Floriane Joseph est une jeune autrice émergente dont le premier roman, La Belle est la bête, a été publié en 2021. L’écrivaine a également publié, en 2023, un recueil de poésie (Tant qu’il restera des corps à étreindre) solaire, habité et féministe aux éditions Sterenn, maison assurément à suivre. Son deuxième roman, Les vivants sont des rois est paru début 2024 chez Michel Lafon. Un roman condensé, électrique, sauvage, parfait pour une soirée de lecture poétique.
D’emblée, Floriane Joseph nous plonge dans Les vivants sont des rois en décrivant ses personnages comme des astres. Elle entre donc dans la fiction par la poésie, son autre talent d’écriture. Nous voilà entraînés avec Calypso, Line, Joris, Katia et Mathieu dans une nuit d’étoiles où le monde bascule. Tout est mouvant nous dit l’autrice, son écriture est donc celle du mouvement permanent, du basculement. Une tragédie les hante, mais ils tentent de vivre, de s’accrocher aux détails, aux instants, à leurs instincts respectifs et surtout à ce qui les lie.
L’autrice raconte cette nuit comme un voyage où le lecteur ne peut lâcher le livre, il est pris dans l’instant présent, parfois brisé par quelques souvenirs d’un autre instant, tragique, où l’un des leurs a pris une décision radicale. Ici, les corps dansent contre des corps qui sont connus – et ne s’évaporent donc pas – ils s’observent pour comprendre ce qui a changé, ce qui n’est plus et apprennent à s’apprivoiser de nouveau avec tout ce qu’il y a entre eux de non-dits et d’étreintes brisées.
La fête n’est pas finie tant que les vivants décident de continuer à vivre, tel est le message de Floriane Joseph: « Les vivants ne sont pas coupables de n’avoir pas sauvé leurs morts. Ils sont la seule raison pour laquelle leurs morts sont restés vivants si longtemps. » Ici, chaque mot écrit par l’autrice percute, il fait sens. Son texte est une étoile filante, on y fait le vœu de repartir de zéro, où chaque moment de la soirée rappelle des souvenirs, mais surtout dit à quel point tout est différent, teinté de culpabilité. Chacun interroge sa responsabilité, son aveuglement face au réel et interroge l’amitié qui les réunit dans cette soirée post-tragédie. Au-delà du titre, le roman de Floriane Joseph est imprégné d’un univers vivant, qui bruisse et s’écrit à coup de phrases vives, complètes et poétiques. Les images sont souvent d’une beauté insondable.
Ceux qui restent avec leurs émotions, leurs remords et leurs rêves aussi, sont les rois d’un roman où chacun déploie ses ailes et sa palette de couleurs. On y croise des comètes qui entrent en collision avec des planètes et autres électrons libres. L’écriture est percutante elle aussi. Les vivants sont des rois est un voyage d’une soirée, une histoire de vivants et de morts qui apprennent à se pardonner. Un petit bijou.
Les vivants sont des rois : fiche technique
Cinq amis d’enfance se retrouvent, le temps d’une soirée. Calypso, Line, Joris, Katia et Mathieu ne se sont pas revus depuis la Tragédie. Mais cette nuit, à l’aube de tous les possibles, ils décident de tout oublier – passé, remords, regrets, absence – et de laisser l’ivresse les emporter, leurs liens se révéler, se nouer, ou se défaire comme un adieu à l’enfance qui, déjà, s’enfuit. Car ceux qui sont bel et bien là, ont le devoir de régner sur la vie en rois…
Autrice : Floriane Joseph
192 pages
Michel Lafon
Date de sortie : 11 janvier 2024
L’abnégation de soi n’est-elle pas le geste le plus humain dans les heures sombres ? Si James Hawes ne la met pas entièrement en application dans son premier long-métrage, préférant s’arrêter aux standards du biopic académique, Une Vie met en lumière cette prouesse à travers ses personnages engagés. L’exercice commémoratif, niais et fiévreux par instant, n’a pas l’ambition de dépasser les modèles qui l’ont précédé, ce qui en fait un objet d’étude sans transcendance ni émotion. Reste que « l’histoire vraie » et méconnue de celui que l’on surnomme le Schindler britannique vaut bien un coup d’œil dans le rétroviseur.
À redécouvrir en VOD dès 24 juin et en DVD/Blu-ray à partir du 26 juin.
Synopsis : Prague, 1938. Alors que la ville est sur le point de tomber aux mains des nazis, un banquier londonien va tout mettre en œuvre pour sauver des centaines d’enfants promis à une mort certaine dans les camps de concentration. Au péril de sa vie, Nicholas Winton va organiser des convois vers l’Angleterre, où 669 enfants juifs trouveront refuge.
Toute bonne recette d’un récit biographique investit au mieux les témoignages directs des personnes concernées et de leur entourage. James Hawes, cador de la télévision britannique pour avoir travaillé sur des séries notoires (Black Mirror, Snowpiercer, Slow Horses), a donc sauté sur les propos que Barbara Winton a recueilli auprès de son père dans son roman If It’s Not Impossible…The Life of Sir Nicholas. Malgré un support aussi vaste et conséquent, le premier long-métrage du cinéaste peine à dérouler toute l’ampleur d’un récit de sauvetage extraordinaire à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Via la ligne ferroviaire transeuropéenne qui reliait Prague à Londres, il nous est conté une opération hors circuit du Kindertransport organisé par la Grande-Bretagne, même si elle en possède tous les aspects.
Les germes de la discorde
1938. L’Europe n’a pas encore basculé sous le joug et la suprématie du chancelier du Reich. Pourtant, l’ombre du nazisme plane déjà dans les contrées les plus démunies. Contraintes à l’exil, de nombreuses familles rebondissent d’un camp de réfugiés à l’autre, et de plus en plus vers l’Est ou l’Ouest. L’instinct de survie travaille donc ces parents qui ne peuvent nourrir leurs enfants, ni leur offrir un refuge adéquat. Pour Nicholas Winton, un courtier britannique d’origine juive allemande, cette situation lui déchire le cœur. Il troque donc sa paire de ski pour rallier une destination plus hostile que les montagnes enneigées suisses. Il est ainsi venu prendre le pouls de la nation tchécoslovaque, pour la plupart de la même confession que la sienne. Il se découvre alors un instinct paternel qui le pousse à agir silencieusement et méthodiquement, afin de préserver le plus d’enfants d’une guerre imminente.
Il existe un avant et un après. Il est facile de s’imaginer le pont qui relie les deux périodes clés dans la vie de Nicholas Winton. Tiraillé entre trop et tout vouloir raconter, Hawes opte pour une narration en flashback, quitte à en diluer l’intensité dramatique. Il n’évite pas non plus les écueils qui font d’Une Vie un florilège de séquences remplies de bonne volonté et de discours pompeux sur la condition humaine. Elles témoignent pourtant d’une bonne documentation, là encore, pas assez mise en valeur. Le déroulement du sauvetage est rapidement esquissé dans un montage clipesque, anéantissant pour de bon toute forme de tension qu’on aurait pu générer. Et ce n’est pas la musique de Volker Bertelmann qui aidera le film à se défaire du pathos.
Bien heureusement, Anthony Hopkins et Johnny Flynn répondent présents dans un jeu de miroir séduisant. Pourtant, leur interprétation, que l’on pourrait qualifier d’une « performance à Oscar », est détrônée par le parcours héroïque de leur avatar. Tout est bon à prendre lorsqu’il s’agit de bonifier un récit déjà extraordinaire, mais à force de tirer sur la corde de la sensibilité, elle finit par se rompre. De ce fait, le film se mord la queue dans un sensationnalisme qui pourrait bien atteindre les spectateurs qui n’auraient pas encore eu vent des moyens employés par Oskar Schindler dans le célèbre film de Steven Spielberg.
Les trains de la survie
À défaut d’avoir dressé une liste des rescapés, Winton en a fait un album. Il est revenu avec des photographies, éléments rares et précieuses qui lui ont permis de parvenir à ses fins. Le nerf de sa guerre résidait dans la falsification de documents d’identité. C’est pourquoi, le film nous renseigne sur les grandes lignes de cette démarche onéreuse, au nez et à la barbe d’une administration totalitaire qui gagne peu à peu du terrain. Une course contre la montre fut lancée et tous les marqueurs essentiels du sauvetage de 669 enfants trouveront leur place dans les flashbacks d’un homme qui s’apprêtait à dévoiler son engagement au monde entier. Il y avait donc deux fronts à gérer. Sur place pour le recensement, puis dans le réseau administratif londonien pour que chaque enfant puisse légalement recevoir une nouvelle famille d’accueil. Ce sont les visages de cette jeunesse que Hawes filme avec attention, tenant fermement sa caméra à leur hauteur, si bien qu’il arrive à jouer sur le dilemme moral des parents qui ont dû se séparer de leurs enfants.
La reconstitution rencontre toutefois des limites, notamment pendant l’enregistrement d’un show télévisé. Rien ne remplace la puissance évocatrice des véritables images d’archives et les séquences fabriquées effleurent à peine le vertige d’une déflagration émotionnelle. Ce fut déjà un problème souligné dans Simone, le voyage du siècle et les exemples ne manquent pas. Ce qui est essentiel à retenir réside donc dans le portrait de Nicholas au début du dernier siècle. « Qui sauve une vie, sauve le monde ». Le film est animé par ce proverbe, malgré le fait qu’il ne se revendique pas comme un héros. Il s’agit uniquement d’un homme qui a longtemps été hanté par les visages de celles et ceux qu’il n’a pas pu sauver. Dommage qu’il faille nous le rappeler avec insistance et avec des mots qui ne sont là que pour étoffer ce qui a enfin trouvé sa place dans les livres d’histoire. Le jeu de regard à lui-seul aurait suffi à exprimer toute la souffrance d’un homme qui ne pouvait que témoigner des horreurs qu’ont vécues les déportés.
Une histoire, certes importante, mais dont les ingrédients ont infusé dans la surenchère d’une commémoration poussive et maladroite dans son déroulé. Il ne pouvait pas y avoir plus beau message d’espoir que de savoir que des enfants juifs puissent prendre le train pour assurer leur avenir. Si on reste convaincu que le projet est une nécessité, afin de diffuser des valeurs solidaires dont l’humanité peut encore douter aujourd’hui, Une Vie reste en creux du portrait de Nicholas Winton, en nous refusant l’accès aux mêmes quais où les sentiments d’incertitude, de frustration, d’injustice et d’apaisement se sont intimement mêlés. Dommage que cette honorable leçon d’histoire ne soit pas toujours à l’image d’un homme dont la modestie contrariée l’a élevé au rang de guide spirituel pour les générations à venir.
Les bonus
Près d’une demi-heure de bonus accompagnent le film dans son blu-ray. Les interprètes de Nicholas Winton dans sa version âgée et de sa mère, Babette Winton, à la fin des années 30, nous font l’honneur de revenir sur leur expérience sur le tournage du film, tout en témoignant leur respect autour du sauvetage de nombreux enfants juifs à Prague.
Anthony Hopkins ouvre donc le bal en relatant l’état d’esprit du modèle qui l’a inspiré. Nous connaissions déjà sa bravoure, mais l’acteur gallois insiste également sur le souvenir d’un train d’enfants qui n’est jamais parti et qui l’a hanté presque toute sa vie. Helena Bonham Carter vient ensuite conclure en rappelant la leçon d’humanité qu’ont enseigné Nicholas Winton et ses associés, avant d’aborder l’étroite complicité qu’il avait avec sa mère. D’autres anecdotes concernant leur collaboration avec l’acteur-chanteur Johnny Flynn (vu dans le film Emma. ou dans les séries Lovesick et Ripley) et le réalisateur James Hawes, un cinéaste semble-t-il joviale, attentif et à l’écoute de son équipe, viennent agrémenter leurs discours élogieux.
Pour compléter la double interview des comédiens, la seconde partie des bonus contient les témoignages de plusieurs enfants réfugiés que Nicholas Winton a sauvé avant la Seconde Guerre mondiale. Après leur avoir montré le film, ces derniers évoquent librement leurs souvenirs et de ce qu’ils ont traversé. Pensant que l’exil était temporaire, qu’ils pourraient retrouver leur famille tôt ou tard, chaque récit bouleverse par une tendresse insoupçonnée. Si l’Histoire nous apprend que la vie est loin d’être rose bonbon chez l’habitant, on retient de ces réfugiés de guerre leur profond respect pour leur sauveur, qu’ils n’ont pas revu avant que la BBC rende public ses exploits. Pas d’hésitation à avoir si vous souhaitez renouer avec des émotions crues et sincères, vous en aurez pour onze minutes par ici.
Et pour celles et ceux qui souhaiteraient approfondir leur étude sur Nicholas Winton et son histoire, l’édition spéciale Fnac contient le documentaire inédit Nicky’s Family (1h36). De quoi restaurer un peu plus la mémoire d’un homme humble, d’une grande humanité et peut-être révéler les difficultés qu’ont eues les réfugiés à conserver et transmettre leur judaïté.
Bande-annonce : Une Vie
Fiche technique : Une Vie
Titre original : One Life Réalisation : James Hawes Scénario : Lucinda Coxon, Nick Drake Musique : Volker Bertelmann Décors : Christina Moore Costumes : Joanna Eatwell Photographie : Zac Nicholson Montage : Lucia Zucchetti Producteurs : Iain Canning, Guy Heeley, Joanna Laurie, Emile Sherman Production : See-Saw Films, BBC Film, MBK Productions, Cross City Films, FilmNation Entertainment, LipSync Pays de production : Royaume-Uni Distribution Royaume-Uni : Warner Bros. Distribution France : SND Année de production : 2023 Durée : 1h49 Genre : Biopic, Drame Date de sortie au cinéma : 21 février 2024 Date de sortie VOD : 24 juin 2024 Date de sortie DVD/Blu-Ray : 26 juin 2024 Éditeur : M6 Vidéo
Le choix du titre étant une expression japonaise transcrite en caractères latins, pas d’ambiguïté puisque sa signification est toute trouvée avec le complément de titre : le chemin de la sorcière. Que ce soit par son titre ou son format et même l’organisation générale des pages, cet album se situe donc clairement dans le sillage du manga. L’auteur pousse l’identification avec des couleurs pour les premières pages, couleurs de belles factures qui font regretter leur absence ensuite. Cependant, il marque son identité française avec un sens de lecture classique.
Tony Concrete (probablement un pseudo) vit dans la région de Strasbourg, probablement un peu en marge de la société comme ses héroïnes. En effet, d’après les informations qui figurent sur la couverture, il a longtemps mené une vie de Neet, acronyme de Not in Education, Employement or Training. Et comme elles, il se déplace en vélo. On apprend aussi qu’il a déjà proposé des histoires courtes pour des magazines et bénéficié de résidences d’artistes. Son sens de l’humour s’accorde avec l’auto-dérision avec laquelle il présente cette histoire « Je voulais créer une œuvre manifeste et poser la pierre angulaire du spinozisme magique mais au final, j’ai juste fait une BD de vélo (encore). » Bien entendu, il se sous-estime un peu, car si sa BD parle bien de vélo, elle ne s’en contente pas, loin de là.
Vera et Mary
L’album est centré sur deux personnages, Vera la brune et Mary la blonde qui vivent en colocation dans Strasbourg. Elles ont l’âge pour être étudiantes et d’ailleurs elles ne manquent pas de connaissances. Mais leur domaine est un peu à la marge, puisqu’elles s’intéressent à la magie et se considèrent comme des sorcières. On a un peu de mal à évaluer ce que cela sous-entend pour elles et on se demande si elles le sont de naissance ou non. Ainsi, en particulier chez Vera on sent un lien fort avec la nature et même ce qu’on pourrait appeler les forces naturelles. D’ailleurs, en la suivant, on apprend qu’elle va régulièrement consulter celui qu’elle considère comme son initiateur en sorcellerie.
Des choix de vie
Le souci pour Vera, c’est son refus des compromis avec une société aveuglée par sa volonté de progrès. La jeune fille s’exclue donc volontairement du système de travail-consommation. Refusant les règles du monde régi par les lois de la consommation, de l’économie et de la soumission aux pouvoirs dominants, elle se met en situation de quasi survie constante. Mais elle est jeune et cela semble lui convenir puisqu’elle privilégie son lien avec la nature. Cela ne l’empêche pas de chaparder à l’occasion, pour se nourrir, un peu comme un chasseur chasse. On pourrait se demander comment elle s’en sort pour régler le loyer de sa colocation avec Mary, mais cette dernière a un salaire, car elle fait de la livraison à domicile, à vélo bien entendu. De plus, dans la société qui l’emploie, elle est très bien notée, ce qui lui permet d’obtenir pas mal de commandes. Sachant cette position comme vitale, elle l’entretient en demandant à l’occasion à Vera de la remplacer discrètement, ce qui lui permet de souffler tout en continuer d’assurer du côté des commandes et donc de conserver sa position de livreuse réputée. A noter quand même une petite contradiction entre Vera et Mary, puisque cette dernière entre à sa façon dans le jeu de la compétition, base de notre société.
Rencontres et observations
Bien entendu, cette situation ne peut pas perdurer, car Vera touche une allocation de demandeuse d’emploi. Étant donné qu’elle ne cherche pas d’emploi, elle finit par se trouver face à un dilemme : mettre un pied dans un système qu’elle refuse ou bien assumer des travaux d’intérêt général pour conserver son allocation. C’est en attendant son tour pour faire le point qu’elle fait la rencontre d’un garçon qui manie un étrange objet. Et c’est en acceptant un compromis qu’elle se met dans une situation bien plus risquée que ce qu’elle imaginait. Parce que la société ne fait pas de cadeaux à celles et ceux qui rechignent à s’y intégrer. Vera comprend rapidement que les deux choix qu’on lui propose sont des cadeaux empoisonnés. Heureusement, tout cela ne lui fait jamais oublier ce qui importe à ses yeux : ses objectifs en tant que sorcière.
A quand la suite ?
Cette BD du label COMBO devrait trouver son public de jeunes adultes sans trop de peine, au vu des thèmes qu’elle aborde. Organisé en chapitres d’épaisseurs raisonnables l’album se lit bien. On peut s’identifier aux personnages principaux et vibrer à leurs mésaventures et rencontres. Ce ne sont pas des sorcières à l’ancienne chevauchant un balai, mais plutôt des personnes attentives à ce qu’elles observent autour d’elles et qui ont visiblement un projet d’envergure, réfléchi de longue date. Ce premier volet n’en dévoile pas grand-chose, suffisamment pour qu’on attende l’autre volet avec une réelle curiosité. Le seul bémol concerne le dessin. Bien que de facture agréable, il manque trop souvent de détails, surtout pour tout ce qui concerne les décors et l’arrière-plan. L’ensemble donne l’impression de pouvoir être fignolé, un peu comme si l’auteur doutait encore un peu de son style.
Majo no Michi 1 – Le chemin de la sorcière, Tony Concrete Dargaud (Label COMBO) : sorti le 7 juin 2024
Aimez vous la science-fiction ? La France semble bouder ce genre littéraire hautement original, au potentiel illimité, préférant se plonger dans des biographiques politiques et récits feel-good. Pourtant, les lecteurs élitistes ont l’air d’oublier de grands noms : Jules Verne, Isaac Asimov ou encore Philip K. Dick, pour ne citer qu’eux. Loin d’être un simple refuge pour celles et ceux qui s’ennuient, cet art déploie l’imagination, permettant à son créateur de dénoncer le réel et d’anticiper l’avenir… Dans son premier roman, Lidjo présente Parmi Nous, Tome 0, Premier Assaut – le pilier fondateur d’une saga prometteuse. Pour ses débuts, l’auteur choisit l’autoédition, comme de nombreux écrivains qui souhaitent se lancer dans le bain sans passer par le biais d’une maison traditionnelle. C’est risqué, mais cela peut parfois payer… Revenons à nos moutons !
Ce récit unique en son genre mêle avec brio des thématiques qui semblent très éloignées les unes des autres. Pourtant, l’ensemble parvient à instaurer une harmonie narrative réussie. Une petite pépite qui transcende les frontières de la science-fiction à la française, où le personnage clef n’est nul autre qu’un ancien soldat de la Légion étrangère, reconverti en … Chauffeur VTC. Comme nous l’avons dit, Parmi Nous, Tome 0, Premier Assaut de Lidjo est le premier roman de son auteur. Un ouvrage de qualité, qui s’ouvre aussi à des interrogations d’actualité. Histoire, politique, violence et secrets…
En outre, le livre s’articule autour de deux personnages cruciaux, qui revêtent une grande importance, à commencer par Alex. Après avoir rejoint la Légion étrangère, le bonhomme change d’avis. Des évènements dramatiques et tragiques jalonnent son chemin, venant ainsi bousculer ses plans initiaux. Intégrer des éléments existants et placer son intrigue en France ? Voilà qui demande une certaine audace. D’un côté, cela peut tout à fait fluidifier la lecture et l’immersion : si vous êtes français ou tout simplement familier avec la France, vous aurez plus de facilité à entrer dans ce roman, puisque Lidjo joue avec nos connaissances et insuffle du réel dans sa fiction.
Jusqu’au jour où tout bascule : son neveu disparaît !
Ce premier tome n’est que le début d’une aventure bien plus vaste, qui laisse entrevoir un univers foisonnant d’idées toutes plus originales les unes que les autres. L’auteur alterne les points de vue entre Alex et Mylo, un extraterrestre qui raconte sa propre histoire. Des chemins indéniablement voués à se croiser l’un et l’autre. Est-ce que cet alien a un rapport avec la disparition de Phil, évaporé dans des circonstances très étranges ? Voilà qui ajoute une dose de mystère et surtout, qui plante les prémices d’une enquête qui tient le lecteur en haleine, tout au long du livre… Le roman Parmi Nous, Tome 0, Premier Assaut fait 194 pages et se déguste très facilement et rapidement. Arrivé au bout de cette aventure, l’on en redemande, ce qui est un très bon signe. Lecteur assoiffé, lecteur emballé !
Rencontrez Alex, protagoniste de cette saga « syfy »…
Enfin, l’écrivain Lidjo tisse pour son tout premier pas dans le monde de l’écriture une narration bien menée, créant une proximité entre son personnage principal, Alex et son lecteur. En quête de rédemption, ce héros est plus complexe qu’il n’y paraît. En réalité, il évolue lentement, mais sûrement. D’ailleurs, c’est un reproche que certains lecteurs peuvent lui faire : le roman prend son temps, parfois un peu trop. Mais n’est-ce pas le but d’un premier tome, que d’installer tout un « pattern », une toile de fond, pour pouvoir ensuite laisser les personnages s’illustrer, à leur manière ? Grâce à un style abordable et à la portée de toutes les générations, Lidjo réussit à présenter un ouvrage franchement satisfaisant et sympathique à lire. Une pause bien méritée dans notre quotidien, qui invite également à la réflexion. Disponible sur Amazon à un prix accessible, l’œuvre de Lidjo pourrait plaire aux lecteurs et lectrices avides de science-fiction… Encore un doute ? N’hésitez pas à consulter les avis des lecteurs et lectrices sur la plateforme.
Premier Assaut – Parmi Nous, Lidjo Autoédition, 194 pages
Sorti au début des années 90, Frankie et Johnny réunissait à nouveau, après Scarface, deux acteurs de premiers choix : Al Pacino et Michelle Pfeiffer, pour une comédie romantique authentiquement touchante, au petit goût de rétro hollywoodien. La simplicité de l’ensemble fait mouche, et la performance des deux stars se révèle particulièrement convaincante.
Refus de l’emblématique, du glamour, avec deux acteurs stars qui jouent des anti-stars, personnages truculents, petit folklore stimulant, relation antipodique, vérités dissimulées, reconstruction psychique et sentimentale difficile, réenchantement provisoire, Frankie et Johnny a tout de la comédie dramatique qui s’interdit certaines facilités du genre en s’affirmant comme l’antithèse de Pretty Woman, du même réalisateur. Cadre social modeste pour des enjeux qui n’ont rien à envier aux plus grands : c’est tout le désir d’Al Pacino (Johnny) de conquérir la ravissante Michelle Pfeiffer (Frankie), récalcitrante, a priori indomptable, pour la sauver de son passé traumatisant, qui est ici mis en avant.
La problématique est suggérée et interpelle dès les premières minutes quand, dans un bus, le soir, Michelle laisse couler quelques larmes sous une musique authentiquement touchante à l’harmonie particulièrement séduisante, avec notamment une guitare, un piano, des percussions douces et un instrument à vent (Marvin Hamlisch, très inspiré).
Quel est son mal-être ? Que cache sa solitude ? Comment peut-elle s’en sortir à terme ?
Le film tient toute sa force, son intérêt, dans un apprivoisement qui multiplie les scènes qui sortent de l’ordinaire, entre humour décontracté, répliques ironiques ou états de crise sévères, avec deux acteurs qui s’épanchent sur leur vie respective de façon attachante. Le pouvoir d’évocation de Frankie et Johnny est celui du début des années 90, avec quelques reliques caractéristiques plus anciennes : prêcheur de rue ridiculisé, prostitués qui sillonnent la ville, marché aux fleurs, télévisions cathodiques, magnétoscopes soldés, poste de radio, trench-coats mal coupés, robes démodées, peur du sida évoquée au détour de quelques mots, meilleur ami gay drôle et plein de bons conseils, sans stéréotypes grossiers (Nathan Lane, irrésistible), etc.
Sur la forme, le film est simple, mais bichonné. La caméra est un œil flottant, n’hésitant pas à naviguer entre différents appartements qui sont comme autant de compartiments secrets qui exposent des tranches de vie émouvantes (notamment dans une scène remarquable qui s’inspire de Fenêtre sur cour), avec souvent une solitude qui est montrée.
Pacino, impétueux, la plupart du temps optimiste, cache un passé interlope. Il fera tout pour se reconstruire, rebondir, réorganiser sa vie. Il faut le voir observer un New York nocturne, fraîchement sorti de prison, comme s’il sondait la ville, l’interrogeait sur son avenir, pour se rendre compte de certains de ses troubles, de ses états d’âme.
C’est en tant que cuistot, dans un restaurant grec — bien que résolument cosmopolite — qu’il rencontre Michelle, simple serveuse. Cet endroit devient un véritable microcosme, un petit village dans la ville (selon les propres mots de Garry Marshall), où la jeune femme se sent souvent bien entourée, dans son élément, avec ses repères, ses rituels et ses amis, au sein d’une synergie particulièrement vivante. Les conditions de travail favorisent une convivialité qui fait mouche. Qu’il s’agisse du jeune bourreau des cœurs toujours au téléphone, de la sexy Kate Nelligan à la gouaille décapante, de la vieille coincée et amusante ou encore des deux cuisiniers bons vivants, chaque personnage agit comme une note de musique dans un ensemble orchestrant une bonne humeur partagée et communicative.
Cette harmonie n’efface cependant pas la difficulté du lien entre Pacino et Michelle, deux personnages aux perspectives profondément différentes.
« Je vous demande de sortir avec moi. » « Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! »
C’est un pari qui se joue ici : celui du contact humain, du risque des sentiments amoureux et de leurs vertiges. Pacino cerne assez vite le problème de Michelle, cette femme qui se refuse aux hommes depuis plus de trois ans. Il tente de percer la bulle de ses illusions par des paroles directes, parfois maladroites, mais nécessaires, qui lui font du mal pour son propre bien.
Le premier baiser est un ravissement, porté par une mise en scène originale. Tandis que la musique suggère une conversation troublante, bien qu’inaudible, Michelle et Pacino s’observent, jusqu’à ce que l’inévitable se produise : ils s’embrassent passionnément au moment où un camion de fleuriste s’ouvre en arrière-plan, conférant à la scène un caractère iconique, chatoyant et captivant.
L’ouverture de Michelle à Pacino est l’enjeu majeur du film, son élan vital.
Le couple n’est-il qu’un fantôme qu’on entretient parfois artificiellement sans trop y croire ?
Dans cette lutte pour survivre à la solitude, Michelle livre une performance d’actrice stupéfiante dans la dernière partie, lorsqu’elle prend enfin conscience de ses traumas et de son impasse. En larmes, elle fait face à un Pacino aux mots tendres, qui reconnaît qu’il ne peut faire disparaître le mal, mais qu’il sera là lorsqu’il réapparaîtra.
« J’ai peur. Je meurs de peur. J’ai peur de me retrouver toute seule, j’ai peur de ne pas être seule. J’ai peur de ce que je suis, de ce que je ne suis pas, j’ai peur de ce que je pourrai devenir, peur de ce que je ne deviendrai jamais. Je me sens fatiguée. Tu peux pas savoir ce que je suis fatiguée d’avoir peur. »
C’est par la magie de la musique classique, avec Clair de Lune de Claude Debussy diffusé à la radio, dans une réorchestration absolument féerique, qu’il se produit un étonnant instant de grâce, une conciliation terminale, avec quelques points de suspension.
Crise, rejet, gouaille, traumatisme, secrets, violence conjugale, deuil, convivialité, acharnement, rage, intimité, originalité, révélations : le champ lexical du film évoque une réussite qui met en lumière une œuvre sans artifices grossiers, sans fougue, sans passion dévorante, sans romantisme idéalisé, aux motifs narratifs tiraillés entre accablements et pulsions de vie. Une petite odyssée amoureuse dont l’identité est unique, qui prend le meilleur de la fabrication hollywoodienne tout en s’affirmant avec des situations innovantes et une fraîcheur certaine.
« Ce film est dédié à toutes ces femmes qui pensent que le prince charmant s’est fait renverser par un camion et qu’il ne vient pas ; et aux gars qui sont sûrs que Cendrillon est enfermée quelque part et ne se montrera pas avant ou après minuit », dira le réalisateur.
Bande-annonce : Frankie et Johnny
Fiche Technique : Frankie et Johnny
Synopsis : Après avoir passé 18 mois en prison pour contrefaçon, pendant lesquels il s’est découvert un goût pour la cuisine et la littérature, Johnny est engagé comme cuisinier dans un restaurant de New York. Il y rencontre Frankie, une serveuse de nature solitaire, dont il devient vite amoureux. Mais celle-ci a eu de très mauvaises expériences avec les hommes et, méfiante, se refuse à s’engager dans une relation durable…
Titre français : Frankie et Johnny
Titre original : Frankie and Johnny
Réalisation : Garry Marshall
Scénario : Terrence McNally, d’après sa pièce Frankie and Johnny in the Clair De Lune
Directeur de la photographie : Dante Spinotti
Musique : Marvin Hamlisch
Montage : Jacqueline Cambas et Battle Davis
Distribution des rôles : Lynn Stalmaster
Décors : Albert Brenner
Décorateur de plateau : Kathe Klopp
Direction artistique : Carol Winstead Wood
Costumes : Rosanna Norton
Producteur : Garry Marshall
Coproducteur : Nick Abdo
Producteurs exécutifs : Michael Lloyd, Charles Mulvehill et Alexandra Rose
Société de production : Paramount Pictures
Pays : États-Unis
Langue : anglais
Genre : Comédie dramatique
Durée : 118 minutes
Format : Image : Couleur (Technicolor) – 1.85:1 – 35 mm
Son : Dolby
Dates de sortie en salles : États-Unis : 11 octobre 1991 ; France : 5 février 1992
The Bikeriders : Quand les vrombissements des motos évoquent bien plus qu’une épopée de motards, et racontent l’histoire des individus et d’un groupe.
Synopsis de The Bikeriders :Dans un bar de la ville, Kathy, jeune femme au tempérament bien trempé, croise Benny, qui vient d’intégrer la bande de motards des Vandals, et tombe aussitôt sous son charme. À l’image du pays tout entier, le gang, dirigé par l’énigmatique Johnny, évolue peu à peu… Alors que les motards accueillaient tous ceux qui avaient du mal à trouver leur place dans la société, les Vandals deviennent une bande de voyous sans vergogne. Benny devra alors choisir entre Kathy et sa loyauté envers le gang.
La chevauchée fantastique
Sept ans se sont écoulés entre Loving, le précédent film de Jeff Nichols, et The Bikeridders. Mais son cinéma n’a pas changé : tourné vers les relations humaines entre des personnes à la marge ou en manque de repère, sociétal, et toujours traversé d’Americana, de culture et de sous-culture américaines.
Nous sommes dans les années 60. Le jeune Danny Lyon, un photographe et cinéaste américain, et motard lui-même à l’époque, s’immerge dans la vie d’un club de motards du Midwest américain, le Chicago Outlaws, dans l’optique, dit-il, de dresser une image positive (« glorified ») du motard américain et de son « lifestyle ». Il en a sorti un livre , The Bikeriders, à la base de ce film éponyme. Il a étroitement travaillé avec Jeff Nichols pendant tout le processus.
Johnny (Tom Hardy, irréprochable) est le fondateur de ce club, baptisé The Vandals dans le film. Routier, Johnny est un père de famille, en réalié pas si tranquille. Il raconte que l’idée du club a germé en regardant à la télé The Wild One (l’Équipée sauvage) de László Benedek, un film avec Marlon Brando, véritablement à l’extrême amont des films de motards. Un véritable hommage, puisqu’on en voit un extrait dans The Bikeriders, et que Jeff Nichols nomme ses protagonistes des mêmes prénoms que dans l’Équipée sauvage. D’aucuns estiment que le film flirte avec la nostalgie, voire n’apporte rien de nouveau, et pourtant le cinéaste nous livre ici un film vraiment singulier et très beau, différent mais totalement cohérent avec son travail.
De fait, ces bikeriders, sans que Nichols n’en fasse lui aussi l’apologie, sont plutôt romantiques à leurs débuts, donnant à voir une vie idéale, passant leur existence à des riens, le plus souvent dans le cadre de pique-niques à la bière, et de ballades en moto. La vie est alors insouciante, belle ; l’indépendance et la liberté sont les maîtres-mots. Cette nonchalance laisse le temps au cinéaste de mettre plutôt en avant les relations entre les hommes. Des plus anodines, car le film n’est pas dénué d’humour, aux plus sérieuses. Le cinéma de l’Américain a souvent été basé sur des relations masculines complexes, voire toxiques. Les grandes scènes de chevauchée, magnifiques par ailleurs, sont moins là pour faire vroum-vroum que pour montrer la dynamique d’un groupe, la puissance d’un sentiment d’appartenance, d’identification, de repères. Quand petit à petit, le Club devient un gang de hors-la-loi, suite à l’arrivée de nouveaux entrants bien plus jeunes, là encore Jeff Nichols ne se contente pas de scènes de violence gratuite , mais les inscrit dans son contexte, sans jamais les justifier : famille pauvre, violente, ou encore retour traumatique du Vietnam.
La narration est centrée sur trois personnages. Benny, le personnage interprété par Austin Butler en est le point focal. Taciturne (l’acteur n’a pratiquement pas de lignes de dialogue, mais développe un jeu fascinant fait de regards et diverses moues jamais poseuses, bien plus intéressant que dans Elvis selon nous), il est très dépendant du club, littéralement prêt à mourir pour lui, comme dans la scène d’ouverture, tout en étant libre. Il refuse de porter sur ses épaules l’amour de Kathy (Jodie Comer, également excellente), qu’il épouse pourtant très rapidement, ou la volonté de Johnny de lui transmettre un club qui lui échappe de plus en plus. Dans un scénario par ailleurs fidèle au livre de Danny Lyon, cette relation à trois est la plus fictionnalisée, où Benny se fait tirailler par l’une qui veut sa survie en voulant l’éloigner d’un club dangereux, et par l’autre, qui propose une vie pleine de risques (le chef du club peut être challengé par n’importe qui, à coups de poing ou de couteau), et où Benny lui-même est partagé entre son désir de liberté et son amour à la fois pour Kathy et pour Johnny, une figure paternelle évidente. Ce ménage à trois d’un genre particulier est le fil d’ariane du film.
La forme choisie (fidèle au livre de Lyon) est à base d’interviews de Kathy, racontant le quotidien des Vandals à Danny Lyon (Mike Faist), suivis des scènes ad hoc en flashbacks, une ponctuation qui fluidifie étonnamment le récit. Globalement, l’esthétique de The Bikeriders est somptueuse. Adam Stone, le chef opérateur attitré de Jeff Nichols filme en cinémascope sur pellicule Kodak, et le rendu est à la hauteur : une image d’autant plus naturaliste que les éclairages choisis sont le plus souvent simplissimes, apportant cette sensation d’immersion du spectateur dans le monde de ces bikers.
Jeff Nichols n’a pas son équivalent pour installer cette ambiance si particulière, immersive, légèrement surannée dans le bon sens du terme. Film après film, il tisse une œuvre capitale, et nous livre ici un très beau film de motards qui ne ressemble à aucun film de motards. Et c’est tant mieux !
The Bikeriders – Bande annonce
The Bikeriders – Fiche technique
Titre original : The Bikeriders
Réalisateur : Jeff Nichols
Scenario : Jeff Nichols, d’après le livre éponyme de Danny Lyon
Interprétation : Jodie Comer (Kathy), Austin Butler (Benny), Tom Hardy (Johnny), Michael Shannon (Zipco), Mike Faist (Danny), Boyd Holbrook (Cal), Norman Reedus (Funny Sonny), Damon Herriman (Brucie), Beau Knapp (Wahoo), Emory Cohen (Cockroach), Karl Glusman (Corky)
Photographie : Adam Stone
Montage : Julie Monroe
Musique : David Wingo
Producteurs : Sarah Green , Brian Kavanaugh-Jones, Arnon Milchan, Coproducteurs : Kierke Panisnick, Donald Sparks
Maisons de production : Focus Features, Regency Enterprises, New Regency Productions, Tri-State Pictures, 20th Century Studios (France)
Distribution : Universal Picture International
Durée : 116 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 19 Juin 2024
Etats-Unis – 2024
Les Vacances de Monsieur Léon, publiée par Fluide Glacial, explore les difficultés et quiproquos d’un amour naissant entre deux colocataires, Monsieur Léon et Mademoiselle Sophie. Signée par le scénariste Arnaud Le Gouëfflec et l’illustrateur Julien Solé, cette romcom teintée d’humour et de poésie ne manque ni de charme ni de légèreté.
Monsieur Léon est un employé de bureau à l’apparence plutôt ingrate. Rondouillard, moustachu, avec des lunettes et un début de calvitie, il partage son appartement parisien avec Mademoiselle Sophie, une femme blonde plus jeune que lui. Leur relation est cordiale et se caractérise par une forme de politesse réservée. Monsieur Léon aimerait aller plus loin, lui avouer ses sentiments naissants, mais il peine à exprimer ce qu’il ressent, parfois par lâcheté, parfois par maladresse. Pressé d’accélérer le pas par son ami Fernand, en vacances, Léon prend alors la décision de planifier des vacances idéales avec Sophie, espérant sans doute que ce voyage puisse changer la nature de leur relation.
Les Vacances de Monsieur Léon fonctionne comme une succession d’occasions manquées. Un personnage en est témoin : un chauffeur qui va tour à tour véhiculer Monsieur Léon et Mademoiselle Sophie, tous deux craintifs quant à la perspective de « perdre » l’autre. La bande dessinée met en scène des situations humoristiques et souvent touchantes. Bien qu’attirés l’un par l’autre, les deux colocataires ne parviennent à s’avouer leurs sentiments, l’incommunicabilité prévaut, et l’angoisse prend le dessus.
Léon est caractérisé par la timidité et la maladresse. Introverti, presque inhibé, il pense la partie perdue suite à la présence d’un mystérieux rival, qui semble courtiser Sophie. Ce n’est heureusement pour lui qu’un malentendu de plus, habilement tourné en dérision par Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé, qui ne ménagent décidément pas leur protagoniste.
Principalement en noir et blanc, mais entrecoupé de touches de couleur occasionnelles, Les Vacances de Monsieur Léon a beau reproduire certains lieux communs du genre, il n’en demeure pas moins efficace et convaincant. Cela s’explique par la caractérisation des personnages, leurs vulnérabilités apparentes, et probablement le sentiment d’identification quasi universel qui s’en dégage. Les planches de Julien Solé, admirables, apportent une richesse visuelle qui compense par ailleurs certaines faiblesses scénaristiques.
En résumé, on pourra arguer qu’Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé persistent dans un univers singulier où l’humour et la tendresse se conjuguent. Au dessin soigné s’ajoutent deux personnages en insécurité sentimentale et toute une série de gags et quiproquos qui font le sel de cet album.
Les Vacances de Monsieur Léon, Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé Fluide Glacial, juin 2024, 64 pages
Un sombre manteau, dernier roman graphique de Jaime Martin, paru aux éditions Dupuis, nous transporte dans un petit village des Pyrénées au milieu du XIXe siècle. À travers les yeux de Mara, une guérisseuse solitaire et méprisée, et de Serena, une jeune femme muette au passé trouble, l’auteur espagnol nous immerge dans un récit sombre où la maladie apparaît comme un incubateur de la superstition.
Mara est une vieille guérisseuse célibataire, qui vit en marge du village. Elle vend ses remèdes à ceux qui le souhaitent. Son quotidien va cependant basculer lorsqu’elle recueille Serena, une jeune femme en fuite et muette, qu’elle prend aussitôt sous son aile. Ensemble, les deux femmes sondent la montagne et les plantes médicinales. Elles engendrent aussi suspicions et hostilité : une épidémie commence à se propager et Serena, présentée comme une nièce venue de la ville, est en sus accusée d’insinuer des envies d’ailleurs dans la tête des plus jeunes. Cette situation exacerbe les tensions et les superstitions, faisant de la jeune femme un bouc émissaire facile.
Jaime Martin façonne avec soin une ambiance oppressante et mystérieuse. Dès les premières pages, le lecteur voit la mort et la superstition rôder. Les regards sont désapprobateurs, le jugement s’inscrit à même le visage de ceux qui croisent la route de Mara et Serena. Ces dernières investissent les montagnes pyrénéennes du XIXe siècle, minutieusement reproduites, et voisinant avec des éléments fantastiques qui laissent planer le doute sur la réalité des événements. Les personnages semblent quant à eux usés par la vie et les épreuves ; ils forment une communauté en vase clos, répondant aux injonctions du curé plutôt qu’à celles de l’esprit.
Un sombre manteau met en lumière la vie des trémentinaires, ces femmes guérisseuses qui parcouraient les montagnes pour vendre leurs remèdes. Mara et Serena, malgré leurs différences, incarnent une forme de résistance féminine face à une société patriarcale, religieuse et conservatrice, prompte à chasser les sorcières qu’on lui aura désignées. Jaime Martin dépeint de manière glaçante les rapports humains auxquels elles font face, en prenant également soin de caractériser les villageois, eux-mêmes confrontés à la maladie, l’amour filial, le doute et la rudesse de leurs conditions de vie.
L’épidémie en cours permet de portraiturer une société où les remèdes traditionnels n’ont pas encore été supplantés par les grandes découvertes scientifiques. Mara et Serena relèvent à cet égard de la tradition. Et c’est ce seuil précédant le progrès qui les accable d’ailleurs, puisque les croyances tendent à les considérer de manière injuste, voire à les condamner pour leurs modes de vie.Ainsi, avec Un sombre manteau, Jaime Martin nous offre une bande dessinée à la fois belle, engagée et poignante. Son récit ancré dans le XIXe siècle explore les thèmes de la superstition, de la médecine et de la condition féminine avec acuité.
Un sombre manteau, Jaime Martin Dupuis, juin 2024, 104 pages
Avec Vice-Versa 2, Kelsey Mann reprend la délirante aventure intérieure de la jeune Riley là où Pete Docter l’avait laissée neuf ans plus tôt, en abordant cette fois-ci la thématique de la crise d’adolescence. Le studio à la lampe signe ici une suite certes colorée, rythmée et fertile en rebondissements, qui laisse néanmoins une forte impression de déjà-vu tant elle s’inscrit dans l’air du temps et cherche à faire évoluer ses personnages en vue d’un troisième épisode.
Le réalisateur Kelsey Mann (auteur du court-métrage Party Central) et le duo de scénaristes Meg LeFauve et Dave Holstein reprennent les délirantes pérégrinations intérieures de la jeune Riley là où Pete Docter (Là-Haut, Soul) les avait laissées neuf ans plus tôt, en abordant cette fois-ci la thématique de la crise d’adolescence. Alors que petits et grands retrouvent les Big 5 (Joie, Tristesse, Peur, Colère et Dégout) dont le grain de folie et les traits caricaturaux ont grandement contribué au succès de la franchise, quatre nouvelles émotions déjantées investissent le quartier cérébral et manœuvrent à leur tour le tableau de contrôle, chahutant ainsi le cortex de notre héroïne en pleine puberté. Anxiété, Envie, Embarras et Ennui se bousculent donc pour déclencher un vrai tourbillon de sentiments dans l’esprit de la jeune fille, et vont devoir apprendre à cohabiter pour remettre de l’ordre dans ses pensées durant cette difficile transition. Ensemble, parviendront-elles à réparer les maux de Riley ?
Avec cette structure narrative —l’exploration comique et didactique des humeurs et des sens— nettement décalquée sur le modèle du premier opus, oscar du meilleur film d’animation en 2016, Vice-Versa 2 surprend moins qu’il ne confirme une paresse symptomatique de la part du studio à la lampe, encore loin de la poésie de Wall-E et Ratatouille, de l’émotion du Monde de Némo et Là-Haut, ou encore de l’humour de Toy Story et Cars. En effet, si le réalisateur pose ici un regard amusé et autocritique sur la méthode même du laboratoire Pixar fourmillant d’idées prémâchées, (dans l’une des séquences les plus intelligentes, Grand-mère Nostalgie pointe d’ailleurs le bout de son nez avant d’être brutalement remisée au placard), le génie d’antan n’est plus de la partie. Bien que cette tempête intérieure plutôt convenue —Joie, le cerveau de la bande, doit traverser vents et marées pour rendre à la girl-next-door du Minnesota son estime de soi— veuille creuser une nouvelle fois le concept du road-trip d’apprentissage, le scénario s’éparpille, survole chaque doute universel qu’il soulève et relègue trop souvent au second plan le vertige émotionnel promis.
Restés néanmoins fidèles à l’iconographie des récentes productions (on pense plus particulièrement à Alerte Rouge et Élémentaire), les animateurs oscillent entre morphologie humaine à la mode Sims et parodie de cartoons du début des années 2000, mais peinent à insuffler un vrai renouveau graphique à l’ensemble. Hélas, ils délaissent le potentiel imaginatif des îles de la personnalité au profit d’un hideux terrain de hockey sur glace, ses vestiaires et un bahut tout entier terriblement fades, puis bâclent la visite de nouveaux chantiers et territoires métaphysiques pourtant passionnants tels que la chambre forte des secrets refoulés, les tréfonds labyrinthiques de la mémoire ou la parade des futurs métiers. Autant de terrains de jeu qui auraient dû renforcer l’énergie ludique du film, lequel s’amuse vaguement des codes de cette jeunesse abandonnée devant les écrans mais préfère célébrer la diversité et l’inclusion dans un final woke prévisible.
En somme, Pixar signe une suite certes colorée, rythmée et fertile en rebondissements, qui laisse toutefois une forte impression de déjà-vu tant elle s’inscrit dans l’air du temps et cherche à faire évoluer ses personnages en vue d’un troisième volet.
Sévan Lesaffre
Vice-Versa 2 – Bande-annonce
Synopsis : Fraîchement diplômée, Riley est désormais une adolescente, ce qui n’est pas sans déclencher un chamboulement majeur au sein du quartier général qui doit faire face à quelque chose d’inattendu : l’arrivée de nouvelles émotions ! Joie, Tristesse, Colère, Peur et Dégoût – qui ont longtemps fonctionné avec succès – ne savent pas trop comment réagir lorsqu’Anxiété débarque. Et il semble qu’elle ne soit pas la seule…
Vice-Versa 2 – Fiche technique
Réalisation : Kelsey Mann
Scénario : Meg LeFauve et Dave Holstein
Avec les voix françaises de : Charlotte Le Bon, Gilles Lellouche, Mélanie Laurent, Pierre Niney, Marilou Berry, Dorothée Pousséo, Adèle Exarchopoulos…
Production : Mark Nielsen
Photographie : Adam Habib, Jonathan Pytko
Musique : Andrea Datzman
Distributeur : The Walt Disney Company France
Durée : 1h36
Genre : Animation, Aventure
Sortie : 19 juin 2024
Dans le monde de la littérature fantastique, les œuvres se multiplient et se suivent les unes les autres… En effet, ce genre est très populaire, surtout auprès des jeunes lecteurs. Ainsi, « Le Maître Golem : De Terre et de Pierre » apparaît dans nos bibliothèques, et il pourrait figurer parmi les prochains coups de cœur des adolescents. Ce roman d’Elodie Alauzet s’approprie les codes classiques du fantastique. Non sans une certaine finesse, l’auteure présente un monde dense où magie et réalité coexistent… Sorti discrètement en mai 2021 chez les éditions Evasion, cette petite pépite nous convie à découvrir une saga déjà prometteuse. Elle dévoile des personnages et des intrigues élaborés avec une fluidité remarquable. Pour celles et ceux qui sont en quête de surprises à chaque page, ce tome pourrait bien répondre à vos attentes les plus exigeantes.
Dès l’ouverture de cet ouvrage, l’écrivaine façonne des personnages authentiques et humains. En effet, la crédibilité demeure cruciale, même dans le fantastique. Rien ne brise plus l’immersion qu’une incohérence flagrante, qui nous propulse hors des pages ! Heureusement pour nous, cet écueil se trouve habilement évité ici, pour notre plus grand bonheur.
Simon, le personnage principal, est un tailleur de pierre modeste et jeune. Malgré lui, il se retrouve propulsé au cœur d’une aventure qui le surpasse… À l’instar de nombreux héros littéraires, il ne cherche pas à dominer la scène. Ce voyage initiatique transforme Simon en un miroir pour le lecteur. D’ailleurs ce dernier est invité à partager ses doutes, à éprouver ses peurs… C’est ici qu’Alauzet déploie un talent narratif évident. Elle donne à Simon son lot d’expériences et d’émotions, des piliers si tangibles et justement décrits. Ainsi, il devient très facile voire instinctif de s’attacher à ses personnages. Voilà qui constitue sans doute l’un des atouts majeurs de ce premier tome.
Un développement de personnages réussi
L’introduction dans ce récit est très rapide et fluide, naturelle. La métamorphose de Simon, d’artisan ordinaire à élu, fait battre le cœur d’une histoire à la fois personnelle et universelle. Elle reflète les tumultes intérieurs auxquels tout un chacun peut s’identifier. Sa quête intime se lie à une introspection profonde, qui interpelle le lecteur. Celui-ci est alors amené à questionner sa propre vie au travers des péripéties de Simon… Parfait pour susciter de l’empathie et donner envie d’aimer les personnages de l’auteure.
La plume d’Alauzet éveille et suscite l’émerveillement. Les chapitres célèbrent l’imaginaire foisonnant de l’auteure, nourri par d’innombrables influences mythiques. Son monde, riche en détails, prend vie sous nos yeux curieux.
Par exemple, la cité de White Falls, avec ses mystères, devient presque un acteur de l’histoire, animée d’un souffle vivant. Les ruelles tortueuses de cette ville se dessinent clairement dans notre esprit. La magie, peut-être un clin d’œil aux origines bretonnes de l’écrivaine, qui se mêle à la réalité de manière presque sacrée. Serait-ce là un hommage aux légendes celtes où fantastique et réel se côtoient si harmonieusement ?
Cette lecture invite à l’évasion et au rêve !
Ce tome inaugure également une célébration du conte, teintée d’une poésie délicate. Néanmoins, malgré le charme de la prose d’Alauzet, quelques améliorations restent possibles. Le choix de noms de lieux anglophones par une auteure française peut être questionné. Pourquoi opter pour une autre langue ? Toutefois, ce détail ne nuit absolument pas à la lecture, tant l’ensemble demeure cohérent. Peut-être l’auteure envisage-t-elle une adaptation cinématographique ou télévisuelle, comme « The Witcher » ou « Game of Thrones », deux succès issus de la littérature.
En fermant ce livre, un sentiment de tristesse mais aussi d’impatience nous étreint… Quelles nouvelles aventures attendent Simon et ses compagnons dans cet univers fascinant ? Vers quelles contrées nous emmènera-t-on ?
En définitive, Élodie Alauzet ouvre avec brio la porte d’une saga destinée à captiver un large public. Ce premier tome, accessible et original, pourrait bien inciter les jeunes à redécouvrir le plaisir de la lecture. Et c’est une réussite !
Le Maître Golem, tome 1 : De Terre et de Pierre – Aurélie Alauzet Evasion Editions, 383pages
Julia Brandon est le cerveau créatif derrière le projet des Passagers. 3 livres parus chez la maison d’édition « Des Auteurs des Livres ». Le premier opus : « Les Passagers » débarque dans la collection fantastique le 27 janvier 2023. Le point de départ d’une longue aventure, où les lecteurs se familiarisent avec le monde de l’auteure. Bonbons magiques, voyages dans le temps, meurtre et trahisons sont la recette du succès… Impossible de raconter un synopsis qui puisse refléter l’histoire de ces romans interconnectés, aux intrigues entremêlées.
Dans sa toile, Julia aborde des thématiques complexes : celle du deuil, des addictions, mais aussi la notion de destin. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour sauver ceux que l’on aime ? Et si cette simple question était la porte vers une autre transformation, celle d’une mutation en monstre… ?
Pour déguster ce troisième tome en beauté, nous vous conseillons vivement de lire les deux premiers. Le « tome d’introduction » présentait aux lecteurs le personnage de Félix, un adolescent à priori comme les autres… Et pourtant, il se découvre un jour des pouvoirs magiques. Des dons qu’il partage avec son professeur, Gustave. Ce bonhomme à l’apparence ronchon s’avère être un puissant mage, qui se gave de sucreries capables de le projeter dans le passé. Son ambition est à la hauteur de son chagrin, puisqu’il souhaite à tout prix sauver la peau de sa fille, Nejma. Cette dernière est retrouvée morte dans une rivière, près de la maison de sa famille – mais pour Gustave, cette mort n’a rien d’un accident. Revivant sans cesse la découverte du corps, il se met en tête la mission quasi divine de ramener son seul enfant à la vie, mais cette quête a un prix…
Ensemble, Félix et Gustave vont se trouver de nombreux points en commun et développer des stratégies uniques, pour mener à bien cette mission qui semble impossible. Après un final tragique, où des personnages importants disparaissent, Gustave fait face aux conséquences de ses actions. C’est dans une atmosphère particulièrement sombre, bien loin de la fantaisie et de la féérie des premières pages que l’on retrouve la plume de Julia et ses personnages, dont Nejma, qui est bel et bien revenue à la vie…
Quel choix fera Gustave ? Sauver la Vallée ou bien Nejma ?
Être père, ce n’est pas facile. Mais être le père de Nejma, c’est un cauchemar. La petite fille a été sauvée, alléluia ! Et pourtant, elle connaît un développement digne des plus grands vilains que l’on peut imaginer. Arrogante, méchante, provocatrice… On se demande si c’est une simple crise d’adolescence ou bien la découverte d’un fort potentiel de psychopathe. Gustave a réussi à ramener sa fille à la vie, mais cette dernière met en danger la Vallée dans laquelle la famille « prospère » tant bien que mal. Il en vient à envisager le pire… Le tabou ultime. Et si finalement, le destin avait bien fait les choses, en tuant Nejma ? Dans ce roman, l’auteure présente la trame de Gustave, tout en y mêlant celle d’un enquêteur tourmenté, du nom de Huŏ. Une enquête se déroule sous les yeux du lecteur, qui cherche toujours à en apprendre plus. Où est-ce que cette saga va finir par nous mener ? Il semble impossible de deviner ce qui se trame dans la tête de Julia, qui adore jouer avec le suspense et les attentes de son lectorat. L’on sent que le cinéma fantastique nourrit l’imaginaire de cette écrivaine, qui met en scène des chapitres très visuels, comme le duel entre Gustave et son clone. Certes, le roman est divertissant, mais il offre aussi une lecture plus symbolique.
Le bien et le mal n’existent pas : le monde est gris et nuancé.
Lorsque l’on plonge dans la saga des Passagers, on a l’impression d’être retombés en enfance, dans un univers où les contes de fées prennent vie, où la magie est fascinante et douce, légère. Mais rien ne laissait présager un axe aussi sombre. La narration gagne en maturité et s’attaque notamment à des secrets de famille et des relations toxiques, mises à mal. Finalement, la vérité semble sur le point d’éclater, et le résultat sera bien loin de celui auquel on peut s’attendre. Retournements de situation et péripéties inédites, Prescience incarne une belle leçon d’humilité et de courage.
Prescience, Julia Brandon Des Auteurs Des Livres, septembre 2024, 253 pages
Le choix d’un bon casque de DJ est crucial pour tout DJ professionnel ou en herbe. Un casque DJ de haute qualité améliore votre performance, en vous offrant un son clair et un grand confort pendant les longs sets. Voici un guide des caractéristiques essentielles à rechercher lors du choix d’un casque DJ.
Qualité du son
Audio haute fidélité
L’aspect le plus important d’un casque DJ est sa qualité sonore. Un son haute fidélité vous permet d’entendre chaque détail de vos morceaux, des basses profondes aux aigus clairs. Cette clarté est essentielle pour un beatmatching et un mixage précis.
Isolation phonique
Une isolation phonique efficace est essentielle dans un club bruyant. Recherchez des casques offrant une annulation passive ou active du bruit pour bloquer les bruits extérieurs et vous permettre de vous concentrer entièrement sur votre mixage.
Confort et ajustement
Conception ergonomique
Les DJ portent souvent leur casque pendant de longues périodes, le confort est donc primordial. Une conception ergonomique avec des serre-tête réglables et des oreillettes rembourrées peut faire une différence significative, en évitant l’inconfort et la fatigue.
Construction légère
Un casque léger réduit la pression exercée sur la tête et le cou. Bien qu’une certaine durabilité puisse être sacrifiée pour des matériaux plus légers, de nombreux casques de haute qualité parviennent à un équilibre entre poids et robustesse.
Durabilité
Qualité de fabrication robuste
Les casques pour DJ doivent résister aux rigueurs d’une utilisation et d’un transport fréquents. Recherchez des casques de construction robuste, utilisant des matériaux tels que le métal et le plastique de haute qualité pour garantir la longévité.
Pièces remplaçables
Avec le temps, l’usure est inévitable. Les casques de DJ de haute qualité sont souvent équipés de pièces remplaçables, telles que les oreillettes et les câbles, ce qui prolonge la durée de vie de votre casque et garantit des performances constantes.
Prix et réputation de la marque
Considérations budgétaires
Les casques de DJ de haute qualité sont disponibles dans différentes gammes de prix. Fixez un budget qui concilie vos contraintes financières et vos besoins en termes de qualité et de durabilité. N’oubliez pas que l’investissement dans un bon casque peut avoir un impact significatif sur vos performances et votre expérience d’écoute.
Marques réputées
En optant pour une marque réputée, vous vous assurez d’obtenir un produit fiable. Les marques connues pour leur équipement de DJ, comme Pioneer, Sennheiser et Audio-Technica, proposent souvent des casques de haute qualité conçus spécialement pour les DJ. L’exploration de détaillants de confiance comme Bax Music peut vous aider à trouver les meilleures options et les meilleures offres de casque DJ.