Man Seeking Woman, la plus singulière des romcoms fait son grand retour sur FXX pour une saison 3. Cette fois-ci le sympathique loser Josh Greenberg semble enfin avoir trouvé chaussure à son pied. Simon Rich s’attaque au couple à grand coup de métaphores et de parallèles toujours de plus en plus absurdes, mais avec une efficacité certaine.
Synopsis : Après de nombreuses relations et aventures plus ou moins longues, Josh Greenberg trouve en la personne de Lucy, celle qui pourrait enfin être la bonne. Entre amour, jalousie, complicité, famille, travail, l’odyssée d’un couple ponctuée de situations plus rocambolesques les unes que les autres.

Depuis quelques années, de nombreux formats courts essayent de dynamiter le genre de la romcom comme Love ou encore la rock’n’roll You’re the Worst. C’est d’ailleurs sur FXX, la même chaîne que cette dernière, que se trouve la plus particulière de ces séries, Man Seeking Woman. En deux saisons, la série de Simon Rich, humoriste déjà auteur d’un bouquin à sketchs appelé Homme cherche femme et autre histoires d’amour, a su se faire une place dans un genre déjà vu et revu. Il faut dire qu’elle n’a pas vraiment eu du mal à se démarquer et ça dès l’introduction de son premier épisode, où Josh Greenberg, le personnage principal incarné par un très attachant Jay Baruchel se retrouve à un dîner arrangé avec une sorte de troll. A partir de là, le ton est donné, Man Seeking Woman sera une série comme on en n’a jamais vue. Résultat : il ne sera pas étonnant de voir une conférence militaire sur la façon de répondre à un sms, ou encore la vie privée d’un Cupidon en complète roue libre sur l’Olympe ou bien évidemment la sœur de Josh se mettre en couple avec le Père Noël.
Cependant cet univers complètement absurde où tout est permis est loin d’être gratuit et sert le propos de Simon Rich. Tout cela permet donc de mettre en place des métaphores plus ou moins alambiquées sur la vie de couple et la quête de l’amour de la génération Y. En effet, la série débute par une rupture entre Josh et sa petite-amie avec laquelle il a eu une longue relation. Le revoilà dans le grand bain du célibat et avec l’aide de son ami Mike, véritable tombeur de ces dames, campé par le génial Eric André, il va alors partir en quête de la nouvelle perle rare. Si la première saison se concentrait beaucoup sur la difficulté du célibat et de se remettre sur le marché de l’amour, la saison 2 quant à elle commençait déjà à s’intéresser aux mécaniques du couple, Josh rencontrant Rosa mi-saison et leur couple étant au centre des intrigues de la seconde moitié. Ce qui nous amène à ce qui nous intéresse aujourd’hui, la troisième saison où cette fois-ci la thématique va prendre une toute nouvelle dimension.
Lors des premiers instants de cette nouvelle saison, nous faisons la connaissance de la jolie Lucy jouée par Katie Findley déjà vue dans How to get away with murder. La jeune femme va vivre une très mauvaise journée, où de nombreux embêtements vont lui tomber dessus, avant au soir de rencontrer Josh et de passer son premier rendez-vous. Lorsque sa coloc lui demandera plus tard comment s’est passée sa journée, elle répondra « plutôt bien ». C’est ainsi que va débuter l’histoire de Josh et Lucy qui va nous accompagner tout au long de cette saison. De la première rencontre jusqu’au grand jour, nous allons en 10 épisodes passer par toutes les étapes d’un couple. Que cela soit l’emménagement, essayer de s’entendre avec le cercle d’amis du conjoint, la décisive rencontre avec les beaux-parents, tous ces éléments déterminants vont être passés au scanner de Simon Rich dans cette troisième saison. L’alchimie entre les deux personnages fait partie des points les plus importants, et si il y a bien une chose que l’on ne peut reprocher à ces dix nouveaux épisodes, c’est la fraîcheur apportée par le couple Jay Baruchel/Katie Findley qui fonctionne à la merveille.
Naturellement, Simon Rich va réutiliser sa recette qui a montré toute son efficacité lors des deux précédentes saisons. Les gags vont alors servir d’illustrations pour ces grandes étapes et cela de façon rarement subtile, mais offrant bien souvent une intelligence maline. Il n’est pas étonnant de voir même des sujets d’actualité s’immiscer dans cette construction. Cela s’illustre par exemple dans le premier épisode où Josh s’incruste de plus en plus dans l’appartement de Lucy au grand dam de ses colocs. Cela va alors être mis en parallèle avec la crise des migrants et va permettre d’offrir un traitement percutant et diablement efficace. L’univers mis en place par Rich lui offre un terrain de jeu quasiment illimité. La série alterne aussi bien des moments poétiques comme Lucy qui se réfugie dans un monde imaginaire peuplé de monstres directement tirés de Max et les Maximonstres lorsque Josh rencontre ses parents ou des moments beaucoup plus rentre-dedans où la subtilité n’est pas la bienvenue. On pensera à cette séquence hilarante où la demande en mariage est remplacée par la sodomie. Délicieusement pop, l’humour de Man Seeking Woman multiplie bien évidemment les références que ça soit au cinéma avec une sympathique revisite du Sixième Sens ou au show business avec une parodie des Oscars où le meilleur témoin de mariage est récompensé.
Malheureusement, si la mécanique de la série avait fait ses preuves dans les deux première saisons, de part cette
fraîcheur et son côté complètement imprévisible qui en a surpris plus d’un, cette troisième saison voit tout ça devenir un peu redondant. Les épisodes s’articulent la plupart du temps autour de 3-4 idées et il est au final assez rare de les voir toutes fonctionner. Si certaines sont tout bonnement hilarantes et frappent là où il faut (l’exemple précédent du sexe anal pour représenter le mariage en est une illustration parfaite), certaines sont au contraire très poussives et cela peut parfois déteindre sur tout l’épisode. L’épisode concentré sur Liz qui essaie de se reconnecter avec son père, tombe un peu comme un cheveu sur la soupe et a du mal à être véritablement pertinent, en plus d’avoir une peine énorme à décocher un sourire au téléspectateur. Les épisodes de cette troisième saison sont au final assez inégaux que cela soit entre eux ou, plus problématique, au sein des épisodes eux-mêmes.
Cette troisième saison de Man Seeking Woman est donc le prolongement logique des deux premières. Si l’histoire de Josh passe à la vitesse supérieure, il est difficile de dire la même chose de la série. Embourbée dans un schéma qui ne peut plus miser sur son effet de surprise, cette dernière perd de son impact à de nombreuses reprises et fait preuve d’une inégalité très pénalisante.
Man Seeking Woman : Bande Annonce
Man Seeking Woman : Fiche Technique
Créateur et showrunner : Simon Rich
Autres scénaristes : Robert Padnick, Dan Mirk, Sofia Alvarez, Ian Maxtone-Graham, Marika Sawyer…
Interprétation : Jay Baruchel (Josh Greenberg), Eric André (Mike), Britt Lower (Liz), Katie Findlay (Lucy)
Musique : Allen Simpson
Production : Simon Rich, Lorne Michaels, Jonathan Krisel, Andrew Singer…
Société de production : FX Productions, Broadway Video
Nombre de saisons : 3
Nombre d’épisodes : 3 x 10
Format : 20 minutes
Diffusion U.S.A. : FXX
Diffusion France : _
Genre : Sitcom, Fantastique
Etats-Unis – 2015

Le monde du cinéma a toujours été














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Nous nous retrouvons ainsi plongés au cœur de la ville de Lima, dominée par un profond réalisme… Jusqu’au plongeon interrompu dans l’imaginaire de cet homme. C’est au détour d’une rencontre foudroyante 






Bryan Fuller s’est très vite imposé comme un auteur au sein du petit écran. Là où le format des séries pousse généralement à l’uniformisation et empêche l’éclosion d’un vrai style, surtout pour un grand network comme NBC qui favorise le procedural drama. Des séries sans vraiment de fil rouge majeur ou de direction précise qui se contentent juste d’offrir des enquêtes à la semaine. Initialement, Hannibal aurait dû ressembler à cela, la première saison est d’ailleurs très ancrée dans cette formule au cours de sa première partie. Mais c’est sans compter sur la patte excentrique de Fuller et ses ambitions démesurées qui casse le format sériel pour une approche clairement plus feuilletonnante. Voulant explorer la relation ambigue et tourmentée ente Hannibal Lecter et Will Graham, l’agent spécial chargé de l’appréhender, il offre à la fois un prequel à l’oeuvre de Thomas Harris, l’auteur des aventures d’Hannibal, mais en plus il souhaite réécrire son histoire à sa sauce. Au cours des trois saisons, Fuller et ses scénaristes réinventent les personnages et l’univers ténébreux de Harris pour le présenter sous son meilleur jour. Ils réadaptent ses écrits avec grand respect malgré les libertés prises en retrouvant parfaitement les intentions du romancier mais aussi en apportant à son histoire une dimension psychologique bien plus dense. La relation au cœur de la série entre Hannibal et Will, n’a jamais été aussi fascinante et source de réflexion. Sur ces trois saisons, Fuller à su faire une réinvention remarquable du mythe que représente le personnage d’Hannibal Lecter.
La série adopte surtout le point de vue de Will Graham, un personnage qui présente une évolution plus significative que les autres. Ayant une pathologie mentale qui lui permet d’entrer en empathie avec les tueurs et donc de penser comme eux, il sera chargé par Jack Crawford, un agent du FBI assermenté, de les traquer pour les empêcher de nuire. La pression psychologique qu’il a sur les épaules le place dans une position où il devra suivre une thérapie avec Hannibal Lecter. Will est un homme fragilisé qui se trouve coincé entre deux blocs de pierre qui se livrent, sans le savoir au début, une bataille sans merci. Modelé par l’un comme par l’autre selon leurs idéaux, il sera tiraillé entre son sens de la justice et ses pulsions les plus sombres. Le triangle qui se forme entre ces trois personnages est probablement ce que la série offre de mieux, où l’amitié et la haine ne cessent de se côtoyer. Véritable jeu du chat et de la souris, la série explose vraiment dans sa deuxième saison, en s’émancipant petit à petit du procedural un peu trop routinier de la saison 1. Elle parvient à prendre par surprise avec ses développements inattendus, notamment en donnant une vraie épaisseur à ses personnages féminins comme pour Alana Bloom, qui n’était que le love interest de Will en première saison, et qui trouve une place plus prépondérante dans le jeu entre Will et Hannibal dans la saison 2. L’évolution des personnages suit une logique impeccable au fil des trois saisons qui forment un tout cohérent et qui arrivent en plus à trouver une conclusion satisfaisante et maîtrisée. La série aurait dû logiquement continuer, car la saison 3 commençait à peine à vraiment adapter les romans de Harris avec les 7 premiers épisodes qui revisitent le roman Hannibal et les 6 derniers qui s’attaquent au Dragon Rouge.
Thématiquement très dense, la narration de Fuller fut comme son propos, en constante transformation. S’intéressant à ce qui change un homme en bête, la série joue constamment avec ses deux visages. Chaque personnage a une face qu’il cache aux autres. Maniant la symbolique du chrysalide et du papillon pour accentuer la thématique de la métamorphose, la série mue de saison en saison pour atteindre sa maturité formelle et narrative dans son dernier acte. Le series finale est à ce jour un exemple de poésie visuelle tout aussi macabre que somptueuse. Constamment fasciné par la mort et la transcendance spirituelle, Bryan Fuller a imprégné Hannibal de son style comme pour ses anciennes séries. Que ce soit dans la sophistication maniérée des costumes ou cette douce ironie qui enrobe la mort, on est face à une oeuvre qui transpire constamment de personnalité. Ce ton si précis a surtout permis aux acteurs de totalement s’imprégner de la plume de Fuller et de ne faire qu’un avec leur personnage. Mads Mikkelsen avait la tâche presque impossible de succéder à Anthony Hopkins dans un rôle devenu culte. Pourtant il relève le défi haut la main. Inquiétant, énigmatique et par moments même touchant, il apporte une subtilité et une légitimité que les autres versions du personnage ne possédaient pas. Jamais le personnage n’avait été aussi proche de la vision de l’ange déchu imaginé par Harris, et Mikkelsen y trouve le moyen de signer un de ses meilleurs rôles. Hugh Dancy n’est pas en reste non plus, partageant une alchimie évidente avec Mikkelsen, il donne forme avec brio aux démons intérieurs de Will. Plus intense et ayant une palette d’émotions plus vastes que son partenaire, il offre une prestation mémorable dans le rôle le plus difficile de la série. Les deux trouvent le soutien d’un casting secondaire de talent, Laurence Fishburne est impeccable et brille par sa sobriété et son charisme tandis que Caroline Dhavernas prouve tout son talent et que l’excellente Gillian Anderson vient souvent démontrer qu’elle est une des actrices les plus passionnantes de la télévision.
Ce qui au final aura causé la mort de la série, ce n’est pas une absence de talent, elle a même prouvé être capable de très souvent atteindre l’excellence, mais elle n’était malheureusement pas adaptée à la chaîne qui la diffusait. Elle a perturbé une audience qui était plus habituée aux séries génériques et accessibles se laissant suivre sans trop avoir à réfléchir. Ici s’imposait à eux une oeuvre souvent exigeante aux réflexions relativement noires. NBC ne pouvait donc plus soutenir un programme qui était plus adapté à une chaîne câblée avec un public plus réceptif à ce genre de format et aux séries plus empruntes de personnalité. Bryan Fuller n’a jamais eu beaucoup de chance avec ses séries, Hannibal étant la seule à avoir dépassé le stade de 2 saisons car il évoluait toujours dans une entreprise où il n’y avait pas sa place. Avec sa nouveauté American Gods qui verra le jour le 30 avril sur Starz, il travaille enfin sur une chaîne du câble, ce qui lui octroiera sans doute plus de liberté. Il aura peut être la possibilité