Cézanne et moi : rencontre avec Danièle Thompson et Guillaume Canet

Rencontre avec l’équipe du film Cézanne et Moi (au cinéma le 21 septembre)

Jeudi 8 septembre, aux Fauvettes. Après la projection du biopic Cézanne et Moi (présélectionné aux Oscars pour représenter la France), la réalisatrice Danièle Thompson et le comédien Guillaume Canet ont accordé un peu de leur temps au public en se livrant à une série de questions/réponses. 

Récit de cette rencontre à laquelle a participé CineSeriesMag, occasion sympathique d‘échanger autour du film avec la cinéaste et l’acteur dans une ambiance simple et détendue. Au menu : histoire de l’art, anecdotes croustillantes et bonne humeur !  

I/ La vision de Danièle Thompson : « Je ne voulais pas porter à l’écran une bande de statues barbues et empaillées comme on les voit souvent »

Quelles sont les raisons qui vous ont motivée à effectuer un tel changement de cap, vous qui êtes plutôt une habituée des comédies ?

Danièle Thompson : Alors je précise que je ne suis pas simplement réalisatrice, je suis également scénariste et il m’est arrivé d’écrire des drames. Je ne fais pas que dans la comédie, même si c’est ce que l’on retient le plus ! Selon moi, l’écriture, c’est le départ de tout. Et c’est toujours un grand bonheur de se lancer dans quelque chose de nouveau, de tâtonner seule dans le vide. J’y trouve un intérêt certain.

Comment avez-vous découvert que Cézanne et Zola étaient amis ?

Danièle Thompson : Pendant longtemps, je ne le savais pas. Je l’ai appris il y a plusieurs années déjà, mais sur le coup, j’étais épatée par ma propre ignorance ! Depuis, je me suis penchée sur cette relation en me documentant, et j’ai rassemblé des preuves à travers diverses correspondances mais aussi grâce à des témoignages. J’ai eu envie de découvrir s’il y avait véritablement une histoire à raconter, avec sa richesse et ses enjeux.

« Selon moi, l’écriture, c’est le départ de tout »

A quel moment avez-vous choisi les comédiens ?

Danièle Thompson : A la fin du processus d’écriture. J’avais déjà travaillé avec Gallienne, que je connais bien. Je l’ai donc contacté en premier pour lui proposer le rôle de Zola car je trouvais que ça lui correspondait bien. Mais, à ma plus grande surprise, il a voulu Cézanne ! En France, contrairement aux États-Unis, on n’a pas l’habitude des rôles de composition, ce n’est pas la tradition, mais je me suis dit pourquoi pas ? J’ai eu confiance très vite.

Quelles ont été vos sources pour construire le scénario ?

Danièle Thompson : J’ai d’abord lu énormément. Des biographies de Cézanne et Zola, des ouvrages, des archives, etc. Ce qui a le plus suscité ma curiosité, c’est cette fâcherie entre les deux, je tenais à exploiter ce thème. Et puis, j’ai également consulté beaucoup de documents iconographiques, arpenté des expositions. Mais attention, je ne voulais pas porter à l’écran une bande de statues barbues et empaillées comme on les voit souvent : dans mon film, ces artistes sont jeunes, fougueux, vivants !

« Je ne voulais pas d’un titre qui fasse documentaire barbant ! »

Comment expliquez-vous le titre, « Cézanne et Moi » ? Est-ce le regard de Zola sur son ami ?

Danièle Thompson : Si vous voulez, c’est difficile de trouver un titre qui ne fasse pas documentaire barbant ! On a pensé à « Cézanne et Zola », « Emile et Paul », mais ça n’allait pas. Je voulais quelque chose de plus personnel, de plus intime. Effectivement c’est trompeur car on a l’impression que l’histoire est racontée du point de vue de Zola, mais en y réfléchissant ce n’est pas faux non plus puisque le film est ponctué de nombreux extraits des livres de Zola ; c’est le peintre qui est vu à travers son oeuvre. Mais au fond le titre a peu d’importance, je voulais surtout donner la juste impression que mon film parle de deux hommes, deux amis. La phrase de la fin, lorsque le romancier dit de Cézanne qu’il avait « du génie avorté« , est véridique. Elle rajoute une dimension encore plus fascinante à cette histoire, inspirée de faits réels même si attention, beaucoup d’éléments ont été inventés. C’est simplement basé sur ce qu’ils auraient pu se dire.

II/Contexte historique et le travail de reconstitution : « Le Paris artistique et bohème du XIXème siècle est une période fascinante »

Combien d’années de recherche vous a-t-il fallu pour aboutir à un tel résultat ?

Danièle Thompson : Ce film a été un travail de longue haleine, mûri par la réflexion. J’ai lu pendant plusieurs années en amont, le temps que mon histoire fructifie, puis concrètement, j’ai consacré huit, neuf mois aux recherches avant de véritablement me lancer dans l’écriture.

Plastiquement, le film est magnifique, comment avez-vous travaillé avec votre directeur de la photo ? Est-ce difficile d’aborder cet aspect technique lorsque l’on fait un film sur un peintre ?

Danièle Thompson : J’avais plusieurs options. J’aurais pu faire un film à la Turner, c’est à dire avec une image qui ressemble à un tableau de maître, mais j’avais envie que mon long métrage soit appréhendé comme quelque chose de contemporain, je ne voulais pas le figer dans une esthétique compassée ; plutôt l’ancrer dans la vie de tous les jours, créer une photo mouvante. Bien sûr, le rendu s’inspire beaucoup de l’univers pictural des impressionnistes (Caillebotte, Monet, Manet), notamment grâce aux paysage du Sud, leur lumière si particulière. J’ai cherché à établir un contraste entre les scènes tournées à Paris et celles d’Aix, en travaillant sur les éclairages, les différences entre Nord et Sud, pour faire se confronter deux ambiances. Par ailleurs, tous les passages filmés dans le bureau de Zola donnent une impression de confinement un peu sombre qui s’opposent là aussi aux scènes tournées en extérieur, baignées par une profusion de lumière. Il faut dire qu’on a eu beaucoup de chance, on a tourné en septembre dernier, il y a tout juste un an, et il a fait un temps magnifique, ce qui nous a offert la possibilité d’exploiter cette lumière si joyeuse, témoignage d’une peinture qui explose, qui parle enfin des gens, contrairement aux tableaux des siècles précédents inspirés par la religion, la mythologie, etc. Ici, c’est naturaliste, réaliste.

« Cézanne et moi n’a pas été un film facile à faire »

La période historique qui est décrite dans le film, à savoir le Paris bohème du XIXème siècle, avait-elle de l’intérêt pour vous en tant que réalisatrice ?

Danièle Thompson : C’est une période fascinante ! D’abord, le XIXème siècle représente un grand moment dans l’histoire de l’art. Et d’ailleurs, il faut le savoir, Zola était un éminent critique d’art, donc il s’inscrit à merveille dans le contexte que j’ai voulu dépeindre. Il a défendu les impressionnistes, même si par la suite il s’est tourné vers des courants plus traditionnels. Cézanne, quant à lui, s’est cherché pendant de nombreuses années et je voulais justement montrer son évolution, son tâtonnement : il commence par l’impressionnisme, puis s’enfonce vers le cubisme, voire l’abstraction. Mon générique de fin retraduit cette progression dans son oeuvre.

Question du producteur du film Albert Koski [et compagnon de Danièle Thompson à la ville, NDLR] : Pouvez-vous nous expliquer cet amour et cette admiration que Zola éprouvait envers Manet ?

Danièle Thompson : Manet avait dix ans de plus que Cézanne et Zola, donc il était plus mûr, plus avancé dans son expérience de peintre. Cézanne avait un coup de pinceau épais, lourd, inspiré par les espagnols. Manet était plus doué, il faisait preuve de raffinement, son travail était meilleur, c’est vrai. Après il faut aussi préciser que Zola est mort avant que Cézanne ne produise ses meilleures toiles, donc il n’a pas eu l’occasion de voir les plus beaux tableaux de son ami. En tout cas je n’ai pas voulu montrer beaucoup de toiles car ce n’était vraiment pas le sujet.

Guillaume Canet : J’en profite juste pour saluer et remercier notre producteur car Cézanne et Moi n’a pas été un film facile à faire. Actuellement sur le marché du cinéma la plupart des producteurs ne se mouillent pas, certains se payent même avant, mais pas Albert, il a pris des risques avec une grande classe.

III/ Les deux Guillaume – le choc des Titans : « Guillaume Gallienne a parfois un sacré tempérament !  » 

Vous avez beaucoup de scènes de confrontations avec Guillaume Gallienne, comment s’est passé le tournage ?

Guillaume Canet : Guillaume et moi on se connaît depuis longtemps. On n’est pas vraiment amis, mais on se croise souvent, par l’intermédiaire de connaissances communes, de relations. Je pense que malgré tout ce rapport éloigné nous a apporté beaucoup car au moment du tournage, on avait l’impression d’être complices, il y avait une proximité entre nous. Guillaume est un acteur habité, passionné, qui a une approche du métier très différente de la mienne ! Il est respectueux de son partenaire, très généreux. Il n’est franchement pas dans une démarche de jouer tout seul. Pour en revenir à la question, les scènes de confrontations entre nous étaient grisantes, excitantes forcément, d’autant que le texte était fort, bien écrit, ce qui dégageait une énergie intéressante. On oublie presque le personnage qu’on est en train de jouer, tellement on est dans la scène. Mais vous savez, Guillaume a un sacré tempérament parfois ! Par exemple j’ai une anecdote : un jour, alors qu’on tournait une séquence où on était nus dans la rivière, on devait se traîner dans la boue et dans la terre, et on s’est aperçu qu’on avait du public ! Danièle avait invité sur le plateau tous ceux qui nous avaient aidés durant le tournage : des pompiers, des policiers, des habitants de la localité, etc. Sauf que vu le contexte, ça tombait au mauvais moment, et Guillaume a vraiment vu rouge ! En plus, la scène a été coupée au montage !

Danièle Thompson : Elle sera dans les bonus (rires) !

« Pour incarner Zola, la pression était grande […]. J’ai pensé à un teckel à poils durs, un fox terrier ! »

Vous et Guillaume Gallienne avaient des registres assez opposés. Est-ce que cela vous a inspiré sur le tournage pour la mise en place d’une dialectique en opposition justement ?

Guillaume Canet : Les personnages étaient déjà écrits comme tels au départ, on a simplement joué nos rôles. C’est la richesse de l’histoire, d’exploiter les raisons et les causes d’une relation aussi improbable, entre deux hommes à priori si différents, et marqués pour la vie par une amitié d’enfance. Le film montre que la vie sépare parfois ceux qui s’aiment, qui se battent pour préserver leur amitié. C’est à la fois un poison et une belle chose, ce n’est pas simple.

Comment se glisse-t-on dans un tel rôle ?

Guillaume Canet : C’est un exercice difficile. J’avais déjà interprété des personnages qui ont véritablement existé, mais ici, c’était différent. Zola est une figure forte et emblématique, qui fait partie du patrimoine et qui est ancrée dans l’inconscient collectif, donc forcément, la pression était grande. Dans ces cas là, la base, c’est le scénario. Si vous sentez que l’histoire est dense, que les dialogues sont solides, que l’écriture est bien gérée, avec des descriptions précises, ça aide, ça donne des indications précieuses pour appréhender le rôle. Ensuite de mon côté j’ai également fait de nombreuses recherches, j’ai lu, j’ai voulu connaître l’homme derrière le mythe pour mieux me l’approprier, découvrir son intimité, au delà de l’auteur. J’ai aussi observé autour de moi : la manière dont mon père s’assoit, marche, se lève. J’ai tenté de reproduire une façon d’être quand on est plus âgé. J’ai une approche assez instinctive de mon métier. A chaque fois, je choisis un animal totem. Pour Zola, j’ai pensé à un vieux chien, genre teckel à poils durs, fox terrier. C’est tenace, bourru, avec un fort rapport à la nature. Et pour finir évidement j’ai bénéficié du savoir-faire des costumiers, des maquilleurs, qui ont donné vie au personnage. En fait, quand j’y pense, le challenge majeur c’était de passer de 20 à 50 ans en l’espace d’une journée, car le tournage n’était pas chronologique. Heureusement Danièle est très précises dans ses directions donc ça me rassurait de savoir qu’elle était satisfaite de ce que je faisais, elle donnait l’impression d’avoir déjà rencontré ses personnages, elle savait exactement ce à quoi chaque scène devait ressembler.

Dans le film, Zola a écrit un roman s’inspirant largement de Cézanne, ce qui provoque le courroux du peintre, trahi. Dans votre carrière de scénariste, cela vous est-il déjà arrivé de vous inspirer de vos proches et de devoir ménager leur susceptibilité pour ne pas les vexer ?

Guillaume Canet : Tout le temps ! Par exemple dans Les petits mouchoirs, le personnage de François Cluzet est inspiré d’un ami qui ne veut pas s’y reconnaître. J’avais tenu à lui faire lire le scénario pour m’assurer qu’il le prenne bien, et il m’a répondu « Pas de souci, ça ne me ressemble tellement pas, vas-y !« . C’est en voyant le film qu’il a eu plusieurs retours, il a été obligé de se rendre à l’évidence (rires) !

« Quand on connaît un échec, c’est difficile de ne pas se tourner vers la colère ou l’aigreur »

Le thème de la réussite et de l’échec est au centre du récit. Cela vous a-t-il intéressé en tant qu’acteur ?

Guillaume Canet : Bien sûr, car c’est ce à quoi tous les artistes sont confrontés en créant. Le doute, l’hésitation, la quête, la passion, la désillusion, etc… Évidemment, ça m’a parlé car je suis également réalisateur et je me suis reconnu dans ces problématiques : quand on travaille par exemple pendant plusieurs années sur un film qui nous tient à cœur et que le projet est mal reçu, c’est difficile de ne pas se tourner vers la colère et l’aigreur.

Finalement, dans Cézanne et Moi, l’amitié est centrale. Elle est traitée comme une histoire d’amour, comment avez-vous procédé pour arriver à un tel rendu ?

Guillaume Canet : Dans toute relation, il existe une forme de fascination, d’admiration, d’amour et de tendresse. Comme le scénario était remarquablement écrit, Guillaume et moi on s’est appuyés sur les dialogues, puis on a introduit des regards, des sentiments exacerbés dans notre jeu d’acteur pour faire passer l’émotion.

Danièle Thompson : Dans leur correspondance, on retrouve ce sentiment presque amoureux, comme lorsqu’Emile écrit à Paul « Je sais tout de toi et rien ne pourra nous séparer« . Il en émane une force et une intensité qui donnent l’impression que plus rien n’existe. Reste à savoir si ils ont consommé ou non… (rires).

Cézanne et Moi sort en salles le 21 septembre. 

*Toutes les questions ont été posées par les spectateurs présents lors de la projection presse.

 

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Marushka Odabackian
Marushka Odabackianhttps://www.lemagducine.fr/
Cinéphile depuis ma naissance, j'ai vu mon premier film dans les salles obscures à 2 ans, puis je suis tombée en amour devant "Forrest Gump" à 4 ans, avant d'avoir le coup de foudre pour Leo dans "Titanic" à 8 ans... Depuis, plus rien ne m'arrête. Fan absolue des acteurs, je les place au-dessus de tout, mais j'aime aussi le Septième Art pour tout ce qu'il nous offre de sublime : les paysages, les musiques, les émotions, les histoires, les ambiances, le rythme. Admiratrice invétérée de Dolan, Nolan, Kurzel, Jarmusch et Refn, j'adore découvrir le cinéma de tous les pays, ça me fait voyager. Collectionneuse compulsive, je garde précieusement tous mes tickets de ciné, j'ai presque 650 DVD, je nourris une obsession pour les T-Shirts de geeks, j'engrange les posters à ne plus savoir qu'en faire et j'ai même des citations de films gravées dans la peau. Plus moderne que classique dans mes références, j'ai parfois des avis douteux voire totalement fumeux, mais j'assume complètement. Enfin, je suis une puriste de la VO uniquement.

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