Cinéma

Passenger – Frissons routiers balisés pour tenue de route correcte

Avec Passenger, André Øvredal revient à l’horreur d’exploitation pure, entre légende urbaine, présence démoniaque et frissons nocturnes sur les routes. Si son excellente scène d’ouverture et quelques morceaux de mise en scène rappellent son vrai savoir-faire, le film reste trop banal, trop calibré et trop pauvre dans ses personnages pour dépasser le rang de série B honnête.

Leaving Las Vegas : le pacte des naufragés

Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

Si tu voyais son coeur, l’errance d’un regard

Les névroses sont souvent belles à filmer et passionnantes à l'écran. Dans Si tu voyais son coeur, elles ne sont pas toujours captivantes malgré une bonne mise en scène de Joan Chemla.

Pourquoi le piratage n’a pas tué le cinéma

Clap de fin sur 2017. La fréquentation des salles obscures en France atteint des records. Depuis six ans, l’industrie du cinéma réalise ses meilleurs résultats. Parallèlement, plus de 13 millions d’internautes téléchargent illégalement des films chaque année. Alors, le piratage a-t-il vraiment tué le cinéma ? Enquête.

Seule sur la plage la nuit, de Hong SangSoo : le fruit de la passion

Film après film, le Sud-Coréen Hong SangSoo décrypte un sujet unique : l'amour. Avalées à coups de soju, les paroles que ses protagonistes s'échangent dans un format très rohmérien, sont encore plus précises et plus touchantes dans Seule la plage la nuit, qui a valu l'Ours d'argent de la meilleure actrice à sa muse, Kim Minhee.

Un jour mon prince : Il était une fois… pas comme les autres

Avec Un jour mon prince, Flavia Coste réussit un premier film iconoclaste dans lequel l'univers du conte de fées et la réalité se télescopent pour aboutir à la quête initiatique de deux fées aussi attachantes que hautes en couleurs.

Normandie nue de Philippe Le Guay : une vision un peu trop simpliste du monde paysan

Avec Normandie Nue, le réalisateur des Femmes du 6e étage, livre un scénario plutôt paresseux dans lequel quelques réflexions pertinentes et parfois drôles se sont glissées. Bien trop maigre et simpliste, malgré les efforts de François Cluzet ou encore Gregory Gadebois pour représenter la France oubliée, soit le monde paysan, aux côtés du réalisateur Philippe Le Guay. Le film sort en salle le 10 janvier 2018.

The Book of Love : le livre de la niaiserie absolue

Disponible sur Netflix depuis fin 2017, The Book of Love est une mièvrerie abominable marquée par la collaboration entre Justin Timberlake (qui signe la BO) et Jessica Biel (actrice et co-productrice).

Burn Out de Yann Gozlan : un polar viscéral

Sous les contours d’un scénario un peu trop scolaire, Burn Out arrive tout de même à relever la tête grâce à son réalisateur, qui démontre un talent visuel dans des scènes de course pleines d’adrénaline et la mise en tension organique de son personnage.

Les Heures sombres de Joe Wright : Enfin une consécration pour Gary Oldman dans son rôle de Churchill ?

Le biopic des grands hommes n'est jamais chose aisée. L'interprétation de Winston Churchill par l'immense Gary Oldman est pourtant magistrale, et la réalisation de Joe Wright inventive et dynamique. Une vision hagiographique du personnage, sans pour autant perdre toute objectivité.

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« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

« Cheyenne » : au cœur des grandes plaines

À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.

« FIFA Connection » : Gianni Infantino, plus que le football ?

Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.