Projection de la version restaurée « Sorcerer » (Le Convoi de la peur) au Cinéma de la Plage.
La journée du jeudi 19 mai 2016 a été marquée par la double présence du maître William Friedkin. D’abord littérale lors de sa leçon de cinéma – ou masterclass (que vous pouvez retrouver ici) -, puis avec la projection d’un des chefs d’œuvre de sa filmographie et même au-delà de celle-ci, du cinéma, Sorcerer. ou le Convoi de la peur, dans sa Director’s Cut ou Version Remasterisée. Deuxième adaptation du roman Le Salaire de la Peur de Georges Arnaud après celle éponyme de Henri-George Clouzot (à qui le film est d’ailleurs est dédié), réalisé en 1977, Sorcerer est à sa sortie un échec commercial. Notamment parce-qu’il sort une semaine après Star Wars de George Lucas, dont le succès international ne cesse de durer. Mais le temps aura gagné contre l’insuccès de l’époque. Le récit suit l’aventure de trois individus fuyant chacun leurs propres ennemis (le personnage de Roy Scheider fuit des gangsters qu’il a volé ; celui de Bruno Cremer la justice française, plus précisément des dettes impossibles à rembourser). Tous sont venus s’exiler en Amérique du Sud. Avec un autre individu, un homme de confession juive venu se venger d’un ancien nazi, ils acceptent un travail dangereux : transporter des explosifs hautement instables jusqu’à un site de forage de pétrole accidenté, afin de refermer le puit en feu. Commence alors le récit d’un voyage infernal, sale, usant, mystique, psychologique, parfois amical, transcendant, fou, humain.
Pendant la séance, assis sur l’espace clos du Festival, ou posé à même le sable sur la plage sur les côtés, ou encore plus haut sur le trottoir de la croisette, le public était captivé, presque hypnotisé par l’œuvre de Friedkin. Le générique de fin arrive et les applaudissements fusent. Si Friedkin n’a pas pu venir présenter le film avant la projection, les spectateurs eux, étaient bel et bien au rendez-vous, nombreux, venus découvrir ou revoir sur grand écran, dans ce mode de vision si particulier de la plage, l’odyssée signée Friedkin. Si les séances-plages auront décidément été un succès cette année, ce jeudi 19 mai 2016 aura été celui de William Friedkin.
Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.
Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.
Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.
Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.
Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
CineSeriesMag a rencontré Paul Lê, co-réalisateur, coscénariste et coproducteur de La Vie Rêvée de David L, un film inspiré de la jeunesse et des éléments de l’œuvre cinématographique et picturale de David Lynch.
Palme d'Or en 1976, Paul Schrader a présenté Dog Eat Dog en clôture de la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2016. Le lendemain de la projection, le cinéaste s'est prêté au jeu des questions-réponses pour CineSeriesMag.
Review de l'un des derniers films présentés à la Séléction Officielle à Cannes, Elle de Paul Verhoeven est un film qui dérange et surprend, de par son humour mais surtout par la position de voyeur dans laquelle il place le spectateur. Un grand film du maître, l'hollandais violent, Paul Verhoeven.