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FDCA 2025 : L’enfant du cirque – une histoire de cercles : le monde, le cirque, la famille…

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Le cirque. Cercle détaché du monde, espace des rêves et des exploits physiques. Souvent approché par le cinéma, et par les plus grands : Ophuls, Fellini, Schlöndorff, pour ne citer qu’eux. Mais rarement à hauteur exclusive d’enfant. L’Enfant du cirque (Zirkuskind) suit ce principe.

Scénarisé et réalisé par Julia Lemke, également à l’image, et Anna Koch, qui forment le duo Badabum, ce documentaire s’ouvre sur le commentaire en voix off de Santino, au matin de son onzième anniversaire. En même temps que l’enfant découvre progressivement ses cadeaux et reçoit les congratulations de ses proches, il fait les présentations : Angie et Gitano, ses parents, Ehe, l’arrière-grand-père qui n’a pas loin de huit fois son âge… Sans compter les nombreux oncles, tantes, cousines et cousins.

Sur une année, rythmée par les saisons, les réalisatrices recueillent le quotidien, cyclique, de Santino. Un quotidien fait d’itinérance, de montage du chapiteau, d’entraînements, d’accueil et de représentations pour le public, de démontage, de trajets nocturnes… Jamais plus de deux semaines dans la même ville, et subséquemment dans la même école. En plus de ses performances au sein du cirque, chacun se voit dévolue plusieurs rôles, participe à tous les gestes communs, où les enfants ne sont pas oubliés.

Face à l’une de ses classes provisoires, Santino, encouragé par sa maîtresse, analyse avec autant de lucidité que d’honnêteté les richesses et les inconforts d’une telle vie, nomade : la solidité, essentielle, du cercle familial, la satisfaction de parcourir l’Allemagne, l’Europe, même, pour son arrière-grand-père, et d’élargir toujours un peu plus largement son cercle d’amis ; mais la tristesse, aussi, des séparations, l’impossibilité d’un attachement ; si ce n’est aux animaux, ceux du cirque, qui constituent comme un second cercle, tantôt protégé, tantôt protecteur, autour du cercle familial.

Les récits de l’aïeul Ehe sont soutenus, sans doute par égard pour le jeune public, par d’adorables dessins animés qui viennent donner forme à la représentation que s’en fait Santino, dans son écoute tendre et avide. Un éléphant tutélaire, qui a vécu plus de cinquante ans avec la troupe, mais que Santino n’a pas connu, y occupe une place essentielle, récurrente, presque autant que « mon Isolde », dans la bouche de Ehe, l’aïeule depuis longtemps disparue. Si bien que la frontière entre bêtes et hommes s’estompe avec beaucoup de délicatesse, soulignant l’absence de ségrégation dans ce groupe très humain, et l’importance décisive de ce qui est vivant, et aimé.

L’enfant du cirque : bande-annonce

🎬 Fiche technique – L’Enfant du cirque (Zirkuskind)

  • Titre original : Zirkuskind
  • Titre international : Circusboy
  • Réalisation : Julia Lemke & Anna Koch
  • Scénario : Julia Lemke & Anna Koch
  • Image : Julia Lemke
  • Production : Flare Film GmbH
  • Productrice : Katharina Bergfeld
  • Pays : Allemagne
  • Année de production : 2024
  • Durée : 86 minutes
  • Langue : Allemand
  • Genre : Documentaire
  • Public visé : Jeunesse / Famille
  • Distributeur : Real Fiction Filmverleih / New Docs
  • Première : FDCA 2025 / Festival Augenblick / Filmz Mainz
  • Participants : Santino Frank, Ehe Frank, famille Frank, troupe du Circus Arena
  • Partenaires : HR, MDR, SWR
  • Financement : Der besondere Kinderfilm, DFFF, BKM, Hessen Film & Medien
  • Format : Couleur, séquences animées incluses
  • Classification : FSK 6 (à partir de 6 ans)

FDCA 2025 : Les Lettres de Moelln : brûlés par les flammes, ensevelis par le silence et l’isolement

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Les Lettres de Moelln, quatrième documentaire de la réalisatrice Martina Priessner, se penche sur une étrange page de l’histoire allemande. Le 23 novembre 1992, un groupuscule d’extrême droite, par la suite arrêté et condamné, incendie nuitamment deux maisons dans la paisible ville de Moelln. Deux maisons habitées par des familles turques. Dans l’une, trois femmes, de la famille Arslan, perdent la vie.

Ce double attentat xénophobe, couvert par les médias, provoque une vague d’émotion et de compassion dans le pays. Les lettres de sympathie déferlent vers Moelln. Elles ne parviendront jamais à leurs destinataires, retenues, ouvertes, puis archivées en secret par la mairie de Moelln.

Pourquoi ces interceptions ? Pourquoi ce refus de transmettre ces marques de soutien aux familles si durement éprouvées ? Devenus grands et adultes, ce sont les questions que se posent, que posent activement les deux petits garçons rescapés de l’attentat, Ibrahim et Namik, les deux petits frères de l’une des victimes. Et c’est dans cette quête d’une parole juste, d’une élucidation sincère, que les accompagne la caméra de Martina Priessne, déjà réalisatrice de La Gardienne (Die Wächterin, 2020), documentaire consacré à la vieille gardienne d’une église, dans le village musulman de Zaz, au sud-est de la Turquie.

On assiste aux différentes rencontres, avec l’actuelle mairie, qui se dit incapable de répondre des actes de l’ancienne, avec l’archiviste vieillissant, avec différents représentants d’associations de soutien, avec d’anciens rédacteurs de ces lettres, avec d’autres familles également touchées par l’attentat. Les questions restent sans réponses… Seul progresse le destin des lettres, enfin rendues accessibles aux familles, puis destinées à être conservées dans un musée dédié à l’histoire de l’immigration allemande.

À cette quête minutieuse, qui exige autant de patience que de persévérance, se superposent de très délicates images concernant le travail des archivistes, qui consignent, mesurent, documentent et photographient le moindre objet, les mains gantées de blanc. Et l’on se surprend à éprouver un élan de gratitude pour le cinéma, à plus forte raison documentaire, qui, lui aussi, à sa manière, classe, archive, et pourfend l’oubli, en l’empêchant de tout ensevelir, même et surtout les pages les plus énigmatiques de l’histoire d’un pays…

Les Lettres de Moelln : bande-annonce

Les Lettres de Moelln : fiche technique

Titre original : Die Möllner Briefe
Titre international : The Moelln Letters
Réalisation et scénario : Martina Priessner
Avec İbrahim Arslan – survivant de l’attentat de Moelln en 1992, témoin central du film, Namik Arslan – frère d’İbrahim, également rescapé, Havva Arslan – membre de la famille Arslan, Yeliz Burhan – proche de la famille, témoin
Photographie : Ayse Alacakaptan, Julia Geiß
Montage : Maja Tennstedt
Musique : Derya Yıldırım
Producteurs : Friedemann Hottenbacher, Gregor Streiber
Sociétés de production : Inselfilm Produktion
Pays de production : Allemagne
Genre : Documentaire
Durée : 1h36

Distribution : Real Fiction Filmverleih / New Docs
Première mondiale Berlinale 2025 – Section Panorama (14 février 2025)
Prix : Prix du public Panorama (Berlinale), Prix Amnesty International

Tron : Ares – lorsque l’invention dépasse le créateur

Après Tron : L’Héritage en 2010, la saga marque son grand retour dans les salles obscures. Intelligence artificielle et désir de pouvoir s’assemblent dans une version de la « Grille » plus actuelle que jamais.

Synopsis : L’étonnante aventure d’un Programme hautement sophistiqué du nom de Ares, envoyé du monde numérique au monde réel pour une mission dangereuse qui marquera la première rencontre de l’humanité avec des êtres dotés d’une intelligence artificielle…

Une mise en scène dynamique…

L’introduction du film annonce la suite. Des couleurs sanglantes et des formes rectilignes nous amènent vers la « Grille », ce monde que nous n’avions pas revu depuis quinze ans. L’immersion est totale : la caméra ondule et traverse la matière. Elle vacille entre des rotations complètes et des courses à pleine vitesse. Le monde virtuel est à vue d’œil, voire à portée de main.

… mais répétitive

Cette caméra mouvante et immersive est omniprésente. La surprise de l’introduction laisse place à la lassitude, voire à la déception. L’idée est intéressante, car la « Grille » constitue une mouvance en elle-même. Cependant, la réalisation se répète sans se diversifier. Malgré tout, quelques gros plans sur les regards automatiques des programmes cassent ces agitations rapides. Dans Tron : Ares (tout comme dans le précédent opus), le visuel prime. Et se ressasse.

Le robot face à l’humain

Cet opus introduit la notion d’intelligence artificielle, aujourd’hui centrale dans nos sociétés. Elle est intéressante à étudier dans le cadre de ce film futuriste, où le progrès de la technologie prime. Pourtant, sa présence est peu expliquée : elle sert la narration sans l’exalter. En tant que spectateur, il est difficile de comprendre les rouages de ce progrès technique… Les tableaux de bord et ordinateurs qui contrôlent l’intelligence artificielle nous restent étrangers.

L’allure robotique de Jared Leto colle avec son personnage, dont la volonté d’humanité peine à s’expliquer. L’humanité se construit et se ressent : ce sont des étapes que le film ne démontre pas. D’un autre côté, les courses-poursuites s’enchaînent, dans une logique de grand spectacle.

Des personnages soumis au service de l’action

Seulement, le spectacle ne suffit pas…

« I am fearless, and therefore powerful », clame Ares, à la suite de Mary Shelley et son Frankenstein. Le long-métrage est parsemé de ces dialogues pompeux et obsolètes. Comment Ares peut-il ressentir la peur, lorsque celle-ci est à peine visible à l’écran ? Il est en effet difficile de s’attacher aux personnages. La narration ne creuse pas leurs sentiments, leurs envies, leurs idées, malgré quelques plans subjectifs de leurs regards.

Concernant les humains, le personnage de la mère de Jullian reste peu exploité. Nous ne connaissons rien d’elle, malgré ses tentatives vaines de contrôler la soif de pouvoir de son fils. Ce dernier n’est qu’un méchant : rien de plus, rien de moins. Le personnage de Tess est également sous-développé. Censée apporter une touche émotionnelle au récit, elle n’est qu’un fantôme qui flotte au-dessus. Tron : Ares entre directement dans l’action, en plaçant ses personnages au second plan.

Tron : Ares – bande-annonce

Tron : Ares – fiche technique

Réalisation : Joachim Rønning
Scénario : Jesse Wigutow et Jack Thorne, d’après les personnages créés par Steven Lisberger et Bonnie MacBird
Interprètes : Jared Leto, Greta Lee, Evan Peters
Photographie : Jeff Cronenweth
Montage : Mark Yoshikawa
Direction artistique : Chris Beach, Jason Corgan Brown, Denise Hudson, Robert Andrew Johnson, Kristen Maloney, Grant Van Der Slagt et Benoit Waller
Décors : Darren Gilford
Costumes : Christine Bieselin Clark, Alix Friedberg
Musique : Nine Inch Nails
Son : Peter Mulholland, Mark Noda
Producteurs : Sean Bailey, Jared Leto, Steven Lisberger, Emma Ludbrook, Jeffrey Silver et Justin Springer
Sociétés de production : Paradox, Walt Disney Pictures
Société de distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Pays de production : États-Unis
Genre : Science-fiction, Action, Aventure
Durée : 1h59
Date de sortie : 8 octobre 2025

FDCA 2025 : Sad jokes : … but happy new film !

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Ou les bienfaits qui surgissent d’une sortie du cadre ! Sad jokes, de l’acteur, auteur et réalisateur Fabian Stumm (1981, Allemagne – ), est un film qui ne ressemble à nul autre. N’est-ce pas la garantie d’un style, d’une signature ? Fabian Stumm a en effet beaucoup à dire. Et à montrer.

Le réalisateur, ici également au scénario et dans le rôle principal, aime s’inspirer de sa propre vie, s’entourer de ses proches, même à l’écran. Pour son deuxième long-métrage, il met en scène des situations simples, quotidiennes, ce qui n’interdit ni l’émotion ni l’intensité. En une succession de plans fixes, presque sans mouvement – de très rares zooms, très discrets, parfois un champ-contrechamp, mais tout aussi rarement, et jamais gratuitement -, il présente Joseph, lui-même, et sa meilleure amie Sonya, brillamment interprétée par Haley Louise-Jones, élevant tous deux leur petit Pino, alors que Joseph se remet difficilement de sa rupture avec celui qui fut visiblement un grand amour, Mark. Mais Sonya, bipolaire, supporte mal son maintien en clinique et Joseph, cinéaste, rencontre les pires difficultés à faire accepter son nouveau scénario par son producteur : trop original, imprévisible, mêlant les genres, brisant le carcan des cases bien formatées.

Servies par Michael Bennett, qui crée une image simple et lumineuse, ce sont précisément ces qualités paradoxales qui vont faire de chaque scène un moment savoureux. A la fixité du cadre répond une mobilité infinie des acteurs et des situations. On suit les scènes avec un sourire qui ne s’efface pas, tant l’humour, l’autodérision, l’esprit, mais aussi la sensibilité, la tendresse pour les personnages sont constamment présents. On passe de situations familiales intimes, parfois tendues, explosives, parfois tendres, désirantes, à des situations de rue ou d’espaces publics totalement désopilantes, puis à des situations professionnelles très serrées, où les répliques s’enchaînent comme dans un match et où les coups se comptent, bien évidemment toujours avec l’élégance d’un fleuret moucheté.

La lumière qui revient dans la salle tombe sur un spectateur étourdi et heureux, blotti dans son fauteuil mais avec la sensation qu’il vient d’être emporté dans une folle danse, pleine de spiritualité et de douceur. « L’Esprit souffle où il veut », dit la Bible. En effet. Mais quel bonheur, lorsqu’une telle brise se lève !

Sad jokes : bande-annonce

Sad jokes : fiche technique

Réalisation : Fabian Stumm
Scénario : Benjamin Kramme, Jennifer Sabel
Interprètes : Fabian Stumm, Haley Louise Jones, Justus Meyer, Ulrica Flach
Photographie : Michael Bennett
Montage : Kaspar Panizza
Sociétés de production : Postofilm
Pays de production : Allemagne
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h36

FDCA 2025 : Les nuages sont faits de pluie : les derniers jours d’une condamnée

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Qu’est-ce qui fait basculer un film de la réussite au demi-échec ? Les nuages sont faits de pluie, première réalisation de Benjamin Kramme (1982, Weimar -), jusqu’alors acteur — on l’a notamment vu et apprécié en Wenni dans Gundermann (2023), d’Andreas Dresen —, pose la question.

Les nuages sont faits de pluie (Ich sterbe. Kommst du, traduisible en « Je meurs. Viens-tu ») coche pourtant toutes les cases des intentions respectables. Personnellement très engagé, à côté de ses activités professionnelles, dans le travail social auprès d’handicapés, de malades psychiatriques ou de personnes âgées, le réalisateur, co-scénariste avec son actrice principale, Jennifer Sabel, connaît son sujet. Ils imaginent une jeune mère, de caractère assez rugueux, confrontée à l’approche de sa propre mort, suite à un cancer du sein ayant échappé au contrôle de la médecine. Les débuts du film la présentent rejoignant, conduite par sa mère, l’établissement spécialisé qui accompagnera ses derniers temps.

L’émotion est convoquée, parfois présente, lors des échanges avec les autres malades, mais un peu forcée dans les contacts malheureux avec le jeune fils qui s’effraye devant sa mère rongée par le cancer et préfère souvent la fuir. Le scénario équilibre, comme pour un bon plat, moments de larmes et instants de rires, malheureusement peu crédibles, en ces circonstances ou dans la manière, très conventionnelle, dont ils sont amenés.

Sans doute aussi la figure de l’héroïne manque-t-elle de profondeur, de complexité, de sincérité, ce qui empêche une adhésion plus profonde face au tragique du sort qu’elle subit. On regrette d’autant plus cette distance qui s’installe finalement assez rapidement, et de plus en plus nettement, que l’image de Jean-Pierre Meyer-Gehrke est plutôt belle, subtilement travaillée, mêlant avec nuance teintes chaudes et froides, reflets de la vie qui continue et de celle qui s’en va ; et que l’on a le vif et trop passager plaisir de retrouver Judith Engel dans un second rôle émouvant et plutôt réussi, se réfugiant avec détermination dans ses rêves face à la maladie qui gagne du terrain. Une grande actrice, trop discrète, et qui porte avec elle toute la subtilité que l’on avait savourée dans le magnifique premier film d’Ann-Kristin Reyels, Des Chiens dans la neige (2007), ou encore Le Bois lacté (2003), de Christoph Hochhäusler.

Les nuages sont faits de pluie : bande-annonce

Les nuages sont faits de pluie : fiche technique

Titre original : Ich sterbe. Kommst du ?
Titre international : The clouds are made of rain
Réalisation : Benjamin Kramme
Scénario : Benjamin Kramme, Jennifer Sabel
Interprètes : Jennifer Sabel, Barbara Philipp, Hildegard Schroedter
Photographie : Jean-Pierre Meyer-Gehrke
Montage : Julius Holtz
Musique : Sebastian Schmidt
Sociétés de production : Mafilm, RBB
Pays de production : Allemagne
Genre : Drame
Durée : 1h38

FDCA 2025 : Sound of falling : les jeunes filles et la mort

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Le trentième Festival de Cinéma Allemand de Paris s’ouvre sous les auspices d’un film grave, Sound of falling, baigné d’ombre plus souvent que de soleil, hanté par la mort et volontiers fasciné par elle, même si tous les modes de rapport à cette grande puissance sont explorés : d’autant plus crainte et redoutée que le grand âge la rend proche, planant comme une menace, voire presque un souvenir dès le plus jeune âge, recherchée, défiée, fuie, constamment envisagée ou alors épousée à l’adolescence…

Le propos du deuxième long-métrage de Mascha Schilinski (1984, Berlin -), Prix du Jury au 78ème Festival de Cannes, pourrait évoquer lointainement celui du monumental Heimat (2013), par sa manière de couvrir plusieurs générations attachées à un même lieu, un village dans la réalisation d’Edgar Reitz, ici une vaste cour de ferme et les bâtiments qui s’organisent à son entour. Mais autant les rêves d’ailleurs et de migration lointaine ouvraient l’horizon, autant la seule échappatoire qui s’offre, dans cette ferme isolée du Nord de l’Allemagne, se limite à la mort. Même effet de resserrement quant aux personnages centraux, variés et multiples chez Reitz, incarnés par des femmes, entre enfance et adolescence, chez Mascha Schilinski.

Remontant quatre générations en arrière à partir de nos jours, la réalisatrice, également au scénario avec Luise Peter, a confié l’image, fruit d’un travail admirable, à Fabian Gamper. Chaque époque a sa lumière, son éclat, qui préserve avant tout ses mystères, ses énigmes, ses non-réponses. Dardant son clair regard hypnotique depuis les temps les plus anciens, un regard qui ne se baisse jamais et affronte les réalités les plus noires, la toute jeune Alma, prometteuse Hanna Heckt, ose sonder l’omniprésence de la mort et sa façon presque indifférente de ployer toute vie. Temps de dureté, d’inflexibilité, où les maîtres avaient pratiquement droit de vie et de mort sur leurs serviteurs, à peine plus que les hommes sur les femmes, et où les survivants se faisaient photographier aux côtés de leurs défunts avant de confier ces derniers à la terre. Une pratique qu’avait exploitée à l’extrême l’impressionnant Les Autres (2001), d’Alejandro Amenábar. Cette époque a le fini mat et presque légèrement poussiéreux des tableaux de Hammershøi, les éclats de lumière et de clarté en moins.

Suivent Erika (Lea Drinda), et sa fascination pour un corps d’homme inapprochable, puis Angelika (excellente Lena Urzendowsky), son diable au corps, son attirance pour des hommes que leur proximité familiale rend interdits, son esprit de défi et d’indépendance ; la seule, peut-être, pour qui une fuite sera réellement possible… Enfin Lenka (Laeni Geiseler), notre contemporaine, issue d’une famille berlinoise, heureuse, pour laquelle cette ferme et sa cour ne recueillent que des temps de vacances, de rires et de loisirs…

Cette présentation restaure une chronologie à ce qui n’en a aucune dans le film. Les scènes nous sont offertes sur un mode totalement éclaté, fragmenté comme les éclats du souvenir (d’où le titre français Les Échos du passé) ou comme le miroir du Diable au début de La Reine des Neiges d’Andersen. D’où l’importance du travail sur la qualité des lumières, des décors, parfois même de la pellicule, qui sont autant de points de repère et d’ancrage pour le spectateur : les bruns plus chauds du début XXème, les orangés des années soixante-dix, la polychromie plus diversifiée, de nos jours…

Une diversité que reflète bien la divergence des titres, selon le pays de sortie du film : le titre français, axé sur la rémanence du passé, a été évoqué ; le titre anglais, sous lequel le film est diffusé lors de ce Festival, est Sound of falling, que l’on pourrait traduire par « Le bruit d’une chute », l’une des thématiques en effet récurrentes dans cette œuvre ; quand le titre original, « In die Sonne schauen », est elliptique, ouvrant une phrase laissée en suspens – « Au soleil elles semblent… », si l’on choisit de féminiser un sujet encore informulé – et qui apporte, à son tour, une lumière totalement autre…

Entre diversité et constance, voire récurrence, ostinato : telle est bien l’une des grandes forces du film, peut-être même sa supériorité, par delà l’éclatement et la fragmentation. Que s’impose de façon si claire, finalement lumineuse, ce qui fait lien : bien que soumis, ou parce que promis à la mort, la prégnance du corps, à quelque occultation ou maltraitance qu’il puisse être voué selon les époques ; le règne du désir, qui jamais ne s’éteint, sans doute métaphorisé par l’importance des regards interstitiels, entre les lattes, les fentes, par les trous de serrure… Le tout emmené par un montage fluide, volontiers orchestré par une inflation des sons, et qui semble courir de l’avant comme le temps ; et comme l’eau, très présente à travers la rivière limitrophe qui coule non loin de la ferme. Une eau grecque, philosophique, qui nous rappelle que, si elle entraîne et emporte toute chose, elle peut aussi bien garder les souvenirs, tout autant qu’un tombeau.

Sound of falling : fiche technique

Titre original : In die Sonne schauen
Titre international : Sound of falling
Titre français : Les échos du passé
Réalisation : Mascha Schilinski
Scénario : Mascha Schilinski, Louise Peter
Interprètes : Lena Urzendowsky, Laeni Geiseler, Susanne Wuest
Photographie : Fabian Gamper
Montage : Evelyn Rack
Musique : Michael Fiedler, Eike Hosenfeld
Production : Lucas Schmidt, Lasse Scharpen,, Maren Schmitt
Sociétés de production : Studio Zentral, ZDF
Société de distribution : Diaphana Distribution
Pays de production : Allemagne
Genre : Drame, historique
Durée : 2h39
Date de sortie : 7 janvier 2026

Monster : L’histoire d’Ed Gein, le serial killer qui a enfanté le cinéma d’horreur

Ed Gein, figure fondatrice du cinéma d’horreur américain, revient au premier plan dans la série Netflix signée Ryan Murphy. À travers une relecture glaçante de son parcours, l’œuvre interroge les origines culturelles de la violence aux États-Unis et révèle comment Hollywood a transformé un tueur rural en mythe cinématographique.

Comment un tueur solitaire du Wisconsin a-t-il hanté tout le cinéma d’horreur américain ? Avec Monster : L’histoire d’Ed Gein, Ryan Murphy et Ian Brennen remontent à la source : ce fermier nécrophile, éventreur de cadavres et écorché vif, qui inspira Psychose, Massacre à la tronçonneuse et Le Silence des agneaux. Bien plus qu’un simple biopic, la série entremêle avec maestria le parcours du « boucher de Plainfield » et la généalogie des monstres qu’il a engendrés à l’écran. Un montage brillant qui explore comment l’Amérique transforme ses traumatismes en mythes, et sa passion de la violence en jouissance cinématographique. Puissant, dérangeant et fascinant — une plongée au cœur de l’inconscient sanglant d’une nation.

Monstre : L’Histoire d’Ed Gein – Généalogie du mal de l’Amérique

Dans sa nouvelle série choc Monstre : L’Histoire d’Ed Gein, Ryan Murphy et son bras droit Ian Brennen (auteur des huit épisodes) s’intéressent sous la bannière de Netflix à la figure originelle et inspiratrice du cinéma d’horreur américain. Après les frères Menendez et Jeffrey Dahmer, c’est au tour du premier monstre moderne d’être disséqué : Ed Gein, le fermier solitaire du Wisconsin dont les crimes ont engendré toute une mythologie cinématographique.

Avant Psychose, avant Le Silence des agneaux, avant Massacre à la tronçonneuse, il y avait Gein. Ce nécrophile psychopathe qui collectionne les peaux humaines, construit des visages, des meubles en ossements et vit sous l’emprise d’une mère castratrice, incarne la figure primitive du tueur en série américain. La série explore avec une intensité troublante la psyché de cet homme simple devenu boucher de Plainfield, sans jamais tomber dans le sensationnalisme gratuit.

Le cinéma : miroir des traumatismes et fabrique à fascinations

Monstre : l’histoire d’Ed Gein non seulement saisit le cas de ce serial killer, déploie avec une subtilité subversive les fantasmes macabres et pulsions innommables de Gein. Mais plus encore la série, par un montage d’une rare maestria, fait se corréler en permanence le récit de la vie du boucher de Plainfield avec ce que l’histoire du cinéma américain va en faire. La grande force de la série réside dans ce montage et cette réflexion virtuoses qui entremêlent la réalité des crimes et leur réappropriation par le cinéma.

Ainsi nous allons et venons entre plusieurs régimes de récits et d’époque où tout à coup les mises en scène et obsessions violentes d’Ed Gein nous replongent dans le personnage de Psychose (créé par Hitchcock à partir d’Ed Gein) et dans la fabrication même de ce nouveau genre de sexy horrific movies. On voit donc le personnage d’Alfred Hitchcock assistant lui-même dans une salle de cinéma à la découverte de son film par les spectateurs effarés de 1960.

L’Amérique et son double

La série magistralement écrite et montée réfléchit et travaille ce que le cinéma a pu digérer/sublimer des traumas de l’Amérique pour en faire de la jouissance à travers des films devenus iconiques. Bien plus qu’Ari Aster ou Paul Thomas Anderson, on est avec Monster : L’histoire d’Ed Gein au cœur de l’essence de l’Amérique dégénérée, de sa déliquescence annoncée, le fantasme de sa violence comme trucidée, momifiée puis recousue à même la peau de sa légende en captivation pour ses propres traumas.

Plus qu’un simple true crime, Monster se révèle une plongée dans l’inconscient collectif américain. Ryan Murphy montre comment la nation a transformé ses peurs les plus profondes — la solitude, la folie, la violence rurale — en une mythologie contemporaine.

Une œuvre qui dérange, interroge et fascine : un Portier de nuit 2025

Portée par une réalisation audacieuse et un scénario brillamment structuré, la série ne se contente pas de raconter : elle interroge notre fascination pour l’horreur. Les dialogues hallucinatoires entre Ed et la « chienne de Buchenwald » (interprétée par Vicky Krieps), rivalisant dans l’avidité et l’esthétique sadique, contribuent à ce climat dérangeant, trash et provoquent un questionnement critique digne du scandale de Portier de nuit (de Liliana Cavani orchestrant la relation sado-maso entre un ex-officier nazi Dirk Bogarde et une ex-déportée Charlotte Rampling).

Ryan Murphy et Ian Brennen questionnent en 2025 notre capacité à avaler (ou pas), mouvoir (ou pas) ou faire fiction (ou pas) de nos monstres et plus encore à réfléchir sur la monstruosité de la norme, génératrice de déviances et pourvoyeuse d’errances. Freud donc pas mort. Murphy, dans toute son anthologie de l’horreur américaine, rend plus que vif cette phrase que lance l’inventeur de la psychanalyse lors de sa première conférence aux États-Unis en 1909 : Je vous apporte la peste.

L’ensemble est fort, déstabilisant, ravivant une mémoire cinéphilique constante. Une réussite pour public averti.

Fiche Technique : Monster : L’histoire d’Ed Gein

Réalisateur : Ryan Murphy
Scénariste : Ian Brennen
Plateforme : Netflix
Genre : Thriller psychologique, biographie, horreur
Nombre d’épisodes : 8
Année de diffusion : 2025
Inspirations : Psychose, Massacre à la tronçonneuse, Le Silence des agneaux
Personnage central : Ed Gein
Thèmes : Violence rurale, mythologie américaine, cinéma d’horreur, trauma collectif

Plinko en ligne en France conseils pratiques pour jouer

J’écris sur les jeux simples qui prennent peu de temps à comprendre. Le plinko me plaît, car je vois la bille descendre, rebondir sur les clous et tomber dans une case à gains ou neutre. Tout se joue en quelques secondes, sans règles lourdes. Mon but ici est de décrire comment je choisis une version fiable, comment je règle mes limites et comment je garde ce jeu comme un moment de détente, surtout quand je joue depuis la France. J’emploie un style clair, sans formules pompeuses, pour que chaque lecteur gagne du temps.

Quand je parle d’options pour essayer ou comparer, j’aime disposer d’un point d’entrée direct. Sur la page plinko, je trouve rapidement des explications, des démonstrations, et des versions accessibles depuis le mobile. Cette porte d’accès m’évite de me perdre entre sites qui se ressemblent. J’y reviens souvent quand je veux vérifier une règle, un multiplicateur ou un détail d’interface, et je gagne quelques minutes à chaque fois. Je m’appuie aussi sur une structure d’article rigoureuse pour organiser mes notes et mes titres.

Ce que je vérifie avant de lancer la bille

Quand j’ouvre une version plinko en ligne, je commence par regarder la transparence du site et la fluidité de l’interface. Si la page se charge vite, si les contrôles répondent bien et si les informations sur les dépôts et retraits sont claires, je me sens déjà plus serein. Je ne cherche pas une promesse de miracle, je veux juste un cadre propre avec des mises que je peux ajuster sans stress. En France, je vérifie aussi que le site met en avant des outils de modération et des limites de session. C’est basique, mais je gagne en confort.

Comprendre le jeu plinko sans jargon

Je présente souvent le mécanisme comme un “lancer et regarde où ça tombe”. Je règle la mise, je choisis la colonne de départ, je clique, la bille part. Les rebonds sont imprévisibles, le résultat aussi. Je garde ça en tête pour éviter les illusions. Le jeu plinko n’a pas de raccourci secret. Je peux observer des tendances visuelles, mais la bille suit sa route libre. Ce rappel m’aide à ne pas m’emporter quand les coups s’enchaînent. Les versions “demo” aident à se faire la main avant d’essayer le plinko argent réel, surtout quand je teste un nouveau tableau ou une nouvelle vitesse d’animation.

  • Je commence par de petites mises pour sentir le rythme.
  • Je regarde si les commandes réagissent bien sur mobile.
  • Je teste quelques lignes de départ pour varier les trajectoires.

Après ces vérifications, je me concentre sur la lisibilité. Je préfère un casino plinko avec un panneau de mise clair, des multiplicateurs lisibles et un bouton “rejouer” qui ne force pas la main. L’ambiance sonore compte moins que la clarté. Si je ne trouve pas en deux secondes comment changer de mise, je ferme et je passe à une autre version.

Méthodes personnelles pour garder le contrôle

Je traite le plinko comme un jeu court. Quand je m’installe, je fixe une enveloppe, je décide d’un nombre de lancers et je m’y tiens. Cette habitude m’évite les sessions trop longues. Elle m’aide aussi à garder des souvenirs précis de ce que j’ai tenté. Ce n’est pas une science, c’est juste une routine simple. Pour moi, un bon plinko jeu doit être amusant à petite dose et compatible avec des pauses régulières. Si je sens que la tension monte, je coupe le son, je respire et je réduis la mise.

Rituels simples qui m’aident à rester lucide

Je note souvent trois ou quatre points qui m’aident à garder la tête froide. Ce sont des repères modestes, mais ils m’évitent de glisser vers des montants qui ne me conviennent pas. Quand je joue au plinko france, je retrouve ces mêmes repères sur plusieurs sites, avec des outils similaires de rappel et de limite.

  • Je définis un budget par session et je le respecte.
  • J’alterne des lancers lents et rapides pour casser la routine.
  • Je sauvegarde une partie d’un gain net au lieu de tout réinvestir.

Je garde toujours en tête que les plinko jeux reposent sur le hasard. Cette idée, simple, me fait du bien. Je peux augmenter la mise ponctuellement pour le frisson, puis revenir à un niveau confortable. Je préfère aussi des sessions courtes, car la fraîcheur d’esprit améliore mon plaisir de jeu. Quand la session est finie, je ferme l’onglet et je passe à autre chose.

Trouver des versions fiables en France

Je compare plusieurs plateformes avant de garder une favorite. Quand une page affiche un historique de lancers, un mode d’essai et des informations sur les retraits, je la place en haut de ma liste. Je me méfie des promesses bruyantes et des interfaces trop chargées. L’esthétique, c’est bien, mais je mets la priorité sur la stabilité et la clarté. Je regarde aussi si la version s’adapte à l’écran du téléphone sans boutons minuscules. Le confort visuel me permet de prendre de meilleures décisions sur la mise.

Indicateurs utiles sur une page de casino

Avant d’ajouter un site à mes favoris, je parcours les sections d’aide. Je lis les infos sur les méthodes de dépôt, les seuils de retrait et les délais. Je veux voir un service client disponible et une page qui explique les règles sans détour. Cette partie est un peu moins fun, mais elle évite des surprises par la suite. J’apprécie aussi les pages où je peux basculer en mode sombre, désactiver les sons et régler la vitesse de chute de la bille.

  • Historique des derniers lancers consultable à la volée.
  • Mode démo accessible sans procédure lourde.
  • Explications claires sur mises et multiplicateurs.

Entre deux comparaisons, j’aime garder un mémo rapide des points que je regarde. Cela m’aide à ne pas oublier un détail comme la limite minimale de retrait. Pour fixer ces repères, je me sers souvent d’un tableau synthétique qui me sert de pense-bête quand je découvre une nouvelle version.

Voici un aperçu que je remplis pour moi-même avant de garder un site :

😊 Repère Description Ce que j’en fais
🚀 Vitesse Réglages de la vitesse de chute Je choisis lent au début, puis j’accélère
🎁 Bonus Présence de freebets ou tours gratuits Je teste en démo avant de profiter d’un bonus
🔑 Compte unique Connexion simple entre jeux Je gagne du temps pour passer aux jeux plinko

Après ce passage en revue, j’essaie de quelques lancers pour valider mes impressions. Si tout est fluide, je note le site dans ma liste courte. C’est seulement après ces tests que je tente une ou deux mises un peu plus hautes, et encore, pas à chaque session. Quand je veux un point de repère rapide, je retourne vers plinko casino, car la page centralise des explications utiles et des accès directs. Cela m’évite d’ouvrir dix onglets pour faire la même chose.

Petits repères pour progresser sans se crisper

Avec le temps, je me suis rendu compte que le plinko, c’est surtout une question de rythme. Je garde des sessions de dix à quinze minutes. Je varie la mise par paliers, sans gestes brusques. Je ne cherche pas un système, je cherche un confort. Cette manière de jouer me laisse disponible pour autre chose après, sans fatigue ni remords. Si je sens une impatience, je reviens au mode démo et je reprends la main. Les jeux plinko ne demandent pas une mémoire de règles, juste un cadre qui me convient.

Sessions d’essai et usage du mode démo

Le mode démo m’a beaucoup servi pour comparer les interfaces. Je regarde comment le bouton de mise réagit, si je peux rejouer vite, si la bille reste lisible sur petit écran. Cette phase me coûte zéro, et je gagne une vision plus nette de ce que j’aime ou pas. Je trouve que le passage du mode démo au plinko argent réel est plus simple quand l’interface reste identique. Je garde la même logique de mise, je ne change rien d’un coup.

  • Je fais 20 à 30 lancers en démo pour sentir la table.
  • Je note si la version surcharge l’écran avec des éléments inutiles.
  • Je vérifie que la page garde ma mise entre deux lancers.

Quand je me sens à l’aise, je passe sur une petite mise réelle. Je n’augmente que si je me sens calme. Si j’ai une bonne surprise, je garde une partie du gain pour abaisser la pression. Cette façon de faire m’a évité des emballements. Je ne cherche pas la performance, je veux que la session reste agréable. Quand je partage ces retours autour de moi, je vois que beaucoup ont la même approche. Le casino plinko devient alors un jeu court, clair, qui trouve sa place dans la journée sans la déborder.

Jouez quelques lancers, ajustez votre mise et testez une version sur mobile pour voir si elle vous convient ; si vous cherchez un accès rapide avec des explications simples, suivez les liens, lancez une bille et dites-moi ce que vous avez pensé de votre première session.

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Invincible : structure mélodique au lazer

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Le dernier album de Michael Jackson est une réussite sur plusieurs plans, malgré des convenances évidentes. Évocation infantile, lyrisme, adrénaline, chocs puissants, électriques, etc. Voici une critique de l’œuvre, morceaux par morceaux.

Unbreakable

Attention, déflagration. Un effet de style dance/R&B/pop. Un titre plein d’adrénaline avec sa boucle entêtante, obsédante et hypnotique. Une véritable bombe qui aurait mérité un clip (si MJ n’était pas aussi ravagé physiquement). Le refrain est assez mélodique, et surtout redoutablement efficace. Le bridge est plein de suspense et la partie rap explose avec ses effets de détérioration sur le riff de piano acoustique.

Heartbreaker

Production hasardeuse avec un son étrange qui fait penser à une grenouille (sic). L’exercice fait un peu pschitt. Vocalement, MJ se donne avec beaucoup d’énergie. Ça fait plaisir, mais l’ensemble est un peu trop kitsch.

Invincible

Malgré des sons new jack swing froids et métalliques, le titre groove pas mal. Une bonne surprise. Le morceau pulse, vibrant d’une vitalité contagieuse. Des éclats dans un exercice de style stimulant.

Break of Dawn

Un peu de chaleur avec des chœurs R&B un poil trop formatés. Un titre qui reste malgré tout agréable et coulant. Trop conventionnel, mais la voix est douce et évanescente.

Heaven Can Wait

L’intro est belle, puis le refrain arrive trop vite et sans saveur particulière. Un morceau R&B comme on en faisait plein dans les 90’s. Les couplets ont le mérite de faire leur petit effet. Le titre est assez désinvolte et chaleureux, mais en dents de scie (refrains pas assez envoûtants comparés aux bons couplets).

You Rock My World

L’interprétation est moyenne. MJ chante avec trop de retenue. L’instrumentation est très réussie dans le final, par contre, particulièrement chiadée. Mais globalement, le titre est assez faiblard. Ni dansant ni excitant.

Buterflies

Quelle merveille ! Les percussions ne manquent pas de style, même si c’est du déjà entendu. Vocalement, c’est du sucre pour les oreilles. La voix de l’artiste déploie une palette d’émotions rares : murmure retenu, souffle effleurant, falsetto au-delà des nuages. Ce qui frappe, c’est la modernité tranquille du morceau. Un plaisir raffiné pour fin gourmet.

Speechless

Michael aime cette chanson, et ça se ressent avec une performance vocale aux petits oignons. Selon le roi de la pop lui-même, il a composé ce morceau en un seul jet, « en une seule fois ». L’intro et l’outro emballent le titre dans un superbe papier-cadeau. Speechless, placé au cœur de l’album, brille comme un contrepoint secret : une pause suspendue entre deux éclats électroniques. Un bijou, même si tout se termine de manière un peu expéditive. Un titre idéal pour une comédie romantique.

2000 Watts

Influences drum’n’bass originales. Délire industriel électro-funk. Un titre non pas dansant, mais une expérience excitante. On adhère totalement. La voix pitchée vers le bas agit comme un véritable instrument moderne qui colle à l’ensemble. Électrique. Magistral.

You Are My Life

Mièvre et peu inspiré. Les vocalises sonnent juste, mais l’ensemble est trop conventionnel.

Privacy

Michael veut régler ses comptes, mais en oublie la musicalité. Inaudible. Encore plus raté que Tabloid Junkie.

Don’t Walk Away

Très belle ballade. Joli mélange guitare/voix. Une mélodie vocale qu’on pourrait siffloter en marchant les mains dans les poches. L’ensemble est suave et romantique. La production, tout en sobriété, évoque une parenthèse de vérité. Les percussions sont chaudes. Le piano discret. Une merveille.

Cry

Un très bel hymne. Le beatbox est efficace et la mélodie émouvante. Un brin caricatural quand on connaît les autres titres du genre dans sa carrière, mais ça fonctionne très bien. On est facilement emporté.

The Lost Children

Quel joli morceau ! Un Michael comme on l’admire, désarmant de sincérité. Un titre qui fait rêver. Les chœurs d’enfants donnent des frissons. Michael est dans son élément. Il chante ce qu’il aime. On aurait envie de vivre avec lui à Neverland.

Whatever Happens

Chef-d’œuvre ! Les sifflements et la guitare, dans un style bluesy, annoncent la couleur, avec un suspens haletant. Puis le choc, le retentissement vocal. Rythmique feutré. Percutions chaude. Michael lutte et souffre pour sortir les notes, mais ça accentue le côté  « dépassé par les événements ». Il rage. Sa voix est tour à tour caressante et implorante. On sent, derrière chaque inflexion, l’urgence de sauver quelque chose. Le tout est un mélange de douceur et d’adrénaline.

Threatened

Plutôt clubbin’. Mid tempo bien arrangé et assez efficace. En revanche, le refrain ne résiste pas aux répétitions.

Au final, un très bon album soul/R&B/pop dans l’absolu, mais qui manque d’implication (si la plupart des titres sont coécrits par le roi de la pop, seule The Lost Children et Speechless sont purement de son fait). À réécouter toutefois avec plaisir. À découvrir. Invincible mêle prouesse technologique et émotion pure. L’artiste y questionne son époque tout en rappelant, de plusieurs souffles, que la pop reste un art du cœur. Un Michael Jackson, même décevant comparé à ses anciens disques cultes, reste toujours mieux que ce qu’on peut entendre dans la production FM actuelle. Un des derniers géants, avec Stevie Wonder.

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4

« L’Ogre » : Jean Dufaux revisite la guerre de Cent Ans

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Entre thriller médiéval et fresque historique, le nouveau diptyque de Jean Dufaux et Juan Luis Landa nous entraîne dans les ruines du royaume de France, là où la faim d’un monstre croise la ferveur d’une pucelle. Une œuvre crépusculaire où la noirceur d’un ogre s’oppose à la lumière de Jeanne d’Arc.

La guerre de Cent Ans n’en finit pas de déchirer le pays de France. Nous sommes en 1427 : famine, brigandages et écorcheurs achèvent de ravager des terres déjà brisées par les armées anglaises. Le dauphin Charles, futur Charles VII, se réfugie à Chinon, impuissant face aux ambitions du roi d’Angleterre Henri VI. C’est dans ce décor de chaos et de désespoir qu’apparaît une créature effroyable, un tueur d’enfants que l’on surnomme « l’Ogre ». Un nom simple, archaïque, presque folklorique – mais derrière lui, une réalité d’autant plus glaçante qu’elle s’abat sur les plus innocents.

Jean Dufaux, scénariste chevronné, choisit d’attaquer de front cette époque trouble par la face la plus brutale : la guerre comme voracité, la guerre comme monstre. À travers ce personnage fictif, assassin borgne et affamé, il tisse une allégorie évidente : l’Ogre, c’est la guerre elle-même, celle qui avale villages et familles, qui broie les faibles et ravale toute humanité dans une boue sanglante. Mais il ne se contente cependant pas de ce symbole. Il lui oppose une figure, celle de Jeanne la Pucelle, qui s’apprête à entrer dans l’Histoire et à redonner souffle à un royaume moribond. La rencontre annoncée entre l’ombre et la lumière, entre l’homme défiguré par la faim et la jeune femme transfigurée par la foi, donne à ce récit une tension d’emblée captivante.

Le lecteur découvre, en même temps que le capitaine Guillaume de Blamont et ses hommes, les traces laissées par ce prédateur. Les villages sont à feu et à sang, les cadavres mutilés, les fillettes arrachées à leurs familles. Dans ce monde où la cruauté est monnaie courante, l’Ogre se distingue par une sauvagerie encore plus abyssale. Dufaux emprunte ici à Victor Hugo une veine toute romantique : celle de la monstruosité qui dissimule une âme, du grotesque qui côtoie la grâce. Comme Quasimodo dans Notre-Dame de Paris ou Gwynplaine dans L’Homme qui rit, l’Ogre n’est pas seulement une bête. Derrière ses crimes, il porte une faille intime, un passé brutalisé où il devait disputer aux chiens sa nourriture, et peut-être la possibilité d’une rédemption lorsqu’il croise la route de Jeanne.

Pour incarner cet univers sombre et en proie à la violence armée, il fallait un trait capable de restituer à la fois l’horreur et la majesté. Juan Luis Landa déploie ici une maîtrise saisissante, avec un dessin réaliste, fluide et précis, qui donne vie aux batailles, aux villages incendiés, aux élans humains horrifiques. Le regard borgne de l’Ogre, les visages épuisés des soldats, la noblesse fragile de Jeanne : tout est là.

La couverture, panoramique elle-même, se présente comme une fresque : cavaliers, bannières, lances croisées, un tumulte visuel qui annonce d’emblée le souffle épique de l’album. En fin de volume, un dossier documenté replace les personnages historiques dans leur contexte : un précieux complément qui enrichit la lecture sans en briser la tension romanesque.

Ce premier tome installe le décor : l’ombre d’Azincourt, la fragilité du dauphin Charles, les divisions françaises, l’apparition de Jeanne, et la traque de ce tueur d’enfants qui met à nu les failles d’un royaume. Tout y est : suspense, complots, chevauchées, massacres et espoirs. L’Ogre se déploie comme un conte noir, une parabole sur la monstruosité humaine et la possibilité d’une rédemption. 

L’Ogre, Jean Dufaux et Juan Luis Landa
Éditions Glénat, 24 septembre 2025, 112 pages

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4

« Picsou et les Bit-coincoins » : quand Picsou découvre le monde moderne (à ses dépens)

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Les temps changent, même à Donaldville. À l’ère des influenceurs juniors, des fortunes volatiles et des prisons connectées, Picsou n’a plus vraiment la main sur la manivelle de son coffre-fort. Dans Picsou et les Bit-coincoins, Jul et Keramidas signent un album irrésistible de malice et de satire, où le canard le plus riche du monde tente de surnager dans l’économie numérique… à coups de scrolls, de scams et de selfies flous.

Il est là, toujours en redingote rouge, haut-de-forme vissé et lorgnon prêt à jaillir d’un froncement de sourcil. Mais voilà : Picsou n’a plus la cote. Les cryptomonnaies ont remplacé les pièces sonnantes, les « followers » valent plus que les fortunes, et les neveux sont devenus des influenceurs spécialisés dans le décryptage de vidéos.

Face à lui, un nouveau prédateur : Carsten Duck, start-uppeur bodybuildé, hacker de génie et palmé jusqu’à l’arrogance, qui ne rêve que de siphonner la fortune virtuelle de son illustre aîné. Pour cela, il recrute les Frères Rapetou, fraîchement réinsérés grâce à un programme sponsorisé par… lui-même. Évidemment.

Le coup de génie du récit, c’est de croiser la trame traditionnelle des aventures de Picsou (le coffre, les cambriolages, les inventions de Géo Trouvetou…) avec des enjeux résolument contemporains : volatilité des actifs numériques, image publique, storytelling de soi et glissement du capital tangible vers le capital symbolique. Dans ce monde-là, le millionnaire doit tout réapprendre, souvent à grande peine et avec légèreté.

Mais Jul ne s’arrête pas à la satire. Il ajoute une couche d’émotion douce-amère à travers le retour de la vulnérabilité de Picsou. Ruiné, moqué, largué par la tech, le vieux canard tente une reconquête… cinématographique. Il tournee un biopic : « Rich Duck », film intimiste et « caméra à l’épaule », pour attendrir les foules. Il récolte quelques sous sur « Cuicui-Bankbank », le site de crowdfunding local, et met le projet en production. Mais tout ne se passe pas comme prévu.

Tout est là : l’ironie mordante sur les nouvelles formes de légitimation sociale, les clins d’œil à notre époque saturée d’images, et ce petit miracle de narration qui fait que même les gags les plus absurdes parviennent à servir une histoire cohérente, attachante et profondément drôle.

Graphiquement, Keramidas s’en donne à cœur joie : une ligne fluide, des expressions hilarantes, des décors aux mille détails (mention spéciale au volcan privatisé), et un sens du rythme parfait pour soutenir les dialogues à double fond. Un style à la fois old-school et furieusement vivant, qui restitue à merveille l’univers Disney tout en le tordant avec malice.

En refermant l’album, on sourit. Parce que Picsou reste Picsou, et que même ruiné, il brille d’un éclat indémodable : celui des héros dépassés, mais jamais défaits. Parce qu’on aime le voir râler, échouer, puis renaître sous les projecteurs d’un festival où il s’endort au moment de recevoir la Palme. Parce qu’au fond, on avait presque oublié à quel point on l’aimait.

Picsou et les Bit-coincoins, Jul et Keramidas
Glénat, octobre 2025, 56 pages

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4

« Un flic sous l’Occupation » : l’ombre du crime

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Un polar tendu dans le Paris occupé, où la frontière entre justice et compromission s’efface dans la grisaille de l’Histoire. Philippe Richelle et Jean-Michel Beuriot reviennent aux années noires pour interroger, à travers le destin d’un inspecteur, les dilemmes moraux d’une police prise dans l’étau de la collaboration.

Bienvenue dans le Paris des années 1940, où l’ombre allemande s’étend sur les façades et les consciences. C’est dans cette atmosphère d’angoisse et de suspicion que Richelle et Beuriot installent leur nouvelle série. Un polar historique, mais surtout une interrogation éthique : comment faire son métier de policier dans une France devenue État policier ?

Au cœur du récit : l’inspecteur Marsac, épaulé de Brunet et Mercadier, enquête sur un double meurtre sordide : un couple âgé, cambriolé puis exécuté avec une froideur méthodique. Les circonstances rappellent à Marsac le mode opératoire d’un certain Lucien Grenier, tueur arrêté avant-guerre et que la justice aurait dû garder sous clef. Mais l’Occupation redistribue les cartes : Grenier, libéré par les Allemands, coule désormais des jours confortables à Neuilly en travaillant pour les officines de l’Occupant. Le scandale n’est pas isolé : truands et repris de justice grossissent les rangs de cette collaboration utilitariste, où la délinquance trouve une nouvelle légitimité, un nouveau costume.

Richelle, familier de ces reconstitutions où l’intime rencontre la grande Histoire, et Beuriot, dont le dessin réaliste avait déjà donné chair à Amours fragiles, scrutent ici les bas-fonds d’une société pervertie par l’Occupation. Leur récit plonge dans la dualité de cette époque : la tentation de démissionner (comme le commissaire Fleury, qui refuse de se compromettre), ou celle de continuer à « faire le travail », malgré les compromissions inévitables. Car dans le Paris de 1941, tout devient affaire de choix – choix d’un métier, d’une loyauté, parfois de survie.

Loin des exaltations de la Résistance, l’album s’attache aux nuances grises : petits trafics, arrangements, complaisances. Mercadier lui-même, jeune inspecteur, vacille entre devoir et convictions, tandis que Marsac se retrouve face à son pire paradoxe… L’inversion des rôles dit tout de la fragilité de cette période, où les repères se brouillent, où l’ordre et le désordre échangent leurs uniformes.

Le titre même, Un flic sous l’Occupation, résonne avec une filiation cinématographique assumée. On pense forcément à Melville (L’Armée des ombres, puis Un flic en 1972). Mais là où Melville exaltait la grandeur sacrificielle des résistants, Richelle et Beuriot s’intéressent aux coulisses, aux couloirs obscurs, aux visages anonymes contraints de naviguer dans la compromission.

Ce premier tome, annoncé comme l’ouverture d’un diptyque, installe une tension durable : polar rigoureux dans sa mécanique, fresque historique dans son arrière-plan, il ouvre surtout une réflexion intemporelle. Car au-delà de l’Occupation, la question demeure, brûlante et sans réponse : qu’aurions-nous fait, nous, face à ces dilemmes, dans cette zone grise où l’héroïsme n’est jamais certain et la compromission souvent plus simple ?

Un flic sous l’Occupation, Philippe Richelle et Jean-Michel Beuriot
Glénat, octobre 2025, 56 pages

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