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Lumière ! l’aventure commence, un film de Thierry Frémaux : Critique

En redonnant à voir 108 des premiers films, Thierry Frémaux remonte le temps jusqu’au premiers pas du cinéma. Lumière !, l’aventure commence, c’est un film fait par un cinéphile pour les cinéphiles.

Le 28 décembre 1895, le Cinématographe prenait officiellement vie. Lors de la première projection publique payante, les spectateurs ont découvert 10 vues Lumière. Les vues, ce sont ces petits films, d’une durée avoisinant les 50 secondes, faites d’un seul plan. 122 ans plus tard, le public peut à nouveau découvrir sur grand écran 108 des meilleurs vues du catalalogue Lumière, toutes tournées entre 1895 et 1905 par les frères ou leurs opérateurs.

Lumière !, l’aventure commence s’ouvre sur la fameuse « Sortie d’Usine », le premier film tourné à Lyon. Un photogramme, puis deux, puis trois, et la magie du mouvement opère. Pour un cinéphile, il n’y a peut-être pas de plus bel instant que de celui de voir l’origine du cinéma dans la salle. Organisé en plusieurs parties par Thierry Frémaux et son équipe de l’Institut Lumière, on découvre avec plaisir les fameuses vues restaurées, qu’elles soient rapportées du bout du monde ou qu’elle ne soient que fiction comme « Le repas de Bébé ». Lumière! peut aujourd’hui être vu comme un documentaire sur les deux frères et de leur famille, premiers acteurs du monde, mais il s’agit également d’un fabuleux témoignage sur la France et le monde du début du siècle, et pour finir, un document inestimable sur les débuts du cinéma.

On aurait pu craindre l’ennui devant ces vues muettes, ou alors l’agacement devant une voix-off trop explicative. Il n’en est rien. D’abord, la musique de Camille Saint-Saëns, contemporain des Lumière, accompagne formidablement la séance, en nous faisant littéralement rentrer dans l’époque. Ensuite, c’est Thierry Frémaux lui-même qui commente chacune des 108 vues. L’exercice est difficile : il faut trouver le mot juste en seulement 50 secondes. Le commentateur alterne habilement l’anecdote, l’explication et l’analyse du film, réussissant à diriger le regard du spectateur sur ce qu’il « faut » voir. C’est avec plaisir qu’on se laisse bercer par la voix du délégué général du Festival de Cannes.

Il faut aller voir Lumière !, l’aventure commence, pour le patrimoine qu’il expose, mais aussi pour constater la tendresse et la curiosité des frères Lumière, qui étaient aussi celui d’une époque révolue, celle qui croyait que le futur était plein d’inventions et qui n’avait pas encore vécu les deux guerres.

Lumière !, l’aventure commence : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=DwmSWg8xQhM

Synopsis : En 1895, les frères Lumière inventent le Cinématographe et tournent parmi les tout premiers films de l’histoire du cinéma. Mise en scène, travelling, trucage ou remake, ils inventent aussi l’art de filmer. Chefs-d’œuvre mondialement célèbres ou pépites méconnues, une centaine de films restaurés composent ce retour aux origines du cinéma. Ces images inoubliables sont un regard unique sur la France et le Monde qui s’ouvrent au 20e siècle. Lumière, l’aventure du cinéma commence !

Lumière !, l’aventure commence : Fiche Technique

Réalisation : Thierry Frémaux
d’après une série de vues cinématographiques tournées par Louis Lumière et ses opérateurs
Musique : Camille Saint-Saëns
Montage : Thomas Valette et Thierry Frémaux
Production exécutive : Maëlle Arnaud
Conseiller lumière : Fabrice Calzettoni
Administration : Cécile Bourgeat
Société de production : Sorties d’Usine Productions
Société de distribution : Ad Vitam
Durée : 1h30
Visa : 145 890
Genre : documentaire
Dates de sortie  : 25 janvier 2017

France – 2017

Rétro Stephen King : Fenêtre secrète, un film de David Koepp

Une adaptation sensiblement fidèle au récit original est-elle pour autant un bon film ? Avec le scénariste et réalisateur David Koepp aux commandes et un Johnny Depp cabotin dans le premier rôle, Fenêtre secrète est-il parvenu à sortir des sentiers battus pour nous offrir un thriller haletant ?

Scénariste chouchou d’Hollywood (Jurassic Park, Mission : impossible, Spider Man) David Koepp avait été sollicité par les plus grands, comme Brian de Palma ou encore David Fincher, avant de s’adonner lui-même à la réalisation. Passionné de surnaturel, Koepp côtoie le fantastique sur plusieurs longs-métrages et c’est donc tout naturellement que le réalisateur et scénariste est désigné pour donner vie à l’un des récits du Maître, par les studios Columbia Pictures. À l’époque, les critiques étaient mitigées quant à la qualité du récit, qu’en est-il de l’adaptation cinématographique ?

Synopsis : Mort Rainey est un écrivain à succès, mais le mal causé par son divorce semble lui ôter toute créativité. Alors qu’il se morfond dans sa maison de campagne, incapable d’écrire, il reçoit la visite d’un dénommé Shooter qui l’accuse d’avoir plagié l’une de ses histoires.

« Secret Window, Secret Garden », en français « Vue imprenable sur jardin secret » est une nouvelle de Stephen King publiée dans le recueil Minuit 2, paru en septembre 1990. L’écrivain raconte s’être inspiré d’une anecdote personnelle pour écrire cette histoire, ayant été lui-même accusé d’avoir volé le manuscrit de son roman Misery par une femme prétendant en être l’auteure et jurant qu’il s’était introduit chez elle pour le lui dérober.

Le syndrome de la page blanche

Dans « Vue imprenable sur jardin secret », Stephen King imagine une mise en abîme astucieuse bien que peut-être bancale, dans laquelle il dépeint un écrivain en manque d’inspiration, tourmenté depuis que sa femme l’a quitté pour un autre. Ce n’est pas la première fois que l’auteur s’intéresse aux écrivains puisque en 1987, il narrait les mésaventures de Paul Sheldon dans Misery, publiait deux ans plus tard La Part des ténèbres sur l’influence d’une création sur son auteur et qu’en 1998 il soulevait la question du blocage de l’écrivain dans Sac d’os, pour ne citer qu’eux. Depuis toujours, King explore à travers diverses personnalités, le rapport entre un auteur et ses œuvres dans ce qu’il a de plus passionné et de plus tourmenté, jusqu’à l’angoisse de perdre l’inspiration.

À sa publication, la critique se montre peu enthousiaste, jugeant le récit faible et manquant d’originalité. Mais au début des années 2000, les studios Columbia Pictures ont l’idée d’adapter le récit. En 2004 « Vue imprenable sur jardin secret » est adaptée au cinéma sous le nom de Fenêtre secrète, par le réalisateur David Koepp, déjà à l’origine des scénarios de Spider-Man et Panic room écrits pour la firme. Johnny Depp y donne la réplique à John Turturro, qui campe l’intrigant John Shooter.

Très vite, le spectateur se prend d’affection pour le personnage principal, campé par un Johnny Depp espiègle, qui au début du film désarçonne les éléments de mise en scène mis en place pour amener le suspens avec des mimiques et des réactions hors de propos, comme un enfant qui rigolerait très fort face à une situation qui lui fait peur. Ces situations souvent drôles, créent un décalage bienvenu permettant d’apporter une vraie identité au film. En plus d’être en décalage avec le ton du film, Mort Rainey est en décalage avec le monde dans lequel il évolue. Et si d’un côté cette marginalité en fait une personne dont le spectateur peut se sentir proche, d’un autre elle l’exclut petit à petit de l’univers dans lequel il se meut si péniblement, à tel point que ce dernier lui deviendra hostile, alors que Mort avait plutôt à cœur de s’en moquer, en bon écrivain qu’il est.

Au centre de ce triller psychologique où se mêlent fiction et réalité, propos cher à l’écrivain, la maison de Mort Rainey. À la fois refuge et environnement hostile, elle est l’élément autour duquel vont s’articuler tous les aspects du scénario, ainsi que les personnages qui tour à tour, y feront leur apparition. Comme dans de nombreuses œuvres de Stephen King, l’endroit fascine autant qu’il dérange et c’est presque claustrophobe mais surtout inquiet d’une menace tapie dans l’ombre, que le spectateur se retrouve malgré lui, enfermé avec les protagonistes. Mort Rainey peine d’ailleurs à en sortir, passant ses journées à dormir sur le canapé et traîner en pyjama, et lorsque soudain il est amené à partir, la sonnerie du téléphone l’y retient ou une menace extérieure le conforte dans l’idée qu’il s’y sentira davantage en sécurité, le cloitrant. La maison semble en effet exercer un fort pouvoir d’attraction, amenant un à un les personnages à y pénétrer, poussés par une intuition qu’aucun ne saurait expliquer. Cette fameuse « destinée » qui pousse presque chacun des personnages de King à agir. L’âme de Mort semble être prisonnière de cette maison qui lui rappelle sans trêve les moments d’amour passés avec sa femme, alors que celui-ci est en plein divorce. La maison n’a strictement rien de familier ni de chaleureux, on ne voit d’ailleurs jamais la moindre scène de quotidien. Elle est un témoin, comme nous le rappelle la fameuse fenêtre donnant sur le jardin, à travers laquelle le spectateur regarde. Le réalisateur joue avec des décadrages pour que les pièces paraissent bancales, ce qui donne à l’endroit tout comme au personnage un aspect déstructuré, un sentiment de déracinement.

Des thèmes forts et une atmosphère saisissante, des personnages introduits intrigants et une intrigue prenante, malheureusement desservis par trop peu d’imagination dans les rebondissements, qui ne nous font jamais vraiment oublier que nous regardons un film.

Johnny Depp, par son jeu captivant, apporte au film une certaine fantaisie. Il est la cerise qui essaie de dissimuler la part du gâteau étouffante que l’on tente de nous faire avaler, nous évitant de peu l’indigestion, à cause d’une deuxième partie franchement moins savoureuse que la première, qui se conclut par une révélation plus que moyenne. Pourtant, on aurait pu penser que le format « nouvelle » aurait parfaitement collé au deux heures de film, permettant d’en dire ni trop ni pas assez, mais ce qui pêchait déjà au niveau de l’écriture n’est malheureusement pas rattrapé par la mise en scène. L’histoire et la réalisation, tout comme le protagoniste, manquent de créativité, nous offrant toutefois un film divertissant et beau à regarder.

Fenêtre secrète : Bande annonce

Secret Window – Fenêtre secrète : Fiche technique

Titre original : Secret Window
Réalisation : David Koepp
Scénario : David Koepp, d’après le roman court « Vue imprenable sur jardin secret » de Stephen King
Interprétation : Johnny Depp (Morton « Mort » Rainey – John Turturro (John Shooter) – Maria Bello (Amy Rainey) – Timothy Hutton (Ted Milner)
Photographie : Fred Murphy
Décors : Howard Cummings
Costumes : Odette Gadoury
Montage : Jill Savitt
Musique : Philip Glass et Geoff Zanelli (additionnel : Blake Neely)
Genre : Thriller psychologique
Durée : 96 minutes

Etats-Unis – 2004

Auteur : Yael Calvo

Les Powers Rangers font équipe dans une nouvelle bande-annonce

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L’adaptation cinéma de la franchise culte Power Rangers montre enfin ses héros en action dans un nouveau trailer. Au programme : baston, robots et aliens. It’s Morphin Time !

Le film est un reboot complet de l’univers des Power Rangers. Réalisé par Dean Israelite (Projet Almanac), ce long métrage est une adaptation sur écran produite par la société Lionsgate de la version US signée Saban Entertainment des Super Sentai, créée par Haim Saban. Cela sera la troisième adaptation  de la franchise sur le grand écran. La première bande-annonce dévoilait un ton plus sombre et plus mature que la série d’origine. Le dernier trailer n’hésite pas à révéler le look de tous ces personnages, qui s’éloignent complètement du matériau d’origine. Pour cet nouvel adaptation, Bryan Cranston (The Infiltrator, Breaking Bad, Malcolm) prête sa voix à Zordon et Bill Hader (Crazy Amy, Vice‑versa) à Alpha 5. Quant à Elizabeth Banks (Hunger Games), elle se tourne vers le côté obscur, elle est méconnaissable en Rita Repulsa.

Au sujet de son rôle, Elizabeth Banks dit sur People

« Je n’ai jamais joué un méchant avant. [Au programme] domination mondiale – et être imprévisible comme personnage. »

Dans la peau des autres rangers. On retrouve Dacre Montgomery (A Few Less Men) aka Jason le Ranger Rouge, RJ Cyler (War Machine en 2017) alias Billy le Ranger Bleu, Naomi Scott (Seul sur MarsThe 33) alias Kimberly la Ranger Rose, Becky G (Empire) alias Trini le Ranger Jaune et Ludi Lin (Monster Hunt) Zack le Power Ranger Noir.

Bryan Cranston a promis lors d’un interview pour A.V Club que « le film va être quelque chose d’énorme » et a expliqué  « Le réalisateur (Dean Israelite) a vraiment une belle touche personnelle. Aussi grands que puissent être les Power Ranger, Dean a le don de faire quelque chose de très terre-à-terre, très réel. Je pense que les Power Rangers vont faire tourner la tête des spectateurs, vraiment ». Le film est prévu pour une sortie le 22 mars 2017.

Synopsis :

Cinq lycéens ordinaires ont l’obligation de devenir extraordinaires lorsqu’ils apprennent que leur petite ville d’Angel Grove est sur le point d’être annihilée par une menace venue d’ailleurs. Choisis par le destin, ils découvriront rapidement qu’ils sont les seuls à pouvoir sauver la planète. Mais ils devront d’abord surmonter leurs problèmes du quotidien et regrouper les Power Rangers avant qu’il ne soit trop tard.

Bande-annonce Power Rangers : 

 

Ben Hur de Timur Bekmambetov en VOD, DVD et Blu-Ray le 17 janvier

Avis aux amateurs de péplums : le légendaire Ben Hur fait son come-back sous les traits de Jack Huston (Boardwalk Empire). Entre courses de chars survitaminées et immersion dans les galères, cette épopée antique revisitée sort en DVD et Blu-ray le 17 janvier 2017 !

Synopsis : En Judée, Judah Ben-Hur est un prince zélote respecté qui vit en harmonie avec sa famille et son frère adoptif Messala. Ensemble, ils nourrissent de grands projets et leur amitié semble indestructible. Pourtant, Messala l’ambitieux n’hésite pas à rejoindre les troupes romaines et à trahir Judah, réduit en esclavage dans les galères. Des années plus tard, son navire fait naufrage, occasion pour Ben-Hur de s’affranchir de ses chaînes et de retrouver sa liberté. Il entreprend alors de battre Messala aux légendaires courses de chars, souvent mortelles.

Un énième remake décevant 

Quatrième adaptation cinématographique du roman de Lewis Wallace, ce Ben-Hur revisité à la sauce moderne n’est pas le film à grand spectacle que l’on attendait. A la fois très traditionnel dans sa forme et très porté sur les valeurs religieuses, ce remake est déconcertant dans le sens où le réalisateur opère d’importantes ruptures de style à grands renforts d’effets spéciaux mal maîtrisés, d’un montage nerveux parfois illisible et d’une musique pop-kitsch incongrue. Somme toute fidèle à l’esprit du péplum antique et totalement épique, Ben-Hur présente quelques qualités (scénario linéaire honnête, belle reconstitution historique et interprétation correcte) mais cela ne suffit pas à faire oublier la faiblesse globale du long-métrage, qui emprunte à 300 : La Naissance d’un Empire, Exodus et Noé pour un résultat douteux et tape-à-l’oeil.

Ajoutons à cela une tête d’affiche insipide et fade, une parabole christique un peu lourde et des passages prétendument époustouflants (les galères, la course de chars) qui ne convainquent pas à cause de l’utilisation intempestive du CGI : on obtient un film divertissant mais totalement dénué d’émotions et dont l’action survoltée manque cruellement d’authenticité. Cela sonne creux. Ceci étant, pour les amateurs du genre, Ben-Hur s’impose comme une fresque antique certes mineure, mais remplit le cahier des charges si toutefois on choisit de ne pas effectuer de comparaison avec le grand classique de 1959.

Caractéristiques techniques du DVD :

Langues : Anglais, Français et Espagnol
Sous-titres : Anglais, Français, Espagnol et Néerlandais
Son : 5.1 Surround
Image : 16/9 2.40 :1 Letterbox
Durée : 1h58
Bonus : Un casting épique / La course de chars

Caractéristiques techniques du Blu-Ray :

Langues : Anglais Français, Allemand, Espagnol, Italien et Japonais
Sous-titres : Anglais (sourds et malentendants), Français, Allemand, Danois, Espagnol, Finnois, Italien, Japonais, Néerlandais, Norvégien et Suédois
Son : DTS-HD Master Audio 7.1 Surround,
Image : 16/9 2.40:1 Letterbox
Durée : 2h03
Bonus : Un casting épique / La course de chars / Ben-Hur l’héritage / Une histoire contemporaine / Un récit du Christ / Scènes coupées et version longues

 

Nouvelle bande-annonce époustouflante pour Logan

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Ultra-violence et filiation, telles sont les thématiques de Logan, la nouvelle aventure de Wolverine au cinéma.

C’est l’un des projets les plus alléchants de 2017. Logan, troisième opus des aventures en solo de Wolverine sur grand écran et 10e aventure des X-Men au cinéma, s’annonce comme un événement dans l’univers des super-héros. Très impliqué dans le projet, Hugh Jackman, interprète du célèbre personnage de comics depuis neuf films, endosse la double casquette de producteur & interprète. Il a d’ailleurs investi de sa poche pour garantir un élément clé du film : sa classification américaine en Rated-R, c’est à dire interdit aux moins de 17 ans non accompagnés (un équivalent de notre -12 ans dans le cas présent). Ainsi, la violence graphique, véritable tabou dans les super-productions, est redevenue à la mode avec le carton commercial du film Deadpool, avec Ryan Reynolds. De même, elle fait partie intégrante de l’arc que le projet adapte : Old Man Logan. Le réalisateur James Mangold, déjà auteur de Wolverine : Le Combat de l’Immortel, avait remis le personnage au goût du jour, après le désastre de X-Men Origins : Wolverine. Présenté à la Berlinale le 17 février prochain, Logan concentre de nombreux espoirs. A la fois celui d’un excellent long-métrage crépusculaire et un accomplissement pour le genre du super-héros.

Le synopsis de Logan est le suivant : Dans un futur proche, un certain Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur X souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante traquée par de sombres individus va se retrouver soudainement face à lui.

Bande Annonce de Logan, en salles le 1er mars 2017

Rétro Stephen King : Dreamcatcher, un film de Lawrence Kasdan

Pour son adaptation de Dreamcatcher,  le scénariste des trilogies Star Wars et Indiana Jones réunit une troupe d’excellents acteurs pour donner corps au roman de Stephen King. On pouvait en espérer un grand film… gare à la déconvenue !

Synopsis : Quatre amis d’enfance, qui partagent un lien télépathique, viennent passer leur week-end dans un chalet pour une partie de chasse mais se retrouvent coincés par une tempête de neige. Lorsqu’ils se rendent compte qu’une étrange épidémie fait des ravages dans la forêt, l’armée leur apprend que la zone est en quarantaine. Ils découvrent que la maladie est en fait la conséquence directe d’une invasion extraterrestres rendus agressifs par le froid.

Un mauvais rêve  

Le roman Dreamcatcher, paru en 2001, a reçu un excellent accueil de la part du lectorat de Stephen King. Qu’il s’agisse de son « retour » après deux ans d’inactivité littéraire n’y est pas pour rien. Son ambiance de paranoïa créée par l’intrigue et d’oppression naturelle liée à la météo neigeuse avaient même de quoi rappeler The Thing, alors que la nature elle-même des extraterrestres avait de quoi laisser imaginer des scènes d’explosions viscérales dignes du premier Alien. D’autant qu’à cette menace xénomorphe venait s’ajouter des enjeux de pouvoirs mentaux, que King sait rendre intenses comme personne. Mais c’est surtout sa construction très proche de Ça (auquel King ne s’est d’ailleurs pas privé de glisser des clins d’œil) qui a convaincu ses fans historiques qui savent que la mélancolie de l’âge de l’enfance et la sincérité des amitiés de cet âge sont la marque d’une écriture très personnelle de la part de l’auteur. C’est donc sans surprise que les grands studios hollywoodiens s’empressèrent d’en acheter les droits pour le confier, comme à leur habitude, à un yes-man.

Il fut en revanche plus étonnant que soit choisi un cinéaste qui n’a jamais connu le succès en tant que réalisateur (La fièvre au corps, Wyatt Earp…) et dont les seules tentatives dans le domaine du cinéma fantastique sont justement des scénarios qui sont devenus des modèles dans l’art de contourner l’argument fantastique pour le transformer en prétexte à un film d’aventures (Les aventuriers de l’Arche perdu, L’empire contre-attaque…). Le film de sa filmographie qui se rapproche finalement le plus des intentions de Dreamcatcher est son film de potes Les Copains d’abord (1984). Que le scénario soit confié à William Goldman, à qui l’on doit l’excellente adaptation de Misery, avait de quoi rassurer… mais ce serait oublier qu’il a aussi contribué au fiasco de Cœurs perdus en Atlantide l’année précédente. Le casting entièrement masculin contient des acteurs assez talentueux. Même Thomas Jane et Timothy Olyphant, biens connus des amateurs de série B comme étant insupportablement inexpressifs, s’en sortent pour une fois plutôt bien. Il ne fait alors nul doute que si l’on ne s’attache jamais à eux, c’est le fait d’une caractérisation bancale de leurs personnages. L’unique vecteur pour nous apprendre à connaitre ces quatre amis est une série de flashbacks qui, en plus d’être amenés de façon tout à fait aléatoire, ne font en fait que réduire leur alter-ego infantile à de vulgaires caricatures de « l’enfant kingien » tel que l’on a pu les découvrir dans Stand by me. Ce n’est donc pas rendre justice à l’imaginaire foisonnant de l’auteur.

Le roman avait tout pour aboutir à un long-métrage de qualité, mais son adaptation s’est faite avec un tel manque d’audace que sa substantifique moelle s’en est retrouvée vidée au profit d’un nanar qui fleure le pipi-caca. Au sens propre comme au figuré.

Étonnamment, c’est l’interprétation de Morgan Freeman qui pose le plus problème. Alors que son nom est le premier à apparaitre dans le générique, son rôle de méchant enfonce le clou du processus de nanardisation du film. En plus d’être monolithique au possible, sa manie de rappeler en boucle sa haine des extraterrestres fait de lui un personnage de série Z parfaitement grotesque.

Pire encore, le traitement avec lequel l’ambiance angoissante, pourtant au cœur du matériau d’origine, est détournée par Kasdan nuit complétement à son effet. Plutôt que l’aventure, c’est vers la comédie potache qu’il a délibérément choisi d’orienter les éléments de scénario dont il n’a pas su exploiter le potentiel horrifique. C’est ainsi que les troubles intestinaux que provoque l’infection par des extraterrestres devient le point de départ d’un trop-plein de gags scatophiles. Même le climax du film, qui a le malheur d’avoir lieu dans des toilettes du chalet, souffre de cet humour gras qui vient rendre accessoire la tension ambiante. Tandis que les créatures se retrouvent assimilées à des défections et que le suspense se transforme en une mauvaise blague, il ne faut pas s’étonner que la partie la plus chimérique du roman se retrouve également mise à mal, tant on sait que sa transposition est toujours problématique dans les adaptations de Stephen King. Or justement, ici la seule chose qu’il reste de la sous-intrigue télépathique du roman se retrouve mise en scène via la représentation de l’esprit de Jonesy comme une vaste bibliothèque. Une bonne idée en soi, mais qui, couplée à une interprétation bouffonne de la schizophrénie par Damian Lewis, ne fait en fin de compte que participer au caractère purement risible du long-métrage.

La dimension mythologique du dernier acte, et en particulier du combat final, tel qu’elle apparait dans le livre se retrouve amputée et compensée alors par un twist capilotracté qui fait brutalement s’effondrer tous les efforts de fidélité au roman. Telle une fatalité, aucune intensité ne nait jamais de ce scénario sans-queue-ni-tête, et ce n’est certainement pas sa conclusion médiocrement bâclée qui aurait pu donner un sens à tout ce qui l’a précédé.

Quand bien même les effets spéciaux sont d’une facture tout à fait acceptable, le trop-plein de créatures en CGI, sans même évoquer leur design fécal, est un frein à l’aura de mystère que l’on aurait pu espérer d’un tel film. La scène la plus spectaculaire n’est d’ailleurs pas l’une des émergences massives de ce parasite orange ni même l’explosion du vaisseau spatial – deux exemples de pistes prometteuses fort mal exploitées par le scénario – mais bien l’exode des animaux dans la forêt. Un court passage qui survient au bout d’une quarantaine de minutes, correspondant à la fin d’une introduction pourtant réussie, juste avant que le film ne dérape complétement dans ce bouillon infâme.

Espérons qu’un jour, quelqu’un fera une adaptation qui sache pleinement tirer la puissance horrifique de Dreamcatcher et qui surtout nous fera oublier l’étron filmique de Kasdan.

Dreamcatcher : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=T6AeWMZrRLU&t=4s

Dreamcatcher : Fiche technique

Réalisation : Lawrence Kasdan
Scénario : William Goldman et Lawrence Kasdan d’après le roman Dreamcatcher de Stephen King
Interprétation : Damian Lewis (Gary « Jonesy » Jones), Jason Lee (Joe « Beaver » Clarenden), Thomas Jane (Henry Devlin), Timothy Olyphant (Pete Moore), Tom Sizemore (Lieutenant Owen), Morgan Freeman (Colonel Abraham Curtis), Donnie Wahlberg (Douglas « Duddits » Cavell)…
Photographie : John Seale
Montage : Carol Littleton, Raúl Dávalos
Musique : James Newton Howard
Producteurs : Charles Okun, Lawrence Kasdan
Sociétés de Production : Castle Rock Entertainment, Village Roadshow Productions
Distributeur : Warner Bros.
Budget : 68 000 000 $
Classification : Interdit aux moins de 12 ans
Genre : Science-fiction, horreur
Durée :  133 minutes
Date de sortie : 16 avril 2003

Etats-Unis – 2003

Corniche Kennedy, un film de Dominique Cabrera : critique

Du haut de la Corniche Kennedy, le ciel et la mer se confondent dans un même bleu. Est-ce qu’on plonge, est-ce qu’on vole ? Peu importe pourvu qu’on ait l’ivresse.

Synopsis : Corniche Kennedy. Dans le bleu de la Méditerranée, au pied des luxueuses villas, les minots de Marseille défient les lois de la gravité. Marco, Mehdi, Franck, Mélissa, Hamza, Mamaa, Julie : filles et garçons plongent, s’envolent, prennent des risques pour vivre plus fort. Suzanne les dévore des yeux depuis sa villa chic. Leurs corps libres, leurs excès. Elle veut en être. Elle va en être.

Vertigo

Le titre d’une œuvre peut parfois être très sibyllin et d’autres fois s’imposer comme l’évidence même. Dominique Cabrera fait d’emblée les présentations : la corniche Kennedy à Marseille, c’est d’abord une route qui dévore égoïstement une bonne partie de l’espace. Acculés entre les voitures et le muret délimitant l’étroite promenade, on saute très vite la barrière pour rejoindre ceux qui plongent depuis l’éperon rocheux en quête de vertige et de sensations fortes. Un petit groupe, composé d’adolescents gouailleurs, audacieux pour certains, inconscients pour d’autres ; la caméra va les suivre et ne plus les lâcher. Corniche Kennedy est adapté du roman éponyme de Maylis de Kerangal, ce n’est cependant pas suivant les règles de l’adaptation qu’il faudra aborder cet article qui ne se concentrera que sur le film seul.

Dominique Cabrera, dès ses premiers films, a cherché à donner la parole à ses personnages en évitant les stéréotypes et les idées toutes faites. Que ce soit dans Chronique d’une banlieue ordinaire (1992) ou dans le Lait de la tendresse humaine (2001), elle tend à rendre avec le plus de justesse possible la complexité d’une situation, en faisant montre d’une grande empathie pour ses héros. Engagés, ses films le sont incontestablement : par les images qu’elle tourne, Cabrera fait acte de visibilité pour tous ceux qui sont si souvent dépeints de manière unilatérale, réduits au cliché sans épaisseur. Corniche Kennedy emprunte le même chemin que ses films précédents. Les acteurs qui interprètent les différents membres de la bande de plongeurs téméraires tournent tous pour la première fois, se sont en revanche bien eux que l’on voit sauter à l’écran, pas de doublure, ce genre de cascades fait partie du quotidien. Si l’histoire peut sembler de prime abord n’être qu’un regard porté sur une antédiluvienne lutte des classes – Suzanne habite les beaux quartiers, Marco, Mehdi et les autres viennent de la cité – la cinéaste donne à voir les choses avec beaucoup de nuances. Les appartenances recoupent de multiples facteurs, sociaux, économiques, religieux ou ethniques. C’est en se tenant à l’intersection de toutes ces causes que le film de Cabrera trouve toute sa justesse. Le personnage qui incarne le mieux ces questionnements c’est celui d’Awa, la capitaine de la brigade des stups de Marseille interprétée par Aïssa Maïga. Elle est noire et travaille pour la police, une incompatibilité totale aux yeux de certains, une trahison. Elle tranche avec fermeté « Je ne suis pas noire, je suis flic ». Ne pas se définir par ce que l’on est mais par ce que l’on fait, se faisant on sort du déterminisme qu’on voudrait nous imposer. Mais il y a quelque chose du reniement d’une part de soi que de ne mettre en avant qu’un seul état de cette double réalité. Awa est flic et noire. Faire partie d’une communauté quelle qu’elle soit, c’est se soumettre à des choix stricts ou prendre le risque de se faire rappeler à l’ordre si on sort des chemins balisés. Appartenir à un groupe implique que l’on fréquente aussi les lieux qui nous sont assignés. La mise en scène joue beaucoup sur cette notion de territoire. Marseille apparaît dès les premiers plans comme une ville morcelée par la route qui tranche et isole. Les nageurs fortunés fréquentent le Cercle, sorte de complexe aquatique privé, perché sur un promontoire rocheux et dominant la baie. Pour les autres, ce sera la plage et les calanques. « T’es chez nous ici » dit l’un des garçons de la bande à Suzanne quand celle-ci veut leur imposer sa présence. Le mélange n’est pas chose aisée mais il n’en est pas impossible pour autant.

Suzanne regarde depuis le jardin de sa villa la bande de copains se jeter à l’eau. C’est à travers une vidéo faite avec son smartphone que l’on accède à son point de vue. Images volées, un instant de la vie des autres qu’elle capte, qu’elle veut faire sienne. La question des différents régimes d’images irrigue tout le film. L’image c’est celle que l’on veut donner de soi en sautant depuis la corniche, en défiant la hauteur, en luttant contre le vertige pour impressionner les autres, l’image qui témoigne de l’exploit. Mais cette reconnaissance est parfois à double tranchant car à la reconnaissance des pairs s’ajoute parfois celle, insoupçonnée, des inconnus qui vous traquent. Suzanne fait les frais de cette image censurée, elle ne fait pas partie du groupe, les images qu’elle a dérobées ne lui appartiennent pas. Elle se verra sommer de les rendre. Le premier contact est rude, le groupe a l’avantage sur l’individu, on interpelle la jeune fille, on la bouscule, la méfiance est palpable. Si la confiance est un don rare, c’est parce qu’au-delà de Suzanne d’autres yeux observent : les stups ne sont jamais bien loin. Cette sous-intrigue de polar – dont la bande son jazzy très cuivrée est imprégnée – a déjà été utilisée de nombreuses fois pour apporter l’élément de tension nécessaire au développement et à la résolution de l’histoire. De ce cliché éculé, Cabrera parvient à tirer quelque chose. En faisant des policiers une présence plutôt lointaine dont l’intervention est limitée et qui, hormis la capitaine, ne comporte pas d’autre figure marquante. La réalisatrice évite de trop s’appesantir sur les généralités habituelles. Toute l’action est concentrée sur les jeunes acteurs et plus spécifiquement sur le trio principal. La cinéaste aime ses protagonistes qu’elle filme au plus près et qu’elle magnifie souvent.

Avec Corniche Kennedy, Dominique Cabrera prouve une fois de plus son habileté à traiter de sujets de société fortement contemporains en s’attachant à des personnages complexes. La grande force de ses portraits, c’est qu’ils ne sont ni misérabilistes ni complaisants mais plein de nuances, métissés, à l’image de Mehdi, interprété par Alain Demaria, cheveux blonds et lèvres charnues qui refuse qu’on le catégorise, sans doute le plus beau personnage du film.

Corniche Kennedy : Bande annonce

Corniche Kennedy : fiche technique

Réalisatrice : Dominique Cabrera
Scénario : Dominique Cabrera
D’après l’œuvre éponyme de Maylis de Kerangal
Interprétation : Lola Créton (Suzanne), Kamel Kadri (Marco), Alain Demaria (Mehdi), Aïssa Maïga (Awa), Hamza Baggour (Hamza), Mama Bouras (Mama), Franck Cavanna (Franck), Mélissa Gulibert (Mélissa), Linda Lassoued (Linda), Julie Lavocat (Julie)
Musique : Béatrice Thiriet, Kamel Kadri
Image : Isabelle Razavet
Montage : Sophie Brunet
Producteurs : Gaëlle Bayssière
Distribution : Jour 2 fête
Récompenses : De la page à l’image – Festival du film du Croisic 2016 – Prix Claude Chabrol
Durée : 94 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 18 janvier 2017
France – 2017

Live by Night, un film de Ben Affleck : Critique

Après l’intrépide agent de la CIA (Argo) et le milliardaire porté sur le noir (Batman), Ben Affleck s’improvise mafioso des années 20 dans Live By Night, véritable lettre d’amour au genre porté au sommet par Scorsese ou Raoul Walsh. Un exercice de style efficace, à défaut d’être brillant, qui en impose surtout par sa reconstitution historique de bonne facture et sa mélancolie omniprésente.

Booze, Borsalino & Thompson

Il est toujours amusant de voir à quel point un Oscar peut influer sur le destin d’un réalisateur. Si certains en profitent pour imposer leur desideratas personnels aux studios (Scorsese avec Silence), d’autres, un peu déboussolés d’être subitement au cœur de toutes les discussions, tentent de se rassurer et retournent bien vite vers leur zone de confort, non sans l’avoir améliorée au passage. Affleck est clairement de ceux-là. Alors qu’on attendait fébrilement sa compo de Batman miné par le doute et les regrets, le voilà qui annonçait après Argo, son envie de retourner vers celui qui l’a révélé : Dennis Lehane (Mystic River, Shutter Island). L’auteur US, très habile dès lors qu’il est question de coucher de grandes fresques historiques et criminelles sur papier, avait en effet dans sa besace le texte sur lequel Affleck allait pouvoir prouver à ses détracteurs qu’il n’est pas juste un crâneur à la belle gueule et au charisme ravageur : Live By Night (Ils Vivent La Nuit en VF). Où les errements d’un soldat de la Grande Guerre las de recevoir des ordres et naturellement plus enclin à en donner, qui s’improvise, au grand dam de son père – figure notoire de la police locale -, mafioso/bootlegger en pleine Prohibition. L’occasion pour Affleck de compiler dans un film aux airs de pot-pourri, tout ce qui avait fait le succès de ses films précédents : le soufflet historique d’Argo, la violence brutale de The Town et l’émotion de Gone Baby Gone. Un mélange audacieux qui se frotte paradoxalement assez mal au seul élément intéressant du métrage : sa mythologie.

No Country for Good Men

Live By Night étant en effet le deuxième tome de l’épopée criminelle menée par Coughlin et écrit par Lehane, Affleck doit dans un premier temps accoucher de tous les rouages contenus dans les pages du roman pour situer son action et témoigner de ses enjeux. Cela donne donc un montage louchant un peu trop sur Scorsese, à bon coup de voix-off et règlement de comptes en pagaille, comme pour mieux renforcer l’idée d’un Boston gangrené par la guerre des gangs. Au demeurant, si le montage témoigne d’une relative lenteur, l’exécution n’est pas à plaindre. Affleck, rompu aux films en costume, arrive à rendre compte des années folles comme personne, à bon coup de diner huppés, borsalino, costume 3 pièces et autres Thompson à camembert. Une ambiance qui, qu’on se le dise, maintient l’intérêt sur la première bobine, voyant Affleck changer son fusil d’épaule et rallier la Floride duquel il officie pour le compte d’un sous Marlon Brando échappé du Parrain de Coppola. Là-bas, sous le soleil et à l’ivresse du rhum, il vit la grande vie, quitte à s’offrir des nouveaux costumes et à incarner ce magnat de l’alcool, cruel mais pas trop, sorte de criminel au grand coeur qui dépassera rarement la ligne jaune car doté de principes. Au milieu de tout ça, finalement, peu de surprise : toujours des méchants à abattre, des territoires à conserver et des patrons à qui embrasser la bague. Mais là où cette odyssée du gangstérisme innove, c’est bien par la dévotion d’Affleck. Toujours à l’affût, l’acteur-réalisateur arrive à tailler dans le roman (très dense) de Lehane pour s’accaparer les moments importants, qu’ils soient historiques (les soubresauts liés au Ku Kux Klan et l’influence cubaine durant la Prohibition) ou émotionnels (sa romance avec une cubaine qui va profondément modifier sa nature) et les inclure à son récit, renforçant l’aspect mélancolique de l’ensemble puisque c’est son histoire dans l’Histoire qu’il nous montre. Un choix audacieux, qui évite le sempiternel rise and fall à la Scorsese mais qui, de par sa nature expérimentale, peine à témoigner d’un rythme aussi trépidant que ces quelques scènes d’action dont la formidable course poursuite en Ford T qui laisse sourire par son côté purement anachronique, surtout en 2017.

Classieux, élégant et efficace, Live by Night est un très joli exercice de style et la preuve qu’on peut toujours compter sur Affleck pour emballer une histoire qui a de la gueule. Reste l’amertume de devoir assister à une œuvre dont la densité est palpable à tout instant mais qui a perdu une partie de sa substantifique moelle à la case montage, et dont le génie apparait timidement de temps à autre sans jamais vraiment s’imposer.

Live by Night : Bande-Annonce

Synopsis : Boston, dans les années 20. Malgré la Prohibition, l’alcool coule à flot dans les bars clandestins tenus par la mafia et il suffit d’un peu d’ambition et d’audace pour se faire une place au soleil. Fils du chef de la police de Boston, Joe Coughlin a rejeté depuis longtemps l’éducation très stricte de son père pour mener une vie de criminel. Pourtant, même chez les voyous, il existe un code d’honneur que Joe n’hésite pas à bafouer : il se met à dos un puissant caïd en lui volant son argent et sa petite amie. Sa liaison passionnelle ne tarde pas à provoquer le chaos. Entre vengeance, trahisons et ambitions contrariées, Joe quittera Boston pour s’imposer au sein de la mafia de Tampa…

Live by Night – Fiche Technique

Titre original et français : Live By Night
Réalisation : Ben Affleck
Scénario : Ben Affleck, d’après Ils vivent la nuit (Live By Night) de Dennis Lehane
Casting : Ben Affleck (Joe Coughlin), Sienna Miller (Emma Gould), Zoe Saldana (Graciella Suarez), Elle Fanning (Loretta Figgis), Chris Messina (Dion Bartolo), Chris Cooper (Irving Figgis), Brendan Gleeson (Thomas Coughlin)
Direction artistique : Christa Munro
Décors : Jess Gonchor
Costumes : Jacqueline West
Photographie : Robert Richardson
Montage : William Goldenberg
Musique : Harry Gregson-Williams
Production : Ben Affleck, Leonardo DiCaprio, Jennifer Davisson Killoran et Jennifer Todd
Producteurs délégués : Chris Brigham et Chay Carter
Sociétés de production : Appian Way, Pearl Street Films et Warner Bros.
Sociétés de distribution : Warner Bros. (États-Unis), Warner Bros. France (France)
Langue originale : anglais
Budget : 65 millions de dollars
Format : couleur – 2.35:1 – numérique
Genre : thriller, policier
Durée : 128 minutes
Dates de sortie  France : 18 janvier 2017

Etats-Unis – 2017

La Mécanique de l’ombre, un film de Thomas Kruithof : Critique

Avec La Mécanique de l’ombre, pour une fois librement adapté de complots avérés ou supposés et non d’une oeuvre littéraire, Thomas Kruithof nous livre un premier long métrage d’espionnage incisif au climat austère quasiment irréprochable.

Synopsis : Deux ans après un « burn-out », Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d’affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s’interroger sur la finalité de l’organisation qui l’emploie. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets.

Après un premier court métrage à la photographie grise et décolorée, Rétention, qui lui a valu une sélection dans une quinzaine de festivals à travers le monde, Thomas Kruithof a voulu retracé le parcours d’un individu lambda au sein d’un complot politique qui le dépasse. Il s’est inspiré notamment de la crise des otages du Liban dans les années 80, des carnets de Takieddine ou encore plus globalement du soupçon d’instrumentalisation des services secrets à des fins politiques qui flotte dans nos actualités. Pour le personnage égaré, François Cluzet avoue s’être influencé du « Pigeon », un roman de Patrick Suskind racontant l’histoire d’un guichetier de banque à la vie très rangée qui est confronté à sa solitude et à l’arrivée d’un pigeon dans sa chambre. La mécanique de l’ombre n’a rien du récit imbriqué torturé d’un John le Carré ou du divertissement bessonien d’un Eric Rochant (Möbius, Le Bureau des Légendes) et cependant a tout d’un grand, très très grand. Pourquoi ?

En mentionnant la série française avec Mathieu Kassovitz, on s’approche de la thématique seulement, car le DGSI représentée par Sami Bouajila est en cause, mais nous sommes clairement du côté civil plongé dans l’ombre d’une politique qui use de moyens secrets pour arriver à ses fins. Ce méticuleux Duval, dépassé par un quotidien dans les assurances, s’est réfugié dans l’alcoolisme suite à un licenciement. L’élipse pose un voile sur ces deux années passées au sein des Alcooliques Anonymes. Voici donc ce nouveau point de départ pour cet homme qui a presque tout perdu, après un an de sobriété, félicité par le gros Albert des AA. On retrouve dans l’écriture, une sensibilité sur ce complexe empirique de Stephen King (l’espoir d’un nouveau départ dans un contexte de sobriété), un héros cible faux coupable hitchcockien et une solitude entre quatre murs polanskienne. Habilement, simplement, efficacement surtout, l’enfer dans lequel se plonge Robert Duval – réduit à son puzzle 1000 pièces, sa table formica et l’arrivée d’une nouvelle alcoolique qu’il semble parrainer -, semblable à un glissement de terrain, ne cesse de se creuser jusqu’au dénouement final qui manque cruellement de surprise.

Le principal défaut de cette « mécanique » d’excellente facture est en effet son atmosphère qui reste cloisonnée dans une photographie terne, froide et une réalisation sobre et concise. Si l’emprise est effective, il n’en reste pas moins que les seules apparitions d’hémoglobine à l’écran manquent de carnation. A trop vouloir rester modéré, pondéré, le parti pris est satisfaisant, voire honorable, mais retombe dans un lancinant refrain monocorde. Pour cette raison, l’usage d’un grand écran est inutile tant le long métrage peut être apprécié sur un autre support. Restons positif. La mécanique est savamment huilée, les rouages bien agencés et tel un produit de consommation basique à réaliser, le cahier des charges est respecté sans une réelle appropriation. Mais ne critiquons pas le cordonnier pour nous avoir chaussés, portant lui-même de très beaux souliers, mais applaudissons-le pour les avoir, sans nous le demander, nettoyés, cirés et imperméabilisés. D’autant plus que c’est sa première paire de toute sa carrière! A l’image comme à la réalisation, rien n’est épargné, si ce n’est le spectaculaire ou la surenchère. Les mauvaises langues crieront au manque d’ambition, les esthètes loueront les mérites de cette épuration. Telle une rivière tranquille, au courant fragile mais certain, grise abyssale et non pourpre, le thriller se contente de peu de pièces pour nous composer un puzzle ordonné et correctement orchestré. On attend le prochain avec impatience !

La Mécanique de l’ombre : Bande Annonce

La Mécanique de l’ombre : Fiche Technique

Réalisateur : Thomas Kruithof
Scénario : Yann Gozlan, Thomas Kruithof
Interprétation : François Cluzet (Robert Duval), Denis Podalydès (Clément), Sami Bouajila (Labarthe), Simon Abkarian (Grefaut), Alba Rohrwacher (Sara), Philippe Résimont (De Grugy), Daniel Hanssens (Albert, le responsable des AA)
Photographie : Alexandre Lamarque
Montage : Jean-Baptiste Beaudoin
Décors : Thierry François
Producteurs : Matthias Weber, Thibault Gast et Geneviève Lemal, Arlette Zylbergberg
Production : 24 25 Films et Scope Pictures
Distribution (France) : Océan Films
Genre : thriller, espionnage
Durée : 93 min.
Date de sortie : 25 août 2016 (Festival du Film Francophone d’Angoulême) – 11 janvier 2017

France, Belgique – 2017

xXx Reactivated, un film de D.J Caruso : Critique

Non content d’avoir érigé en sommet de divertissement décérébré sa famille de Fast and Furious, Vin Diesel revient à la charge avec xXx Reactivated, sorte d’ersatz à peine digéré de James Bond coupé aux sports extrêmes et au Red Bull. Un joyeux foutoir qui ne vaut que pour la massive dose d’adrénaline et de fun distribuée au kilo par un baboulinet au sommet de son art. Jouissif !

I’ll be back

Avant d’être celui susurrant à qui veux bien l’entendre qu’il était le roi du bitume (Fast & Furious) celui qu’on appelle Mark Vincent à la ville avait un autre terrain de jeux bien à lui : les sports extrêmes. Dans xXx, Diesel, grimé en un sorte d’ex-taulard coupé aux anabolisants et à l’impertinence, jouait la compo classique de la kaira sauvant le monde juste pour le fun et qui n’en manquait pas une pour critiquer l’argumentation limite sénile de ces cols blancs pour qui le seul patriotisme méritait de se prendre une balle. 15 ans plus tard, même rengaine : Diesel, encore plus massif qu’avant, n’a pas perdu son cynisme et est toujours là pour l’Oncle Sam ; ce dernier ayant paumé un dispositif high-tech appelé « La Boite de Pandore » (pourquoi faire compliqué ?) qui transforme à la demande n’importe quel satellite en missile air-sol.

Fast & Furious 7.5  ou Suicide Squad 2, that is the question ?

Un élément bien sérieux comme il faut, qui sera heureusement le seul. Car Diesel, en homme d’affaire avisé (ici acteur, producteur, promoteur et scénariste) ne se garde jamais la couette pour lui et a conscience de ne pas réinventer le genre. Résultat, en plus d’adopter à fond son crédo de « la famille c’est la vie » et rameuter tout ses petits copains à la fête, le grand gaillard qu’il est ne s’impose aucune limite. On a donc droit à une double ration de taulards entre la tueuse d’élite lesbienne (Ruby Rose), le frappé du bulbe (Rory McCann), le DJ « Justin Bieber’s mode » (Kris Wu) et la geek au débit mitraillette (Nina Dobrev) ; tout ce petit monde étant réuni pour coincer la bande à Donnie Yen (charismatique au possible) qui veut s’arroger le contrôle de cette « arme » pour imposer leurs desiratas aux nations étrangères. Un curieux mélange qui rappelle fatalement l’accident de parcours de DC Comics de l’été dernier, Suicide Squad ; les deux films partageant ce bestiaire de trognes mal dégrossies, qui tentent chacunes leur tour d’exister en balançant les punchlines les plus old-school possible. Mais là ou DC imposait une bad-girl en plein exercice de gymnastique acrobatique, Vin Diesel s’assure un ramassis de taulards prêts à mourir pour le simple goût du risque et le petit hit West Coast qui va avec. Résultat, le film frise avec l’impertinence la plus crasse et la drôlerie la plus catatonique, jonglant constamment entre le rire forcé et celui qu’on ne peut contenir, comme devant cette poursuite à moto absolument délirante puisque à cheval entre le plancher des vaches et les remous d’une mer déchainée. Car autant y aller à fond dans le délire, non ? Une question de pure rhétorique qui a du faire son petit bout de chemin auprès de la team des scénaristes et des messieurs de l’action, car plus le film égrène les minutes et plus il envoie bouler la bienséance et la cohérence, comme le ferait Mohammed Ali sur le ring. Le clou revenant sans doute dans ce final, totalement en roue-libre, puisque voyant notre baboulinet national, fondre sur des ennemis en pleine apesanteur et toujours réussir à poser la punchline, qui outre de l’imposer eu taulier du cool, a le mérite de faire passer la violence hardcore du bidule. En fin de compte, si on fait le bilan, dans xXx, ça s’injure, ça repousse les lois de la gravité, les lois du cinéma parfois (les incohérences sont légions), ça atteint les sommets de la ringardise mais, à l’arrivée, ça touche son but : divertir sans se poser de question. Et on en demandait pas autant à un film qui arrive à caser le joueur de foot Neymar et Samuel L Jackson dedans. Loin de là…

Mélange de fun, non-sens et ode aux 80’s totalement azimuté, ce xXx Reactivated est de cette trempe de blockbuster, rare, à la fois conscient de sa propre bêtise et qui n’essaie jamais d’en limiter les effusions. Une démarche suicidaire qui fait pourtant de ce film très opportuniste et scandaleux, un monument de beauferie frappadingue et totalement jouissif.

xXx Reactivated : Bande-Annonce

Synopsis : Xander Cage, sportif de l’extrême devenu agent d’élite, sort de l’exil qu’il s’était imposé, pour affronter le redoutable guerrier alpha Xiang et son équipe. Il entre dans une course impitoyable afin de récupérer une arme de destruction massive connue sous le nom de Boîte de Pandore. Recrutant une toute nouvelle équipe d’experts accros à l’adrénaline, Xander se retrouve au coeur d’une conspiration menaçant les gouvernements les plus puissants du monde.

xXx Reactivated : Fiche Technique

Titre français : xXx: Reactivated
Titre original : xXx: The Return of Xander Cage
Réalisation : D. J. Caruso
Scénario : Chad St. John et F. Scott Frazier, d’après les personnages créés par Rich Wilkes
Casting : Vin Diesel (Xander Cage), Donnie Yen (Xiang), Deepika Padukone (Serena Unger), Kris Wu (Nicks), Ruby Rose (Adele Wolff), Tony Jaa (Talon), Nina Dobrev (Rebecca « Becky » Clearidge), Rory McCann (Tennyson Torch), Toni Collette (Jane Marke), Samuel L. Jackson (Agent Augustus Gibbons)
Direction artistique : Jon Billington
Costumes : Kimberly A. Tillman
Photographie : Russell Carpenter
Musique : Brian Tyler
Production : Vin Diesel, Jeff Kirschenbaum, Neal H. Moritz, Joe Roth et Samantha Vincent2
Sociétés de production : Maple Cage Productions, Revolution Studios et Rox Productions
Société de distribution : Paramount Pictures
Langue originale : anglais
Genre : action
Dates de sortie  France : 18 janvier 2017  États-Unis : 20 janvier 2017

Etats-Unis – 2017

Dalida, un film de Lisa Azuelos : Critique

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Hommage tendre et puissant par Lisa Azuelos avec Dalida, magnifiquement incarnée par Sveva Alviti.

Synopsis : De sa naissance au Caire en 1933 à son premier Olympia en 1956, de son mariage avec Lucien Morisse, patron de la jeune radio Europe n°1, aux soirées disco, de ses voyages initiatiques en Inde au succès mondial de Gigi l’Amoroso en 1974, le film Dalida est le portrait intime d’une femme absolue, complexe et solaire… Une femme moderne à une époque qui l’était moins … Malgré son suicide en 1987, Dalida continue de rayonner de sa présence éternelle.

Découverte par le grand public avec Comme t’y es belle ! puis LOL, Lisa Azuelos se lance aujourd’hui un défi de taille en adaptant la vie de la superstar Dalida sur grand écran. Sortant de son registre de film fleur bleue et destiné aux ados, la réalisatrice nous offre un biopic puissant, dans lequel la joie est toujours rattrapée par la tristesse.

Dalida est un projet de longue date qui tient à coeur à la réalisatrice. Passionnée par la vie de la chanteuse et par ce personnage hors du commun, elle a souhaité tout mettre en oeuvre pour proposer un biopic parfait. Mais qui pour interpréter Dalida ? En l’analysant, le casting de Dalida est une véritable réussite. Sveva Alviti est la révélation du film. Même si ses passages de play-back sont foncièrement ratés, et pourtant majeurs, elle parvient à interpréter les malheurs et les méandres de la chanteuse. Passant du rire aux larmes en quelques minutes, l’actrice italienne empoigne le spectateur et l’emporte avec elle. La ressemblance physique joue également en sa faveur : certaines scènes de concerts donnent cette impression d’images d’archives tellement la carrure et la tenue de la chanteuse sont respectées. Et le reste du casting n’est pas moins bon. Que ce soit Riccardo Scamarcio en Orlando, Patrick Timsit en Bruno Coquatrix, Rouve en Lucien Morisse ou Perez en Eddie Barclay, tous ont des rôles plus ou moins importants, mais il s’avèrent tous convaincants. Lisa Azuelos parcourt la vie de la chanteuse et transforme son film en une vraie fresque vivante.

Que ce soient les concerts, sa vie privée ou ses différents voyages, chaque décor est minutieusement choisi et ne fait pas de Dalida une pâle représentation de la réalité. Les choix esthétiques donnent un cachet au récit, même si le genre n’est tout de même pas renouvelé. Lisa Azuelos se cantonne aux grandes lignes du biopic, mais il n’en faut pas plus pour que la narration fonctionne. On apprécie également la retenue de la réalisatrice, ne voulant pas faire dans le grandiloquent ou le tire-larme. Impossible de ne pas être ému, mais, par exemple, les séquences fortes émotionnellement comme celle de son avortement, qui est bouleversante, ou celle de son suicide, sont amenées de manière très sobre, sans pour autant vriller vers le contemplatif. Peut-être est-ce dû au travail sonore, lui aussi finement étudié.

Si l’on ne connait pas la vie de Dalida, que ce soit sa carrière professionnelle ou son parcours amoureux,  on ne pourra qu’être estomaqué par la lente descente aux enfers qu’est sa vie. Si vous êtes amateur de Dalida, vous pourrez tout de même apprendre des choses (il faut savoir qu’Orlando a participé à l’écriture du scénario) et vous ne pourrez pas vous empêcher de taper des pieds (discrètement) ou de chantonner à voix (très) basse lorsque vous entendrez les plus gros tubes de la chanteuse comme Bambino, Besame Mucho, Gigi l’Amoroso, Je suis malade ou Mourir sur scène.

Cependant, le film, par un contenu trop explicatif, à tendance à tirer sur la corde de la longueur. Les deux heures auraient pu être évitées, pour ainsi esquiver la redondance. On aurait préféré une multiplication des scènes de concert ou de chant, afin de nous donner un peu de baume au coeur au milieu de toute cette tristesse, au détriment de quelques scènes mélodramatiques.
Mais, en y réfléchissant, ces longueurs se font peut être plus insistantes à cause de la structure narrative du film, qui n’est rien d’autre qu’une boucle. Le film s’ouvre sur la mort, et se termine également sur celle-ci.

Beaucoup redoutent Dalida en raison de sa réalisatrice, Lisa Azuelos, mais ce film est une belle preuve qu’une cinéaste peut réussir avec brio dans d’autres registres. Grâce à Sveva Alviti, qui redonne vie à Dalida, ce nouveau biopic (« Encore un ! » diront les mauvaises langues) est une réussite formelle, malgré quelques petites fautes de goûts.

Dalida : Bande-annonce

Dalida : Fiche technique

Réalisateur : Lisa Azuelos
Scénario : Lisa Azuelos en collaboration avec Orlando
Interprétation : Sveva Alviti, Riccardo Scamarcio, Jean-Paul Rouve, Nicolas Duvauchelle, Alessandro Borghi, Brenno Placido, Niels Schneider…
Photographie : Antoine Sanier
Montage : Baptiste Druot
Musique : Jeanne Trellu, Jaco Zijlstra
Direction artistique : Emile Ghijo
Producteurs : Julien Madon, Lisa Azuelos, Jerôme Seydoux
Sociétés de production : Bethsabée Mucho, Pathé, TF1 Films Production, UMedia, Universal
Distribution (France) : Pathé Distribution
Durée : 124 minutes
Genre : Biopic
Date de sortie : 11 janvier 2017

France – 2016

Rétro Stephen King : Dead zone, une série de Michael et Shawn Piller

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Libre adaptation du livre de Stephen King Dead zone, la série explore habilement les capacités du héros. Même si elle ne remplit pas toutes ses promesses au fil des saisons, la série marque par ses histoires fortes, portées par un acteur qui affiche une composition remarquable.

Synopsis : John Smith, professeur un peu exubérant mais très apprécié de Cleave Milles, une petite ville du Maine, vivait une vie tranquille. Il envisageait un avenir heureux avec sa fiancée et tout lui souriait. Jusqu’à ce qu’il soit victime d’un terrible accident et se retrouve dans le coma pendant 6 ans. Lorsqu’il se réveille, plus rien n’est comme avant. Sa mère est morte, et sa fiancée s’est mariée avec un autre homme qui élève son propre fils. Mais en plus de ce traumatisme, il se découvre un don spécial : il peut se projeter ailleurs, voir des événements qui ne se sont pas encore produits ou qui se sont déjà produits. L’accident aurait en effet réveillé une zone morte du cerveau normalement inactive. Un don en forme de malédiction, qui va singulièrement compliquer sa réadaptation, d’autant qu’il semble que tous ces événements ne se soient pas produits par hasard…

Des capacités d’avantage explorées

Dead zone s’inspire librement de l’œuvre originelle. Là où se sachant condamné par une tumeur au cerveau, le héros se lançait dans un acte désespéré pour arrêter un politicien responsable d’une apocalypse, la série prend d’avantage le temps d’explorer les capacités du héros et développe la confrontation avec son adversaire.

Entrapercevoir les souvenirs d’une personne, être témoin d’anciens événements, prévoir des catastrophes, les conséquences de telle ou telle action, les possibilités qu’offrent les dons de médium de John Smith sont larges et la série parvient à merveille à exploiter ce potentiel, sans se limiter aux affaires policières ou aux accidents. Qu’il reçoive du sang de plusieurs donneurs : il partage leur vie sans pouvoir les dissocier. Qu’il s’engage dans un acte intime avec une femme : leurs souvenirs se mélangent. John peut voir l’intérieur du corps d’un sportif qui ignore sa maladie, se retrouver sur la surface d’un avion pour y rechercher une anomalie, remonter à la source d’un appel téléphonique, communiquer à travers les époques avec d’autres personnes partageant le même don, parler à l’esprit d’une personne mourante… Des histoires qui relèvent tantôt du drame, de la comédie, du thriller ou du fantastique.

Un héros attachant et altruiste

La série est donc partagée entre les histoires épisodiques et la vie personnelle du personnage qui reprend peu à peu ses marques. Car Sarah (Nicole de Boer), son ancienne fiancée, est encore amoureuse de lui même si elle désire toujours faire sa vie avec son mari, le shérif Walter Bannerman (Chris Bruno). Ce dernier tente de se montrer compréhensif même s’il est très difficile de ne pas se sentir menacé par le retour de l’ancien amoureux de la femme qu’il aime.

John Smith avait toutes les raisons de se montrer amer et déprimé, pourtant il met sa souffrance de côté pour aider les autres avec un étonnant altruisme. On le voit ainsi venir en aide à un braqueur ou une criminelle un peu paumée, et il n’hésite pas à s’interposer devant une personne armée pour lui éviter de commettre l’irréparable. Alors qu’il a une vision de lui se remettant avec son ancienne fiancée après la mort du shérif, il va jusqu’à risquer sa vie pour le sauver, malgré l’heureux futur qui en aurait résulté.

L’attachement au personnage vient également du charisme de l’acteur, Anthony Michael Hall. Il porte sur ses seules épaules la lourde tâche de personnage principal, doué de compassion, affecté par des visions qui le dépassent, mais aussi grandi par ses nouvelles capacités.

L’affaire Gregg Stillson

Amorcé en fin de saison 1, le fil conducteur s’annonçait très prometteur. Tout commence par les premières visions effrayantes d’une destruction nucléaire d’origine inconnue, associées à Gregg Stillson. Un candidat à la présidentielle,  en apparence cordial, mais qui cache un homme ambitieux et très dangereux. Comment allait-il provoquer l’apocalypse ? Comment les pouvoirs de John allaient-ils l’aider face à un homme aussi puissant ? Devait-il se résoudre avoir recours à des actes définitifs pour empêcher le pire ? En effet, si vous aviez la possibilité de tuer Hitler avant qu’il ne commette ses actes effroyables, n’en profiteriez vous pas ?

Malheureusement, la série n’a pas su donner à ce fil rouge un développement adéquat. Se contentant surtout de l’évoquer en début et fin de saison, l’intrigue n’a progressé que très lentement. Des ajouts ont été décidés pour prolonger l’intrigue, comme la sœur d’une amante assassinée, qui n’ont guère fait évoluer la situation. A la fin une conspiration assez classique est même apparue de nulle part, et alors que l’on espérait avoir enfin des réponses, les scénaristes semblent avoir décidé de ne pas continuer sur cette voie là. D’autres éléments prometteurs n’ont pas non plus été développés, comme le double sombre du futur de John Smith, apparemment devenu criminel et plus limité par des contraintes morales.  Dead zone s’achève donc sans avoir livré de vraie conclusion.

Une fin en demi-teinte

La sixième et dernière saison avait vu plusieurs acteurs partir et ne ressemblait plus bien à ses débuts. Depuis quelques saisons déjà, les histoires originales avaient cédé la place à des récits plus classiques d’affaires policières et ne possédaient plus cet ingrédient spécial ni l’aura fantastique et mystérieuse qui se dégageaient auparavant, même si quelques storylines sortent du lot. Mais avec l’intrigue principale qui peinait à avancer, on ne sait pas s’il fallait être réellement déçu ou soulagé de la fin d’une série qui ne ressemblait plus à celle qu’elle était à son commencement.

Série Dead zone : Générique

Série Dead Zone : Fiche technique

Création: Michael Piller, Shawn Piller
Réalisation :  Michael Robison, James Head, Mike Rohl, Robert Lieberman
Scénario : Michael Piller, Linda Ptolemy, Craig Silverstein…  D’après l’œuvre de Stephen King Dead Zone
Interprétation : Anthony Michael Hall : John Smith ; Nicole de Boer : Sara Bracknell Bannerman ;
Chris Bruno : Shérif Walter Bannerman ; John L. Adams : Bruce Lewis ;
Spencer Achtymichuk (saison 1 à 5), Connor Price (saison 6) : John Junior Bannerman ; David Ogden Stiers : reverend Gene Purdy ; Sean Patrick Flanery : Greg Stillson.
Producteurs: Robert Petrovicz, Anthony Michael Hall
Producteurs exécutifs : Michael Piller, Lloyd Segan, Tommy Thompson, Shawn Piller
Musique : Jeff Buckley (saison 1-3), Blues Saraceno (saison 4-6)
Chaîne d’origine: USA Network
Réseau de diffusion : M6, Direct Star
Genre: Science-fiction
Format : 80 épisodes de 42 minutes

Etats-Unis- 2002