Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.
Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Avengers : Infinity War amorce la conclusion de cette phase 3 avec savoir-faire, dominé surtout par son méchant très réussi. Un Thanos plus nuancé qu'escompté qui apporte au film un supplément d'âme et une gravité inespérée.
Pierre Lapin, le personnage créé par l'auteure pour enfants Beatrix Potter, devient le héros de ce film éponyme, mêlant scènes de prise de vue réelles et animation.
Dans une version longue inédite en salles, Mai 68 La Belle Ouvrage est un documentaire qui recueille deux heures de témoignages sur la violence de la répression policière qui s'est abattue sur les étudiants, et même parfois sur de simples passants, lors des manifestations parisiennes.
Arrivé dans nos salles obscures sans crier gare, Jersey Affair, le premier long métrage du britannique Michael Pearce est un thriller davantage orienté vers le drame psychologique que vers les enquêtes policières. Un coup d'essai maîtrisé.
Ode à l'amour et à la liberté, My Wonder women retrace, par un portrait d'auteur intimiste, la genèse de la création de la célèbre princesse amazone. Entre drame et biopic, il donne une autre vision d'une héroïne miroir de son inventeur.
Le 25 avril ressort sur nos écrans le superbe film de Wim Wenders, Les Ailes du Désir, avec Bruno Ganz et Peter Falk, une des œuvres les plus connues du cinéaste allemand, dont la caméra virtuose explore les rues de Berlin comme les deux anges qui visitent la ville. Un film tout en grâce et en légèreté, devenu un des classiques du cinéma européen contemporain.
Après le choc représenté par Mustang, dire que Denis Gumze Ergüven était attendue relevait du plus pur euphémisme. C'est donc à Kings, évocation d'une mère de famille plongée dans le chaos des émeutes ayant sévi sur la Californie en 1992 que la réalisatrice s'est essayée. Un choix intéressant qui paradoxalement n'est jamais exploité au maximum de son potentiel, ne faisant qu'ajouter à la frustration de voir un film sur le papier prometteur, et une copie dépourvue de tout le sel qui avait érigé Mustang en chef d'oeuvre.
Toujours produite et co-scénarisée par Luc Besson, la saga marseillaise Taxi fait son grand retour avec un nouveau duo formé par Franck Gastambide (qui réalise ce 5e opus) et Malik Benthala.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.