Cinéma

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Le Caravage, un film d’Alain Cavalier: Critique

Avec son dernier film, Alain Cavalier nous livre un portrait d'un duo au travail : celui de Bartabas et de son meilleur cheval, Caravage.

Spectre, un film de Sam Mendes: Critique

Une ère qui aura cru bon d’user des 4 longs-métrages de Daniel Craig pour voir James Bond finalement rentrer dans le rang et assumer sa légitimité, pour devenir l’agent du MI6 que l’on connait. 4 films pour redéfinir l’icône, lui donner de l'épaisseur, la déconstruire et la faire renaître. 4 films pour amorcer la normalité dans laquelle l’agent se trouve plongée et finalement rendre légitime l’utilisation du légendaire gunbarrel dès l’entame, parachevant donc d’une traite la mue de l’agent passé d’un salop au cœur de pierre, à l’espion charmeur et blagueur, très typé période Roger Moore.

The Walk, un film de Robert Zemeckis: Critique

Zemeckis se réapproprie avec savoir-faire l'exploit de Philippe Petit sous la forme d'un film de casse. Loin des biopics académiques mais aussi loin de toutes interrogations psychologiques, le cinéaste livre un film burlesque mais désincarné sous forme d'hommage touchant à l'insouciance, à l'importance des rêves et aux Twin Towers.

Rétrospective Martin Scorsese : Aviator, critique

Dans Aviator, Martin Scorsese signe un biopic de haute voltige sur la vie tumultueuse du puissant et énigmatique Howard Hugues, un génie pionnier de l'aviation civile dévoré par une folie intérieure. Leonardo DiCaprio incarne prodigieusement ce riche séducteur ambitieux et torturé dans cette deuxième collaboration avec le réalisateur.

Le Dernier Chasseur de Sorcières, un film de Breck Eisner – Critique

Les effets spéciaux tape-à-l’œil et le scénario crétin s'accordent parfaitement à l'image que renvoie Vin Diesel, celle d'un bovin vantard. C'est presque paradoxal de constater qu'un film puisse à ce point sombrer dans la ringardise alors qu'il ne fait rien d'autre que cumuler les poncifs du cinéma d'action moderne et les recettes des derniers grands succès d'héroic-fantasy.

Lolo, un film de Julie Delpy : Critique

Entre Judd Appatow et Steve Carell, la féministe discrète au cœur d'artichaut Julie Delpy se glisse dans quelques abîmes prosaïques, sans jamais sortir vraisemblablement son épingle du jeu. Pourtant irrésistible, la quarantenaire au teint de porcelaine et au regard enfantin ne peut qu'attiser notre flamme. Elle brûlerait presque si le carton pâte et le fond vert ne venait pas assombrir le tableau d'une insipide trivialité.

Le rapprochement des cinémas politiques et de genre

Made In france et Les Cowboys sont deux films qui réussissent à tenir un discours politique autour d'un même thème, celui de l'endoctrinement de jeunes français pour la guerre sainte islamiste, en utilisant les codes du thiller pour l'un, du western pour l'autre. En quoi ce choix de faire du cinéma de genre est-il plus efficace que la chronique sociale mélodramatique pour mettre en lumière les failles de notre sociétés?

En Mai fais ce qu’il te plait, un film de Christian Carion : critique

Après 6 ans d’absence, Christian Carion signe un film quelque fois inégal mais jamais dénué d’intérêt et qui offre ses moments poignants. Mais à force d’agiter ses oriflammes humanistes, c’est la fougue qui vient à manquer.

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