Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
"On lui a tout pris, il va tout leur prendre" Sérieusement ? Pouahaha. Ils nous font bien rire avec ce pitch vieux comme le monde. Pourquoi réaliser un film pareil alors que John Wick existe et cartonne ? Cerise sur le gâteau, il s’agit d’une production française. Alors, qu’est-ce que ce sera ? Des combats mal chorégraphiés à coups de baguettes, pendant que Christian Clavier débarque en scandant "qu’est ce que c’est qu’ce binz ?!" tout en balançant des vannes racistes à droite à gauche ? Eh ben, non en fait. Farang est juste un foutu bon film !
46 ans après sa sortie, le public de l’hexagone a officiellement l’honneur de découvrir une comédie horrifique pop et jouissive, dont nous connaissons que trop bien les cinéastes qui s’en sont inspirés. Rocambolesque, visuellement sidérant et terrorisant, House possède une saveur unique dont le premier visionnage, et sans doute pas le dernier, nous donne l’impression d’avoir le cerveau qui se liquéfie, la tête qui flotte et les doigts engourdis, soit à peu tout ce qu’on l’on trouvera dans cette sinistre maison hantée en somme.
Vous le savez, il existe une belle malédiction qui plane sur les suites de films à succès, longtemps après les films originaux. Les exemples de naufrage artistiques et financiers ne manquent pas. Indiana Jones et le Royaume du Crane de cristal, quatrième opus de la saga en a même fait l'expérience, dix-neuf ans après La Dernière Croisade. Boudé par une partie des fans et de la presse, le film de Steven Spielberg avait déçu et c'est avec cet opus controversé que semblait s'achever la saga. Aujourd'hui, quinze ans plus tard, James Mangold ressort notre archéologue du placard pour une ultime aventure. Et, aux vues des dernières productions du monsieur (le brillant Mans 66 et l'exceptionnel Logan), on s'est dit… Pourquoi pas ?
Avec Elle s’appelle Barbara, Sérgio Tréfaut signe un septième long-métrage saisissant, en accompagnant son héroïne en Irak, dans un camp de prisonniers djihadistes.
Jaime Rosales, dont Les Tournesols sauvages est le septième long-métrage, examine les trois liens amoureux qui permettront à une jeune femme moderne de faire son « éducation sentimentale » et d’apprendre à trouver le délicat point d’équilibre de son bonheur.
Après Stand by me, Princess Bride, Quand Harry rencontre Sally et Misery, Rob Reiner signait, avec Des hommes d’honneur, un grand film sur la discipline, l’autorité et ses limites, les implications de la justice militaire, ses rouages en action, ses ramifications, le tout en fonction d'une certaine idée du sens de l’honneur.
Pier Paolo Pasolini est une étape incontournable dans l’appréhension du cinéma italien d’après-guerre, voire du cinéma tout court. Tantôt vulgaire, tantôt ésotérique, Pasolini est une étoile filante de l’histoire du cinéma, une parenthèse courte et intense. Partons à la recherche de ce qui rend Pasolini si unique et si sujet à controverse.
Au premier abord, How to Save a Dead Friend semble être un ego trip de sa réalisatrice. Mais le documentaire s'avère très vite être un portrait déchirant. D'un proche disparu, qui mérite de voir sa mémoire sauvée. Et aussi d'une jeunesse russe ignorée et plongée dans le mal-être.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »