« Les Vacances de Monsieur Léon » : l’amour ne prend pas de congés

Les Vacances de Monsieur Léon, publiée par Fluide Glacial, explore les difficultés et quiproquos d’un amour naissant entre deux colocataires, Monsieur Léon et Mademoiselle Sophie. Signée par le scénariste Arnaud Le Gouëfflec et l’illustrateur Julien Solé, cette romcom teintée d’humour et de poésie ne manque ni de charme ni de légèreté. 

Monsieur Léon est un employé de bureau à l’apparence plutôt ingrate. Rondouillard, moustachu, avec des lunettes et un début de calvitie, il partage son appartement parisien avec Mademoiselle Sophie, une femme blonde plus jeune que lui. Leur relation est cordiale et se caractérise par une forme de politesse réservée. Monsieur Léon aimerait aller plus loin, lui avouer ses sentiments naissants, mais il peine à exprimer ce qu’il ressent, parfois par lâcheté, parfois par maladresse. Pressé d’accélérer le pas par son ami Fernand, en vacances, Léon prend alors la décision de planifier des vacances idéales avec Sophie, espérant sans doute que ce voyage puisse changer la nature de leur relation.

Les Vacances de Monsieur Léon fonctionne comme une succession d’occasions manquées. Un personnage en est témoin : un chauffeur qui va tour à tour véhiculer Monsieur Léon et Mademoiselle Sophie, tous deux craintifs quant à la perspective de « perdre » l’autre. La bande dessinée met en scène des situations humoristiques et souvent touchantes. Bien qu’attirés l’un par l’autre, les deux colocataires ne parviennent à s’avouer leurs sentiments, l’incommunicabilité prévaut, et l’angoisse prend le dessus.

Léon est caractérisé par la timidité et la maladresse. Introverti, presque inhibé, il pense la partie perdue suite à la présence d’un mystérieux rival, qui semble courtiser Sophie. Ce n’est heureusement pour lui qu’un malentendu de plus, habilement tourné en dérision par Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé, qui ne ménagent décidément pas leur protagoniste. 

Principalement en noir et blanc, mais entrecoupé de touches de couleur occasionnelles, Les Vacances de Monsieur Léon a beau reproduire certains lieux communs du genre, il n’en demeure pas moins efficace et convaincant. Cela s’explique par la caractérisation des personnages, leurs vulnérabilités apparentes, et probablement le sentiment d’identification quasi universel qui s’en dégage. Les planches de Julien Solé, admirables, apportent une richesse visuelle qui compense par ailleurs certaines faiblesses scénaristiques. 

En résumé, on pourra arguer qu’Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé persistent dans un univers singulier où l’humour et la tendresse se conjuguent. Au dessin soigné s’ajoutent deux personnages en insécurité sentimentale et toute une série de gags et quiproquos qui font le sel de cet album. 

Les Vacances de Monsieur Léon, Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé
Fluide Glacial, juin 2024, 64 pages

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3.5

Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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