Les Poings contre les Murs : Critique du film

MacKenzie explose nos rétines, avec Les poings contre les Murs, une  œuvre viscérale, ultra-réaliste du milieu carcéral, un intense uppercut d’émotion, propulsé par un casting hors normes, la puissance de jeu de Jack O’Connell crève littéralement l’écran.

Synopsis : Eric est un jeune délinquant violent prématurément jeté dans le monde sinistre d’une prison pour adultes. Alors qu’il lutte pour s’affirmer face aux surveillants et aux autres détenus, il doit également se mesurer à son propre père, Nev, un homme qui a passé la majeure partie de sa vie derrière les barreaux. Eric, avec d’autres prisonniers, apprend à vaincre sa rage et découvre de nouvelles règles de survie, mais certaines forces sont à l’œuvre et menacent de le détruire…

Violence crasse et Rédemption

David McKenzie, réalisateur britannique remarqué et récompensé pour My name is Hallam Foe (2007), du prix (Hitchcock d’Or au les-poings-contre-les-murs-afficheFestival Britannique de Dinard en 2007) et du (Prix du Jury au Festival International du Film Policier de Beaune en 2014) pour son dernier long-métrage, Les Poings contre les murs, un drame hyper réaliste. David McKenzie a choisi une approche épurée, sans musique accompagnatrice; l’univers carcéral y est montré dans toute sa bestialité. Filmé à la manière d’un documentaire, le cadrage proche des personnages  permet de ressentir cette violence omniprésente, cette animalité, cette dureté des âmes prisonniers d’un microcosme particulier où les magouilles, trafic en tous genres et rapports de force et de domination sont les nouvelles lois.

MacKenzie s’est dit inspiré par Un condamné à mort s’est échappé (Robert Bresson, 1956) et L’Evadé d’Alactraz (Don Siegel, 1979), bien qu’Éric ressemble plus à Bronson, comme dans le film éponyme (Nicolas Winding Refn2009). Eric ne craint personne, pas même la prison, une forte tête qui va rencontrer son père, enfermé dans le même univers.

Le genre film carcéral au cours des années 2000 a vu naître quelques œuvres de bonnes factures, comme l’excellent Dog Pound (2010) de Kim Chapiron, Le Prophète de Jacques Audiard, R de Tobias Lindholm et Michael Noer. Un genre traité sous différents angles. Cette fois ci, David McKenzie, s’intéresse au jeune Éric, 19 ans, un dur à cuire qui retrouve ce père inconnu, Nev, incarcéré depuis 5 ans.

Tout l’attrait du film, Les poings contre les Murs (Starred Up), réside dans cette relation déchirante faite d’amour et de haine entre un père et un fils, un angle encore jamais traité dans le film carcéral. La relation père/fils est particulièrement bien ficelée, l’opposition du fils s’exprime par le refus d’être protégé par ce père qu’il ne connait pas et dont il suit les traces pourtant…

Les poings contre les Murs traite des conséquences sur l’âme prisonnière de l’enferment légalisé aussi bien du côté des prisonniers que du côté des geôliers sans tomber dans une vision manichéenne. Un autre axe abordé dans ce film est la réinsertion, à travers ce rôle attribué à un éducateur bénévole, Olivier (Rupert Friend). Le scénariste Jonathan Asser s’est servi de son expérience pour écrire le rôle de ce personnage, qui tente d’aider le jeune homme à exprimer et canaliser cette haine cachée.

Tourné dans une ancienne vraie prison à Belfast (Ulster), Les poings contre les Murs exsudent une violence crasse, une puissance même si le film a quelques défauts : un scénario trop simple, une multitude de personnages aux rôles fort peu développés, alors qu’il y avait matière. Sortir des codes classiques du genre aurait pu en faire un film audacieux. Cependant malgré ses défauts, Les poings contre les murs est un film poignant, sombre, interprété avec brio par des acteurs habités par leurs rôles.

Éric incarné par Jack O’Connell, un acteur remarqué dans la série Skins et dernièrement dans 300 – naissance d’un empire (Noam Murro, 2014), dégage un déferlement d’émotions jusqu’à la scène finale. Jack O’Connell attire la caméra. Sa puissance de jeu est incroyable : il se met dans la peau de son personnage face à un excellent Ben Mendelsohn remarqué en psychopathe dans Animal Kingdom (2010) de David Michôd.

Une œuvre choc, ultra réaliste, implacable et touchante : l’histoire d’un animal sauvage et d’une rédemption orchestrée avec talent… Un film coup de poings à voir et revoir…

Les poings contre les Murs : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=62kCfi9T7KE

Les poings contre les Murs : Fiche Technique

Titre original: Starred Up
Réalisation: David Mackenzie
Scénario: Jonathan Asser
Interprétation: Jack O’Connell (Eric), Ben Mendelsohn (Nev), Rupert Friend (Oliver), Sam Spruell (Hayes), Peter Ferdinando (Spencer)…
Image: Michael McDonough
Décor: Tom McCullagh
Costume: Susan Scott
Montage: Jake Roberts, Nick Emerson
Producteur: Gillian Berrie, Brian Coffey
Distributeur: Wild Side Films, Le Pacte
Durée: 105 minutes
Genre: Drame
Date de sortie: 4 juin 2014

Royaume-Unis – 2014

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