Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.
"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.
L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.
Les filles prennent le dessus dans la nouvelle série de MTV, une comédie noire jouissive et préventive sur la culture du viol dans les universités américaines.
Dans son second film, Le Corbeau, Henri-Georges Clouzot laisse éclater sa vision sombre de l'humanité dans un film pessimiste réalisé avec maestria et interprété par quelques uns des plus grands noms du cinéma français de l'époque, de Pierre Fresnay à Ginette Leclerc.
Véritable testament cinématographique et religieux de la part du maître Martin Scorsese, Silence est une grande œuvre de cinéma, jamais facile et à la mise en scène impressionnante. Le cinéaste questionne le spectateur sur les tourments et les contradictions de la foi, traitée comme un sujet universel et pacifiste.
Le brique-justicier de Gotham revient dans un spin-off de la Grande Aventure Lego lui étant entièrement dédié avec Lego Batman : le Film ! Au programme, 2h de fun et une ode à la pop-culture totalement jouissive.
A l'heure où les relents xénophobes les plus immondes refont surface en Amérique, Jeff Nichols nous rappelle que l'amour sera toujours plus fort que la haine. Dans un style très naturaliste, son film se concentre sur les tourments d'un couple interracial brillamment interprété mais dont le récit est trop lisse pour susciter du début à la fin toute l'émotion que mérite cette bouleversante histoire vraie.
Quinze ans après son remake américain de The Ring, Gore Verbinski revient au cinéma horrifique. A-t-il réussi à nous offrir une proposition cinématographique inédite en révolutionnant le mythe du vampire dans un mythe gothique aux accents lovecraftiens ou n'est-ce là qu'un sous-Shutter Island à la résolution digne d'un épisode de Scoubidou? Verdict.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »