souvient de rien. À l’aide de vidéos prises par la victime, les trois amis vont essayer de découvrir la vérité.

Présenté en avant-première européenne au FEFFS, le nouveau film du réalisateur de Cannibal Holocaust Ruggero Deodato s’est très vite imposé comme l’une des pires séances du festival. Si l’idée de départ pouvait être alléchante, Deodato nous fait très vite déchanter dès les premières images apparaissant à l’écran. Visuellement digne d’une série pour ado des pays de l’est flirtant avec le film pornographique, Ballad in Blood commence sur de très mauvaises bases. En plus de cet esthétique peu reluisant, Deodato nous propose un casting foncièrement mauvais. Entre un acteur qui a l’air d’être stone pendant la totalité du film et une anglaise ayant un accent tout sauf anglais, l’acting est très gratiné.

Comme pour le film qui a fait sa réputation, le cinéaste va utiliser le found footage pour délier son histoire. Sauf que ces vidéos sont  complètement inutiles et peinent à être pertinentes pour le dénouement de l’intrigue. Il faut dire que l’intrigue part dans tout les sens, et on se retrouve très souvent face à des réactions sans queue ni tête de la part des protagonistes. Des choses qu’ils ne voulaient pas faire deux minutes auparavant, se retrouvent être leur priorité principale. Complètement incohérent et ne proposant absolument rien d’intéressant, définition ultime du néant cinématographique, Ballad in Blood fait partie de ces films dont on se demande comment ils ont pu obtenir un financement. Deodato a réussi à faire encore pire que Cannibal Holocaust.

Palmarès du 18ème Festival de la fiction TV de La Rochelle

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Le 18e Festival de la fiction télé vient de s’achever à La Rochelle. Le jury, présidé cette année par l’actrice Isabelle Carré, vient de rendre son palmarès. Il a attribué le prix du meilleur téléfilm à « Tuer un homme »(Arte France), réalisé par Isabelle Czajka, avec Frédéric Pierrot, Valérie Karsenti, Laurent Poitrenaux. La série « Glacé » (M6) avec Charles Berling et Pascal Greggory a été distingué par le prix de la meilleure série, ainsi que la série de 26 minutes « Les Grands » (OCS).

Meilleur téléfilm

  • Tuer un Homme réalisé par Isabelle Czajka pour (Arte)

Synopsis: un bijoutier (Frédéric Pierrot) qui tire sur un braqueur pour protéger sa femme (Valérie Karsenti). Le braqueur agonise et meurt sous les yeux de leur fille, Romy (Eva Lallier). Comment cette famille va survivre à ce traumatisme ?

Meilleure série

  • Glacé réalisé par (M6)

Synopsis : Au sommets des Pyrénées, le cadavre d’un étalon décapité est découvert, accroché à 2000 mètres d’altitude. Les capitaines Servaz (Charles Berling) et Ziegler (Julia Piaton) se voient confier cette enquête. A quelques kilomètres de là, la jeune psychiatre Diane Berg Berg (Nina Meurisse) commence les séances avec un tueur en série (Pascal Greggory).

Meilleure série de 26 minutes

  • Les Grands (OCS)

Avec trois prix (Meilleure série de 26 minutes, Prix jeune espoir féminin Adami pour Adèle Wisme et le prix des collégiens de Charente-Maritime), la nouvelle série OCS Signature Les Grands est le vrai vainqueur du festival. Tournée dans un lycée de Tours, elle décrit avec tendresse et justesse le quotidien d’une classe de troisième.

Meilleur programme court

  • Vous les femmes (Téva)

La saison 5 de Vous les femmes, programme porté par le duo Olivia Côte et Judith Siboni que les téléspectateurs de Téva connaissent bien, continue de déconstruire les stéréotypes féminins avec son ton décalé.

Meilleure Web-série

  • Tank de Samuel Bodin (Studio +)

Synopsis : (le prix de la Meilleure réalisation, raconte) l’évasion d’un prisonnier qui empreinte accidentellement la voiture d’un gang de trafiquants de cocaïne pour sa fuite…

Meilleur scénario

  • Harcelée

Le téléfilm de France 2 remporte le prix du meilleur scénario pour Nathalie Kuperman, Raphaëlle Roudaut et Virginie Wagon avec Harcelée. Armelle Deutsh est couronnée du prix de la Meilleure interprétation féminine pour son rôle de femme harcelée sexuellement au travail dans le téléfilm, ex aequo avec Barbara Schulz pour Nadia, un autre téléfilm de France 2. Le Prix jeune espoir masculin A ami récompense Alexandre Philip pour son rôle dans Vestiaires, une autre production de France 2.

Meilleure musique

Box 27 est couronné par trois prix, celui de la Meilleure musique pour Fabrice Aboulker, le Prix spécial du jury et la Meilleure interprétation masculine pour Eric Elmosnino. Ce téléfilm créé pour France 2 avec la participation de TV5 Monde raconte comment un père sans emploi élève seul son fils de 10 ans, sans eau ni électricité dans le box n°27 d’un parking.

Meilleure fiction européenne

La série de la ZDF Ku’Damm 5 raconte l’émancipation de la jeunesse à la fin des années 1950 à Berlin à travers le destin de la famille Schöllack, propriétaire d’une école de danse. La série sera diffusée en France en 2017 sur Arte.

Prix spécial du jury pour la fiction européenne

La série en 6 épisodes produite pour la chaîne BBC1, The A Word, décrit la vie d’une famille recomposée et désorganisée qui vient d’apprendre que leur fils est autiste. Une série drôle, crue et audacieuse.

Coup de cœur du jury pour la meilleure fiction européenne

Chewing gum, coup de cœur du jury pour la meilleure fiction européenne, déjà auréolé d’un Bafta et du prix de la meilleure série comique aux Screen Nation Awards, raconte les aventures complètement déjantées de Tracey Gordon, une jeune vierge de 24 ans, obsédée par Beyoncé. « J’ai voulu raconter comment on traverse l’adolescence, mais avec 10 ans de retard », a résumé pour Michaela Coel, le showrunner de la série qui interprète également le personnage principal. On a hâte de découvrir la série en France.

Meilleures interprétations féminines

Barbara Schulz pour Nadia
Armelle Deutsh pour Harcelée

Meilleure interprétation masculine

Eric Elmosnino pour Box 27

Prix spécial du jury

Box 27

Prix jeune espoir féminin Adami

Adèle Wismes pour Les Grands

Prix jeune espoir masculin Adami

Alexandre Philip pour Vestiaires

Meilleure fiction européenne

Ku’damm 56

Prix spécial du jury pour la fiction européenne

The A Word

Coup de coeur du jury pour la fiction européenne

Chewing Gum

Prix des collégiens de la Charente-Maritime

Les Grands

Durant ce festival plus de 60 œuvres ont été projetées à La Rochelle, qui avait cette année la BBC en invitée d’honneur.