Dans la lignée des œuvres de John Le Carré, le film d’espionnage polonais Jack Strong a débarqué chez nous directement en DVD et Blu-Ray depuis décembre dernier.
synopsis : Décembre 1970. La grève ouvrière est brutalement stoppée par les tirs de l’armée polonaise. Promis aux plus hautes fonctions, le colonel Kuklinski est profondément marqué par cette violente répression. Sa connaissance des plans d’une Troisième Guerre mondiale élaborés par l’URSS renforce encore son malaise. Au péril de sa vie, il contacte le camp ennemi : les États-Unis.
Cela n’est pas évident de faire sortir les spectateurs de leur zone de confort. En dehors des James Bond (concrètement plutôt des films d’action), les films d’espionnage n’attirent pas nécessairement le public dans les salles obscures. Un film d’espionnage polonais ? Encore plus difficile pour les intéresser ! Ce Jack Strong a donc presque mis 4 ans pour débarquer en France en suivant cette logique. Il ne fallait évidemment pas s’attendre à une quelconque sortie en salles à ce stade-là, il subit le sort de nombreux films désormais en se faisant connaître directement en DVD et Blu-Ray. Si les films d’espionnage ne vous passionnent pas, Jack Strong ne produit pas de miracles et ne devrait pas vous réconcilier avec ce genre, même si le film explique plutôt bien les différents enjeux et replace bien les faits historiques.

En revanche, pour les amateurs de ce type de films, ce long-métrage ne devrait pas les décevoir. Il est dans la même veine que les adaptations des romans de John Le Carré pour ne citer que cet exemple (La Taupe, The Night Manager). L’intrigue, prenant le temps de s’installer, reprend alors une page méconnue de l’Histoire, ce qui rend ce film certainement encore plus intéressant. Bref, Jack Strong s’est battu (enfin plutôt les distributeurs) pour se faire connaître à l’international mais cela en valait certainement la peine. La mise en scène de Wladyslaw Pasikowski (pour le public lambda, son nom ne nous dit rien mais il a une sacrée carrière en Pologne !) est remarquable. Le spectateur ressentira clairement cette peur liée à une paranoïa silencieuse, thème clé de la Guerre Froide, notamment par une bande-originale inquiétante et sa photographie soutenant des couleurs froides. De plus, par sa reconstitution historique, le film s’avère soigné mais sans en faire trop non plus.
Le public français (entre autres) ne reconnaîtra que Patrick Wilson (Conjuring : Les Dossiers Warren, Insidious), très convaincant en agent de la CIA. Le casting polonais s’en sort également plus que bien. Marcin Dorocinski (vu dans Opération Anthropoid) est remarquable dans le rôle de « Jack Strong » (nom de code) tout comme Maja Ostaszewska (Le Pianiste) dans le rôle de l’épouse du héros. Jack Strong vaut alors le coup d’oeil pour son sujet passionnant, sachant mêler la grande Histoire avec la petite.
DVD et Blu-Ray
Bonus : Making of (15 minutes)
Réalisation et scénario : Wladyslaw Pasikowski
Acteurs : Marcin Dorocinski, Patrick Wilson, Maja Ostaszewska
Producteurs : Sylwia Wilkos, Klaudiusz Frydrych, Roman Gutek

Contenu du DVD
Date de sortie : 6 décembre 2017
Éditeur KOBA Films – Accord parental – Image : Couleur – 16/9 compatible 4/3 – 2.35 Langue : français – Son : 5.1 Dolby Digital – Qualité : Pal – Durée : 2h07


Paco Plaza est surtout connu pour Rec, réalisé avec son comparse Jaume Balaguero. Le film avait redonné une seconde jeunesse au genre du Found Footage, en nous proposant une œuvre particulièrement immersive et nerveuse, très vite devenue l’un des films cultes des années 2000, engendrant 3 suites dont 2 réalisées par Paco Plaza. Le cinéaste hispanique était depuis resté assez timide, du moins sur le territoire français. Le voici donc de retour, avec semble-t-il, le même objectif qu’il s’était fixé avec Rec, redonner une certaine vitalité à un genre qui a beaucoup souffert de productions somme toute lamentables, empilant les effets putassiers et consorts qui font la norme de la plupart des productions américaines « grand public », comme c’est le cas pour
À l’instar de


Il n’est donc pas étonnant que cette question juive hante la Hongrie, et les cinéastes apportent une pierre essentielle à l’édifice du souvenir. Ainsi, La juste Route, qui est un très beau métrage en noir et blanc hyper-contrasté, prend le spectateur à la gorge dès les premières images. Nous sommes en août 1945, et l’image brûlée traduit parfaitement la sorte de désolation qui frappe le pays. Un mariage se prépare, mais aucune joie n’est palpable, les mariés manquent d’enthousiasme, les villageois qui sont littéralement écrasés par la chaleur semblent très éprouvés par la fin d’une occupation allemande que remplace immédiatement l’omniprésence de soldats russes goguenards dans le village. Seul le Secrétaire de Mairie, Szentes István (Péter Rudolf) se pavane comme un coq d’un point à l’autre du village, et il est vrai que le cinéaste n’a pas lésiné pour nous le rendre antipathique dès ses premières apparitions.
Les deux hommes sont deux Juifs qu’on dit revenus de déportation. La nouvelle est rapidement répandue, et engendre le chaos parmi des habitants qui ont beaucoup à se reprocher, et la majeure partie du film suit leur cavalcade de poules sans têtes courant çà et là pour cacher, sauver, voler, détruire des preuves, ou encore noyer un semblant de culpabilité dans des litres d’alcool. Ce sentiment de sournoiserie est encore exacerbé par des plans entrevus par l’interstice des portes et des clôtures en bois, comme si chacun épiait son voisin et que la confiance avait définitivement disparu du village. L’affolement général est de plus entrecoupé de scènes avec les deux hommes en noir, un père et son fils marchant extrêmement dignement derrière la charrette d’un autre père et d’un autre fils qui a pris en charge leurs mystérieux bagages, sur une route que chacun redoute qu’elle ne finisse devant « sa » maison. La mise en scène est précise, et le montage terriblement efficace.
Mais avant tout, ce film qui se termine de la plus poignante des façons, est un besoin pour le réalisateur et son coscénariste Gábor T. Szántó (auteur de la nouvelle Homecoming à la base de ce film), un écrivain qui se définit comme « le dernier des écrivains juifs hongrois », de dire cette période de collaborationisme de la Hongrie et de certains Hongrois, de ne pas laisser tomber dans l’oubli la spoliation à laquelle les Juifs qui sont revenus d’Auschwitz-Birkenau ont dû faire face, alors même que des statues ou des plaques à l’effigie du sinistre Miklós Horthy, le Pétain hongrois, l’allié d’Hitler, ont été érigées récemment à Budapest et dans d’autres villes du pays…
Une maladie épouvantable risque de plomber la relation amoureuse entre deux adolescents très lisses… cela ne vous rappelle rien ? Non, nous ne parlons pas de
La Canadienne Stella Meghie ne propose aucune idée de mise en scène (même si on ne s’attendait pas spécialement à en voir). On ne peut pas totalement la blâmer : elle n’est certainement qu’un pantin comme (hélas) pas mal de réalisateurs employés pour ce type de grandes productions inintéressantes. Pour combler ce vide, on a préféré miser sur des décors très blancs et bling-bling (même technique pour
Phineas Taylor Barnum (1810-1891) est un modeste fils de fermier, devenu un célèbre entrepreneur de spectacles à New-York. A la fois mystificateur et véritable homme d’affaires, il suscite la curiosité du public en présentant des objets et des animaux rares, venus notamment d’Afrique et d’Europe. Son goût de la démesure et de l’excentricité est bien dépeint dans le film à travers la découverte de son fameux musée des merveilles, abritant notamment guillotine, éléphant et girafe. Barnum étend également cette approche aux humains avec le « Freak Show », ou l’exposition d’hommes et de femmes dotés de caractéristiques physiques extraordinaires. Dans The Greatest Showman, l’équipe du cirque comporte ainsi une chanteuse barbue, un géant, un nain, un homme recouvert de tatouages et de nombreux acrobates.
Le personnage du businessman se développe de façon assez intéressante dans le film. Parti de rien, son désir le plus profond est de réussir dans la société, de devenir quelqu’un. Par la même occasion, il cherche à prendre sa revanche sur son beau-père, qui n’a jamais eu aucune estime à son égard, et à réaliser la promesse d’une vie extraordinaire faite à sa femme Charity. Mais quelles prises de risques et quels prix sont acceptables pour y parvenir ? Tel Icare, en cherchant à atteindre les étoiles, l’ambitieux showman se brûlera les ailes. Son histoire personnelle délivre ainsi une des morales du film : vivre le bonheur que l’on possède sans se perdre dans une périlleuse et incertaine folie des grandeurs. En Barnum, Hugh Jackman est tout à fait convaincant. Depuis les Misérables, ses talents de chanteur et de danseur n’étaient plus à démontrer. Il parvient aussi à donner du charisme et de l’humanité à son protagoniste. Il est ainsi bien appréciable de retrouver l’acteur dans un premier rôle de comédie, moins dramatique que le récent Logan.
Au-delà du respect des différences, the Greatest Showman invite à franchir et s’affranchir des barrières sociales. M. Carlyle, auteur de théâtre originaire d’un milieu aisé, se laisse ainsi convaincre par Barnum de s’associer à son cirque. Délivré du carcan familial, il profite alors d’une toute nouvelle liberté. L’amour permet également de transcender les classes sociales pour ces deux personnages principaux. Sur ce point encore, rien de très novateur, mais un beau rappel en musique.
