Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.
"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.
L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.
Couronné du Lion d'Or à la Mostra de Venise 2016, La Femme qui est partie du philippin Lav Diaz est une relecture sombre et magnifique de la société philippine, empêtrée dans ses contradictions, comme les personnages sont empêtrés dans leurs dichotomies, prises en tenaille entre souffrance et bonté.
Les studios Paramount et la société Platinum Dunes vont célébrer un anniversaire d’un genre particulier en 2017 avec la sortie d’un blockbuster horrifique attendu pour les prochaines festivités d’Halloween : le 13ème volet de la saga Vendredi 13. Les nombreuses rumeurs et les zones d’ombre qui planaient autour du film se dissipent peu à peu.
Grâce à plus de 1700 contributeurs, le premier film d'Anne-Dauphine Julliand, Et les mistrals gagnants a pu sortir sur nos écrans. Un documentaire fort et délicat sur la maladie infantile dont il est difficile de ressortir indemne.
N'est pas Fede Alvarez qui veut. F. Javier Gutiérrez, qui en est à son troisième long métrage et deuxième d'horreur après Demonic produit par James Wan en 2015, s'essaie à dépoussiérer le mythique Ring ici au pluriel pour juste se distinguer. Le problème est, comme Blair Witch l'année passée, qu'aucune poussière n'était à enlever. La question est inutile, entre divertissement vain ou réelle nouvelle interprétation. On vous dit pourquoi...
Dany Boon, toujours au centre des débats les plus survoltés entre défenseurs du cinéma populaire et cinéphiles engagés, revient avec RAID Dingue, sa dernière réalisation qui nous plonge dans les coulisses du quotidien de ces forces spéciales. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ses détracteurs ne seront toujours pas convaincus.
Réalisatrice britannique, Andrea Arnold quitte la Grande Bretagne et pose pour la première fois sa caméra aux Etats-Unis en signant American Honey, un road-movie énergique qui fait souffler un vent de folie sur le cinéma et qui brosse le portrait d'une Amérique désenchantée à travers les pérégrinations déjantées d'un groupe de jeunes aussi désoeuvrés que libres.
Près de 5 ans après L'Odyssée de Pi, Ang Lee revient avec un long-métrage dans un genre radicalement différent, puisqu'il s'agit du drame vécu par un soldat américain contraint de revenir au pays pour participer à une campagne de spectacles médiatiques. L'occasion de questionner sur la compatibilité entre deux univers opposés... à moins qu'il ne s'agisse que de l'expérimentation de moyens de filmer révolutionnaires mais stériles.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »