Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Dans son premier film Lads, Julien Menanteau plonge dans le monde des courses hippiques. Le récit suit Ethan, un jeune délinquant au passé troublé, qui se voit offrir une chance de devenir jockey malgré les obstacles sociaux et personnels. Entre manipulations, dopages et enjeux financiers, le réalisateur révèle les dessous d'un univers impitoyable. Au cœur du film, la relation authentique entre Ethan et Pepito, un pur-sang qu'il aide à venir au monde, apporte une touche d'humanité. Les performances des acteurs, les scènes de courses spectaculaires et la tension croissante installent une ambiance captivante et proche du thriller.
Avec Tardes de Soledad, Albert Serra propose une approche intime de la corrida. Sans prendre parti. Et en osant la répétition immuable de séquences. Lassant ou envoûtant ?
De retour de son école militaire, Cassandre a 15 ans et vient passer l'été dans la demeure bourgeoise de ses parents. Tout dérange dans cet atmosphère et Cassandre semble s'en accommoder jusqu'à ce qu'elle se retrouve confrontée à une autre réalité et ouvre les yeux sur son statut de victime pour mieux le renverser, voire le transcender. Un conte tragique et initiatique inspiré de l'histoire personnelle de la réalisatrice, Hélène Merlin.
Film abîmé et inspiré parlant de vies abîmées, Je le Jure de Samuel Theis transcende le film de procès par la photographie d'une justice impossible dans un portrait intense et émouvant d'un juré empathique et profondément humain.
Cette comédie satirique et intellectuelle, inspirée du roman autobiographique de Christophe Boltanski, plonge au cœur des événements de mai 68. Dans un huis clos familial intense et plein de rebondissements, la vie des Boltanski se dévoile entre souvenirs, luttes politiques et tensions émotionnelles. Porté par les performances mémorables de Michel Blanc et Dominique Reymond, le film mêle humour, gravité et histoire, explorant avec subtilité les héritages culturels et les crises sociales du siècle passé.
Adaptation du roman autobiographique d'Azar Nafisi, "Lire Lolita à Téhéran" revient sur l'émancipation des femmes iraniennes à travers la littérature et un regard critique sur la répression et la résistance silencieuse, au cœur d’un régime islamique répressif. Eran Riklis y explore les tensions culturelles et politiques de l'Iran, mais peine à insuffler une réelle intensité à son récit. Bien que porté par une performance saisissante de Golshifteh Farahani, le film manque de profondeur et d'impact émotionnel dans sa représentation des luttes féministes.
Avec plus de 100 vues dûment sélectionnées et amplement commentées, Thierry Frémaux nous fait pénétrer dans la genèse du cinématographique, contrainte par l'essentiel. Une succession de bonheurs pour le cinéphile.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.