Auréolé de 2 Oscars dont un pour son acteur principal Casey Affleck, Manchester By The Sea est un drame dans la plus pure tradition du genre, confrontant ses personnages au poids du passé et du deuil. Un film subtil et bouleversant qui vaut autant pour sa sincérité que les performances hallucinantes de justesse de son casting.
Issu d’une famille ouvrière du Massachusetts, Lee Chandler (Casey Affleck) est un modeste concierge. Le jour ou son frère ainé disparait, et qu’il se voit désigné tuteur de son neveu Patrick, sa vie va brutalement changer. Le voici contraint de retourner dans sa ville natale, Manchester-by-the-Sea, une bourgade qui va raviver chez lui les affres d’un passé tragique qui l’a séparé de sa femme Randi (Michelle Williams) et de la communauté où il est né et a grandi.
Un drame bouleversant
A Hollywood, on n’en avait que pour lui en 2016. D’abord présenté au prestigieux Festival de Sundance, Manchester By The Sea aura finalement acquis une certaine réputation qui l’aura imposé en grand favori pour les Oscars 2017. Autant dire une évidence sitôt qu’on voit l’œuvre de Kenneth Lonergan tant celle-ci, bien que simple en apparence, brille par sa complexité.
Niché dans une narration non-linéaire, le film brasse en effet des thématiques aussi larges que le deuil, les liens familiaux et filiaux ou encore l’héritage ; et donne le la à un Casey Affleck méconnaissable. Fragile mais charismatique, touchant mais renfermé, réussissant par son jeu à donner un sens à tous ses silences, il offre une prestation littéralement habitée qui rend d’autant plus compréhensible son sacre aux Oscars. On notera d’ailleurs, en plus de sa prestation, la réussite totale de Kenneth Lonergan. Nommé lui aussi aux Oscars pour sa contribution, le réalisateur excelle pour suggérer sans montrer, évoquer sans confronter. Et finalement, il parvient, au détour d’un drame bouleversant, à dresser le portrait délicat et sans concession d’une petite ville, de ses habitants et d’une famille en proie au doute. Bref, voilà bien une pépite d’émotion à ne pas rater.
Manchester Bonus Sea
On se réjouira d’autant plus à la vue des bonus, qui ont à cœur d’éclaircir les parts d’ombre du phénomène. On pourra ainsi se reporter sur plusieurs scènes coupées, un making-off « Des Vies Émouvantes » qui relate le processus créatif entourant le projet et enfin des commentaires audio du réalisateur Kenneth Lonergan. Autant d’éléments qui permettent de mieux cerner l’ambition du projet, à juste titre récompensé par l’Oscar du Meilleur Scénario Original à la dernière Cérémonie des Oscars.
Caractéristiques techniques du DVD

Image : 16:9 1.85:1 – Anamorphic Widescreen Audio : Anglais, Espagnol, Français, Allemand, Italien – Dolby Digital 5.1 Sous-Titres: Anglais (Sourds et malentendants), français, espagnol, arabe, Allemand, Néerlandais, Hindi, Italien
Durée : 2h11
Scènes coupées (La charte des Chandler / Les obsèques des enfants / L’appel d’Elise) • Des vies émouvantes: La création de Manchester By the Sea • Commentaires sur le film avec le réalisateur Kenneth Lonergan
Caractéristiques techniques du Blu-Ray:

Image : 16:9 1.85:1 – Anamorphic Widescreen Audio : Anglais, Espagnol, Français, Allemand, Italien, Russe – Dolby Digital 5.1 Sous-Titres: Anglais (Sourds et malentendants), français, espagnol, mandarin, arabe, Allemand, Néerlandais, Hindi, Italien, Russe
Durée : 2h17
Scènes coupées (La charte des Chandler / Les obsèques des enfants / L’appel d’Elise) • Des vies émouvantes: La création de Manchester By the Sea • Commentaires sur le film avec le réalisateur Kenneth Lonergan

L’idée de départ vient d’Adam Price et de Søren Sveistrup, venu la soumettre à Kasper Barfoed. Ce dernier a tout de suite été attiré par cette idée, conscient que depuis ces dernières années le terrorisme est dans les esprits de chacun et que tous ont conscience que cela peut arriver à n’importe quel moment. Partant de ce constat là, Barfoed trouvait important de ne pas ignorer la question et alors d’oser faire une série sur le sujet. Après des recherches approfondies avec des négociateurs et agents des forces spéciales, l’équipe choisit de se centrer sur l’aspect psychologique, s’interrogeant sur les comportements que nous pourrions avoir dans une telle situation, se focalisant alors sur la psychologie des personnages mais aussi sur le travail des forces spéciales.
Peut-on alors parler de série politique ? Kasper Barfoed répond que oui et non. Oui, parce que la série pose des questions sensibles, difficiles à répondre. Notamment la question au centre de ces deux premiers épisodes : “doit-on payer la rançon ?” (Il faut savoir que le Danemark ne paie pas de rançons dans ce genre de situations). Dans la série, ce sont alors les proches des victimes et une journaliste qui vont tenter de mobiliser le peuple danois pour lever des fonds et payer la rançon que le gouvernement se refuse à donner.
Below The Surface est un thriller réussi, qui sait efficacement créer une atmosphère sous tension. Kasper Barfoed, qui a “voulu inverser les attentes des spectateurs” assume ce côté plus thriller psychologique que série politique mais dans un pays où l’on a connu, et continue de connaitre, des attaques terroristes, cette approche a dérangé plus d’un spectateur. Certains s’attendaient à une réflexion plus poussée sur la religion et à une série bien plus politique. Difficile pour certains de s’identifier à cette prise d’otage lorsqu’on a connu dernièrement des attaques d’un autre type. Mais Kasper Barfoed insiste en disant que se pencher sur ces thématiques aurait empiété sur ses intentions de départ et n’aurait alors pas donné la série qu’il désirait.


Si la trame de l’histoire reste assez banale – un jeune serial killer en devenir dont on comprend rapidement que le père partage les mêmes pulsions – le personnage de Sam est assez complexe pour piquer notre curiosité. Ayant un charme indéniable, Sam est beau, poli et un petit peu maladroit dans les interactions sociales. Faisant partie de l’équipe de natation, Sam n’a pourtant pas beaucoup d’amis selon la principale du lycée, l’adolescent préférant passer son temps libre à l’hôpital, où sa mère travaille, et faire la lecture aux patients. Dans sa chambre, il se filme en train de réciter les histoires qu’il invente sur la mort de son père puis analyse ses propres expressions. Dès lors, on ne sait plus quand est-ce que Sam joue ou non la comédie. A-t-il des sentiments sincères pour Chrissy, la nouvelle venue en ville ? Ressent-il une quelconque empathie ou est-il un pur psychopathe ? Lors de sa rencontre avec Oscar, (un garçon qu’il a défendu contre des élèves qui le brutalisaient), il lui demande ce qu’il a ressenti lorsqu’il se faisait humilier et malmener en public. Lorsqu’Oscar lui avoue avoir été terrifié et qu’il lui décrit sa peur, “d’abord tout était noir, puis tout est devenu blanc”, Sam semble fasciné par ces émotions qu’il ne parait pas pleinement comprendre.
figure du serial killer autre que celle d’un trentenaire habitant dans un sous-sol. Sam n’est qu’un enfant (même si cela l’irrite terriblement qu’on le lui rappelle), ici la présence des parents est primordiale et on peut observer les interactions entre adolescents et géniteurs aussi bien pour Oscar, Chrissy que Sam. La mère de Sam, qui refuse de lui parler de son père, est souvent filmée en contre-plongée ; ne faisant que rappeler à Sam son manque de contrôle. On se rappelle alors sa discussion avec Oscar qui lui demandait s’il avait peur de plonger, Sam lui confiait que lorsqu’il était tout en haut, au-dessus de tous ces gens, personne ne pouvait l’atteindre. Lorsque, plus tard, il s’apprête à tuer sa deuxième victime, la trainant jusque dans la salle de bain, la caméra tombe et se renverse : Sam contrôle désormais la situation, personne à ce moment-là ne le regarde de haut. Le réalisateur Bruce Goodison exile parfois ses personnages sur les côtés du cadre, les isolant et accentuant d’autant plus la distance entre les deux interlocuteurs, comme lorsque la mère de Sam peine à comprendre le comportement de son fils, pensant qu’il vole des objets par simple esprit provocateur adolescent alors que ce dernier commence en fait sa collection d’effets personnels de ses victimes.
ce petit film où Ryan Reynolds parle comme un charretier et se sape en rouge pour dézinguer du pourri sur fond de Wham, les deux comparses se sont forgés une petite réputation de trublions infusés à la pop-culture et à l’impertinence. Les voir donc reprendre le film d’horreur spatial le plus emblématique du 7ème art, et le coupler avec l’atmosphère très « réaliste » de
Car bien que le budget soit faible pour le tout-venant des blockbusters (59 millions de $), Life jouit de deux éléments, qui une fois combinés, rendent appréciable cette série B qui mène sa barque sans prétention : la mise en scène et le scénario. Si la première, fonctionnelle et, qu’on se le dise, efficace permet de maintenir la tension, surtout grâce à la photographie ouatée de Seamus McGarvey (Avengers), c’est bien le deuxième, noir en diable qui est à l’aune de tout le succès de l’ensemble. Une noirceur inhabituelle pour ce genre de production, d’autant plus surprenante qu’elle n’hésite pas à sacrifier ses stars sous les coups d’une bête diablement habile et dont l’acharnement à vouloir éliminer les membres d’équipages relève de l’exploit. A l’arrivée, on retiendra un divertissement horrifique de bonne tenue qui se conclut par une fin pessimiste en diable, mais totalement cohérente, tant à l’instar de deux compères qui l’ont écrite, elle incarne l’amère ironie propre aux films ou des scientifiques jouent à Dieu.

11 Minutes se présentait pourtant comme un drame alarmant. En construisant son scénario autour de la thématique de l’irréversibilité du temps, Jerzy Skolimowski semblait ancrer son œuvre dans le présent. En effet, nous vivons actuellement dans une société en éternel mouvement. Métro-boulot-dodo, cela est schématique mais pourtant notre quotidien se résume à ce cycle, parfaitement défini de manière innocente et futile. À travers son scénario démantelé, Jerzy Skolimowski souhaite nous faire prendre conscience de l’irrévocable sort de la vie… 11 minutes, 11 moments, 11 vies que tout oppose, ou presque

