- A l’occasion de sa sortie DVD le 5 septembre prochain, retour sur le long-métrage argentin Citoyen d’honneur avec Oscar Martinez, Coupe Volpi du meilleur acteur.
Synopsis : Résidant en Europe depuis une trentaine d’années, l’écrivain argentin Daniel Mantovani, récompensé par le Prix Nobel de littérature, refuse la plupart du temps toutes les invitations possibles. Pourtant, lorsque sa petite ville natale argentine Salas le sollicite pour le faire citoyen d’honneur, Mantovani accepte. Mais comment sont les habitants de Salas, ceux qui sont devenus à leur insu les personnages de ses romans ?
Gastón Duprat et Mariano Cohn se sont beaucoup amusés à créer Daniel Mantovani, un écrivain fictif plus vrai que nature. Il s’agit au départ d’une sorte de « vengeance » face à certaines justices : en réalité, aucun auteur argentin n’a jamais remporté le Nobel de littérature (même pas Borges, pourtant cité dans le long-métrage), contrairement à Mantovani dans le film. Le « délire » est même allé plus loin dans la création du personnage principal : un roman de ce soi-disant Mantovani a été publié par Random House Mondadori et d’autres textes devraient voir le jour dans les librairies. Cela n’a évidemment rien d’exceptionnel (des romans du personnage fictif télé Castle – incarné par Nathan Fillion – sont sortis pour ne citer que cet exemple). Pourtant, ce prix-là, aussi prestigieux soit-il, tout le monde s’en fiche à Salas, le village natal de Mantovani qu’il a longtemps fui. Paradoxalement, Salas a aussi été sa principale source d’inspiration. Et il n’y retourne que pour pouvoir pondre sa prochaine création littéraire. Là-bas on peut brûler ses romans et même s’y torcher, aussi bien au sens figuré que littéral. Si les réalisateurs ont réussi à venger l’Argentine toujours absente dans le palmarès des Nobel de littérature, en revanche, certains individus veulent se venger d’être devenus des personnages de fiction peu glorieux. La bête littéraire se retourne alors contre son créateur.
Citoyen d’honneur joue sans cesse sur les mises en abyme avec cet écrivain fictif, incarné par Oscar Martinez, surprenant de subtilité et qui mérite amplement son prix d’interprétation à Venise. Le film est alors construit sur différents chapitres qui nourriront la propre œuvre de Mantovani. La subtilité est certainement l’un des termes les plus importants pour aborder ce long-métrage : Mantovani écrit ses romans à partir de ses observations minutieuses. La mise en abyme est de nouveau pertinente et élargie puisque le scénario doit conduire les spectateurs à regarder les personnages et les situations attentivement pour comprendre le fonctionnement de l’écrivain. Le procédé est d’autant plus intéressant puisqu’aucune scène ne montre l’écrivain en train d’écrire justement. Être auteur, être artiste, et même plus globalement être un intellectuel, ce n’est pas simplement se contenter de prendre sa plume : il doit passer par des épreuves sociologiques et même scientifiques, ce qui peut sembler a priori paradoxal pour un artiste littéraire. Peut-être est-ce aussi à cause de ses facultés à analyser les gens que Mantovani n’est pas parvenu et ne parvient pas à s’attacher à Salas même s’il a aussi probablement de l’affection.
Il est juste regrettable que Citoyen d’honneur manque de rythme ce qui rend le film parfois difficile à digérer. De plus, le cynisme du personnage principal et même de toutes les situations aurait pu être davantage souligné avec un rythme plus soutenu. Le film a peut-être été mal vendu : l’humour est certes bien présent mais il n’est pas non plus ravageur aux Nouveaux Sauvages, récente comédie argentine avec déjà Oscar Martinez dans la distribution. Il s’agit d’une comédie fine jouant beaucoup sur le décalage qui devient un parallèle pertinent entre le monde huppé que le personnage principal fréquente depuis trente ans et Salas. Mantovani a fui un endroit pour aller dans un autre similaire qui est tout simplement plus grand et mieux réputé. Les quatre jours à Salas ne sont finalement pas si différents du quotidien de l’écrivain en Europe. Les villageois sont certes légèrement caricaturés mais le portrait dressé reste humain. Les réalisateurs ne sont jamais arrogants envers les provinciaux parfois rustres et même colériques contrairement à Mantovani, un homme aigri et misanthrope qui doit assumer ses responsabilités en se confrontant à ceux qui lui ont inspiré ses romans et qui l’ont donc aussi aidé dans un sens à devenir célèbre et reconnu.
Citoyen d’honneur : bande-annonce
Citoyen d’honneur : Fiche Technique
Titre original : El ciudadano ilustre
Réalisation : Mariano Cohn et Gastón Duprat
Scénario : Andrés Duprat
Interprètes : Oscar Martinez, Dady Brieva, Andrea Frigerio…
Producteurs : Fernando Sokolowicz, Victoria Aizenstat, Eduardo Escudero, Manuel Monzón, Fernando Riera…
Société de production : Aleph Pruducciones
Distributeur : Memento Films Distribution
Durée : 117 minutes
Genre : comédie
Date de sortie : 8 mars 2017
Argentine – 2016



principal propos de Summer Wars : nous parler de ce Japon « entre tradition et modernité » que nous présentent 95% des agences de voyage pas très originales. Les traditions sont-elles vouées à être effacées par l’innovation constante et l’ouverture au monde, ou n’ont-elles pas au contraire quelque chose à apporter à cette nouvelle ère. Ici la dualité est partout, dans le scenario et les personnages bien sûr, mais aussi dans la mise en scène, le montage (très dynamique dans OZ, plus posé dans la réalité) et même les décors. On pourra citer la scène ou la famille, plongée littéralement dans l’ombre suite à un deuil, voit l’un de ses membres retourner dans la lumière lorsque résonnent les pleurs d’un nouveau-né. Ou encore la stratégie consistant à transformer l’univers futuriste d’OZ en une forteresse du Japon médiéval pour en reprendre le contrôle. Les exemples sont légions. Le neuf apporte du progrès au vieux, le vieux apporte du sens au neuf.



Il voit en eux l’occasion de mettre un terme à son impotence, de donner enfin un sens à sa vie et de rejoindre une communauté de frères d’armes qui sauront lui apprendre ce qu’il doit savoir et faire bloc autour de lui en cas de danger. Il associe à la cause ses amis qui vivotent, plus ou moins désœuvrés, plus ou moins animés d’une volonté de changement. Commencent alors les exactions : on s’attaque au bâti, celui payé avec de l’argent sale sur des terrains non constructibles pour offrir sa villa au parrain d’un clan puissant, puis l’on arrive rapidement à la violence envers autrui, le point de bascule du film. C’est là que la mise en scène de
A l’image de ces territoires français ultramarins, reliques d’un empire colonial dont l’État préfère taire l’histoire, la Corse est un parent pauvre de la République. L’île de beauté est reléguée au statut d’aire de villégiature ; peu importe la corruption des élus locaux et leurs accointances mafieuses, pourvu qu’on ait une villa au soleil huit semaines par an. Pour un insulaire de souche, le constat est amer, désespérant, révoltant. En prendre conscience, c’est s’exposer à le vivre de manière obsessionnelle, avec une nécessité impérieuse d’agir. La question est de savoir de quelle manière on agira, selon quelles méthodes et au nom de quoi. Au-delà du portrait choral d’une jeunesse séduite par les idées nationalistes, Thierry de Perretti pose avec ses choix de mise en scène dans Une vie violente de réelles questions d’éthique.


qui la considère initialement comme sa petite sœur, avant d’accepter de lui offrir ce qu’elle attend : l’attention d’un garçon, le premier baiser, les regards complices. Mais si Court le fait par gentillesse, Dani s’emballe, et la chute n’en est que plus rude lorsqu’elle réalise que ce dernier est en réalité en couple avec Maureen. Les rivalités et la jalousie ressurgissent, doublées d’une amertume nouvelle pour Dani, qui se sent, pour la première fois de sa vie, trahie. Cet amour naissant entraîne donc un chagrin, mais est aussi la source d’un conflit familial à plusieurs niveaux : son père voit d’un mauvais œil l’émancipation de sa fille, et Dani se sent coupable car ses incartades ont failli, par un triste concours de circonstances, coûter la vie à sa mère, enceinte de son quatrième enfant. C’est la fin du beau temps et le début des ennuis : la douceur de vivre s’estompe, le climat se gâte. L’automne arrive. Le bonheur et l’innocence ne sont pas éternels, l’été non plus.
Avec une (bonne) bande-annonce qui ne laisse présager de rien, si ce n’est d’une atmosphère particulière qui peut en effet faire penser à La Isla Mínima, la surprise est donc totale pour le bonheur des cinéphiles. Même si le synopsis annonce « la traque d’un serial-killer d’un genre particulier », il s’arrêtera là, et le spectateur découvre un monde très déroutant, aussi bien du côté obscur que de celui de la Loi, peut-être plus obscur encore du côté de la loi, avec des policiers très ambigus, et c’est ce qui fait tout l’intérêt de ce thriller qui sort des sentiers battus.

Ayant la réputation d’être une saga inadaptable malgré tant d’années de tentatives, il est dommage de constater qu’une fois que l’une d’elles a pu enfin voir le jour, le réalisateur ne s’est pas vraiment 
L’idée de créer un personnage odieux et gérant d’un hôtel n’est pas venue par hasard. En effet, John Cleese s’est inspiré de ses différentes expériences vécues avec ses amis membres des Monty Python. Basil Fawlty est surtout un double de Donald Sinclair, co-propriétaire d’un hôtel à Torquay et réputé être excentrique et surtout odieux envers ses clients. Cette anecdote donne le ton sur les deux merveilleuses et hilarantes saisons de Fawlty Towers.
Au contraire de la majorité de ses œuvres comme par exemple Violent Cop ou Sonatine, Takeshi Kitano n’apparaît cette fois-ci pas devant la caméra. Avec Kids Return, Kitano met en lumière un duo d’amis dont la destinée va les séparer, tout en les gardant très proches. Masaru et Shinji sont deux amis de longue date. L’école n’est pas vraiment leur tasse de thé, et ils préfèrent passer leur temps à glander sur le toit du lycée ou à faire les 400 coups, quitte à provoquer le désordre dans la salle de classe. Ils possèdent par ailleurs leurs petits repères comme ce café où un des élèves vient chaque jour, espérant avoir un ticket avec la serveuse, ou encore un petit restaurant servant de lieu de réunion au groupe de yakuzas. Masaru et Shinji se déplacent libres comme l’air sur leur vélo, Shinji pédalant et Masaru assis sur le porte bagage. Tournant en rond dans la cour de récréation, ils défendent les opprimés ou se révoltent contre l’autorité.
Cela a déjà été dit, mais le cinéma de Kitano possède une poésie marquante qui se base très souvent par des petites séquences ou des sentiments du quotidien. Kids Return ne déroge pas à la règle, et la représentation de cette amitié par Kitano est peut-être l’une de ses plus abouties. Malgré le fait que Masaru et Shinji gravitent dans des univers diamétralement opposés, on remarque que cette amitié, cette complicité que Kitano a exposé au début de son film, reste toujours présente. Ce qui est fort c’est que Kitano va garder une certaine pudeur, loin de faire de grands éclats lyriques à base de saut dans les bras de l’autre, d’hurlements de joie, ou autre. Les rencontres entre le boxeur et le yakuza se font au détour d’un café ou d’une salle de boxe. Ils restent la plupart du temps très pudique tout en disant très long -que ça soit un regard ou une discussion banale- même si cela ne dure que quelques instants. Une fois n’est pas coutume, Takeshi Kitano cultive ce sentiment de mélancolie, de nostalgie. Les deux compères ayant fait de nombreuses facéties ensemble, se retrouve séparés et dans un autre monde que celui dans lequel ils évoluaient avant. Ce sentiment déteint très vite sur le spectateur qui s’est très vite attaché à Masaru et Shinji et qui ne peut s’empêcher d’avoir un pincement au coeur quand il les voit là où ils sont. Kids Return est une ode à l’amitié, délivrée de façon subtile mais d’une puissance non moins phénoménale.