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The Disaster Artist : récit d’un improblable nanar

Tiré du livre éponyme qui raconte l’envers du décor du nanar The Room, The Disaster Artist est un éloge tendre à l’amitié et à la création mais aussi le récit de deux artistes ratés qui depuis l’humiliation vont créer l’un des plus mauvais films de tous les temps.

Tirer d’un des pires films de tous les temps un bon long-métrage : en voilà un défi curieux. Quand James Franco a annoncé s’atteler à l’adaptation du livre The Disaster Artist qui retrace les coulisses du nanar cinématographique The Room, on pouvait craindre que le réalisateur en profite pour exposer son humour (parfois) lourdingue vue l’histoire improbable qui entoure The Room. Au début des années 2000, Tommy Wiseau, artiste raté à l’allure digne d’un méchant de film d’horreur, produit, écrit et réalise The Room (sur ses économies personnelles) dont il tient le rôle principal aux côtés de son ami Greg Sestero. Le résultat est si mauvais qu’il en devient culte. Aujourd’hui, The Room est un succès incroyable diffusé à travers le monde où le public récite chaque réplique par cœur à l’image des séances de minuit de The Rocky Horror Picture Show. En 2013 Greg Sestero, son plus proche collaborateur et meilleur ennemi/ami, écrit un roman :  » The Disaster Artist  » qui dévoile la personnalité lunatique de Wiseau et le tournage catastrophique. Le livre se fait très rapidement remarquer jusqu’à attirer l’attention de James Franco et sa bande. Avec l’accord de tout le monde, le projet est lancé.

Loosers magnifiques

Malheureusement, le film se rate dans sa tentative de produire un récit biographique et se montre bien trop creux sur cet aspect. Alors que Tim Burton plongeait dans la psychée d’Ed Wood pour décortiquer son oeuvre, The Disaster Artist ne s’attarde jamais sur les motivations et la vision de Wiseau et traite le personnage avec trop de distance pour le comprendre. Pourtant le long-métrage tire tout son intérêt dans la mention  » inspirée d’une histoire vraie  » qui finit par occuper tout l’écran. Si l’histoire n’était que pure fiction, l’excentricité de son protagoniste et la qualité douteuse de sa création ne relèveraient que de l’anecdote. Le problème est que The Disaster Artist ne se suffit pas à lui-même et ne semble s’adresser qu’aux fans de The Room. Ainsi, le néophyte qui se retrouve face au film est rapidement perdu face à la multiplication de références à Wiseau et son univers. Moins qu’un long-métrage autonome, The Disaster Artist est surtout un hommage bienveillant envers un nanar culte. Si les coulisses du navet constituaient à priori ce qui pouvait le plus intéresser le spectateur, le film se concentre bien plus sur l’amitié qui unit Greg et Tommy. D’un côté Wiseau, artiste misérable et pathétique dont on ne sait rien et de l’autre Sestero, jeune comédien trop timide. Les deux se rencontrent lors d’un cours de théâtre. La première apparition se concilie avec la manière dont le monde a découvert Wiseau, dans une performance minable mais passionnée. Les deux loosers magnifiques semblent aux antipodes et pourtant leur destin est encore intimement lié.

Une déclaration d’amour aux rêves

davefranco-jamesfranco-thedisasterartist-film-wiseau-sesteroLa description des coulisses ne devient finalement qu’un prétexte pour exposer la personnalité excentrique de Wiseau et sa relation avec Sestero, l’envers du décor comme présenté dans le long-métrage étant bien moins délirant que le fut la réalité. Dans le livre, on apprend que l’équipe a dû être changée 4 fois ou encore que l’interprète original de Mark a été viré au profit de Sestero. James Franco décide de filmer ces deux héros comme deux figures shakespeariennes prises entre leurs rêves et leurs illusions. Cette démarche atteint son acmé lors d’une joute verbale intense entre le duo lorsque Sestero veut confronter Wiseau à ses mensonges et à son caractère destructeur. The Disaster Artist est une véritable ode à la création et à l’amitié. Les deux hommes au cœur du film sont des ratés qui faisant  face à l’indifférence de l’industrie cinématographique vont réussir en faisant tout à l’envers.  En cela, il est totalement fascinant de voir comment ils ont su tirer un succès incroyable de ce qui aurait pu être une humiliation totale. James Franco signe une performance brillante (Golden Globe du meilleur acteur !) dans un exercice de mimétisme quasi-parfait. Aucun d’eux n’avait le talent nécessaire pour réaliser un film mais leur démarche semble finalement bien plus sincère que la plupart des grandes productions hollywoodiennes. Le véritable Tommy Wiseau a tout d’un personnage cinématographique. Comble pour lui, la meilleure histoire qu’il a su orchestrer est finalement sa propre vie.

 Bande-annonce : The Disaster Artist

 Fiche technique – The Disaster Artist

Réalisation : James Franco
Scénario : Scott Neustadter et Michael H. Weber, d’après le livre éponyme de Greg Sestero et Tom Bissell
Distribution : James Franco (Tommy), Dave Franco (Greg), Seth Rogen (Sandy), Alison brie (Amber), Zac Efron (Dan)…
Direction artistique : Rachel Rockstroh
Décors : Susan Lynch
Costumes : Brenda Abbandandolo
Photographie : Brando Tost
Montage : Stacey Schroeder
Musique : Dave Porter
Production : James Franco, Evan Goldberg, Seth Rogen James Weaver et Vince Jolivette
Sociétés de production : New Line Cinema, Good Universe, Point Grey Pictures et Rabbit Bandini Productions
Sociétés de distribution : A24 films (États-Unis) ; Warner Bros (France)
Genre : comédie dramatique biographique
Durée : 98 minutes
Date de sortie : 7 mars 2018 (France)

États-Unis – 2018

Star Trek Discovery, bilan subluminique de la nostalgeek saison 1

Après un bilan mid-season mitigé malgré la reconnaissance de points forts et un haut potentiel pour la série, retour sur Star Trek Discovery et sa seconde partie de saison, très explicite quant à la direction prise par le show : la nostalgie.

Synopsis : Dix ans avant les aventures de Kirk et Spock… Michael Burnham a été élevée selon la culture vulcaine par Sarek, père de Spock. Elle est la première humaine à avoir reçu l’enseignement du Centre de formation vulcain de l’Académie des Sciences. Quelques années plus tard, en 2256, elle est devenue Premier Officier modèle sur le vaisseau de Starfleet, l’USS Shenzhou, sous les ordres du Capitaine Philippa Georgiou. Lorsque le vaisseau est confronté aux Klingons, elle désobéit aux ordres de sa supérieure. Cela provoque la destruction du vaisseau et la mort de nombreux officiers, dont le Capitaine Georgiou. Michael est condamnée par la Cour martiale et exclue de Starfleet. Cependant, six mois plus tard, elle est transférée sur l’étrange vaisseau USS Discovery, tenu par le Capitaine Gabriel Lorca.

To boldly go where much has gone before : nostalgia galaxy

Multiples sont les séries Star Trek qui ont mis du temps à s' »installer », soit à trouver leur rythme, leur ambiance, leurs personnages, leurs intrigues, et leur inscription dans un univers lui aussi à expandre – approfondir, agrandir… Discovery a connu – comme expliqué dans le bilan mid-season – une production accidentée. A tel point que deux des grands artisans cinématographiques (et télévisuels) de la saga ont été appelés pour conseiller. D’un côté, Nicholas Meyer, à qui l’on doit le premier grand film de la franchise, Star Trek II La Colère de Khan, premier d’une trilogie qu’il supervisera avec Leonard Nimoy, l’interprète de Spock aussi réalisateur des troisième et quatrième volets. On doit aussi à Meyer le très beau Star Trek VI Terre inconnue. Pour l’anecdote, il est aussi le scénariste-réalisateur de C’était demain qui met en scène H.G. Wells (Malcolm McDowell) à la poursuite de Jack L’Éventreur (David Warner) à travers le temps. De l’autre, nous avons Jonathan Frakes, le Numéro 1 du Capitaine Jean-Luc Picard (Patrick Stewart), soit le génial William T. Riker de The Next Generation. Ce dernier a aussi réalisé le formidable Star Trek : Premier Contact, long métrage qui a propulsé l’équipage du Captain Picard sur grand écran après un ST Générations qui a divisé. Il réalisera l’imparfait mais bel épisode cinématographique, Insurrection, qui suivra son First Contact. Plus tard, Frakes œuvrera sur nombre de séries en tant que réalisateur, de Dollhouse à Castle en passant par La Treizième Dimension et nombre d’épisodes de Star Trek.

Ainsi les deux bonshommes ont été appelés pour conseiller et même travailler sur la production de certains épisodes. Meyer est crédité en tant que consulting producer sur treize épisodes, tandis que Frakes réalise le dixième volume de la saison, Malgré soi (Despite Yourself). L’arrivée de ces deux artisans va au-delà d’un nécessaire besoin de forces trekkiennes efficaces sur le show. Les deux hommes prêtent en effet leurs noms à Discovery. Le show, qui est loin de faire l’unanimité – notamment parmi les fans – peut ainsi compter sur  ces deux noms pour sa promotion. Une utilisation publicitaire qui se base sur le gage de qualité que Frakes et Meyer représentent, et aussi et surtout sur la nostalgie qui entoure ces deux grands créatifs de la franchise (voir les articles liés aux deux noms dans le premier paragraphe et le screen ci-dessous pour vous faire une petite idée de l’énorme apport promotionnel permis par l’arrivée de Meyer et Frakes).

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L’arrivée des grands noms de l’univers « Star Trek » Nicolas Meyer et Jonathan Frakes a apporté un regain d’intérêt pour ‘Discovery’.

La nostalgie porte nombre de remakes, suites, et reboots. Symptôme d’une incapacité à se tourner vers l’avenir et à avancer, la nostalgie occupe le grand écran comme les petits depuis un certain nombre d’années. De Jurassic World au retour de K-2000, l’incapacité d’imaginer à nouveau (soit inventer) ou ré-imaginer (déconstruire pour remodeler les formes) est aussi présente dans Star Trek Discovery. Il a été expliqué dans le bilan de mi-saison que beaucoup de fans avaient crié au scandale face à un certain nombre d’éléments nouveaux (ou semblant l’être) ou non-concordants avec l’univers original ou celui parallèle de J.J. Abrams. On peut par exemple citer le nouveau design des Klingons. Mais comme il a été démontré concernant le design du Discovery et des costumes de l’équipage, Discovery est loin de désobéir aux règles qui régissent le cosmos Star Trek. Et le déroulement des épisodes de la seconde moitié de saison était déjà annoncé par quelques épisodes de la première partie : Choisissez votre douleur (Ep. 05 : Choose Your Pain) et Troubler l’esprit des sages (Ep. 07 : Magic to Make the Sanest Man Go Mad). On retrouve dans les deux volumes le personnage de Harry Mudd qui, comme tout Trekkie le sait, en fera voir des vertes et des pas mûres au Capitaine Kirk et l’équipage de l’Enterprise dans la série originale. Ce qu’on peut considérait comme un clin d’œil adressé aux fans et une infirmation de voir Discovery comme une série véritablement inscrite dans l’univers était en fait un autre outil – tels les prête-noms Meyer et Frakes – du tournant nostalgique du show visant à accrocher le public de fans ne se retrouvant pas dans ce nouveau chapitre de leur univers fétiche.

L’épisode 07 va plus loin et place le spectateur dans une position rassurante pour tout adepte de la licence et plus généralement de science-fiction. Le Discovery est bloqué dans une boucle temporelle causée par Mudd qui échoue à prendre parfaitement le contrôle du vaisseau. Grâce à ses capacités développées via la technologie du déplacement par saut, le lieutenant Stammets a l’avantage de se souvenir des divers reboots causés par Mudd. Le but de l’équipage est alors de réussir à mettre hors d’usage sa technologie de voyage dans le temps et de le neutraliser. L’épisode, tel un autre culte de Next Generation (voir références ci-dessous), met à rude épreuve les compétences de chacun des membres de l’équipage pour mieux les unifier et exposer la force harmonique qui les pousse « au-delà du danger, vers l’inconnu ». Que ce soit dans Fringe (S2 – Ep. 18 : « Une tulipe blanche ») ou dans Star Trek The Next Generation (S5 – Ep. 18 : « Causes et Effets »), ou plus tôt dans La Quatrième Dimension (S2 – Ep. 26 : « Peine capitale »), la boucle temporelle est un concept fondateur du récit de science-fiction/fantastique. Que Discovery s’en empare n’est pas un hasard. L’épisode peut alors réveiller la nostalgie de certains trekkies mais surtout, il plonge, comme dit plus haut, le spectateur dans un récit familier et donc confortable. Il réveille ainsi, quoiqu’il arrive, des affects « doudou » (concept de Nicolas Bonci mis en place en 2015 ici), des émotions agréables ressenties par le passé et qu’on désire/aime – consciemment ou inconsciemment – ressentir à nouveau tel un être cherchant à câliner à nouveau son doudou pour retrouver ses formidables sentiments d’enfant. Nous avons ainsi un récit classique de boucle temporelle qui en cache une autre chez le spectateur nostalgique.

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L’envol du beau ‘USS Discovery’ (NCC-1031) n’a pas fait l’unanimité.

Le Discovery s’aventure bien plus loin dans le territoire obscur du fan service. De l’épisode 10 au 13, le show nous emmène dans l’univers parallèle bien connu de Star Trek. Dans celui-ci, les humains règnent sur un empire totalitaire xénophobe, raciste, et militarisé. Créé et mis en images dans le quatrième épisode de la saison deux de la série originale nommé « Miroir » (« Mirror, Mirror » en vo), cet univers parallèle avait été repris et retravaillé – en hommage à la série originale et non sans une grande dose d’amusement perceptible – dans les séries Deep Space Nine (S2 – Ep. 23 : « Entrelacs ») et Star Trek Enterprise (S4 – Ep. 18 & 19 : « Le côté obscur du miroir »). Discovery exploite cet univers avec le sérieux et le premier degré qu’on lui connaît. Sur-feuilletonesque, l’emploi de l’univers parallèle se fait sur plusieurs épisodes et poursuivront la saga soap opera du Discovery à coup de révélations et de twists mal fichus mais aussi de dialogues improbables : ainsi Lorca, l’un des meilleurs personnages – tordus – du show, est bêtement écarté ; et Michelle Yeoh fait un retour dans le rôle de Philippa Georgiou qui permettra à l’équipage de retrouver et confirmer rapidement (et sans nuances) l’esprit Star Trek du show lors du dernier épisode : non, l’équipage du Discovery n’est pas prêt à tout pour arrêter la guerre ; non, ça n’est pas une série dirigée par l’action et l’adrénaline puisque l’équipe va trouver une solution de diplomatie – tout de même musclée – pour mettre fin aux combats ; oui, le Discovery obéit aux idéaux de Starfleet, ainsi ils découvriront de nouvelles planètes et civilisations, protégeront les plus faibles, formeront des alliances sans attentes… Tout ce qui pouvait nuancer le tableau a été écarté ou annulé par quelques twists et décisions incroyablement lumineuses de la part de l’équipage. En bref, tout va bien qui finit bien pour le Discovery qui s’annonce être un vaisseau de Star Trek comme on en a déjà connu. Quant au plan du Klingon blanc pour gagner la guerre et se faire respecter par ses pairs, et plus largement tout ce qui touche au Klingon, tout a été écrit de telle sorte que leur parcours alien a perdu en importance (et en temps à l’écran), quand bien même certains thèmes sont approchés de manière intéressante, le conditionnement par exemple.

Conclusion dans les étoiles 

Les fans ont donc été entendus. Aussi, affaiblie pas une production chaotique, Discovery, visuellement très réussie, s’est tournée vers la facilité en mettant fin à nombre d’intéressants éléments rafraichissants pour la franchise, et en se tournant vers la nostalgie en exploitant les renommées de certains et des concepts qui avaient déjà bien fait leurs preuves dans l’histoire de la franchise. Alors que nombre de fan-atiques se plaignaient de certaines nouveautés, de remodelages ou d’incohérences technologiques ou de manque de cohérence dans des designs bio-esthétiques, on remarque finalement que Star Trek Discovery est loin de tourner la franchise vers l’avenir comme J.J. Abrams l’avait réussi au cinéma en la relançant pourtant à son point de départ. Fan service, nostalgie et conforts sont les maîtres mots d’une énorme partie de la série qui, après un grand nombre de péripéties tantôt splendides tantôt ridicules ponctuées de dialogues parfois à la limite du possible malgré l’écriture formidable de certains personnages (Stammets en tête), est finalement rentrée dans les rangs. Le dernier plan de la série (voir extrait ci-dessous) confirme d’une manière spectaculairement explicite les dires qui précèdent.

Le Discovery tombe sur le fameux USS Enterprise, alors dirigé par le Capitaine Pike, soit l’officier que l’on a connu dans l’épisode pilote de la série originale, La Cage, qui a un accueil mitigé lors de sa diffusion mais autour duquel se développera un culte. Une mythologie vint aussi apporter de l’épaisseur à Pike, qui fut remplacé au poste de Capitaine de l’Enterprise – à la télévision comme dans l’histoire diégétique de Star Trek – par un certain bonhomme nommé James T. Kirk. Ce plan vient une nouvelle fois rassurer – et brosser doucement et gently dans le sens des poils – les fans en leur confirmant l’inscription du show dans la timeline classique Star Trek (mais tout de même, le retcon faisant de Burnham la fille adoptive de Sarek et donc la demi-soeur de Spock reste à véritablement à construire tant il est inadmissible d’incohérences). En bref, « nostalgia galaxia, en avant-toute monsieur Saru… »

Bande-Annonce : Star Trek Discovery

Fiche Technique : Star Trek Discovery

Création : Bryan Fuller, Alex Kurtzman d’après l’œuvre de Gene Roddenberry
Showrunners : Gretchen J. Berg & Aaron Harberts
Avec : Sonequa Martin-Green, Doug Jones, Shazad Latif, Anthony Rapp, Mary Wiseman, Jason Isaacs, Michelle Yeoh
Directeurs de la photographie : Colin Hoult, Glen Keenan, Guillermo Navarro, Darran Tiernan
Direction artistique : Matt Middleton, William Budge, Jody Lynn Clement, Greg Chown, Jean-Andre Carriere, Mark Steel
Décors : Mark Worthington, Tamara Deverell, Todd Cherniawsky, Mark Steel, Peter P. Nicolakakos
Costumes : Gersha Phillips
Maquillages : Nicola Bendrey, Chris Bridges, Kevin Carter, Graham Chivers, Paul Jones, Olga Kirnos, Michele Monaco, Michael O’Brien, Shane Zander…
Éffets spéciaux : Alchemy Studios, Crafty Apes, Gentle Giant Studios, Legacy Effects, Pixomondo, Spin VFX
Montage : Jon Dudkowski, Andrew Coutts, Scott Gamzon, Steve Haugen, Cecily Rhett
Compositeur : Jeff Russo
Producteurs/trices : April Nocifora, Aaron Baiers, Kevin Lafferty, Ted Miller, Jill Danton, Thom J. Pretak, Geoffrey Hemwall
Production : CBS Television Studios, Living Dead Guy Productions, Roddenberry Entertainment, Secret Hideout
Distribution : CBS All Access (USA – video/VOD), CBS (USA – TV), Crave TV (Canada – vidéo/VOD), Netflix (UK, Japon, Pays-Bas, France, Singapour), Space (Canada – version anglaise), Z (Canada – version française)
Genre : Science-fiction, Aventure

États-Unis – 2017/2018

Empire du soleil, de Steven Spielberg : la guerre, quelle aventure !

Empire du soleil s’inscrit dans la lignée des films de guerre de Steven Speilberg, à l’instar de 1941, La Liste de Schindler, Il faut sauver le soldat Ryan ou encore Cheval de Guerre. Mais ici, Spielberg y incorpore un autre de ses thèmes fétiches : celui de l’enfance. En choisissant de raconter un épisode sombre de l’Histoire à travers les yeux d’un jeune garçon, il tombe alors dans le récit d’apprentissage teinté d’aventure et opte pour faire de la guerre une sorte de terrain de jeu à ciel ouvert. Un postulat ennuyeux.

Synopsis : Fils de riches citoyens britanniques expatriés à Shanghai, James Graham, jeune garçon de 13 ans, mène une existence privilégiée au milieu de toute la haute société anglaise installée en Chine.  Mais, en décembre 1941, alors que le Japon déclare la guerre aux Etats-Unis et ses alliés, Shanghai bascule soudain dans l’horreur de la Seconde Guerre Mondiale. Lors d’une émeute particulièrement violente, James perd ses parents de vue et se retrouve seul. Rapidement, il est arraché à son confort puis fait prisonnier. L’enfant doit désormais apprendre à survivre dans un monde hostile, ravagé par la guerre. 

Les limites de la démesure 

Empire du Soleil s’impose d’emblée comme une fresque guerrière à l’ambition épique et spectaculaire. La démesure des décors et des paysages par rapport à la petitesse d’un enfant, -centre de gravité de l’intrigue-, nous plonge rapidement dans une atmosphère apocalyptique qui nous dépasse, et qui défie même les limites du rationnel. Souvent, il semble que la question de l’échelle se pose : le petit avion en métal avec lequel Jim joue, se retrouve soudain comparé à la carcasse géante, grandeur nature, d’un avion bombardé. La confrontation entre ces deux objets empire-of-the-sun-christian-balerésume à elle seule un des principes fondateurs du film (à mon sens) : le choc de deux mondes. D’un côté, celui de l’enfance, de l’innocence, où tout semble joyeux, léger, petit et sans conséquence ; de l’autre, celui de la guerre et de la cruauté qui ne s’explique pas, ce phénomène de destruction massive dont l’ampleur ne s’inscrit dans aucune logique. Cela ne rentre pas dans le cadre : c’est hors limite, ça ne peut pas être appréhendé. Souvent, Christian Bale est filmé seul, au milieu du chaos. Qu’il s’agisse d’un terrain vague encerclé par des soldats japonais, d’un mouvement de foule qui engloutit tout sur son passage, ou d’un ciel ravagé par les bombes, l’univers dans lequel s’engouffre Jim est terrifiant, et bientôt, les frontières de ces deux mondes s’effacent. Tandis qu’au début, Jim restait dans des zones sécurisées, délimitées par des lignes, des portes, des clôtures, des barrières, tout finit par voler en éclats, et plus rien n’a de forme, de contours. Plus rien n’a de sens ou de raison.

Problème : si, sur le principe, cette intention est louable voire fameuse, le résultat n’est pas à la hauteur des attentes. Première raison, l’enfant, rarement attachant, si ce n’est jamais, en fait. En grande fan de Christian Bale, j’ai réellement tenté de ressentir de l’empathie pour ce jeune garçon déboussolé dont les certitudes volent en éclats en même temps que son monde disparaît. Vraiment. Pour un premier rôle, pour un jeune comédien de 12/13 ans, c’est un défi de taille que de faire tenir un film d’une telle envergure sur ses épaules, transmettre un souffle épique, faire passer une évolution, véhiculer, dans sa prestation, l’idée d’un bouleversement identitaire profond, violent et irréversible. C’est démesurément ambitieux, peut-être trop. Car très vite, on se dit que ce garçonnet est un fils de riches capricieux qui n’a aucun sens des réalités, et qu’une piqûre de rappel ne lui ferait pas de mal. Triste à dire, mais vrai. Dès le départ, son caractère ingrat pose le spectateur en antagoniste. On ne pleure pas pour lui, jamais. Par la suite, on se lasse de ses « aventures » de guerre, la manière dont il tente de survire dans ce monde régi par des adultes, où l’individualisme règne en maître. On se fatigue de le voir courir, s’agiter, grimacer, crier, gesticuler, s’exciter en vain. C’est assez usant. Dommage, quand on sait que le périple de cet enfant est le socle narratif de tout le récit. Les émotions ne passent pas : ni quand il tente, impuissant face à la mort, de réanimer frénétiquement une femme (prise de conscience importante voire décisive) ; ni quand il pleure le visage de sa mère dont il ne se souvient plus, et non plus lorsqu’il reçoit enfin l’affection de Miranda Richardson, substitut de figure maternelle dans cet enfer. On est indifférent. Jamais on ne vibre, jamais on ne s’attendrit, jamais on ne ressent.

Et si on jouait à la guerre ? 

Second problème de taille, le traitement de la guerre, qui semble toujours vouloir éviter le sérieux et le drame. Le fait de voir ces événements atroces à travers les yeux d’un enfant transforme rapidement l’action en aventure, où tout est prétexte à faire de ces paysages en ruines et ces camps de prisonniers un terrain de jeu géant. Difficile de comprendre où Spielberg a voulu en venir. A l’instar de La vie est belle de Benigni, le cinéaste américain traite la guerre avec désinvolture, de manière décalée, et adopte un ton qui ne convient pas à ce qu’il porte à l’écran. Quand la tentative d’évasion du camp prend des allures de parcours ludique, ou que chaque objet que récolte Jim prend des empire-du-soleil-stiller-malkovichairs de chasse aux trésors, on se demande où l’on va… Même constat pour les personnages secondaires, dont les motivations restent floues. A quoi sert exactement John Malkovich ? On aurait pu penser qu’il ferait office de guide pour  Jim, mais ça n’a pas l’air d’être le cas. Gentil ? Méchant ? On en vient à se poser des questions bêtes et réductrices pour tenter d’identifier et de cerner les personnages, qui n’ont pas de but ni d’intérêt réel dans cette histoire où tout sonne creux. Finalement, tous les protagonistes sont réduits à être ou non « les amis » de Jim, dans sa quête de survie, et encore, même si Christian Bale fait l’effort de paraître plus négligé, échevelé, maigre et sombre au fil du film, on se demande dans quelle mesure il est véritablement atteint par les horreurs de la guerre. Il s’amuse, joue à faire semblant d’être mort, rampe, court, se cache… Même sa sauvagerie finale (la faim et la souffrance l’on transformé en bête) est poussée à l’extrême pour un résultat sans âme. On ne sait pas où le film veut en venir. Du moins, ce n’est pas (à mon sens une fois de plus), le récit d’apprentissage puissant et déchirant que cela aurait pu être.

En conclusion, Empire of the Sun est un film d’une facture impressionnante qui est écrasé par le poids de ses ambitions et qui se fourvoie. Long, ennuyeux, vain, parfois invraisemblable voire ridicule, le métrage souffre d’un traitement qui ne fonctionne pas et d’un héros auquel on ne s’attache pas, sans parler d’un manque cruel d’émotion. Ce film de guerre grandiloquent, à la croisée d’A.I. (pour la quête identitaire de l’enfant seul qui se confronte aux ruines d’un monde) et d’Indiana Jones (pour le côté aventure), n’a pas l’étoffe de la démesure qu’il nous promet.

Empire du soleil : Bande-annonce

Empire du soleil : Fiche Technique

Titre original : Empire of the sun
Réalisateur : Steven Spielberg
Scénario : Tom Stoppard et Menno Meyjes, d’après le roman de J. G. Ballard
Casting : Christian Bale (James « Jim » Graham) ; John Malkovich (Basie) ; Miranda Richardson (Madame Victor) ;
Nigel Havers (Dr. Rawlins) ; Joe Pantoliano (Frank Demerest) ; Leslie Phillips (Maxton) ; Masatô Ibu (Sergent Nagata)
Photographie : Allen Daviau
Montage : Michael Kahn
Décors : Norman Reynolds
Costumes : Bob Ringwood
Musique : John Williams
Producteur(s) : Kathleen Kennedy, Frank Marshall et Steven Spielberg
Production : Warner Bros. ; Amblin Entertainment
Distributeurs : Warner Bros.
Genres : Guerre, drame
Durée : 2h 34 min
Date de sortie en France : 16 mars 1988

Nationalité : États-Unis

La Couleur Pourpre de Steven Spielberg : une belle leçon sur les challenges de la vie

Exaltant, poignant et inspirant, La Couleur Pourpre dissimule sous forme d’un long métrage, une avalanche de sentiments : rires, pleurs, colère, tristesse. On passe par toutes les émotions dans cette production signée Steven Spielberg et qui marque le lancement des carrières de Whoopi Goldberg et Oprah Winfrey, inconnues à l’époque mais déjà prometteuses.

La Couleur Pourpre est inspiré du roman épistolaire éponyme d’Alice Walker (lauréat du prix Pulitzer en 1983). Sorti en 1985 aux États-Unis, il succède aux films E.T. L’Extraterrestre (1982), Rencontres du Troisième Type (1978) et Les Dents de la Mer (1975). Adaptation cinématographique, le film s’éloigne pourtant légèrement dans sa forme du livre de Walker et aborde différents thèmes (viol, inceste, pédophilie, sexisme, racisme, violence, etc.) au travers de l’histoire de Celie, une jeune afro-américaine qui endure tout au long de sa vie des sévices de la part des hommes qui l’entourent, à savoir son père, puis son conjoint.

Acclamé par certains, critiqué par d’autres, La Couleur Pourpre ne laisse personne indifférent. Et l’on doit cela à son sujet controversé et ses personnages brillamment interprétés. Dès les premières minutes du film, notre sympathie et notre compassion vont directement au personnage de Celie dont on découvre rapidement que son innocence lui a été volée très tôt dans son enfance. Il ne s’agit que d’une enfant, qui a l’habitude de jouer dans la prairie avec sa sœur, mais elle a de particulier qu’à seulement 14 ans, elle est enceinte de son second enfant. Le géniteur n’étant rien d’autre que son propre père. Celie vit un enfer, et son seul rayon de soleil est sa petite sœur, Nettie (Akosua Busia), une vraie force de la nature qui est la seule à lui donner le sourire. L’insécurité et le sentiment d’infériorité qui transpirent du personnage de Whoopi Goldberg forcent le public à s’attacher à elle. On pleure avec elle, on rit avec elle, on s’énerve avec elle, on grandit avec elle, on triomphe avec elle. Celie devient nous, et nous elle. C’est ainsi que l’on devient témoin de toute la force de caractère déployée par cette jeune femme du fin fond du sud des États-Unis.

La Couleur Pourpre n’est pas un film historique, c’est un film sur des êtres humains. Un film humain dont la beauté est dévoilée un peu plus à la découverte de chacun de ses personnages. Nettie par exemple, clé de voûte dans la vie de Celie, nous marque à chaque passage où on la voit, par sa bravoure et son intelligence. Elle est la première personne dans la vie de Celie à avoir fait preuve d’indépendance en quittant le foyer familial où son père menaçait de plus en plus de lui réserver le même sort que sa grande sœur (viol). Ensuite, on a Shug Avery (Margaret Avery), une chanteuse de bars dont Mister (Danny Glover), l’époux de Celie s’est amouraché ; et Sophia (Oprah Winfrey), épouse d’Harpo (William Pugh), fils de Mister. L’une est belle, libre, bi-sexuelle ; et l’autre est grande gueule et féministe à souhait. Ces deux grandes figures finissent d’achever l’émancipation de la douce Celie qui découvre le plaisir sexuel et le féminisme chez chacune d’entre elles. Celie s’affirme, se rebelle, devient une femme libre aux yeux de tous, et c’est beau à voir.

Toutes les femmes de sa vie me direz-vous, oui, car La Couleur Pourpre se révèle rapidement être un film sur les femmes, pour les femmes, et noires de surcroît. Les hommes du film (Mister, Harpo, Pa’, etc.) ne sont que secondaires. Le film, adapté du best-seller de Walker, raconte le vécu d’une minorité de la population américaine dans les années 1900 et ça en a dérangé certains lors de s a sortie en salles. Accusé de raciste et de caricatural pour sa représentation négative des hommes noirs et du foyer familial afro-américain (esclavage de noirs sur noirs, dérives sexuelles : pédophilie, viol), le contrecoup médiatique enduré par le versatile Spielberg lui causa d’être snobé aux Oscars cette année-là, malgré 11 nominations.

Ainsi, après le raz-de-marée Black Panther et la prise de conscience du manque de représentation des noirs dans les films hollywoodiens, aujourd’hui encore, La Couleur Pourpre (sorti en 1985) paraît précurseur dans le genre. C’était irrémédiablement un risque pour Spielberg de faire un film pour les noirs, avec un casting presqu’entièrement noir à cette époque. Mais il l’a fait et le sujet abordé, plus que difficile et sensible, donne tout de même à réfléchir sur la condition de la femme noire dans sa propre communauté dans les années 1900. Certes, le trait mélodrame est tiré à fond à certains moments du film, mais il reste contre-balancé par des scènes cartoon-esques qui ont clairement pour but de détendre l’atmosphère. La Couleur Pourpre n’est pas tout noir, et ses personnages ne sont ni anges, ni démons. La Couleur Pourpre est un film d’espoir qui captivera quiconque le verra, par la beauté de ses images et sa musique soul-esque concoctée par le vénérable Quincy Jones.

Synopsis : L’histoire de deux sœurs, Celie et Nettie, et de leur famille qui a la particularité d’être de couleur noire au cours de la première moitié du XXème siècle dans le sud des États-Unis.

La Couleur Pourpre – Bande Annonce

La Couleur Pourpre – Fiche Technique 

Titre Original : The Colour Purple
Réalisation : Steven Spielberg
Scénario : Menno Meyjes, d’après le roman La Couleur Pourpre d’Alice Walker
Distribution : Whoopi Goldberg (CelieHarris-Johnson), Margaret Avery (Shug Avery), Oprah Winfrey (Sofia), Akosua Busia (Nettie Harris), Danny Glover (Albert « Mister » Johnson), William E. Pugh (Harpo), Adolph Caesar (le père d’Albert), Rae Dawn Chong (Marie-Agnès « Squeak »), Dana Ivey (Miss Millie), Laurence Fishburne (Swain), Susan Beaubian (Corrine)
Direction Artistique : Robert W. Welch sous la direction de J. Michael Riva
Décors : Lindda DeScenna et Virginia L. Randolph
Costumes : Aggie Guerard Rodgers
Maquillage : Ken Chase
Coiffures : Robert Stevenson et Lola Kemp
Photographie : Allen Daviau
Ingénieur du Son : Willie Burton
Effets Spéciaux : Matt Sweeney
Musique : Quincy Jones
Producteurs : Jon Peters, Peter Guber, Steven Spielberg, Kathleen Kennedy, Frank Marshall, Quincy Jones et Carol Isenberg
Sociétés de Production : Waner Bros., Amblin Entertainment et Guber-Peters Company
Distributeur : Warner Bros. Pictures
Budget : 15 000 000 dollars
Genre : Drame historique
Date de Sortie France : 10 septembre 1986

États Unis – 1985

UTU, le Maori Te Wheke se venge en DVD et Blu-ray chez La Rabbia

Ce mercredi débarque pour la première fois en vidéo en France UTU. Réalisé en 1983 par le Néo-Zélandais Geoff Murphy, le long métrage nous plonge dans les dernières années des Guerres de Nouvelle-Zélande et suit la désertion puis la vengeance du caporal Te Wheke, un guerrier maori alors prêt à tout pour exterminer les britanniques.

Synopsis : Nouvelle-Zélande, 1870. Te Wheke, un éclaireur maori des troupes coloniales, retrouve sa tribu massacrée par l’armée – et notamment son colonel – pour laquelle il travaille. Trahi et étreint par la douleur, il jure d’infliger le même châtiment – Utu soit vengeance en maori – aux Pakeha (les Néo-Zélandais d’origine européenne)…

« On a une Histoire qui est à tous » – Geoff Murphy

La citation du scénariste et réalisateur du film est conséquente pour approcher UTU. Si le synopsis suggère un revenge movie suivant Te Wheke, le long métrage suit différents points de vue. En effet, le film va capter les parcours de différents personnages pris dans la tourmente des combats et de la vengeance du Maori. Williamson, un mari venant de perdre sa femme assassinée par Wheke, part alors à sa poursuite en quête de vengeance ; un jeune officier aux tactiques prometteuses ne cesse de voir son habilité au combat remise en question par son supérieur ; ce dernier, colonel, est un crétin arrogant pédophile qui n’a d’yeux que pour la gloire ; Wiremu, un officier maori au service des Britanniques, ouvert au monde et connecté à ses racines et à sa terre, accomplit son devoir sans oublier le sens de la justice ; une jeune Maori jongle entre le camp de Te Wheke et celui des British, elle se rapprochera d’ailleurs du jeune officier ; un des soldats de Wheke est fidèle à son poste puis sera blessé au cours d’une bataille pour être assassiné par son propre leader… Autant de regards croisés qui vont venir construire le périple historique et donc collectif d’UTU.

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‘UTU’, un western néo-zélandais de Geoff Murphy

Cette expérience plurielle de l’Histoire trouvera son point culminant dans l’émouvante scène finale du film (attention, les lignes qui vont suivre risquent de vous spoiler la fin du métrage). Te Wheke est blessé puis arrêté après une importante traque et un tumultueux gunfight. Le veuf, qui n’aura cessé de s’armer lourdement (on le retrouvera dans le dernier acte avec un fusil à quatre canons), réclame la vengeance. La cousine du soldat de Wheke assassiné, qui est aussi la mère de la jeune amoureuse qui aura aussi été tuée des mains de Te Wheke, veut elle aussi se venger. Le jeune officier, qui préside un tribunal militaire de fortune, déclare l’inculpé coupable, mais il désire surtout le voir mort parce qu’il a perdu son amour maori. Multiples sont les individus qui cherchent à mettre en œuvre leur vengeance, soit Utu. C’est l’officier Wiremu qui leur fait remarquer cela. Ils sont aveuglés comme Wheke a pu l’être. Oui, ce dernier est coupable : il a assassiné des innocents, tué ses pairs pour leur fragilité ou par paranoïa… L’officier explique alors qu’il est le plus impartial juge d’entre tous, quand bien même il serait le grand frère de Te Wheke. Il a d’ailleurs abattu le colonel en pleine bataille sans qu’il soit reconnu par un soldat. Car il fallait rendre justice. Le colonel était responsable du massacre et de la destruction du village, cause de la quête de vengeance de Te Wheke. A ce propos, ce dernier, lors de son périple vengeur, a rendu coup pour coup, a pris un civil pour un Maori tué, et caetera. Mais il est allé bien au-delà. Ainsi justice doit être rendue. Si celle-ci sera executée par un coup de fusil, Wiremu la rendra dans la paix via un rituel maori que toutes et tous partageront.

Cette merveilleuse séquence met en avant l’harmonie d’hommes et femmes de groupes différents et aux objectifs propres conséquents. Tous réussissent à aller au-delà, pour se réunir autour d’un rituel qu’ils partagent et qui leur appartient à tous. Murphy met ainsi fin aux violences de son western en mettant face à l’Utu qui traverse l’ensemble du film une réunion harmonique néo-zélandaise. Les combats continueront même dans cent ans, déclarait un jeune Maori au service des Anglais. Peut-être, nous répond le film, mais savourons ce moment de paix. Enfin, Wimeru confirme à Te Wheke qu’il ira au paradis malgré tout. Car Utu est un mal bien humain et qui n’a pour l’instant cessé de hanter les esprits. Mais lorsque les ténèbres nous aveuglent, n’oublions pas ce qui est juste, le dialogue, la communion avec l’autre et notre espace… N’oublions pas de faire exister la paix.

Une édition vidéo soignée

La Rabbia propose de découvrir le film dans une édition vidéo soignée, que ce soit en DVD ou en Blu-ray, malgré une certaine instabilité visuelle sur certains plans et quelques flous. Grâce à un remaster formidablement réussi, le grain est préservé sans être envahissant. Au niveau sonore, le film, à nouveau grâce au remaster, a bénéficié d’une piste 5.1 supervisée elle aussi par le réalisateur. Du côté des bonus, vous trouverez un making of inédit fort intéressant d’une durée de quarante minutes, ainsi que l’éternelle présence de la bande-annonce du film. Ces deux éléments sont complétés par un livret empli de « photos inédites » et de textes revenant entre autres sur l’intrigante histoire de la tumultueuse remasterisation du film. La Rabbia propose ainsi une excellente édition pour découvrir ce monument néo-zélandais dans une version redux supervisée par l’équipe d’origine. Ainsi la version proposée ici n’est pas celle (d’origine) qui a pu être vu au Festival de Cannes en 1983 et en Nouvelle-Zélande à l’époque mais elle porterait la vision « ultime » d’UTU, dixit son scénariste-réalisateur Geoff Murphy : « Le film est plus âpre, plus intelligent, ce qui le rend plus fort. Nous avons retiré des choses qui à l’époque étaient drôles ou pertinentes mais qui, trente ans plus tard, n’ont plus aucun sens. Le travail de Weta Digital sur l’image est incroyable. Elle est plus belle que lors de la sortie initiale du film. Quant au son, il a été remixé en stéréo 5.1. C’est une toute nouvelle expérience. Je suis fier d’y avoir participé. » Quant aux scènes retirées du montage original, ou aux scènes déjà coupées à l’époque, aucun élément n’est présent dans les bonus de l’édition.

Bande-Annonce – UTU, ressortie vidéo chez la Rabbia

INFORMATIONS TECHNIQUES

Langue : Maori et Anglais – Sous-titres : Français – Son : Dolby Digital et DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0 – Image : 16/9 – 1.85 – Couleur – Durée : 1h48

SUPPLÉMENTS

Le making of de 1983 réalisé par Gaylene Preston (42 mn) – La bande-annonce version restaurée – le livret de 40 pages

Prix public : 24,99 €

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UTU
Prix indicatif de l’édition : 24,99 €

E.T. de Steven Spielberg : Petites histoires d’un grand film

36 ans après sa sortie, que reste t’il à dire d’E.T – L’Extraterrestre ? Que peut-on bien ajouter aux milliers de papiers d’analyse et de louanges de ce film culte ? Et surtout, qui ne l’a pas vu ? Alors plutôt que d’en remettre une couche sur l’évidence, racontons les petites histoires d’un grand film…

Traumatisé(e) ? On n’en serait pas moins quand il y a quelques années émergeait ce concept-art reptilien du bon E.T sur Internet. Car, effectivement, le tendre film de votre enfance aurait pu ne jamais voir le jour si, quelques années plus tôt, un autre projet de Spielberg s’était concrétisé.

Intitulé Night Skies, le projet produit par Columbia Pictures est conçu comme une réponse horrifique à Rencontres du troisième type. Soit le débarquement de cinq aliens plus ou moins malfaisants et leur confrontation à une famille de fermiers. Au-delà du budget exponentiel alloué aux effets spéciaux (confiés à Rick Baker pour un tiers du budget global), c’est bel et bien Spielberg qui est de moins en moins convaincu par le traitement de l’histoire, la partie qui l’intéresse le plus étant finalement la plus tendre, soit l’amitié entre Buddee, un gentil extraterrestre et un enfant autiste.

Night Skies n’aboutit donc pas pour toutes ces raisons. Mais Spielberg parle du projet à la regrettée scénariste Melissa Mathinson (qui signera aussi son segment pour La Quatrième Dimension ainsi que Le BGG). Elle développe un script entièrement basé sur la relation entre un extraterrestre et un enfant : E.T and me. Spielberg trouve le scénario parfait et revient donc vers Columbia Pictures qui n’est pas convaincu par le ton enfantin et très Walt Disney. D’autres sources rapportent cependant que Columbia, développant un autre film similaire à l’époque (Starman de John Carpenter) préféra privilégier ce dernier.

 

Quoi qu’il en soit, la suite, on la connait, Universal reprend le bébé et Columbia s’assoit sur le plus gros succès de tous les temps avant qu’un certain Jurassic Park le détrône en 1993. Au-delà des chiffres mirobolants qu’il alignera, de l’amour que le public lui portera, l’impact de E.T se mesurera surtout à l’aune de son rayonnement dans le champ culturel. Si on ne compte plus les reprises du plan iconique du vol devant la lune (devenu logo de la bien aimée Amblin) ou de la réplique « ET téléphone maison », on compte aussi quelques anecdotes savoureuses :

Ainsi, dans le monceau de produits dérivés (livres, figurines, attraction,…), un jeu Atari fut créé à la va-vite en cinq semaines. Considéré comme l’un des pires jeux de tous les temps, nombre d’exemplaires invendus du titre furent enterrés dans le désert du Nouveau-Mexique. Certains voient d’ailleurs dans l’échec du jeu la mort d’Atari. L’exhumation des cartouches en 2014 donnera lieu au documentaire Atari – Game Over.

De même, un succès n’allant pas sans sa cohorte de procès pour plagiat, citons le réalisateur indien Satyatij Ray, soutenu par Martin Scorsese, et son script The Alien écrit en 1967. Citons aussi le procès perdu de Lisa Litchfield accusant Spielberg d’avoir plagié sa comédie musicale Lokey from Maldemar. Plus proche de nous, la française Yvette de Fonclare nota l’étrange similitude entre son roman L’Enfant des Etoiles et le script d’E.T. D’autant plus qu’elle avait envoyé son roman en 1981 chez Disney, compagnie pour laquelle travaillait Mathison à l’époque. L’ironie est qu’on retrouve la « colonne vertébrale » d’E.T dans nombre d’œuvres depuis 1982, jusque dans le récent La Forme de l’Eau de Guillermo Del Toro.

A noter aussi qu’en 1982, il fut un temps envisagé une suite à E.T par Melissa Mathison et Steven Spielberg qui en écrivirent d’ailleurs le premier traitement. Intitulé E.T II – Nocturnal Fears, cette dernière renouait avec l’esprit de Night Skies en voyant Eliott et ses amis kidnappés par des aliens malfaisants et appelant E.T à l’aide. Spielberg décida de ne pas poursuivre le projet, estimant qu’elle ne ferait qu’enlever la pureté de l’original. Une chose assez ironique quand on sait la polémique qui entoura la réédition augmentée du film en 2002 (dans le même esprit que George Lucas et les Star Wars originaux). Abus d’images de synthèses, remplacement des armes par des talkies-walkies, rajouts inutiles,…. Devant le tollé, Spielberg prit publiquement la parole pour s’excuser, comprenant ce qu’il avait altéré pour les fans. A sa demande, les ré-éditions les plus récentes ne comportent même plus la version de 2002.

Couronné de quatre Oscars, 800 millions au box-office mondial depuis 1982, près de 10 millions de spectateurs en France, E.T est encore l’un des rares exemples d’un succès critique et public immédiat qui n’aura pas eu besoin des années pour accéder au rang d’œuvre culte et intemporelle de l’histoire du cinéma. Alors après tous ces tours et ses détours pour ne pas tartiner davantage sur ce que tout le monde sait, parlons très simplement du film et demandons-nous pourquoi ce succès ?

Est-ce parce qu’il convoque nombre des figures du cinéma d’un réalisateur essentiel (la parentalité, l’émerveillement, la candeur) ? Parce qu’il fait figure de film formellement parfait ? Parce qu’il recèle à tout niveau de fabrication une pureté totale ?

Non, nous savons tous parfaitement pourquoi. C’est parce qu’il a fait lever au monde entier des yeux humides vers le ciel, attendant de revoir un jour cet ami extraordinaire venu des étoiles. Nous intimant que tout était possible, surtout l’impossible.

Et cela, nous avions, avons et aurons toujours besoin de l’entendre.

E.T. : Bande-annonce

E.T. : Fiche Technique

Réalisateur : Steven Spielberg
Scénario : Melissa Mathison
Interprétation : Dee Wallace, Henry Thomas, Peter Coyote, Drew Barrymore
Photographie : Allen Daviau
Montage : Carol Littleton
Musique : John Williams
Production : Kathleen Kennedy, Melissa Mathison et Steven Spielberg
Studios de production : Universal Pictures
Durée : 115 minutes
Date de sortie : 1 décembre 1982

États-Unis – 1982

Auteur : Adrien Beltoise

Indiana Jones et le Temple Maudit de Steven Spielberg : un deuxième volet à l’identité plus sombre

Diamétralement opposé au premier volet par sa noirceur et un côté exotique moins prononcé, Indiana Jones et le Temple Maudit n’en demeure pas moins une suite d’excellente facture. Cette suite ne fait que confirmer les fondements solides d’une saga devenue culte et intemporelle grâce à son personnage principal.

Synopsis : L’archéologue aventurier Indiana Jones est de retour. Il poursuit une terrible secte qui a dérobé un joyau sacré doté de pouvoirs fabuleux. Une chanteuse de cabaret et un époustouflant gamin l’aideront à affronter les dangers les plus insensés.

Qu’il est difficile de passer après un très bon premier film. Surtout si le premier film en question, Les Aventuriers de l’Arche Perdue, initiateur de la résurrection du genre aventure, est considéré comme culte aujourd’hui. Au-delà de l’impatience des fans de la première heure qu’il fallait combler, l’objectif premier était d’offrir avec Indiana Jones et le Temple Maudit une aventure digne de ce nom à notre héros, sans pour autant afficher une volonté de surfer sur la vague et d’opportunité commerciale. Pari à première vue réussi dès sa sortie en 1984 : le film trouve son public, et rapporte plus de 330 millions de dollars au box-office mondial, tout en convainquant de façon plutôt homogène la presse. Et pourtant …

Rejeton renié

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A l’occasion de la sortie d’Indiana Jones et la Dernière Croisade en 1989, soit 5 ans après son exploitation en salles, un déferlement de critiques négatives heurtent le film. Et ces dernières pour la plupart ne proviennent pas de n’importe qui : en l’occurrence du propre père d’Indiana Jones, Steven Spielberg himself. Il déclara lors d’une interview accordée au Sun Sentinel qu’il n’est « absolument pas content de ce second film », le trouvant  » trop sombre, trop souterrain, et vraiment trop effrayant », le jugeant « même pire que Poltergeist » (qu’il a produit), et « n’y décelant rien comme apport personnel ». Il déclara dans cette même interview que le film n’était qu’une commande après le succès du premier opus, n’était qu’une démonstration de son savoir-faire en tant que réalisateur, et n’était alimenté que par les décisions et prises de position de son comparse George Lucas. En résumé : il s’agit selon lui de son pire film !

Même le mal aimé Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, signant le retour de l’archéologue sur les écrans après quasi vingt ans d’absence,  n’a pas connu un tel dénigrement. On ne peut donc que rester circonspect face à ce désaveu le plus total de la part de tonton Spielberg. Si la majorité de ses arguments sont contestables, on ne peut nier qu’Indiana Jones et le Temple Maudit concentre des défauts que le premier volet ne présentait pas, nuisant un chouïa à la qualité de l’ensemble.

Steven Spielberg affirme que le seul bon point qu’il trouve à ce deuxième film est le fait d’y avoir rencontré et épousé sa femme de l’époque, Kate Capshaw, qui campe Willie Scott, chanteuse de cabaret et comparse malgré elle d’Indiana durant cette aventure. Paradoxalement, cela sera un des principaux reproches faits au film. Bien loin de la témérité et de la force de Marion Ravenwood dans le précédent volet,  Capshaw est l’archétype même du personnage féminin accessoire des années 1980. Gesticulant tous azimuts, criant (« le problème avec elle c’est le bruit ! » attestera Indiana), se plaignant du manque d’un certain confort, elle sera à l’origine d’une ambiance somme toute machiste où Indiana Jones s’imposera en mâle alpha sans subtilité, particularité ne collant pas forcément au personnage, ni au contexte du film. On se souvient plus précisément de cette scène finale où le personnage attrape Scott au lasso et l’amène vers elle afin de lui soutirer un baiser. On a donc l’impression qu’elle soit davantage présente pour ses attributs physiques que pour sa participation au bon déroulement de l’intrigue.

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Cette dernière est le deuxième bât qui blesse : dès la découverte du temple, le sentiment de surplace pré pondère. Contrairement à la première demi-heure, où nous vadrouillons à toute berzingue entre les rues de Shanghai aux forêts indiennes en passant par des montagnes enneigées, le film semble prendre en otage le spectateur pour l’enfermer dans un seul et unique décor, celui du temple en question, et y concentrer son intrigue. Privée de la magnificence des paysages indiens, cette deuxième partie se passe essentiellement sous terre et rejoint ainsi l’argument de Steven Spielberg (« trop souterrain »), participant également au côté trop sombre de l’ensemble. Mais ce dernier point constitue-t-il un argument convaincant ? Pas vraiment !

Une aventure entre noirceur et légèreté

Car ne nous volons pas la face : la violence a toujours plus ou moins implicitement fait partie de l’identité de la saga Indiana Jones. Bien que le Temple Maudit monte le cran au-dessus niveau noirceur (le film a d’ailleurs entraîné la création de la classification PG-13 aux États-Unis), tous les autres opus de la saga présentent certaines scènes au caractère graphique à ne pas mettre sous les yeux du jeune public. Qui n’a jamais été impressionné par l’extermination des nazis lors du final des Aventuriers de l’Arche Perdue ? Ou bien des têtes coupées et la mort de Donovan dans La Dernière Croisade ? Ou dans une moindre mesure, de l’attaque des fourmis dans Le Royaume du Crâne de Cristal ? Une violence certes aseptisée dans les deux derniers opus suite à la mauvaise surprise du rendu final du Temple Maudit, mais présente tout de même. Le côté trop sombre reproché au film est par conséquent un faux problème.

Premièrement, il lui donne en conséquence un visage qui lui est propre au sein de la saga : jamais un épisode ne connaîtra une atmosphère aussi dérangeante que celui-ci. Le Mal prendra la forme d’une secte dirigée par un impitoyable gourou, maître ès sciences occultes et magie noire, pratiquant rituel et autres sacrifices, et réduisant de jeunes enfants à l’état d’esclaves, sans lésiner sur les coups de fouet. Il est incarné par un Amrish Puri des plus effrayants, et en fait le meilleur méchant de la saga. Parfaitement représentative du personnage, la scène du sacrifice, dont le point d’orgue reste le cœur enflammé de la victime au creux de sa main accompagné d’un rire sadique, glace le sang. De même, Harrison Ford apporte une dimension nouvelle au personnage éponyme, plus complexe qu’il n’y paraît. Voulant récupérer les pierres pour son gain personnel, il fera de cette quête une affaire personnelle lorsqu’il s’agira de délivrer les enfants. Défenseur de la veuve et l’orphelin, père de substitution au personnage de Demi-Lune (la seule apparition à l’écran de Jonathan Ke Khan avec Les Goonies !) passant à un moment du côté obscur, le développement du personnage dans cet opus en fait un héros des plus complets.

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Deuxièmement, cet aspect sombre est amoindri par une légèreté que l’on ne soupçonnait guère et que bizarrement beaucoup de spectateurs oublient au premier abord. Le personnage de Demi-Lune, qui a marqué des générations entières, s’éloigne du côté purement sidekick rébarbatif en offrant beaucoup de tendresse, surtout vis-à-vis de sa relation avec le docteur Jones, se mêlant à de vrais moments comiques. D’ailleurs, Spielberg va même plus loin en entremêlant souvent de l’effroi avec de purs instants de comédie. Et ce parfois dans le même plan. La scène du dîner au temple en est le parfait exemple. Entourée de mets plus que douteux, entre des serpents, des araignées et de cervelles de singes, Kate Capshaw demande à un serveur une simple soupe. Cette dernière, visiblement ravie de la recevoir, se met à la touiller … avant de trouver des globes oculaires y baignant.

En résulte en définitive un blockbuster très bien mené, au rythme mené tambour battant, et aux allures de véritable roller coaster, à l’image de l’hallucinante poursuite en chariots de mine à la fin du long métrage. Car dans le difficile exercice de la suite, Indiana Jones et le Temple Maudit s’en sort très bien. Bien que désavoué par Tonton Steven, il reste ce qui se faisait de mieux en matière de divertissement pop-corn dans les années 80. Et l’ensemble porte malgré tout la patte de son auteur.  

Indiana Jones et le Temple Maudit : Bande Annonce

Indiana Jones et le Temple Maudit : Fiche Technique

Titre original : Indiana Jones and The Temple of Doom
Réalisateur : Steven Spielberg
Scénario : Williard Huyck, Gloria Katz
Interprétation : Harrison Ford (Indiana Jones), Kate Capshaw (Willie Scott), Jonathan Ke Khan (Demi-Lune), Amrish Puri (Mola Ram), Roshan Seth (Chattar Lal), Philip Stone (Le Capitaine Blumburtt)…
Photographie : Douglas Slocombe
Montage : Michael Kahn
Musique : John Williams
Décors : Eliott Scott
Production : Franck Marshall, Kathleen Kennedy, George Lucas, Robert Watts
Studios de production : LucasFilms Ltd., Paramount Pictures
Genre : Aventure
Durée : 118 minutes
Date de sortie : 12 septembre 1984

États-Unis – 1984

Concours Hostiles de Scott Cooper : gagnez vos places du film

Concours Hostiles de Scott Cooper (Crazy Heart, Les Brasiers De La Colère, Strictly Criminal) : A l’occasion de la sortie du film le 14 Mars avec au casting Christian Bale, Rosamund Pike, Wes Studi et Timothée Chalamet et en partenariat avec Metropolitan Films et Mensch Agency, gagnez 5×1 places pour aller voir le film au cinéma.

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

En 1892, le capitaine de cavalerie Joseph Blocker, ancien héros de guerre devenu gardien de prison, est contraint d’escorter Yellow Hawk, chef de guerre Cheyenne mourant, sur ses anciennes terres tribales. Peu après avoir pris la route, ils rencontrent Rosalee Quaid. Seule rescapée du massacre de sa famille par les Comanches, la jeune femme traumatisée se joint à eux dans leur périple. Façonnés par la souffrance, la violence et la mort, ils ont en eux d’infinies réserves de colère et de méfiance envers autrui. Sur le périlleux chemin qui va les conduire du Nouveau-Mexique jusqu’au Montana, les anciens ennemis vont devoir faire preuve de solidarité pour survivre à l’environnement et aux tribus comanches qu’ils rencontrent.

Titre original : Hostiles
Réalisation : Scott Cooper
Distribution : Christian Bale, Rosamund Pike, Wes Studi, Adam Beach, Ben Foster, Timothée Chalamet, Q’orianka Kilcher, Adam Beach, Rory Cochrane, Paul Anderson, Stephen Lang, Scott Wilson, Bill Camp, Peter Mullan, Ryan Bingham…
Scénario : Scott Cooper, d’après une histoire de Donald E. Stewart
Direction artistique : Elliott Glick
Décors : Donald Graham Burt
Costumes : Jenny Eagan
Photographie : Masanobu Takayanagi
Montage : Tom Cross
Musique : Max Richter
Sociétés de distribution : Metropolitan Filmexport (France)
Genre : western
Durée : 134 minutes
Dates de sortie : 14 mars 2018

Réagissez avec #HostilesLeFilm
Plus d’infos sur la page officielle du film : https://www.facebook.com/Hostiles.lefilm  et pour Twitter @Metropolitan_Fr

Modalités du jeu concours 

Pour participer à notre concours, réservé à la France Métropolitaine, il vous suffit de compléter le formulaire avant le 18 Mars 2018. Pour augmenter vos chances, abonnez-vous à notre page Facebook ou notre compte Twitter. Renseignez vos réponses, vos coordonnées et cliquez à chaque étape sur les boutons « Suivant », puis « Envoyer » situés en bas du formulaire. Attention, aucune réponse mise en commentaire ne sera validée. En cas de problème, contactez-nous en utilisant le formulaire de contact.

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Les Aventuriers de l’Arche Perdue de Steven Spielberg : l’aventure a désormais un nom!

A travers la résurrection d’un genre qu’on croyait disparu depuis les années 1940, Spielberg et son comparse Lucas signent avec Les Aventuriers de l’Arche Perdue bien plus qu’un simple film d’aventure : un mythe traversant les âges, et l’iconisation d’un véritable héros de cinéma.

Synopsis : 1936. Parti à la recherche d’une idole sacrée en pleine jungle péruvienne, l’aventurier Indiana Jones échappe de justesse à une embuscade tendue par son plus coriace adversaire : le Français René Belloq.
Revenu à la vie civile à son poste de professeur universitaire d’archéologie, il est mandaté par les services secrets et par son ami Marcus Brody, conservateur du National Museum de Washington, pour mettre la main sur le Médaillon de Râ, en possession de son ancienne amante Marion Ravenwood, désormais tenancière d’un bar au Tibet.
Cet artefact égyptien serait en effet un premier pas sur le chemin de l’Arche d’Alliance, celle-là même où Moïse conserva les Dix Commandements. Une pièce historique aux pouvoirs inimaginables dont Hitler cherche à s’emparer…

Un plan d’ouverture sur une montagne au loin, se mouvant dans les formes du logo de la Paramount. Une silhouette vue de dos, affublée d’un chapeau, d’un révolver et d’un fouet. Un groupe d’hommes errant dans une forêt sombre, hostile, aux bruits inquiétants. En quelques plans judicieusement choisi, le mystère est lancé, le visage de notre héros sort de l’ombre : Indiana Jones ! Et il ne faudra que 10 minutes de plus en sa compagnie, rythmés par une chasse à la relique alternant pièges, un rocher qui écrase tout sur son passage, trahisons et fuite face aux indigènes, soulignés par la bande entraînante de John Williams et la somptueuse photographie de Douglas Slocombe, pour se rendre compte que l’on est face à un grand film. Et pas n’importe lequel : un grand film d’aventure ! Une pépite, un pur joyau cinématographie qui a profondément su redéfinir le genre. Ce qui peut sembler étrange vu la décrépitude de ce dernier au fil des ans, et surtout à l’époque des seventies – début eighties, où l’heure était plutôt aux polars,  aux films d’action et à la consécration de la science-fiction.

La passion au service de l’Histoire

A l’origine du projet se manifeste avant tout la passion et la volonté sans faille de deux hommes : Georges Lucas d’abord, grand nostalgique des serials de son enfance, ayant envie de faire revivre ce genre d’aventures sur grand écran (entreprise déjà commencée avec son premier volet de ce qui allait devenir la saga Star Wars). Steven Spielberg ensuite, conteur parfois au ton grave mais ayant gardé une part de rêve et d’enfance. C’est ensemble et main dans la main qu’ils vont retranscrire leur rêve sur pellicule, sur la base d’un script de Lawrence Kasdan et Phillip Kaufmann. Ce scénario sera pour ainsi dire la clé de voûte du film, car de cette intrigue vont découler bon nombre d’éléments propres au genre du film d’aventure qui seront maintes fois repris et imités, mais jamais égalés.

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L’un d’entre eux sera bien évidemment la quête du McGuffin. Terme d’abord instauré par Hitchock, il prendra bientôt la forme d’un objet rare et précieux, prétexte au bon déroulement de l’histoire puisque au centre de la quête de nos héros. Car ces derniers parcourent parfois une bonne partie du globe afin de le dénicher, d’où un  exotisme prononcé et propre au genre, dont se réclamera bien évidemment Les Aventuriers de l’Arche Perdue, avec une quête transportant le spectateur du Pérou au Népal en passant par l’Egypte. Ici, il ne s’agira ni plus ni moins de l’Arche d’Alliance, le coffret biblique qui aurait transporté les Tables de la Loi par Moïse, les 10 Commandements. Et plutôt que d’en faire une quête superficielle aux enjeux amoindris (richesse et gloire personnelle, don à un musée…), Spielberg et Lucas décident de la réadapter dans un contexte bien déterminé : celle de l’avant-guerre en 1936, lors des prémices de l’avènement des nazis. Particularité scénaristique ne se justifiant que trop bien, puisque qu’il était bien ancré qu’Hitler était fasciné par les sciences occultes et les arts mystiques. Bien plus que la diversité des paysages et des décors, c’est par ce scénario que le film trouve sa richesse, symptomatique d’ailleurs d’une envie de Spielberg d’évoquer la Seconde Guerre mondiale. Même si la trame semble assez convenue et classique aujourd’hui, elle a été l’initiatrice de beaucoup de suiveurs, misant également sur ce cocktail exotisme/aventure, des plus réussies (La Momie de 1999, les deux Benjamin Gates…) aux plus ridicules (Alan Quatermain et la Cité de l’Or Perdu, Sahara…).

Harrison Ford ou la nouvelle incarnation du Héros

Cette incursion de la réalité dans le caractère purement fictionnel de la quête participe aussi à la caractérisation des méchants. Outre Wolf Kahler en général du IIIe Reich, c’est surtout Ronald Lacey qui marque la rétine. Homme de main du Führer, sa physionomie, son sourire sadique, ses lunettes derrière ses yeux menaçants, son accent à couper au couteau, et son costume noir surmonté d’un chapeau, font de ce personnage l’archétype du serviteur du diable, le parfait représentant de l’armée du mal. Mais il ne constituera pas l’antagoniste principal du long métrage. Ce dernier prendra les traits de René Belloq, archéologue français motivé par sa seule recherche de gloire et de célébrité. Ce personnage n’a cependant pas la même aura menaçante que ses confrères, l’interprétation tout en douceur orientée « force tranquille » de Paul Freeman y étant surement pour quelque chose. Il y apparaît même plutôt énervant par son opportunisme et sa chance, et ce, bien que ses envies primaires et son inexpérience le conduiront à sa perte. A ce titre justement, il constitue donc plutôt la parfaite antithèse de notre héros.

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Et quel héros ! Si on ne le présente plus aujourd’hui, c’est que le personnage d’Indiana Jones a tout simplement marqué les esprits dès sa première apparition au cinéma. Se définissant d’abord comme un professeur et un académicien avant d’être un archéologue et un aventurier, le personnage du professeur Jones s’éloigne bien des standards de l’époque. Il n’est pas l’archétype du good guy infaillible, tirant d’abord et réfléchissant après, sous une montagne de muscles ou un physique d’athlète. Il n’hésite pas à prendre des coups, à accumuler les échecs et à faire preuve d’un humour léger et pince sans rire sans que la situation ne l’exige forcément. Et pour donner corps à ce personnage, il fallait bien la décontraction et la nonchalance d’Harrison Ford, qui, un peu à la manière d’un Han Solo, bouscule la conceptualisation de ce qui se faisait en matière de héros dans les années 80. Un exemple parmi tant d’autres : la manière dont il tue un assaillant faisant une démonstration de sabre des plus chorégraphiées. Son impassibilité, causée d’ailleurs par une turista générale survenue pendant le tournage, a participé à l’humour et au rendu culte de la scène !

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Un personnage haut en couleurs se devait de l’accompagner afin de lui tenir tête en tant que comparse ! Interprétée par Karen Allen, Marion sera la meilleure des Indiana Girl de la saga. Garçon manqué maniant aussi bien le couteau que l’ingurgitation d’alcool fort, elle ne sera pas seulement le faire valoir d’Indiana Jones, mais bien un personnage féminin fort au caractère bien trempé. Ce qui là encore à l’époque n’était pas une évidence sur les pellicules.

Une équipe artistique au sommet de sa forme

Et en termes d’innovations, il faudrait bien plus qu’une critique pour énoncer et décrire les nombreuses scènes cultes parsemant Les Aventuriers de l’Arche Perdue, où chaque plan et prise de vue semble avoir été millimétré, médité, réfléchi. Toute la partie au Caire lors de la découverte du tombeau où se trouve l’Arche d’Alliance, bien qu’accusant un ralentissement du rythme, en témoigne : la découverte de l’emplacement exact grâce au rayon du soleil, les ouvriers travaillant sous un soleil couchant, la descente dans le tombeau encerclé par des centaines de serpents …  Mais c’est surtout la séquence finale qui marquera les mémoires : l’ouverture de l’arche et le déchainement infernal qui s’ensuit. Véritable malstrom visuel et sonore qui a très bien réussi l’épreuve du temps, renforcé par des effets de maquillages du plus bel acabit (jamais on n’aura trouvé de « face melting » plus convaincant, même dans le cinéma d’horreur), la scène démontre tout le savoir-faire de son réalisateur coordonnée avec celle de son équipe artistique. Les morceaux de bravoure ne sont d’ailleurs pas en berne. Outre la séquence d’ouverture, les combats et courses poursuites s’enchaînent à vitesse V. Que ce soit une fusillade dans un bar népalais, une course poursuite avec des paniers en osier sur les marchés du Caire, un duel entre les hélices d’un avion, ou la prise d’un camion transportant l’Arche, la mise en scène est d’une précision et sans conteste d’une technicité avant-gardiste. On vous l’a dit : souvent imité, jamais égalé !

C’est par tous ces éléments que Les Aventuriers de l’Arche Perdue a pu faire renaître le genre : considéré à ce jour comme un des meilleurs blockbusters de tous les temps, il consolide un scénario bien écrit, une mise en scène novatrice, une équipe artistique mobilisée, et la passion de ses pères fondateurs, Georges Lucas et Steven Spielberg. Grâce à eux, une nouvelle icône est née, tant et si bien qu’un thème musical signé John Williams lui sera propre. En 1981, l’aventure a désormais un nom : Indiana Jones !

Les Aventuriers de l’Arche Perdue : Bande Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=KjuhSnOZn0A

Les Aventuriers de l’Arche Perdue : Fiche technique

Titre original : Raiders of the Lost Ark
Réalisateur : Steven Spielberg
Scénario : Lawrence Kasdan, Philip Kaufman et George Lucas
Interprétation : Harrison Ford (Indiana Jones), Karen Allen (Marion Ravenwood), Paul Freeman (René Belloq), Denholm Elliott (Marcus Brody), Ronald Lacey (Toht), John Rhys-Davis (Sallah), Alfred Molina (Sapito), Anthony Higgins (Gobler)…
Photographie : Douglas Slocombe
Montage : Michael Kahn
Musique : John Williams
Direction artistique : Leslie Diley
Production : Franck Marshall, Howard G. Kazanjian, George Lucas, Robert Watts
Studios de production : LucasFilms Ltd., Paramount Pictures
Genre : Aventure
Durée : 115 minutes
Date de sortie : 16 septembre 1981

États-Unis – 1981

Concours L’Amour des hommes : Gagnez des places de cinéma du film

Concours L’Amour des hommes : Gagnez deux places du long métrage du cinéaste Mehdi Ben Attia, un magnifique film sur l’Art et les rapports entre les hommes et les femmes.

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

Tunis, aujourd’hui. Une jeune femme, Amel, incarnée par Hafsia Herzi vient de perdre son mari. Encouragée par son beau-père, elle va reprendre goût à la vie en faisant de la photographie. Son regard va accrocher celui des garçons de la rue, des prostitués, qu’elle va sublimer par le biais de son art. Une démarche audacieuse dans une société conservatrice, dont elle va devoir s’affranchir.

Après le Fil interprété par Claudia Cardinale, sorti en France en Mai 2010 (prix du public au festival LGBT de San Francisco) et Je ne suis pas mort, avec Mehdi Dehbi, Maria de Medeiros et Emmanuel Salinger, sorti en Août 2013 ( grand prix du meilleur film français au festival Premiers Plans d’Angers), Mehdi Ben Attia revient avecL’Amour des hommes, un beau portrait d’artiste et une autre vision de la Tunisie loin des clichés stéréotypés avec une sublime Hafsia Herzi (La Source des femmes de Radu Mihaileanu , L’Apollonide : Souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello…) et à l’affiche du prochain film de Abdel Kechiche, Mektoub, My Love (en salles le 21 mars)

Réalisateur Mehdi Ben Attia
Scénariste : Mehdi Ben Attia
Co-scénariste : Martin Drouot
Avec Hafsia Herzi (Amel), Raouf Ben Amor (Taïeb), Haythem Achour (Sami), Sondos Belhassen (Souad), Karim Ait M’Hand (Rabah), Nawel Ben Kraiem (Lilia), Rochdi Belgasmi) (Aïssa), Abdelhamid Nawara (Mouldi)…
Compositeur : Karol Beffa
Sociétés Production : 4 à 4 Productions
Coproduction : Cinétéléfilms
Distributeur France sortie en salle : Epicentre
Genre : Drame
Date de sortie : 28 février 2018
Durée : 1h 45min
Nationalité : France – Tunisie

MODALITÉS DU JEU CONCOURS

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Concours Amour Aveugle (Blind) : Gagnez 5 liens du film en VOD

Concours : Gagnez 5 liens du film Amour Aveugle, une romance américaine où l’on retrouve avec grand plaisir le Duo Alec Baldwin & Demi Moore accompagné de Dylan McDermott !

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

Un romancier new-yorkais est rendu aveugle par un accident de voiture qui tue sa femme. Des années plus tard, il retrouve l’envie de vivre et d’écrire lorsqu’il commence une aventure avec une femme négligée par son mari, un homme d’affaires.

Titre original : Blind
Titre français : Amour Aveugle
Réalisateur : Michael Mailer
Scénario : John Buffalo Mailer d’après l’œuvre de Diane Fisher
Montage : Jeffrey Wolf
Acteurs principaux : Alec Baldwin, Demi Moore, Dylan McDermott, Viva Bianca, James McCaffrey…
Montage : Jim Mol
Bande originale : Amy Lee, Dave Eggar
Durée : 98 minutes
Genre : Drame, Romance
Sortie en VOD : 6 Mars
Pays d’origine : États-Unis

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1941 de Steven Spielberg : un délire antimilitariste

En réalisant 1941, Steven Spielberg connaîtra un gros fiasco commercial complètement immérité, tant ce film est un petit bijou d’humour débridé.

Synopsis : 13 décembre 1941, quelques jours après l’attaque de Pearl Harbour. Un sous-marin japonais fait surface le long des côtes californiennes. Son commandant veut attaquer Hollywood pour porter un coup décisif au moral américain.

Une plage déserte. Une jeune femme qui court, se déshabille et plonge dans l’océan. Quelques notes de musique graves, presque sinistres. Le sentiment d’une présence menaçante dans l’eau. Puis…

…un périscope ! Suivi d’un sous-marin aux couleurs du Japon.

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Dès cette entrée en matière, le ton est déjà donné. 1941 se présente d’emblée comme une parodie et une comédie burlesque qui part d’un fait authentique : en décembre 41, après l’attaque surprise de la flotte nippone sur Pearl Harbour, les habitants de la Côte Ouest, en particulier de la Californie, furent pris d’un mouvement de panique en pensant que les Japonais allaient continuer sur leur lancée, traverser le Pacifique et les attaquer directement. Voilà ce qui va servir de point de départ à la seule comédie burlesque et délirante de la filmographie de Spielberg, une petite pépite méconnue qu’il est impératif de re-découvrir.

Spielberg réunit autour de lui une troupe qui allait, par la suite, illustrer parfaitement le Hollywood du divertissement : le scénario est signé par Robert Zemeckis et Bob Gale (qui, quelques années plus tard, feront ensemble la trilogie culte Retour vers le futur) sur une idée de John Milius (co-scénariste d’Apocalypse Now et futur réalisateur de Conan le Barbare). Le script joue sur les différentes formes d’humour : comique de situation, dialogues délirants (« Un porte-sous-marins a atterri sur la côte ! »), parodie, burlesque destructeur et personnages cinglés.

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Ainsi, au niveau des personnages, 1941 nous propose (liste non exhaustive) :

_ un soldat colérique et violent qui déteste la couleur jaune et se prend pour un grand séducteur (interprété par Treat Williams, acteur que l’on peut voir aussi dans Hair, de Milos Forman ou Le Prince de New-York, de Sidney Lumet) ;

_ un aviateur fou qui est convaincu de pourchasser une patrouille aérienne japonaise dans le ciel de Californie (John Belushi) ;

_ un père de famille fanatique des armes et qui se retrouve avec une DCA installée dans son jardin ;

_ un livreur de sapin de Noël qui s’appelle Wood, Holly de son prénom ;

_ une secrétaire qui ne peut faire l’amour que dans un avion en vol (interprétée par Nancy Allen, qui avait joué dans Carrie, de Brian de Palma) ;

_ un général qui paraît complètement décalé dans ce monde de folie, puisqu’il essaie de garder les pieds sur terre, et qu’il préfère aller voir Dumbo que s’occuper de la sécurité de Los Angeles (incarné à merveille par le génial Robert Stack)…

Tout ce beau monde va se croiser et se re-croiser dans un film qui, suivant la logique du cinéma burlesque, semble être pris dans un crescendo de folie destructrice. 1941 semble être alors un immense terrain de jeu pour un enfant-réalisateur qui cherche à s’amuser, et à nous communiquer son amusement. Rien ne va y échapper : les maisons des particuliers, la salle de bal, les rues de Los Angeles et même un parc d’attraction, tout va être ravagé dans un tourbillon incontrôlable.

Un enfant doué cependant, qui sait parfaitement mettre en scène ce jeu de massacre. Le rythme est idéal, les gags s’enchaînent à toute vitesse et il n’y a aucun temps morts. Les acteurs en font des tonnes sans que cela soit gênant, puisque ça rentre parfaitement dans le cadre du film. L’humour joue aussi beaucoup sur l’inattendu, et de nombreuses surprises émaillent le film.

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La reconstitution aussi est remarquable. Et là, c’est plus le Spielberg cinéphile qui passe aux commandes. Les images des années 40 sont bien celles véhiculées par le cinéma. D’ailleurs, le film est rempli d’allusions, et le cinéphile se voit déjà dans le choix de certains acteurs ; ainsi, au casting, on peut trouver Elisha Cook Jr., acteur habitué aux seconds rôles dans les années 50, et Robert Stack, mais aussi Christopher Lee et le génial Toshiro Mifune (acteur fétiche d’Akira Kurosawa) qui forment ici un duo hilarant.

1941 reprend et détourne avec plaisir les scènes typiques du film de guerre. Nous avons le bal des soldats qui se transforme en baston générale, le discours pour motiver les troupes ou la conclusion sur les « valeurs américaines ».

Or, il faut bien avouer que ces « valeurs américaines » sont bien malmenées dans ce film qui, derrière le divertissement, laisse quand même passer l’image critique d’une Amérique paranoïaque fascinée par les armes. Même le Père Noël prend la figure de l’Uncle Sam bardé de cartouchières. Cette fascination fait des Américains les destructeurs de leurs propres valeurs. Le principal danger pour l’Amérique, ce sont certains Américains, et avec une telle population, le pays n’a finalement plus besoin d’ennemis.

L’ensemble fait de 1941 un divertissement de haut vol, un spectacle ahurissant et hilarant et une sorte d’OVNI dans la filmographie de Steven Spielberg. Coincé chronologiquement entre deux de ses films les plus connus, Rencontres du troisième type et Les Aventuriers de l’Arche perdue, 1941 est un bijou à re-découvrir.

1941 : Bande-annonce

1941 : Fiche Technique

Réalisateur : Steven Spielberg
Scénario : Robert Zemeckis, Bob Gale, John Milius
Interprètes : Dan Aykroyd (Frank Tree), Robert Stack (Général Stilwell), Ned Beatty (Ward Douglas), John Belushi (Wild Bill Kelso), Treat Williams (Chuck Stretch Sitarski), Christopher Lee (Wolfgang von Kleinschmidt), Toshiro Mifune (Akira Mitamura)…
Musique : John Williams
Photographie : William A. Fraker
Montage : Michael Kahn
Production : Buzz Feitshans
Société de production : Universal Pictures, Columbia Pictures Corporation, A-Team
Société de distribution : Universal Pictures
Genre : comédie
Date de sortie en France : 12 mars 1980
Durée : 118 minutes (director’s cut : 146 minutes)

États-Unis – 1979