Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.
Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.
Présenté à la Quinzaine des cinéastes 2025, "La mort n’existe pas" est un film d’animation 2D intense et poétique, où l’écoterrorisme, la culpabilité et la seconde chance s’entrelacent dans un voyage sensoriel au cœur d’une forêt hantée.
Il y a, dans Partir un jour, cette scène où Cécile (Juliette Armanet, lumineuse de vulnérabilité) écoute en silence une chanson de Dalida dans la cuisine du restaurant familial. Pas de dialogue, juste le froissement d’une nappe en papier, le cliquetis des couverts, et cette mélodie qui traverse les années comme un sourire oublié. Amélie Bonnin filme ces instants suspendus où l’émotion se devine plutôt qu’elle ne se montre, où l’amour se cache dans les gestes du quotidien – une main qui effleure une épaule, un regard furtif au-dessus d’un plat de frites.
Dans "Promis le ciel", présenté à Un Certain Regard 2025, la réalisatrice tunisienne Erige Sehiri dresse un portrait poignant de femmes migrantes d’Afrique subsaharienne à Tunis, prises entre espoir, précarité et solidarité. Malgré quelques faiblesses narratives, le film se distingue par son humanité, son regard social lucide et une mise en scène épurée inspirée du réalisme des Dardenne. Un récit de survie et de seconde chance dans une Tunisie en transition.
Dans "L’Aventura", Sophie Letourneur mêle humour, autofiction et chaos familial sur fond de vacances en Sardaigne, entre rires, tensions et souvenirs flous.
Grand gagnant, In a violent Nature se paie le luxe d'allier ces deux tendances en offrant une lecture très abstraite, soustractive, des codes du genre et finalement très sérieuse du slasher tout en y incluant des moments gore savoureux dont le contraste ponctue parfaitement cet OVNI horrifique. Ce moment de grâce en forme de renouveau à confirmer, pour nous, amateurs de films de genre, sera-t-il un feu de paille ou le début d'un nouvel âge d'or ?
Prix Police du Festival Reims Polar 2025, "Undercover" offre une infiltration haletante et très documentée au cœur de l’ETA, la célèbre organisation terroriste basque, pendant les années 1990. Inspiré de l’histoire vraie de l’agent Elena Tejada, qui a participé à l’une des plus grandes opérations menées contre cet organisme, le film d’Arantxa Echevarría a reçu en début d’année les Goyas du meilleur film, de la meilleure réalisation, du meilleur scénario original et de la meilleure actrice. Une œuvre sous haute tension, centrée sur les risques de la profession, qui a naturellement convaincu le jury d’agents et de commissaires.
"The Things You Kill" d'Alireza Khatami explore les secrets et traumatismes d’un homme en quête de rédemption, dans un drame familial psychologique captivant. À travers une narration subtile et audacieuse, le film nous plonge dans une histoire de vengeance, de conflits paternels et de quête d’identité. Un thriller introspectif complexe et émouvant.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.