Les films de l’été : Summer Wars de Mamoru Hosoda

Tout le mois d’août, les rédacteurs du Magduciné vous font découvrir les meilleurs films de l’été. Aujourd’hui, Mamoru Hosoda nous emmène au cœur d’une réunion de famille japonaise dans Summer Wars

« L’été c’est pastèques, feux d’artifices et filles. » nous promet dès ses premières minutes Summer wars, un film du Studio Madhouse réalisé par Mamoru Hosoda et sorti en 2009.

Kenji Koiso est un petit génie des maths qui travaille pendant ses vacances à la maintenance d’OZ, une version alternative d’internet à mi-chemin entre le réseau social et le MMO (jeux massivement multi-joueurs) reliant la majeure partie des systèmes d’information de la planète. Alors que l’été commence tout juste, il se fait embaucher par Natsuki, une camarade de classe, pour aller se faire passer pour son petit ami lors de l’anniversaire des 90 ans de sa grand-mère. Celle-ci est la doyenne des Jinnouchi, une grande famille pleine d’histoire qui se retrouve pour cet événement particulier. Mais alors qu’il découvre tout ce monde de traditions, OZ est victime d’un piratage à l’échelle mondiale. Une course contre la montre commence dans cette famille pour essayer de sauver OZ.

Avec un tel résumé, inutile de disserter durant des heures pour deviner lesummer-wars-entrainement principal propos de Summer Wars : nous parler de ce Japon « entre tradition et modernité » que nous présentent 95% des agences de voyage pas très originales. Les traditions sont-elles vouées à être effacées par l’innovation constante et l’ouverture au monde, ou n’ont-elles pas au contraire quelque chose à apporter à cette nouvelle ère. Ici la dualité est partout, dans le scenario et les personnages bien sûr, mais aussi dans la mise en scène, le montage (très dynamique dans OZ, plus posé dans la réalité) et même les décors. On pourra citer la scène ou la famille, plongée littéralement dans l’ombre suite à un deuil, voit l’un de ses membres retourner dans la lumière lorsque résonnent les pleurs d’un nouveau-né. Ou encore la stratégie consistant à transformer l’univers futuriste d’OZ en une forteresse du Japon médiéval pour en reprendre le contrôle. Les exemples sont légions. Le neuf apporte du progrès au vieux, le vieux apporte du sens au neuf.

Pourtant si l’on vous parle aujourd’hui de Summer Wars ce n’est pas pour cette dialectique, qui si elle en reste extrêmement intéressante à étudier n’en est pas moins très classique dans l’animation japonaise, chez Hosoda comme ailleurs. Non si on parle de Summer Wars, c’est pour sa plongée dans un été japonais qui ne donne qu’une envie : prendre ses billets d’avions là maintenant et foncer droit vers l’est. Entre la nourriture omniprésente tout au long du film, les repas de famille conviviaux, les traditions et histoires centenaires du clan Jinnouchi, tout est là pour que l’on se sente invité. On découvre cet univers avec Kenji, on est invité comme lui et nous suivons donc la même progression que lui, mais à mesure que l’on découvre la famille, la réalisation s’éloigne petit à petit. Kenji est toujours au centre de la narration, mais notre point de vue n’est plus collé à lui. A mesure que l’on se familiarise avec les (très) nombreux membres de la famille Jinnouchi, on commence à les suivre dans des scènes où Kenji n’est plus présent, faisant passer notre point de vue de celui de l’invité à celui du membre à part entière de la famille. Un véritable sentiment d’authenticité se dégage de ces moments de vie, à l’écart souvent des tumultes de la trame principale, une simple famille qui fait sa vie alors que l’été s’installe.

Un film léger donc, mais peut être trop justement. Cette simplicité qui est la force du film en vient également à être sa faiblesse, les coïncidences narratives s’accumulent comme autant de chances pour le spectateur de sortir de l’expérience du film. Si bien sûr ces coïncidences servent le propos, elles ont tendance à être traitées de façon trop naïve pour nous empêcher de hausser un sourcil. On prendra l’exemple de l’influence totalement exagérée de l’aïeule de la famille qui appelle tranquillement des ministres pour savoir comment ils prennent en charge la situation dans une scène qui prête à sourire.

De manière générale, une fois ce défaut mis de côté, le film reste très plaisant. Le fond reste néanmoins suffisamment nuancé pour contrer la simplicité de la forme. La musique est excellente, l’animation est aux petits oignons, le monde d’OZ rend extrêmement bien, des décors jusqu’aux designs des personnages (mention spéciale à LOVE MACHINE qui est visuellement un des antagonistes les plus réussis de l’animation japonaise récente). Un film léger donc, peut-être trop pour certains, mais qui devrait sans problème trouver une place dans votre liste de films estivaux. Un vrai petit morceau d’été nippon avec Pastèques, feux d’artifices et filles.

Summer Wars : Bande-annonce

Synopsis : Bienvenue dans le monde de OZ : la plateforme communautaire d’internet. En se connectant depuis un ordinateur, une télévision ou un téléphone, des millions d’avatars alimentent le plus grand réseau social en ligne pour une nouvelle vie, hors des limites de la réalité. Kenji, un lycéen timide et surdoué en mathématiques, effectue un job d’été au service de la maintenance d’OZ. A sa grande surprise, la jolie Natsuki, la fille de ses rêves, lui propose de l’accompagner à Nagano, sa ville natale. Il se retrouve alors embarqué pour la fête traditionnelle du clan Jinnouchi. Il comprend bientôt que Natsuki ne l’a invité que pour jouer le rôle du  » futur fiancé  » et faire bonne figure vis-à-vis de sa vénérable grand mère. Au même moment, un virus attaque OZ, déclenchant catastrophes sur catastrophes au niveau planétaire. Avec l’aide de Kenji, tout le clan Jinnouchi se lance alors dans une véritable croisade familiale pour sauver le monde virtuel et ses habitants…

Summer Wars : Fiche Technique

Titre original : Sama Wozu

Réalisation : Mamoru Hosoda
Scénario : Satoko Okudera
Interprétation : Ryûnosuke Kamiki (Kenji Koiso), Sumiko Fuji (Sakae Jinnouchi), Takahiro Yokokawa (Takashi Sakuma), Nanami Sakuraba
(Natsuki Shinohara)…
Montage : Shigeru Nishiyama
Musique : Akihiko Matsumoto
Producteur(s) : Takuya Itô, Yûichirô Saito, Nozomu Takahashi, Takafumi Watanabe
Distributeur : Eurozoom
Genre Animation
Durée : 1h54
Date de sortie : 9 juin 2010
Date de sortie DVD/Blu-ray : 27/10/2010

Japon – 2009

Auteur : Yvan Ribollet

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