Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
L’Amour et les Forêts de Valérie Donzelli est une démonstration impeccable de l’horreur de l’emprise masculine et de la violence conjugale. Impeccable, mais un peu trop linéaire et didactique.
Porté par un dispositif audacieux et jusqu'au-boutiste, Les Filles d'Olfa fait résonner les voix complices de ses sujets et interprètes, oscillant entre bravoure et exploration des limites de son mécanisme.
Dans "La Strada", poésie, réalisme et fiction se mélangent pour créer une oeuvre touchante, avec l'un des rôles les plus mémorables de Giulietta Masina.
Deuxième long métrage de Sofia Coppola, Lost in Translation exploite une ville (Tokyo) en bouleversant le quotidien et la vie de deux individus isolés. Il s’agit de rendre compte de la difficulté à sortir de sa zone de confort, de gagner en hauteur de vue et ouvrir des perspectives nouvelles. Une réussite qui mélange approche naturaliste et néoromantisme.
Décidément, il est beau le cinéma actuel de Disney. Entre gestion très douteuse de la saga Star Wars, saccage du Marvel Cinematique Universe, méthodes de travail à peines légales imposées à leurs équipes et paresse sans limite des productions, on a bien du mal à reconnaître l’âme du studio qui nous a jadis tant offert. Désormais bien lancés dans les (mauvais) remake de leur classiques d’animation, c’est La Petite Sirène qui s’offre un rafraîchissement. Mais à l’instar d’Ariel qui perd sa voix, Disney continue de faire sombrer son âme…
Pour son premier film de fiction, Il pleut dans la maison, Paloma Sermon-Daï reste dans le creuset familial qu’elle avait déjà exploré dans son premier long-métrage documentaire, Petit Samedi. Elle campe ici un duo frère-sœur livré à lui-même, entre dérive estivale et tentative de construction.
Hokusai appartient au mouvement artistique spécialiste de l'"Ukiyo-E". C'est un mouvement "vulgaire" (au sens d'art populaire). Défini comme "un monde de tous les jours saisi sur le vif", c'est un art qui se contente de saisir le Japon, son petit peuple, ses marginaux, ses courtisanes, dépouillé de tout ce qui était célèbre, bien vu ou bien né, dont la tradition chinoise. Considéré comme le maître de cet art, il siège avec ses contemporains et prédécesseurs: Hiroshige, Utamaro et Sharaku.
Film qui s’éloigne radicalement de la structure classique hollywoodienne, étude de cas sur les circonstances permettant ou non de communiquer ses désirs, Before Sunset se caractérise par son usage réaliste des intuitons et des mémoires, quand le passé peut être reconsidéré et ouvrir des perspectives nouvelles. Une réussite qui dessine les contours séduisants d’une possible renaissance amoureuse.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.