En confiant les deux volets de La Bataille de Gaulle à Volker Bertelmann puis à Théo Cascio, Antonin Baudry fait de son diptyque un objet musical rare, dont la rupture sonore éclaire aussi la réception critique.
Rone seul sur un catamaran au large de La Réunion, à attendre plusieurs jours avant de jouer ses premières notes pour une baleine à bosse. Koki Nakano qui compose ses 27 minutes de musique pour les deux heures de film de Naomi Kawase sur le don d'organe pédiatrique au Japon. Kane Parsons, vingt ans, qui co-compose la bande originale du plus gros succès de l'histoire d'A24, pour des espaces 3D vides hérités d'un mythe internet. Trois films sortis cette semaine, trois compositeurs face à un même geste : continuer à composer quand la garantie du destinataire est partie.
Avec Disclosure Day, The Christophers et Le Vertige, John Williams, David Holmes et Franck Lascombes signent trois partitions où la musique ne dit plus seulement le film : elle déplace la question de l’auteur, de la signature et de l’identité sonore.
Il a accompagné des hélicoptères bombardant un village vietnamien, la mort du roi Arthur, l'arrivée des Européens au Nouveau Monde ou un dictateur jouant avec le globe terrestre. Bien que décédé avant l'invention du cinéma, Richard Wagner pourrait pourtant être placé parmi les grands compositeurs de musiques de films.
Peut-on réellement parler de musique lorsque l'on évoque le duo Beaupain-Honoré ? Les chansons y sont comme autant de dialogues et précipitent l'action des personnages souvent empêtrés dans leurs sentiments. Ici, la musique ou plutôt la chanson est synonyme de "parler vrai" et donc de vérité. Il s'agit pour les personnages de faire le point sur leurs relations sans oser se faire du mal par des dialogues simplement parlés. Dès "17 fois Cécile Cassard" et son "Lola" chanté en slip rose par Romain Duris, Honoré a affirmé sa filiation avec un autre cinéaste du dialogue chanté, Jacques Demy. Alors, Beaupain serait-il en quelque sorte le Michel Legrand d'Honoré ? Pas tout à fait. Retour sur quelques partitions chantées particulièrement fortes dans le cinéma d'Honoré.
Monteur, réalisateur, costumier, Xavier Dolan n'est pas encore compositeur mais choisit chacun de ses morceaux avec une précision qui lui est propre et rend son cinéma aussi beau que puissant. Directeur d'acteur brillant, il laisse parfois davantage la place à sa musique qu'à ses acteurs, retour sur les pépites de son cinéma en musique où l'exploitation est parfois plus grandiose et réfléchie que la composition.
Qu'ont en commun Bernard Herrmann, Giorgio Moroder, Ennio Morricone et Pino Donaggio ? Ils ont tous les quatre, ainsi que d'autres compositeurs de renoms, collaborés avec le grand Brian De Palma. L'occasion donc pour ce mois placé sous le signe de la musique de revenir sur les travaux de ces musiciens de génies et leur place dans la vaste filmographie de Brian De Palma.
Le cinéma et la musique sont deux arts bien distincts qui, parfois, se marient à la perfection comme si l’un et l’autre devenaient indissociables et provenaient de la même matière. La musique chez David Lynch, par exemple, c’est un peu comme une deuxième raison de vivre, une possibilité pour lui d’évacuer ses tourments par le prisme de la mélodie plutôt que par celle du cadre. Selon lui, « la musique est un bon moyen de conjuguer les idées ».
Pour notre mois de mars musical, revenons sur la musique chez Wes Anderson, ce cinéaste qui nous donne une folle envie d'écouter du David Bowie sur un walkman.
La musique traverse l’œuvre de John Ford, ancrant sa chevauchée américaine dans une histoire, une géographie, une religion, un patriotisme et surtout un sentiment d'humanité qui donne à sa filmographie cohérence et universalité. Décryptage de ce que la musique fordienne offre comme langage cinématographique inédit.
Badalementi incarne l'harmonie musicale entre un cinéaste et un musicien, la puissance de la musique, les thèmes inoubliables écrits pour les films Twin Peaks, Mulholland Drive, Sailor & Lula ou Blue Velvet de David Lynch reflète cette magie
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.
« Johannes de Eyck fuit hic 1434… » « La phrase est doublement ambiguë. Elle ne dit pas que le tableau date de 1434, mais que la scène qu’il représente a eu lieu cette année-là. Et elle se garde bien de nous informer si, de cette scène, Van Eyck fut le témoin ou le protagoniste. Elle place le tableau sous le signe du double sens. »
« A l’origine, nous étions des êtres doubles : chaque humain était constitué de deux personnes, unies en un seul corps gigantesque. Notre force et nos capacités étaient d’autant plus grandes et notre pouvoir était tel que nous cherchâmes à rivaliser avec les dieux… »
Dans "L’Âge des inutiles", David Da Silva croise Donald Trump, la Silicon Valley, l’intelligence artificielle et le cinéma pour poser une question simple mais inquiétante : et si le progrès que nous célébrons préparait déjà notre propre déclassement ? Non pas la grande apocalypse mécanique promise par la science-fiction, mais quelque chose de plus discret et rationnel : un monde où l’humain deviendrait peu à peu l’élément le moins rentable du système.