Cinéma

Les Cloches des profondeurs (1993) de Werner Herzog : la foi dans tous ses états

Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.

La Grande Extase du sculpteur sur bois Steiner (1974) de Werner Herzog : le temps suspendu

A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Hurry Up Tomorrow : de l’esbroufe tape à l’œil au ridicule

Si on a envie d’y croire au début, le soufflé retombe vite et, plus il avance, plus ce film à la gloire (ou pas) du chanteur The Weeknd (Abel Tesfaye de son vrai nom) se révèle aussi creux que vain et prétentieux.

Sen Ben Lenin : enquête sur un buste disparu

Critique du film Sen Ben Lenin (2021) de Tufan Taştan. Entre humour absurde et réflexion politique, le film explore les tensions sociales à travers une enquête improbable menée dans une petite ville d’Anatolie.

Les Musiciens : La comédie humaine du quatuor à (dis)cordes

Dans son troisième long-métrage, Gregory Magne nous plonge dans l’univers exigeant de la musique classique et de luthiers d’exception. À travers une comédie humaine grinçante, il orchestre la rencontre de quatre virtuoses contraints d’apprivoiser une partition inédite et un compositeur discret mais essentiel. Entre tensions, égos et quête d’harmonie, le film donne vie à une confrontation aussi musicale qu’humaine, portée par une mise en scène précise et une bande-son originale signée Grégoire Hetzel. Une œuvre à la fois immersive et accessible, où la musique devient le terrain d’un jeu de pouvoir autant que d’une véritable alchimie artistique.

Transmitzvah : une identité à composer

Avec "Transmitzvah", Daniel Burman signe une comédie musicale touchante et décalée sur l'identité, les traditions juives et les liens familiaux. Mumy Singer, chanteuse trans de retour en Argentine, décide enfin de célébrer sa Bar Mitzvah, portée par une fratrie soudée et une communauté haute en couleur.

Les Linceuls : l’impossible mortalité de l’être

Un Cronenberg dernier cru, dont on croit ressortir déçu et dont on finit par se retrouver hanté. Ainsi se souvient-on combien sa mise en scène est subtile et originale, et les effets qu'elle produit si puissant, et combien ses épigones, croyant devoir multiplier les images subjuguantes, sont encore très loin de l'égaler. Car c'est toujours à pas de loup que Cronenberg sait nous intégrer dans ses fantasmes de cauchemar.

Le cinéma de Sorrentino après Partenope

Tout se passe comme si Sorrentino nous resservait les mêmes thèmes, la même esthétique, que La Grande Bellezza dans l'écrin de La main de dieu, sa ville de cœur, Naples. Bref, pour un film qui se clôt sur l'importance intellectuelle et artistique de voir les chose, il nous sert du vu et revu. Quoiqu'il soit un très grand metteur-en-scène éduqué à l'école des maestri du cinéma italien, on peut se demander si ce glorieux héritage n'est pas plutôt un testament tant il s'évertue à filmer quelque chose d'inerte qui semble étouffer sous l'odeur de la mort.

Tu ne mentiras point de Tim Mielants : Secrets et mensonges irlandais

"Tu ne mentiras point" : décidément le cinéma irlandais est en forme. Après Le tout récent et ténébreux "Clan des bêtes" de Christopher Andrews , ce nouveau film irlando-belge de Tim Mielants est une nouvelle preuve de la beauté d’un cinéma qui s’appuie sur une certaine authenticité.

Une pointe d’amour : La beauté est dans les yeux de celui qui regarde

Maël Piriou signe avec son premier long-métrage une comédie romantique poignante qui dépasse les conventions du genre pour explorer les liens profonds entre amour et amitié. Inspiré librement de "Hasta la Vista", le film embarque Mélanie et Benjamin dans un road-movie intense, où les paysages espagnols deviennent le théâtre de révélations bouleversantes. Porté par des interprétations justes et vibrantes de Julia Piaton, Quentin Dolmaire et Gregory Gadebois, ce voyage initiatique célèbre la force des sentiments et l’urgence de vivre pleinement, sans faux-semblants. Une véritable leçon de vie, où l’émotion et la tendresse prennent le dessus sur les obstacles.

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