Festivals

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

FNC Montréal 2024 : La jeune fille à l’aiguille – Piqûre abstraite, austère et gothique

Présenté au dernier Festival de Cannes, "La Jeune femme à l’aiguille" est la première sélection du suédois Magnus Van Horn en compétition officielle après deux long-métrages remarqués et aux antipodes de celui-ci, sur la forme et sur le fond. Reste ici comme point commun un fond malaisant et des séquences parfois proches de l’insoutenable psychologiquement. Au niveau de la forme, c’est volontairement austère au point de lorgner sur les terres de l’horreur gothique d’antan. C’est donc une œuvre visuellement aboutie qui relate un sordide fait divers du début du XXème siècle mais qui prend trop son temps pour atteindre le cœur de l’histoire avec une première heure où de nombreuses séquences s’avèrent au final inutiles. On retiendra un objet peu commun que ne renierait pas un certain Robert Eggers et qui peut compter sur quelques scènes chocs, un visuel peu engageant mais abouti et deux actrices totalement investies.

Le Frissons Festival 2024 va bientôt débuter

À tous ceux qui dédient leurs nuits à la lecture d’un Stephen King... Et à celles qui s’endorment au doux son des cris de Sigourney Weaver dans Alien ! Quelque chose se prépare, rien que pour vous… Vous imaginiez passer une fête d’Halloween tranquille ? Pensez-y à deux fois. En effet, le Frissons Festival 2 arrive, les 26 et 27 octobre 2024, à l’Hippodrome de Reims.

Deauville 2024 : clôture, coups de cœur et critique de Finalement

Le Festival de Deauville 2024 s’est clôturé hier soir avec la remise du Talent Award à Natalie Portman, la cérémonie du Palmarès et la projection de "Finalement" de Claude Lelouch. Marquée par une fréquentation record, une multitude d’hommages et une compétition pluvieuse plutôt décevante, la 50ème édition du Festival ne nous a pas offert son meilleur cru pour cet anniversaire symbolique.

Deauville 2024 : Daddio, Taxi thérapie

Que se passerait-il si de parfaits inconnus rivés à leurs téléphones se déconnectaient un moment pour échanger ? Après la période du Covid, "Daddio", comédie grinçante à l’humour décalé, nous incite à renouer le lien humain avec le dialogue. Premier long-métrage de Christy Hall, le film expose qu’une rencontre hasardeuse peut venir bouleverser le cours de notre existence.

Deauville 2024 : A Different Man, masques et faux-semblant

S’il n’est plus coutume de rire des monstres au cinéma, sauf dans les bisseries assumées, "A Different Man" n’est pas exclu de cette catégorie. Porté par un Sebastian Stan dévoué, quel que soit le masque qu’il arbore, le film déjoue constamment nos attentes. Mais au terme d’un visionnage éprouvant, force est de constater que le récit cabotine et révèle des difficultés à concilier différents tons. Les apparences sont donc bel et bien trompeuses dans cette tragi-comédie qui ne parvient pas à transformer sa difformité en force.

Deauville 2024 : La Cocina, fourmilière new-yorkaise

Quatrième film d’Alonso Ruizpalacios, "La Cocina" nous plonge au cœur des cuisines étourdissantes d’un restaurant New-Yorkais. Bourrée d’idées de mise en scène et constamment en mouvement, cette comédie dramatique filmée en noir et blanc offre une vraie expérience cinématographique. En brisant les illusions d’un lointain rêve américain, tout simplement inaccessible dans un pays « qui n’existe pas », "La Cocina" expose le travail acharné d’immigrés sans papier, qui espèrent, luttent et perdent la tête dans un microcosme oppressant.

Deauville 2024 : Bang Bang, le son de la cloche

Les films de boxe ont toujours eu cette tendance à raconter la vie des athlètes ou encore d’un lieu. Le ring devient alors un exutoire qui compense l’hostilité de la société dans laquelle les protagonistes sont souvent impuissants et démunis. "Bang Bang" ne déroge pas à la règle et nous donne rendez-vous dans la banlieue de Détroit pour y suivre la résilience d’un ancien boxeur. Dommage que ses coups manquent de cœur et de saveur.

Deauville 2024 : Color Book, ceux qui restent

Portrait intime entre un père et son fils trisomique, "Color Book" déploie toute son intensité émotionnelle dans leur complicité hors du commun. Doté d’un sujet qui a tout pour bouleverser, David Fortune injecte toute sa foi dans son premier film, où il nous donne une bonne raison de suivre le parcours d’un duo en mal de repères et d’affection. Une petite note de douceur au milieu d’une sélection assez disparate.

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