Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Avec une outrecuidance galvanisante et une outrance cathartique, Jean-Christophe Meurisse dézingue toutes les macro-folies de notre époque dans un film amoral et hilarant.
On connaît la chanson à Hollywood. Quand il y n’y en a plus, il y en a encore. Ou alors c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Si le premier adage est avéré depuis des lustres, le second n’est pas toujours vrai. Ce troisième opus est la seconde séquelle du succès surprise "Sans un bruit" de 2018. Une petite série B très réussie, originale et au concept fort mêlant horreur, post-apocalyptique et science-fiction.
En déjà 30 ans d'existence au cinéma, le plus grand des petits détectives privés continue d'affirmer sa longévité. C'est justement dans un plaisir régressif que l'on se donne rendez-vous annuellement en salle, car ni le manga, ni la série animée, n'ont encore trouvé d'issue dans un univers aussi riche et stimulant. Les cadavres continuent donc de défiler devant Conan, ses amis et ses rivaux. Le film de chasse au trésor, de braquage et de sabre sont les ingrédients qui composent l'aventure inédite de "L'Étoile à 1 million de dollars". Que vaut donc ce 27e film d'une franchise, a priori, éternelle ?
Sorti au début des années 90, "Frankie et Johnny" réunissait à nouveau deux acteurs de premiers choix : Al Pacino et Michelle Pfeiffer, après "Scarface", pour une comédie romantique authentiquement touchante, au petit goût de rétro hollywoodien. La simplicité de l’ensemble fait mouche, et la performance des deux stars se révèle particulièrement convaincante.
Avec Vice-Versa 2, Kelsey Mann reprend la délirante aventure intérieure de la jeune Riley là où Pete Docter l’avait laissée neuf ans plus tôt, en abordant cette fois-ci la thématique de la crise d’adolescence. Le studio à la lampe signe ici une suite certes colorée, rythmée et fertile en rebondissements, qui laisse néanmoins une forte impression de déjà-vu tant elle s’inscrit dans l’air du temps et cherche uniquement à faire évoluer ses personnages en vue d’un troisième épisode.
Théâtre d’abominables génocides et de crimes contre l’humanité, la lointaine cité de Sinjar est endormie sous une épaisse brume, comme pour masquer les cicatrices qui ont été laissées sur les corps meurtris des rescapés yézidis. Alexe Liebert nous emmène sur les lieux d’un massacre, à la découverte de plaies encore profondes pour un peuple dont la seule existence semble être justifiée par son statut de martyr. Documentaire engagé, "Sinjar, naissance des fantômes" part ainsi à la rencontre des fantômes qu'abritent les lieux, des fantômes bien vivants et prisonniers de leur propre histoire.
Avec Chien blanc (2024), Anaïs Barbeau-Lavalette signe son quatrième long-métrage et adapte au cinéma l’œuvre homonyme de Romain Gary. Un questionnement essentiel sur l’acceptation de l’autre jusque dans son altérité la plus radicale.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.